Marcel Legrand
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| Nom de naissance |
Marcel Legrand |
| Nationalité |
française |
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| Maître | |
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| Influencé par |
Marcel Legrand est un peintre et sculpteur français né à Bordeaux le et mort au Bouscat le .
Biographie
[modifier | modifier le code]Famille, jeunesse et études
[modifier | modifier le code]Il nait dans une famille bordelaise, son père était magistrat. Lors de ses études au lycée Montaigne, il se fait remarquer par les caricatures qu'il dresse des enseignants. Sa famille encourage ses aptitudes artistiques, son père l'engage à préparer le concours du Prix de Rome et l'inscrit en 1909 aux Beaux-Arts de Paris où il devient l'élève de Jean-Paul Laurens. Il se dégage assez vite de l'influence de son mentor qui le qualifie de « révolutionnaire » et étudie à partir de 1911 à l'Académie Julian[1],[2],[3],[4].
Période parisienne
[modifier | modifier le code]Il se marie en 1912 et s'installe dans un atelier de la rue Notre-Dame-des-Champs. Il fréquente à Montparnasse d'autres artistes qui l'influenceront, notamment Tsugouharu Foujita et Amedeo Modigliani. Ses tableaux de l'époque semblent influencés par ceux qui seront appelés bien plus tard les nabis[1].
Première Guerre mondiale
[modifier | modifier le code]Mobilisé durant la Première Guerre mondiale, il sert au 7e régiment d'infanterie coloniale. Il est gazé et blessé[4]. Réformé pour invalidité, il s'installe dans la commune du Teich, proche du bassin d'Arcachon, où sa famille possédait une exploitation forestière[1].
Période girondine
[modifier | modifier le code]Au Teich, il fait construire une « maison canadienne » en bois, le Rancho, qui comporte un atelier où il se remet à peindre[5]. Il s'investit dans la vie communale et est élu maire en 1925, premier maire de gauche dans une commune traditionnellement à droite[4]. Il conçoit le monument aux morts du village, inauguré en mai 1927[6],[1],[2].
Fin de vie
[modifier | modifier le code]À partir de 1927, il est l'objet d'une polémique : un organe de presse local, l'Avenir d'Arcachon, lui reproche les conditions d'érection du monument aux morts et relaie des rumeurs de cocaïnomanie[4]. Parallèlement, comme ses troubles respiratoires dus aux gaz s'accroissent, il devient moins présent au Teich, se partageant entre Bordeaux et Orthez où il est soigné. Il démissionne de ses fonctions de maire en octobre 1928, il est remplacé le 28 décembre 1928. Il meurt au Bouscat le 27 avril 1933 à 42 ans[1].
Œuvre
[modifier | modifier le code]Peinture
[modifier | modifier le code]L'essentiel de sa production artistique date des années 1920 et 1930, elle est souvent inspirée par les paysages et les activités du bassin d'Arcachon, notamment les pêcheurs et les ostréiculteurs de L'Herbe où il loue une cabane[3],[5].
Son style peut être vu comme une sorte de ligne claire avant l'heure. Jacques Sargos écrit qu'il donne des « images épurées et synthétiques, réduites à des lignes simplifiées et à des aplats de couleurs qui évoquent l'art des grands affichistes modernes »[5].
Plusieurs de ses tableaux sont acquis par le docteur Pierre Germain, collectionneur et aussi maire de Mios[5].




Sculpture
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Son œuvre principale est le monument aux morts du Teich qu'il conçoit et dessine et dont il confie l'exécution à l'architecte Raoul Jourde et au statuaire Élie Chaveron. Il s'agit d'un bas-relief en bronze placé sur un support en béton évoquant le mur d'une maison abandonnée ou détruite. Le motif comporte trois personnages : une mère accroupie tenant dans ses mains le casque du fils ainé mort au combat, un jeune enfant, sans doute le fils cadet, tendant ses mains vers le ciel, et le père accablé, la tête baissée, protégeant l'enfant[1],[6],[2],[4].
Postérité
[modifier | modifier le code]Depuis 1991, une rue du Teich porte son nom[2].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- Michel Boyé. Le Teich 1928. La descente aux enfers d’un maire artiste. Bulletin de la Société historique et archéologique d'Arcachon 2005 (123) : 69-89.
- Yves Petetin, Patrick Spérat & Raymond Lafargue. À la découverte du Teich, au travers de ses rues et de ses lieux-dits. Les Dossiers d'Aquitaine 2009, p. 49 (ISBN 9782846221825).
- Bénézit Dictionnary of Artists, 31 octobre 2011.
- Alexis Blad. Le Teich. Marcel Legrand : le pinceau, la poudre et la mairie. La Dépêche du Bassin, 22 février 2026.
- Jacques Sargos. Le bassin d'Arcachon, paradis des peintres (1820-1950). L'Horizon chimérique, Bordeaux, 2013, pp. 68-69 (ISBN 9782954260426)
- Yves Petetin. Un monument déplacé pour sa mise en valeur. Sud-Ouest, 20 février 2003, p.10.
Liens externes
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- Ressource relative aux beaux-arts :
- Notice sur le site de la galerie Bassam.