Aller au contenu

Marais salants de Guérande

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Marais salants de Guérande
Bassins d'évaporation, délivre et ladurée[Note 1] des marais salants de Guérande. Durant un circuit long de plusieurs centaines de mètres, la saumure passe dans des bassins de profondeur décroissante et de salinité croissante[Note 2]. Sa concentration en sel peut être multipliée par dix (passant de 30 g/L à 300 g/L)[Note 3].
Géographie
Pays
Région
Département
Coordonnées
Ville proche
Superficie
52 km2
Partie de
Marais de Guérande et du Mès (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Administration
Type
WDPA
Création
Date inconnueVoir et modifier les données sur Wikidata
Patrimonialité
Liste indicative du patrimoine mondial (en) ()
Site naturel classé ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Administration
 Site Ramsar (1995, Marais salant de Guérande et du Mès)
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Géolocalisation sur la carte : Loire-Atlantique
(Voir situation sur carte : Loire-Atlantique)
Géolocalisation sur la carte : pays de Guérande
(Voir situation sur carte : pays de Guérande)

Les marais salants de Guérande sont une zone de marais salants française située sur le territoire des communes de Guérande, Batz-sur-Mer, Le Croisic et La Turballe, dans l'ouest du département de la Loire-Atlantique.

À une vingtaine de kilomètres au nord se trouve un autre bassin salicole, les marais du Mès, qui sont associés à ceux de Guérande dans le cadre du « bassin salicole de la presqu'île guérandaise ».

Géographie

[modifier | modifier le code]
Vue aérienne de la partie occidentale des marais. La jetée du Tréhic en avant-plan, séparée du petit Traict et des marais salants en arrière-plan, par la Grande Falaise et la pointe sablonneuse de Pen-Bron.
Carte représentant les deux traicts séparés par la presqu'île de Sissable et les étiers, anciens chenaux naturels endigués qui alimentent les marais salants en eau de mer lors des marées hautes de fort coefficient.

Les marais salants occupent la partie orientale d'une vaste zone plane dont l'altitude maximale ne dépasse pas 6 mètres, située entre le coteau de Guérande au nord et la presqu'île du Croisic au sud qui la sépare de l'océan Atlantique. À l'ouest, cette zone est presque entièrement isolée de l'océan par la pointe de Pen-Bron, à l'exception d'un passage de 500 m de large entre le port du Croisic et l'hôpital de Pen-Bron, qui permet à l'eau d'y pénétrer à marée montante grâce à deux bras de mer, localement baptisés les traicts du Croisic.

La partie occidentale de la zone, plus proche de l'océan, forme un vaste estran, permettant de différencier les deux traicts l'un de l'autre : le Petit Traict au nord (chenal de Pen-Bron, puis étiers de Pen-Bron et de la Paroisse) et le Grand Traict au sud (chenal des Vaux, puis étiers de Grévin et de la Croix) découvert à marée basse et recouvert à marée haute. Cet estran, qui fait partie du domaine public maritime, est délimité par une digue construite au XIXe siècle. À la limite de l'estran et des marais, et entre les deux Traicts se trouve une presqu'île créée par les aménagements des marais salants sur le domaine marin appelé Sissable.

À l'est, les marais salants communiquent également avec l'océan par l'intermédiaire de l'étier du Pouliguen qui marque la limite administrative entre les communes de La Baule-Escoublac et du Pouliguen. La partie sud de cet étier devient ensuite un chenal qui abrite le port de La Baule - Le Pouliguen.

Les marais salants sont répartis entre les communes de Batz-sur-Mer au sud, de Guérande au nord, et pour une faible part, de La Turballe au nord-ouest. La commune du Pouliguen qui cadastrait quelques salines, comblées depuis les années 1960 sous la pression immobilière, et celle de La Baule, sans aucune emprise cadastrale sur le marais, sont limitrophes du bassin salicole[Note 4].

Le site est longé par les routes départementales 774 à l'est, et 245 au sud.

Évolution du niveau marin

[modifier | modifier le code]
Variations mondiales du niveau de la mer au cours de la transgression flandrienne. Les dates sont indiquées en BP : « avant présent », soit 1950 année de référence.

Au cours de la dernière période glaciaire, Würm selon l'appellation classique, le niveau marin baisse de plus de 100 mètres au-dessous du niveau actuel. La Loire et la Vilaine creusent de part et d'autre de la presqu'île guérandaise de profondes vallées aujourd'hui sous-marines. La côte se trouve alors très au-delà des phares de la Banche et du plateau du Four, au large du Croisic. Le territoire est occupé par des chasseurs nomades du Magdalénien, dont un campement a été fouillé au Croisic.


De la fin de la période paléolithique à moins 5500 ans.

À la remontée des eaux avec la fonte des glaces, lors de la dernière transgression (Flandrien), la cuvette entre le coteau de Guérande et le plateau du Croisic devient brièvement maritime, mais avec une très faible profondeur d'eau ; des cordons littoraux fossiles au pied du coteau de Guérande et autour de Saillé (en limite actuelle des Marais Salants[Note 5]) marquent l'avancée maximale du domaine maritime franc[1], durant cette période Batz et le Croisic ont peut-être été une (ou des) île(s) lors des marées hautes uniquement. La tranche d'eau reste faible, le socle granitique n'est jamais loin et émerge aujourd'hui dans le fond des marais en de nombreux points, notamment entre Saillé et Batz.

La dépression des actuels marais est comblée par des argiles[Note 6] déposées entre moins 11000 ans et moins 5500 ans.

Variations mondiales du niveau de la mer au cours de l'Holocène, (-6000 à +2000 par rapport à JC, ici) . Les dates sont indiquées en BP : « avant présent », soit 1950 année de référence.

Il se forme durant cette période transgressive une zone de prairies maritimes dont les rives sont probablement occupées par les dernières populations paléolithiques, comme le montrent les silex trouvés entre Batz-sur-Mer et Le Croisic[2], puis par celles du Mésolithique atlantique connues avec les nombreux sites sur le coteau de Guérande et dans la Presqu'île du Croisic qui ont livré des microlithes caractéristiques. À la fin de cette première phase, la végétation terrestre palustre (marais d'eau douce) s'étend dans la cuvette (couche de tourbes de La Turballe et de Batz-sur-Mer, que l'on trouve aussi sous les dunes à La Baule[3]). Au moins à deux reprises, la montée des eaux océaniques chasse les premiers habitants, comme l'indique une couche d'argile jaune limoneuse au sommet des sédiments qui comblent l'ensemble de la cuvette.


Du Néolithique à nos jours.

Au Néolithique[Note 7], le niveau marin est de 2 à 4 mètres inférieur au niveau actuel, comme le montrent deux mégalithes[4] implantés dans le marais (notamment un dolmen avec son tumulus situé près du lieu-dit Mouzac[Note 8] dont la base est au niveau actuel de la mer). Les Marais Salants sont donc une vaste prairie plus ou moins arborée, et déjà cultivée.

Le niveau moyen de la mer s'élève brusquement au cours de l'âge du bronze pour approcher temporairement le niveau d'aujourd'hui ; ce phénomène d'élévation prend fin vers 500 av. J.-C. Les Marais Salants changent donc profondément d'aspect, les prairies maritimes recouvertes par la mer aux grandes marées reprennent leur place. Depuis lors, le niveau oscille entre moins 2 mètres et plus 50 cm, avec une tendance générale transgressive jusqu'à nos jours[5].

Au début de l'occupation romaine, la cuvette est moins maritime qu'aujourd'hui : une oscillation négative a en effet été mise en évidence en plusieurs points entre la Vilaine et l'île de Noirmoutier, ainsi que dans les marais salants et en Brière, et sur l'ensemble du littoral atlantique, jusqu'en Mer du Nord[Note 9], la ligne de rivage recule donc, ce qui a dû être très visible dans cet environnement très plat à la suite des colmatages antérieurs par les sédiments accumulés dans la cuvette.

À partir du IVe siècle[6], une nouvelle poussée transgressive donne leur aspect actuel aux marais, le niveau de la mer tend à monter (faiblement) depuis cette période. Le « Traict du Croisic » devient alors l'exutoire principal du balancement des marées avec son débouché entre Le Croisic et les rochers granitiques pointant sous le centre héliomarin de Pen-Bron. Les marais occupent la zone anciennement recouverte dans l'année par les grandes marées de vives eaux. Le double tombolo se constitue progressivement par des accumulations de sable à ses extrémités (pointe de Pen-Bron à l'ouest, dunes d'Escoublac à l'est), alimentées par les apports de sédiments venant de l'estuaire de la Loire et l'estuaire de la Vilaine. Le développement dunaire a été particulièrement important de la fin du Moyen Âge au XVIIIe siècle, faisant disparaître l'ancien village d'Escoublac.

Les installations salicoles

[modifier | modifier le code]
Photographie panoramique sur des salines de plusieurs dizaines d'œillets. Le régime foncier détermine l'exploitation d'une petite ou grande saline[Note 10].
Les paludiers connaissant leur apogée territorial en 1850 et un déclin la décennie suivante mais ils continuent de former une aristocratie paysanne jusqu'au début du XXe siècle.
Paludières rassemblant un tas de sel et le portant dans un panier.
Jusque dans les années 1950, la majorité des paludiers de l'Ouest sont des métayers qui ne reçoivent aucun salaire en argent (cf l'étymologie de salarium) : ils gardent une part de la production de sel gris et touchent une rémunération pour les gros travaux d'hiver d'entretien du marais[Note 11], tandis que leurs femmes et enfants s'occupent de la récolte et du portage de sel[7].
La création du musée des Marais salants marque une étape de la patrimonialisation de ce territoire[8].
Sachets de sel gris dénommé « sel de Guérande » et le sel fin[Note 12]. En complément du Label rouge obtenu en 1991 pour son « sel marin récolté manuellement » , le sel gris et le sel blanc dénommé « fleur de sel de Guérande » sont distingués par une IGP depuis 2012[9].

Gagnant sur les prés salés et la bôle[Note 13], qui relevaient alors, selon les lieux, du domaine ducal ou seigneurial, puis sur l'estran, la construction des premières salines part du pied du coteau de Guérande et de la « presqu'île » intérieure de Saillé pour atteindre Batz-sur-Mer, par Leniphen et Trégaté, soit à partir de la fin de l'époque romaine, soit de la période de la colonisation bretonne du VIIe siècle. Jusqu'au IXe siècle, les marais salants ont une extension plus réduite qu'actuellement : la zone de balancement des marées est alors plus étendue, l'étier du Pouliguen et l'ouverture du Traict au Croisic étant plus larges et profonds qu'aujourd'hui. Des documents de cette époque donnent des indications sur la structure des installations salicoles, semblable à celle d'aujourd'hui[Note 14].

La technique de travail s'est fixée au XVe siècle[10]. L'endiguement et les aménagements hydrauliques ont leur optimum entre le XIVe siècle et le XVIIe siècle ; les dernières salines sont construites à la fin du XVIIIe siècle de part et d'autre du Grand Traict, à Sissable et à la pointe de Sinabat. L'extension sur le domaine maritime est restée ensuite très limitée en raison des modifications du cadre juridique (indivision du domaine public à partir de la Révolution française) et de la baisse de la demande de sel en Europe du Nord (à la suite de l'apparition de nouvelles sources d'approvisionnement)[Note 15].

Les paludiers vivent leur âge d'or à la fin du XVIIe siècle avec le développement des grandes pêches à la morue et au hareng qui doivent être conservées dans le sel. Ils connaissant leur apogée territorial en 1850. À la suite des tempêtes de 1877, 1880, 1894 et 1900 qui ont emporté plusieurs centaines de mètres de levées, un « syndicat des digues » est créé en 1901. Les digues sont renforcées par des murs maçonnés. Après la Seconde Guerre mondiale, les producteurs de sel du littoral atlantique créent des coopératives : la plus importante est celle de la « presqu'île guérandaise », avec ses deux bassins salicoles, puis celles de « Noirmoutier », du « Littoral vendéen », de « Charente-Maritime », et en dernier lieu : la « coopérative de Beauvoir-sur-Mer ». Ces coopératives se groupent au sein de la « Fédération nationale des coopératives de producteurs de sel atlantique », mais elles montrent assez vite leurs limites, et les années 1950 se terminent sur un bilan plutôt négatif : les salins de l'Ouest restent isolés face aux négociants et à la concurrence des « Salins du Midi[Note 16] » et des « Salines de l'Est », beaucoup plus fortement industrialisés. Le nombre de paludiers, non professionnels et âgés[Note 17], décroît[10].

À la fin des années 1960, pour répondre au tourisme balnéaire, un projet d'aménagement envisage la transformation des marais salants en une vaste « marina » (immeubles avec « pieds dans l'eau », pontons, bassin nautique à flot) ainsi que la construction d'une route à deux fois deux voies entre La Baule et Le Croisic où un grand port de plaisance est prévu sur le Grand Traict. La station balnéaire de La Baule aurait ainsi doublé sa surface urbanisée au détriment des marais (donc en s'étendant sur la commune de Guérande) et espérait doubler sa population estivale à l'horizon 1985[Note 18]. Parallèlement, le parc naturel régional de Brière est créé (décret publié en 1970) comme pôle à vocation culturelle et touristique à l'intérieur des terres, celui-ci n'inclut cependant pas les marais salants dans son territoire et ses périmètres de protection[11]. Les limites du parc régional correspondent au sud et à l'ouest au tracé d'une future voie express à deux fois deux voies (« La route bleue ») devant relier Saint-Nazaire à Vannes (partiellement réalisée aujourd'hui entre Guérande et Saint-Nazaire sous la dénomination de RD 213), en cohérence avec les développements urbanistiques et touristiques envisagés alors.

Ce projet pharaonique est à l'origine d'une prise de conscience de la fragilité des marais salants de Guérande, qui ont donc failli disparaître. Des manifestations, initiées par des militants de Mai 68[Note 19], qui ont lieu à Saint-Nazaire, Nantes, La Rochelle[Note 20] et des recours auprès des tribunaux ont permis de faire échouer la plupart de ces projets de « développement » touristique[12].

La création d'un « groupement des producteurs de sel de la presqu'île guérandaise » (GPS-PG), qui fonctionne à partir de 1972 (depuis 1988 sous la forme d'une société coopérative agricole)[13], la formation salicole diplômante en 1979[Note 21] qui s'ouvre à une nouvelle génération d'exploitants souvent non issus du milieu salicole[Note 22].

Le renouveau à partir des années 1970 enraye le déclin amorcé depuis les années 1860[Note 23]. Il est dû au pari de néo-paludiers qui décident de relancer l'économie du sel de Guérande. Rejoints par d'autres acteurs de la profession (propriétaires de marais salants, élus locaux, collectivités territoriales, associations écologistes, tutelles institutionnelle), ils poursuivent depuis leur mission de valorisation du sel artisanal (mise en avant d'un produit de la mer, naturel, non raffiné et non lavé après récolte, labellisation et protection[Note 24], pérennisation de la filière professionnelle et maîtrise complète de la mise en marché en 1998)[10], de valorisation touristique et culturelle à travers des visites commentées de salines, des sorties de découverte du milieu, via trois sites d'accueil (Musée des Marais salants qui est un espace intercommunal fondé en 1887, maison des paludiers qui est un espace associatif à caractère socio-culturel fondé en 1971, Terre de Sel qui est un site géré par les professionnels du sel et créé en 2002)[14].

Prise de sel

[modifier | modifier le code]

Le paludier effectue une récolte quotidienne (puis tous les deux jours voire tous les trois jours au fur au cours de la saison), appelée prise de sel. Il tourne autour de l'œillet[Note 25] et pousse l'eau avec son las (rouable au manche démesuré, muni à son extrémité d'une lame rectangulaire en hêtre), créant des vagues qui écrèment les croûtes grises de sel et font rouler les grains de sel s'étant formés sur le fond de l'œillet (appelé la "mère du marais"). Avec dextérité pour entraîner le moins possible d'argile, il ramène ces grains en bourrelets au pied de la ladure, puis les remonte sur cette plate-forme. L'égouttage de ce premier stockage a lieu toute la nuit. Ce tas de sel est transporté le lendemain en brouette sur le trémet (plateforme sur laquelle le paludier formera un mulon blanc, tas de sel plus important, résultat de ses récoltes quotidiennes)[15].

Le paludier crée des bourrelets d'eau avec son las.
Il rassemble les cristaux de sel devant la ladure.
Il transporte le tas de sel à l'aide d'une brouette pour le déposer sur le trémet.

Ethnoscience

[modifier | modifier le code]

L'ethnoscience étudie les pratiques et savoir-faire paludiers en presqu'île guérandaise, notamment leur perception des facteurs physico-chimiques (précipitations et hydrologie) et de l'organisation sociale du travail pour déterminer le démarrage de la récolte de sel[Note 26], leur prise en compte des fluctuations de cinq paramètres météorologiques (vents, hygrométrie, pression atmosphérique, évaporation et pluviométrie) pour la récolte de sel fin[16].

En moyenne, les salines de Guérande produisent environ 10 000 tonnes de sel chaque année, production bien inférieure en quantité à celle, plus industrielle, des salines de la côte méditerranéenne telles que Salin-de-Giraud et Salins-d'Hyères.

L'exploitation des marais salants de Guérande était en voie d'abandon vers 1970, mais une reprise s'est amorcée à la suite d'une prise de conscience sur leur intérêt.

En 1979, une formation professionnelle est créée afin de former au métier de paludier, le brevet professionnel responsable d'exploitation agricole, option saliculture[17].

En 1989, le groupement des producteurs de sel constitue une coopérative agricole à laquelle la plupart des paludiers adhèrent. En 1992, elle rachète les Salines de Guérande, une société de production et de vente, afin de mieux distribuer sa production.

En 1991, obtention du Label rouge au sein de la coopérative agricole.

En 1992, création de la filiale commerciale Les Salines de Guérande et rachat de la société Le Guérandais à Pradel qui sera absorbée en 2001.

En 2002, inauguration de la structure touristique d’accueil « Terre de Sel »[18].

Le , le sel de Guérande obtient l'Indication géographique protégée (IGP) de la Commission européenne[19],[20].

Cette IGP reprend en grande partie le cahier des charges antérieurement déposé pour obtenir une « dénomination d'origine protégée » sous norme française de « Sel marin de l'Atlantique » protégeant et englobant les productions des Ré, Noirmoutier et Guérande, et réalisé grâce aux regroupements des producteurs dans les années 1970 face à la concurrence des salins industrialisés du Midi, et à des importations d'autres pays européens (Portugal et Espagne notamment) vendues sous des noms ambigus. Ce premier cahier des charges avait abouti à l'obtention du label rouge « sel de Guérande » en 1991 et à l'inscription des marais salants dans les « Sites Remarquables du Goût » en 1995.

Gros sel (il représente avec le sel fin 95 % de la production totale de sel de Guérande) et fleur de sel (5 % de la production totale)[21].

La production du sel de Guérande est un processus artisanal. Grâce à une lignée successive de bassins facilitant l’évaporation de l’eau, le sel, contenu dans la mer de l'océan Atlantique, vient se concentrer jusqu’à la création de cristaux, permettant alors une récolte par le paludier[22].

Ensuite, pour récolter le sel, il faut faire preuve d’habileté à travers différents outils en bois, tels que : le las à long manche de 5 mètres permettant la récolte du gros sel ; la lousse pour la fleur de sel ; et le râteau à limu permettant d’expulser les algues[23].

Le gros sel, qui se récolte dans le fond argileux du marais, est de couleur naturellement grise, et il est riche en magnésium et en oligo-éléments. La fleur de sel, quant à elle, est cueillie à la surface du marais. Réputée pour ses qualités gustatives (« goût » de violette) et diététiques, elle se compose de cristaux légers, fins et friables, de couleur blanche[23]. Ces cristaux peuvent se teinter d'une légère coloration rosée due à l'incorporation d'un β-carotène, pigment produit par une micro-algue Dunaliella salina associée à un biofilm de bactéries halophiles du genre Halobacterium spp., Halomonas spp., Salinibacter ruber (en)… Cette teinte disparaît pendant l'égouttage naturel de la fleur de sel. Par vent léger (le faible brassage favorisant la formation du biofilm microbien), par fort ensoleillement et lorsque le marais salant dépasse un certain seuil de salinité (généralement autour de 250 à 300 g/L), ces organismes développent des mécanismes de protection, comme la synthèse de pigments tels que des caroténoïdes secondaires induits par le stress salin et photo-oxydatif. La dégradation oxydative de ces pigments protecteurs, sous l'effet de l'ensoleillement, produit des ionones présents dans une fleur de sel fraîche, humide et non lavée. Ce sont ces composés volatils, perceptibles à la rétro-olfaction, qui donnent l'odeur typique (et non le goût) de violette[24],[25].

Chaque paludier est responsable de son marais et exploite en moyenne 50 à 60 œillets, ce qui équivaut à environ 3 ou 4 hectares. Il va ainsi produire entre 60 et 90 tonnes de gros sel et 2 à 3 tonnes de fleur de sel[23].

Par ailleurs, étant responsable de son travail, le paludier récolte le sel l’été mais doit aussi entretenir son marais le reste de l'année. L’automne venu, le sel doit être protégé pour l’hiver et plus particulièrement des grandes marées et gelées hivernales. C’est aussi le moment pour remettre en état les bassins. Au printemps, le paludier doit ensuite vider les salines qui ont accumulé l’eau de pluie et également retirer la vase et les algues [22].

Flore et faune

[modifier | modifier le code]

La faune et la flore du site sont variées, parmi les espèces présentes, on peut citer[26] :

Les marais salants de Guérande se sont vu attribuer le label Paysage de Reconquête en 1992[27].

La zone est également classée zone naturelle d’intérêt écologique, floristique et faunistique (ZNIEFF) de catégorie 1 sous la dénomination « pointe de Pen-Bron, marais salants et coteaux de Guérande » (38,39 km²) depuis 1991[28].

Les marais salants de Guérande sont inscrits à l'inventaire de la convention de Ramsar depuis septembre 1995, conjointement avec les marais salants du Mès (zone humide d’importance internationale, 52 km² classés)[29] et à la liste des sites naturels Natura 2000 conjointement avec le traict du Croisic et les dunes de Pen-Bron (43,76 km² classés)[30].

Les marais salants de Guérande sont un site classé, au sens de l'article 4 de la loi du , pour les critères pittoresque, historique et scientifique, par arrêté ministériel du 13 février 1996. Ils présentent ainsi un intérêt général et font partie du patrimoine commun de la nation. Le site classé des marais salants de Guérande s'étend sur 3 610 ha (dont 628 hectares pour le domaine public maritime) répartis sur cinq communes : Batz-sur-Mer, Le Croisic, Guérande, Le Pouliguen et la Turballe.

De plus, le site des marais salants de Guérande est inscrit sur la « liste indicative » soumise par la France au comité de sélection du patrimoine mondial de l'humanité depuis 2002, pour son importance faunistique et floristique et comme témoin de l'activité humaine.

Notes et références

[modifier | modifier le code]
  1. Le délivre est un petit canal permettant la distribution de l'eau dans les œillets (chaque œillet à une ouverture sur le délivre fermée par une ardoise ou une planchette que le paludier enlève pour rajouter l'équivalent d'eau évaporée dans la journée. Une ladurée est un ensemble de ladures, plate-formes circulaires aménagées sur les plus grands côtés de l'œillet où le paludier élargit le pont (levée d'argile délimitant les œillets et sur lequel le paludier circule pieds nus) en son milieu. C’est à cet endroit que le paludier effectuera les prises de sel gris, le premier égouttage et le premier stockage.
  2. Coupe et schéma de principe de fonctionnement d'un marais, représentant la série des différents bassins qui assurent l'épuration des eaux par décantation des matières en suspension et leur écoulement par gravité grâce une dénivellation sous forme d’escalier de l'ordre d'un centimètre, en ouvrant ou fermant des trappes. Ces bassins sont : les vasières de 30 cm de profondeur et qui présentent une salinité de 30 à 50 g/l (fonction de réserve de la saline), les cobiers avec une salinité de l'ordre de 80 g/l, les fards profonds de 4 à 5 cm avec une salinité de 80 à 100 g/l (fonction principale de décantation et d'évaporation), les adernes profonds de 1 à 2 cm avec une salinité à 250 g/l (fonction de réserve quotidienne de la lotie rassemblant entre 4 et 30 œillets), et les bassins terminaux appelés cristallisoirs ou œillets. Extrait de « Au cœur d’une saline, production du sel de Guérande bio », sur selguerande.com (consulté le )
  3. « À partir du 15 juin, dans de bonnes conditions atmosphériques (faible hygrométrie et vents), de 24 heures en 24 heures, puis tous les deux jours voire tous les trois jours au fur et à mesure que l'été s'avance, le paludier extrait de chaque œillet une cinquantaine de kilos de sel qu'il dépose sur la ladure… Sur une saison qui s'étale de juin à septembre, mois les plus chauds de l'année et compte-tenu des brusques variations météorologiques, le paludier réalise de trente à quarante prises de sel par œillet, totalisant 1 300 à 1 500 kilos de gros sel ». Cf Sylvette Denèfle, Bretagne, Editions Bonneton, , p. 130
  4. Comme La Baule, même si les cartes topographiques récentes ne le montrent plus : la zone commerciale des Salines à Beslon entre Careil (Guérande) et La Baule, est implantée sur des marais comblés, la nouvelle déviation - route départementale 192 - entre cette zone commerciale et le site du palais des congrès de La Baule Atlantia est entourés des salines.
  5. Les rochers du Kramaguen — ou Crémaguen — ne sont pas un témoignage de la ligne de côte, contrairement à l'avis des auteurs romantiques du XIXe siècle, mais les restes d'une ancienne carrière de meules.
  6. Il s'agit d'argiles bleues à scrobiculaire, type slikke et schorre, caractéristiques des milieux littoraux maritimes dans la zone de balancement des marées.
  7. La période néolithique correspond à la phase climatique et palynologique « subboréale ».
  8. Lieu-dit La Motte à Charreau. Ce monument se trouve sur une propriété privée, et n'est pas accessible à la visite ; il a été dégradé du fait de la construction (ancienne) des salines à sa périphérie, mais cela, curieusement, en a permis la conservation, compte tenu de la fragilité du site.
  9. Au vu de ces éléments, il est impossible, contrairement à ce qu'affirment certains guides touristiques à la suite de certains érudits du XIXe siècle, que la bataille entre les Vénètes et les Romains se soit déroulée ici, la zone n'étant « maritime » que par très grande marée, avec une faible épaisseur d'eau ne dépassant pas les 50 cm, sauf peut-être dans le chenal de Penbron.
  10. Carte de localisation des salines, extraite de J. Viney, « Découverte d’un territoire du sel Atlantique : le pays de Guérande », sur cafe-geo.net,
  11. Ces hommes constituent une aristocratie paysanne, comme le montre l'évolution du taux de métayage : ils gardent le quart ou le tiers de la production (1870) puis la moitié (1914) et les deux-tiers (1950). Ils se rémunèrent en échangeant directement cet or blanc contre des biens ou des services grâce au privilège de la troque (ce privilège institutionnalisé en 1420 par le duc de Bretagne Jean V, favorise le troc lucratif — comme en témoignent l'habitat paludier avec des toits d'ardoise souvent ornés de lucarnes à frontons à la fin du XIXe siècle — disparait temporairement lors de la suppression de la gabelle du sel en 1790), reversent le tiers de leur récolte aux propriétaires négociants (ducs de Bretagne, nobles, abbayes, bourgeoisie locale). Les gros travaux sont essentiellement l'entretien des canaux d'alimentation, le curage des bassins, la réparation des talus et parties communes (réfection des digues — levées et chaussées, reconstitution des ponts de terre)… De même que chez les hommes, il existe des paludières métayères qui sont généralement des veuves de paludiers. Cf Gildas Buron, Bretagne des marais salants : 2000 ans d'histoire, Morlaix, Skol Breizh, , p. 124.
  12. Le sel fin est un sel blanc obtenu après que le gros sel gris a été séché, broyé et tamisé.
  13. Le mot « bôle » aussi orthographié « baulle » ou « baule », désigne, en breton vannetais et local, soit un estran marécageux argileux recouvert de prés salés, soit des étangs et marais saumâtres à l'arrière d'un cordon dunaire. On trouve de nombreuses donations et concessions de bôles dans les documents du duché de Bretagne (cf. Gildas Buron, bibliographie).
  14. Les documents du cartulaire de l'abbaye de Redon, des IXe et Xe siècles, comprennent à eux seuls 54 mentions de donations et passations de droits sur autant d'exploitations salicoles différentes. Par ailleurs, on peut remarquer que, vers 950, l'abbaye Saint-Aubin d'Angers implante un prieuré à Saillé, prieuré qui devient très rapidement propriétaire de salines. Dans des documents datant des XIIe et XIIIe siècles, le monastère Saint-Guénolé, à Batz-sur-Mer, revendique des droits remontant aux Xe et XIe siècles sur des salines.
  15. Développement des mines de sels et des salins du Portugal et d'Espagne, qui concurrencent les productions des salins atlantiques (cf. Gildas Buron, voir bibliographie).
  16. En 1960, il rachète la Société salinière de l'Ouest, principal distributeur des sels de l'Ouest, contrôlant ainsi les deux-tiers de la commercialisation des sels guérandais.
  17. 48 ans en moyenne en 1973.
  18. Ce projet était conduit par la SOGREAH, le département (DDE) et l'État.
  19. Les vieux paludiers restent fidèles à de Gaulle et son gouvernement tandis que des soixante-huitards, qui refusent l'exode rural et la perte du savoir salicole, viennent s'installer dans la presqu'île guérandaise, militant dans des associations de défense de la nature.
  20. Lieu de débarquement de sel venant de Sicile et des salins du Midi, qui laissent croire qu'ils sont d'origine locale, utilisant les lacunes des règlementations commerciale et juridique de l'époque.
  21. Il s'agit désormais du BPREA Option saliculture (Brevet professionnel de responsable d'exploitation)
  22. Ils ont droit aux aides à l'installation financées par la Région et les collectivités territoriales.
  23. Ce déclin est dû à plusieurs facteurs : multiplication des sources d'approvisionnement du sel (sel au prix plus attractif de pays d'Europe du sud, concurrence sur le marché intérieur avec les salines de l'Est et les salins du Midi…), invention des conserves métalliques au début du XIXe siècle qui favorise l'essor industriel, échelonné sur plusieurs décennies, des conserveries de poisson. La mise en boîte et la stérilisation des poissons entraîne notamment la disparition des presses à sardines et le déclin de la production de sel.
  24. Inscription en 1995 des marais à l'inventaire international de la convention de Ramsar, classement du site des marais salants de Guérande en février 1996.
  25. « La production moyenne annuelle d’un cristallisoir est fonction de sa taille. Elle varie de 800 kg à 1 300 kg (pour des cristallisoirs de 70 m2), ce qui correspond à une prise quotidienne variable de 35 à 70 kg. Ces chiffres peuvent faire l’objet de très grandes variations suivant les conditions climatiques ». Cf « La récolte du sel gris ou gros sel », sur aprosela-odg.fr (consulté le )
  26. « Être prime » (le premier) selon le savoir et savoir-faire des paludiers qui peuvent recourir aussi bien aux observations empiriques qu'à la pensée magique (« le sel appelle le sel »). Cf Geneviève Delbos, « Savoir du sel, sel du savoir », Terrain. Carnets du Patrimoine ethnologique, no 1,‎ , p. 11-22 (DOI 10.4000/terrain.2781)

Références

[modifier | modifier le code]
  1. Reconnaissances géologiques par L. Barbarous, F. Ottman et al, lors de l'établissement de la carte géologique - 1966 à 1968 - au 1/50 000e no 479 « Saint Nazaire ».
  2. Ils ont été signalés par Henri Quilgars lors de travaux sur la voie ferrée en 1897.
  3. Sondages de 1903, réalisés par le service des eaux.
  4. C. Devals et L. Pinault, « Bretagne, Le Pays de Guérande, patrimoine archéologique », revue Archéologia, no 377, avril 2001.
  5. Travaux de Mireille Ters, notamment l'article de synthèse : Les variations du niveau marin depuis 10000 ans le long du littoral atlantique français, publié en 1973 dans « Le Quaternaire, 9e congrès de l'INQUA » p. 114-135, ainsi que les travaux de Lionel Visset, de l'université de Nantes.
  6. Gildas Buron et bulletin hors série de la SSNOF, voir bibliographie.
  7. Pierre Lemonnier, Les salines de l'ouest. Logique technique, logique sociale, Maison des sciences de l'homme, , p. 141-142
  8. Gildas Buron, inventaire général du patrimoine culturel des marais salants, dossier d'enquête et d'étude, 2007, 59 p.
  9. « 5 minutes pour tout savoir sur le sel de Guérande », sur 11 mai 2020
  10. a b et c Geneviève Delbos, « Savoir du sel, sel du savoir », Terrain, no 1,‎ , p. 11-22
  11. On peut consulter les journaux Presse-Océan, Ouest-France, La Presqu'île, disponibles aux Archives départementales, en particulier : Presse-Océan du 19/04/1972, article « Le choix du Croisic s'impose comme grand port de plaisance entre Loire et Vilaine », ou les archives de la coopérative des producteurs de sel de Guérande.
  12. Alain Berger, Pascal Chevalier, Geneviève Cortes et Marc Dedeire, Patrimoines, héritages et développement rural en Europe, Éditions L'Harmattan, (lire en ligne), p. 73
  13. Historique de la coopérative
  14. Michèle Hornn, Hervé Coutau-Bégarie (dir.), Le patrimoine maritime et fluvial, Direction du patrimoine, , p. 142
  15. Pierre Lemonnier, Paludiers de Guérande. Production du sel et histoire économique, Institut d'ethnologie, , p. 79-84
  16. Pierre Lemonnier, Maurice Héral, « Une approche de la perception, par les paludiers guérandais, de facteurs en jeu dans la production du sel », Penn ar Bed, no 83,‎ , p. 207-219 (lire en ligne)
  17. La transmission du savoir sur le site des salines de Guérande
  18. Site officiel
  19. Sel de Guérande est un produit protégé, Le Figaro, 20 mars 2012.
  20. Le terroir veut tirer profit de la vague « Made in France », Le Figaro, 30 mars 2012.
  21. APROSELA (Association pour la PROmotion du SEL Artisanal), dossier « Indication Géographique Protégée sel de Guérande / fleur de sel de Guérande », 06 octobre 2010, 2010, p. 4/28
  22. a et b « 5 choses à savoir sur le sel de Guérande », sur be.france.fr (consulté le )
  23. a b et c « Le Sel de Guérande », sur agriculture.gouv.fr (consulté le )
  24. Patrick De Wever & Jean-Marie Rouchy, Le sel, saveur de la Terre, EDP science, , p. 17
  25. (en) Ami Ben-Amotz, D.V. Subba Rao, Jürgen E.W. Polle, The Alga Dunaliella, Taylor & Francis, , p. 194
  26. La flore et la faune présentes sur le site : Réseau Natura 2000 et Ramsar.
  27. Dossiers ouverts sur un marais oublié : actions publiques et paysage en marais breton Loire-Atlantique. Jacqueline Candau et Sophie Le Floch. Rapport CEMAGREF. 2000.
  28. « Pointe de Pen-Bron, marais salants et coteaux de Guérande », Muséum national d'histoire naturelle, inventaire national du patrimoine naturel (consulté le )
  29. « Les marais salants de Guérande et du Mès », Ramsar (consulté le )
  30. « Marais salants de Guérande, traicts du Croisic et dunes de Pen-Bron », Natura 2000 (consulté le )

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie

[modifier | modifier le code]
  • Carte au 1/25000e IGN, nouvelle série no 1023OT « La Baule », dernier relevé photogrammétrique : 1999, dernières révisions : 2002 ;
  • Collectif. Société des sciences naturelles de l'ouest de la France, Marais salants, connaissance des richesses naturelles de la Loire-Atlantique. Supplément hors série du bulletin de la SSNOF, 1980, 328 pages. Synthèse de travaux universitaires, traite de l'ensemble des données sur le bassin salicole : géologique, botanique, zoologique, écologique, économique et des techniques d'exploitation ;
  • Gildas Buron, Bretagne des marais salants : 2000 ans d'histoire, Morlaix, Skol Breizh - Morlaix 1999, , 175 p. (ISBN 978-2-911447-37-2 et 2-911447-37-9) ;
  • Gildas Buron, Hommes du sel, Morlaix, Skol Breizh - Morlaix 2000, , 175 p. (ISBN 978-2-911447-42-6 et 2-911447-42-5) ;
  • Collectif (SEPNB). « La Presqu'île guérandaise, 1e partie », revue Penn ar Bed, n° spécial, no 81, juin 1975, 80 pages ;
  • Collectif (SEPNB). « La Presqu'île guérandaise, 2e partie », revue Penn ar Bed, no 83, n° spécial, décembre 1975, 76 pages.
  • Fernand Guériff & Gaston Le Floc'h, Terroirs du pays de Guérande, Ploudalmézeau, Éditions Label LN - Brest 2006, 281 p. (ISBN 978-2-915915-14-3 et 2-915915-14-8) (réédition);
  • Les Cahiers du Pays de Guérande, n° 47, 2008, Société des Amis de Guérande (ISSN 0765-3565) ;
  • Les Cahiers du Pays de Guérande, n° 48, 2009, Société des Amis de Guérande (ISSN 0765-3565).

Articles connexes

[modifier | modifier le code]

Liens externes

[modifier | modifier le code]

Plans et vues satellites

[modifier | modifier le code]