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Marie Laberge

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Marie Laberge
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Naissance (75 ans)
à Québec
Activité principale
Écrivaine
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture Français
Genres
Roman, théâtre, essai

Œuvres principales

C'était avant la guerre à l'Anse à Gilles (1981)
L'Homme gris (1984)
Oublier (1987) Annabelle (1996)
Le Goût du bonheur (trilogie) :
Gabrielle (2000), Adélaïde (2001), Florent (2001)
Des nouvelles de Martha (2009-2011) Dix jours (2024)

Marie Laberge, née à Québec le 29 novembre 1950, est une écrivaine québécoise. Elle amorce sa carrière comme comédienne, mais, écrivant depuis l’enfance, elle se consacre rapidement à l’écriture. Elle obtient un premier grand succès au théâtre en 1981 avec C'était avant la guerre à l'Anse-à-Gilles. Ses pièces contribuent ensuite à établir sa renommée tant au Québec qu'en Europe, notamment avec L’Homme gris, qui est traduite en plusieurs langues.

Elle publie son premier roman, Juillet, en 1989. Elle connaît ensuite un vif succès avec Quelques adieux (1992) et Annabelle (1996). De 2000 à 2001, elle fait paraître Le Goût du bonheur, une saga historique en trois tomes largement saluée par le public. Puis, de 2009 à 2011, elle publie une suite épistolaire, Des nouvelles de Martha, qui sera éditée en roman en 2025.

Engagée dans le milieu des arts, Marie Laberge a siégé sur de nombreux jurys et comités. Elle a notamment fait partie du comité organisateur des États généraux du théâtre professionnel au Québec et du Conseil des arts et des lettres du Québec. Elle a aussi occupé les fonctions de vice-présidente du Conseil québécois du théâtre et de présidente du Centre d’essai des auteurs dramatiques. Elle a de plus été présidente d'honneur de plusieurs salons du livre, au Québec comme à l’étranger.

Écrivaine prolifique, explorant notamment le théâtre et le roman, Marie Laberge figure parmi les personnalités littéraires les plus populaires du Québec. Ses œuvres et son engagement dans la vie culturelle lui ont valu de nombreux prix et distinctions. Elle a entre autres reçu le Prix du Gouverneur général en 1981, l’Ordre des Arts et des Lettres de France en 1988, la médaille Raymond-Blais de l’Université Laval en 1989, le Prix Ludger-Duvernay de la Société Saint-Jean-Baptiste en 1997, l’Ordre de la Pléiade de la Francophonie en 2002, l’Ordre national du Québec en 2004 ainsi que la médaille d’honneur de l’Assemblée nationale du Québec en 2016. En 2025, elle a souligné ses cinquante ans de carrière.

Jeunesse et formation

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Marie Laberge grandit à L'Ancienne-Lorette.

Marie Laberge est la fille de Paul-André Laberge, professeur de grec et secrétaire général de l’Université Laval de 1952 à 1975, et de Rita Ménard. La famille compte sept enfants (six filles et un garçon). À sa naissance, ses parents s’installent à L'Ancienne-Lorette, alors encore une zone rurale située près de Québec[1].

Se décrivant comme une « petite enfant très sage, extrêmement coulante », Marie Laberge était aussi une grande lectrice. Elle se souvient : « J'aimais lire. Je me souviens quand j'ai réussi à déchiffrer des mots dans le journal, c'était de la magie. Avant, je pensais qu'on absorbait la page imprimée. On regarde et on se dit qu'on va l'absorber, c'est comme les images des "comics". Quand j'ai pu défaire le mot, comprendre qu'on se parlait à l'intérieur des mots, c'était magique. Ça a été mon grand contact… c'est ça qui me sauve dans la vie, lire[2] ».

Le premier rêve artistique de Marie Laberge est de faire carrière dans la danse. Dotée d’une imagination fertile, elle commence par ailleurs à écrire ses premières histoires à l’âge de onze ans, dans le sous-sol de la maison familiale. Sa sœur aînée, Francine, est alors la seule à être dans la confidence et devient sa première lectrice[3].

Élevée dans un milieu majoritairement féminin, elle souhaite, à l’adolescence, découvrir les hommes. À seize ans, elle parvient à convaincre ses parents de l’inscrire au Collège des Jésuites de Québec. Elle raconte :

« En Belles-Lettres, je voulais aller chez les Jésuites, dans une école où il y avait des gars. Je voulais voir comment ils fonctionnaient, comprendre cet univers-là. J'avais seize ans et je savais que c'était là que la vie se passait. C'est eux qui l'avaient, le contrat de vivre. Quand je suis arrivée chez les Jésuites, la première impression que j'ai eue, c'est que lorsque tu levais la main pour avoir la parole, les gars regardaient si tu étais cute, si ce que tu disais était fin, si tu rougissais, n'importe quoi, mais ils n'écoutaient pas ce que tu disais. Je n'étais pas habituée à me faire traiter ainsi parce qu'à la maison on avait droit de parole, on avait le droit de s'engueuler. J'étais très surprise et très déçue de voir que c'était là l'univers des "gars". C'était un choc culturel »[4].

Elle fréquente le Collège des Jésuites de Québec.

C'est au collège qu'elle s'initie au théâtre : « parce que la gang le fun était en théâtre […]. C'est un milieu permissif où on a le droit d'avoir des émotions, alors qu'ailleurs, non. On a le droit de s'aimer et presque de se le dire. C'est comme ça que je voulais vivre ». De tempérament timide, Marie Laberge se classe souvent deuxième lors des auditions. Elle prend néanmoins part aux productions en assumant des responsabilités plus techniques, notamment la conception des décors, des costumes, des maquillages et des affiches[5].

Marie Laberge poursuit ensuite des études en journalisme et information à l’Université Laval, où elle avait déjà rejoint la troupe étudiante Les Treize[6]. Un jour, le doyen de la Faculté des arts l’encourage à s’inscrire au Conservatoire, idée à laquelle, de son propre aveu, elle n’avait jamais pensé[7]. Après deux ans d'études, elle décide de quitter l’université pour se consacrer à l'interprétation et s’inscrit à la section jeu du Conservatoire d'art dramatique de Québec. Elle en sort en 1975[8].

Débuts au théâtre

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Marie Laberge commence sa carrière sur la scène en interprétant plusieurs rôles, notamment Macha dans La Mouette de Tchekhov, le Meneur de jeu dans L'Opéra de quat'sous de Bertolt Brecht, Pauline dans Quatre à quatre de Michel Garneau, ainsi que Petra dans Les Larmes amères de Petra von Kant de Fassbinder[9].

Du jeu à l'écriture

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Marie Laberge poursuit parallèlement son travail d’écriture. À l’été 1976, elle crée Profession je l’aime, cinq courtes pièces explorant les contradictions et les situations absurdes, cocasses ou éprouvantes vécues par des femmes au quotidien. Celles-ci se distinguent par la mise en scène épurée, leur simplicité et leur ton feutré d’« inspiration tchékhovienne[10] ».

La première représentation de Profession je l’aime, dont elle assure également la mise en scène, a lieu en janvier 1979 au Théâtre du Vieux-Québec, avec une distribution comprenant Ginette Guay, Pierrette Robitaille et Manon Vallée[11].

En septembre 1980, elle met elle-même en scène sa deuxième pièce, Avec l’hiver qui s’en vient, présentée également au Théâtre du Vieux-Québec[12].

C'était avant la guerre à l'Anse-à-Gilles

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En janvier 1981, Marie Laberge propose, à la salle Fred-Barry de la Nouvelle Compagnie Théâtrale dans une mise en scène de Lorraine Pintal[13][14], une œuvre qui marquera un tournant dans sa carrière : C'était avant la guerre à l'Anse-à-Gilles[15].

En 1936, dans un village au bord du fleuve, Marianna, une jeune veuve de 29 ans reçoit la visite de ses voisins Honoré (un jardinier amoureux d'elle) et Rosalie (une jeune orpheline, servante placée dans une famille bourgeoise) ainsi que de tante Mina. Réunis dans la cuisine de Marianna, les personnages discutent de l'actualité de l'époque: des problèmes de pauvreté liés à la Grande Dépression, de l'élection de Maurice Duplessis, des nouveautés, comme l'automobile et la radio, et du vote des femmes.

Ces conversations tournent surtout autour des dangers de la grande ville pour les femmes seules. Elles révèlent les injustices vécues par les personnages, en même temps que leur désir de s'émanciper. Marianna doit gagner sa vie en faisant des lavages pour des familles aisées de son village. Bien qu'elle soit encore jeune et que son voisin Honoré lui fasse ouvertement la cour, elle hésite à se remarier ou à avoir des enfants. Elle rêve plutôt à l'Empress of Britain qu'elle a vu passer sur le Saint-Laurent[16].

La Compagnie Jean-Duceppe accueille C'était avant la guerre à l'Anse-à-Gilles.

La pièce offre une réflexion sur la condition des femmes dans le Québec d'autrefois, illustrant le cul-de-sac féminin tel qu'incarné notamment par le personnage romanesque de Maria Chapdelaine[17]. Elle peut également être vue comme une réflexion de l'auteure sur les contradictions internes qui poussent les êtres à cultiver leurs rêves, mais aussi sur les peurs qui les amènent à repousser tout ce qui leur permettrait de les réaliser[18].

Accueillie chaleureusement par le public et la critique, la pièce est reprise par le Théâtre de la Commune à Québec, puis par la Compagnie Jean-Duceppe du 9 septembre au 17 octobre 1981. La distribution comprend Béatrice Picard, Christiane Raymond, Luce Guilbault, Michel Daigle et Monique Spaziani. Duceppe la présente ensuite en tournée[19].

Grâce à cette pièce, Marie Laberge remporte le tout premier Prix littéraire du Gouverneur général en art dramatique, en 1982. Cette récompense prestigieuse permet d'établir sa réputation comme auteure dramatique au Québec[20].

D'autres pièces à succès

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Marie Laberge poursuit son travail d'écriture. Elle signe Le Banc, produite en 1983, pièce qui raconte une journée du point de vue d'un banc public situé dans un petit parc de quartier. Dans ce lieu, toute une galerie de personnages (deux vieilles amies qui évoquent leurs maux, un jeune couple en chicane, un homme esseulé aimant observer les oiseaux, un orphelin qui suit les convois funéraires, deux secrétaires venues manger leur repas, en mère en plein postpartum, etc.) se croisent[21] [22].

L'année suivante, en 1984, elle enchaîne avec Deux tangos pour toute une vie, produite au Théâtre de la Commune à Québec. La pièce, composée de huit tableaux et d'un épilogue, raconte l'histoire d'un couple marié, Suzanne et Pierre, traversant une grave crise. Voyant leur relation « s'effriter dans le silence et l'agressivité », les deux époux tentent d'éviter le conflit. La pièce offre un commentaire sur les choix que l'on fait pour soi-même, sur l'importance d'agir sur sa propre destinée, malgré des décisions parfois douloureuses. « Les plus difficiles obstacles à surmonter sont souvent ceux que l'on pose soi-même sur sa route », résume l'auteure en entrevue[23].

La même année, Marie Laberge met en scène un drame psychologique, véritable tragédie moderne. Jouée à la salle Fred-Barry et produite par l'auteure, L'Homme gris aborde le dur sujet de l'inceste sous forme de voyeurisme. Un homme alcoolique dans la cinquantaine se retrouve dans un motel miteux avec sa fille de vingt ans. Le père, sous prétexte que sa fille est maltraitée par son époux, a décidé de la ramener à la maison. Incapable de s'exprimer sans avoir pris de l'alcool, il en abuse en parlant continuellement alors que sa fille se tait. Celle-ci a souffert d'anorexie. Dans ce motel, elle subit les confidences de son père dont les propos confirment la muette et constante fascination érotique dont elle était l’objet avant de maigrir à l'extrême. Au fil de la pièce, la violence des propos du père s’amplifie jusqu’à provoquer la seule défense de la jeune femme : l’attaque. Contrairement au théâtre grec où le parricide était exclusivement le fait de l’enfant mâle, l’agression est celle d’une fille[24]. L'Homme gris connaît un grand succès, devenant la première pièce québécoise à dépasser les 250 représentations à Paris. Traduite en anglais, en néerlandais, en allemand, en italien et en russe, cette œuvre permet à Marie Laberge de se faire connaître partout en Europe[25].

Dans la pièce Le Night Cap Bar, produite en 1987, Marie Laberge plonge ses spectateurs dans une ambiance de thriller. Un homme nommé Raymond, propriétaire du Night Cap Bar, vient d'être assassiné. Trois femmes sont soupçonnées d'avoir commis le crime : Agathe, une chanteuse dans la cinquantaine; Suzy, dans la trentaine; et Linda, une jeune femme. Les trois ont eu une liaison avec le propriétaire. Agathe l'a connu à ses débuts, lorsque son établissement était une boîte à chansons. Elle s'est ensuite vue éclipsée par l'intrigante Suzy. Sous son influence et celle des gens avec qui elle se tenait, le bar s'est peu à peu transformé en milieu louche et peu fréquentable. Abandonné par Suzy, Raymond s'est ensuite épris de Linda, une jeune délinquante droguée. Au fil de leur liaison, le Night Cap Bar est devenu une façade servant à camoufler sa nouvelle vocation : le trafic de drogues. À partir des trois témoignages discordants de ces femmes, à l'exemple du film Rashomon de Kurosawa, le public se trouve dans la position de juge[26].

La même année, Marie Laberge produit également Jocelyne Trudelle trouvée morte dans ses larmes, un drame musical ayant pour thématique le suicide[27].

Marie Laberge signe une troisième pièce cette année-là : Oublier. L'histoire se déroule dans « un univers clos, dur, implacable ». Une mère âgée et souffrant d'Alzheimer s'est enfermée dans les toilettes. Sa présence ne se révèle que lorsqu’elle actionne la chasse d'eau. Ses quatre filles, dont une est exilée à New York depuis des années, se réunissent pour un conseil de famille afin de décider de son sort. Elles ont en commun un lourd contentieux vis-à-vis de cette femme froide et indifférente. Elles opposent leur vision et leurs solutions. Selon l'auteure, cette pièce porte sur l'oubli consenti ou subi. Comme elle le confie en entrevue :

« Il y a cet oubli par la maladie, et l'Alzheimer où l'on oublie sa propre vie est bien la pire mort, c'est mourir dans sa tête avant de mourir dans son corps, perdre son enfance; mais il y a aussi les oublis volontaires, ou non, qui vont revenir en pleine face chez les filles changées par la mort de leur mère. La pièce fera découvrir comment on se sauve ou on essaie de se sauver des chocs ou des cassures de la vie et de l'enfance »[28].

La pièce est créée à l'automne 1987 à la fois au Théâtre Jean-Duceppe à Montréal et au Théâtre national de Belgique. Les quatre personnages principaux sont interprétés par les comédiennes Rita Lafontaine, Paule Baillargeon, Louise Turcot et Hélène Mercier[29]. Elle remporte le Prix Gémeaux du meilleur texte (émission dramatique) en 1993[30].

Sa pièce Oublier est jouée à Paris au Théâtre du Vieux-Colombier.

Aménagée en français européen, Oublier est également jouée en 2000 par la Comédie-Française au Théâtre du Vieux-Colombier dans une mise en scène de Daniel Benoin, une des deux seules pièces québécoises à avoir eu cet honneur[31].

Enfin, Aurélie, ma sœur raconte en cinq nuits une relation exceptionnelle entre deux femmes. Aurélie, une psychoéducatrice âgée de 45 ans, est divorcée et élève seule la fille de sa sœur Charlotte, sculpteure exilée en Italie. Cette enfant, appelée la Chatte, est aussi passionnée et entière que sa mère. Malgré leurs tempéraments fort différents, face à la mort, à un amour naissant ou à une peine d'amour, les deux femmes finissent toujours par s'épauler. Cette pièce est créée en novembre 1988 au Trident de Québec, dans une mise en scène de l'écrivaine. Elle est reprise avec la même distribution au Café de la Place à Montréal et au Centre national des arts à Ottawa[32].

Comme le raconte Jacques De Decker, homme de théâtre et directeur des pages culturelles du quotidien bruxellois Le Soir, l'œuvre de Marie Laberge a une dimension qui transcende les cultures :

« Tout en étant éminemment Québécoise, Marie Laberge s'est avérée très vite tout à fait universelle. Elle est un des rares auteurs de théâtre d'aujourd'hui [en 1990] qui utilisent encore le théâtre pour autre chose que de pures variations langagières, ou comme véhicule de messages extra-artistiques. Ce qui la concerne à travers ses contemporains, c'est l'être tel qu'il se perçoit aujourd'hui dans un univers où énormément de balises ont été déplacées. C'est ce qui explique que L'Homme gris et Oublier aient eu l'accueil qu'ils ont eu »[33].

Au total, Marie Laberge signe vingt pièces de théâtre, dont la plupart ont été jouées au Québec et quelques-unes en Europe[34].

Au cours de cette période, elle fait la connaissance de Denise Gagnon, directrice artistique du Théâtre de la Commune à Québec, qui met en scène plusieurs de ses textes. Madame Gagnon, qui est aussi comédienne, y jouera certains rôles avant de devenir une amie très proche. Pendant près de cinquante ans, jusqu’à son décès en 2024, elle sera la première lectrice de tous les textes de Marie Laberge. Madame Gagnon dira : « Il y a eu la rencontre exceptionnelle avec Marie Laberge, qui m'a donné sans doute les plus beaux rôles de ma carrière, tout spécialement Aurélie, ma sœur, un cadeau magnifique. Avec ce personnage, j'ai senti que je franchissais une étape[35] ».

Romancière

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Elle signe un poème au pied de la fontaine de Tourny à Québec.

Pendant ces années, Marie Laberge n'a jamais cessé d'écrire des romans. Ce genre littéraire lui permet d'explorer certains aspects plus en profondeur, tels que l'intériorité de ses personnages, leurs motivations mais aussi leur sexualité et leurs désirs les plus intimes. De plus, l'approche narrative peut varier à l'infini. Bien que la structure du roman réponde à d'autres codes que ceux du théâtre, Marie Laberge crée ses intrigues au fur et à mesure, en étant guidée par les émotions et la logique propre de ses personnages : « Je suis liée au lecteur, je découvre comme lui l'histoire. Quand j'écris, je ne cherche pas à analyser, je ne veux pas tout contrôler. Mes personnages m'habitent tellement fort, il faut qu'ils parlent. Je dois les laisser vivre[36] ».

Elle fait une entrée remarquée sur la scène littéraire avec son roman, Juillet, paru en 1989, qui respecte la règle théâtrale des trois unités. Elle y raconte l'histoire d'une jeune femme dans la trentaine prénommée Catherine. Celle-ci est mariée à David et est mère d'un bébé, prénommé Julien. À première vue, Catherine et David forment un couple uni et une famille heureuse. En réalité, ils vivent un drame. Catherine s'éloigne de son mari depuis plus de deux ans et n'a plus envie de faire l'amour avec lui. Les deux évitent d'en parler, luttant dans le silence. Catherine se réfugie dans son rôle de mère, aussi insatisfaite d'elle-même que de son mariage. Son dilemme majeur : une attirance puissante et réciproque pour Simon, le père de son mari. Ce jour de juillet, la petite famille est invitée à un souper d'anniversaire à la campagne où Simon désire célébrer les soixante-cinq ans de Charlotte, sa femme. À mesure que les préparatifs avancent, la chaleur et les tensions entre le père, le fils et la belle-fille s’intensifient. Chacun se débat avec la puissance du désir et celle, non moindre, de la frustration et de la colère. Le tout sous l’aimable abri des conventions et du mensonge que Charlotte orchestre de main de maître. Le roman explore les thématiques du désir, du mensonge avec soi-même et avec les autres, de la lâcheté, des codes sociaux viciés par les apparences. Ce sont là quelques-unes des « obsessions » présentes dans toutes les pièces de Marie Laberge[37].

Quelques adieux et Le Poids des ombres

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Dans Quelques adieux, paru en 1992, l'auteure situe l'action à Québec au début des années 1970. François, professeur de littérature à l'Université Laval, est marié depuis dix ans avec Élisabeth. Il éprouve subitement une attirance pour une étudiante, Anne. Quel que soit l'intensité du désir, François ne cesse pour autant d'aimer son épouse. Bien qu'ils refusent au départ cette passion amoureuse, François et Anne se retrouvent malgré eux plongés dans ce que l'auteure décrit comme « une histoire inévitable, un amour irrémédiable », tout aussi intense dans sa sensualité que dans sa violence. Cette passion amoureuse contre laquelle François et Anne luttent férocement, se développe jusqu'à devenir une obsession. Peut-on aimer profondément deux personnes en même temps?[38]

Suit en 1994 le roman Le Poids des ombres, sur les relations entre une mère qui a vécu toute sa vie en assumant ses choix et sa fille exclusive et jalouse qui l'a rejetée. Cette œuvre porte ultimement sur la possession, qu'elle soit amoureuse ou filiale[39].

Annabelle et La Cérémonie des anges

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Annabelle (1996) raconte l'histoire d'une adolescente de 13 ans, une pianiste prodige, espoir de son père gérant d'artistes. Un jour, son monde bascule: elle est incapable de toucher son clavier. Ses parents divorcent peu après au désespoir de la mère, Christianne, qui reporte tous ses besoins affectifs sur sa fille, écrasée de tant de responsabilités. Sans juger les personnages, l'auteure veut illustrer les déchirements d'une adolescente solitaire, broyée par la peur de l'échec de ses parents et par ce qu'elle décrit comme « la vénération de la souffrance qui, très souvent, légitimise l'existence des gens[40] ». Accueilli chaleureusement dès sa sortie, ce roman connaît un grand succès populaire. Il remporte plusieurs prix, dont le Prix du public La Presse et le Prix des libraires en 1997[41].

Dans La Cérémonie des anges, publié en 1998, l'auteure met en scène un couple de jeunes parents - Nathalie et Laurent - qui tente de surmonter leur désespoir à la suite d'une tragédie : le décès de leur seul enfant, victime de la mort subite du nourrisson. Leur journal respectif divise le livre en deux parties étanches l’une à l’autre, chacun exprimant leur chemin cahoteux vers le deuil et l’apprentissage douloureux du consentement à la perte irrémédiable. Pour ce roman, Marie Laberge remporte une deuxième fois le Prix des libraires en 1999[42].

Marie Laberge participe à de nombreux salons du livre, comme ici à Québec en 2011.

Consécration : la trilogie Le Goût du bonheur

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En 2000, la carrière d'auteure de Marie Laberge est déjà bien établie. Jouissant d'une grande notoriété au Québec, elle se lance alors dans son projet le plus ambitieux en faisant paraître une trilogie intitulée Le Goût du bonheur aux éditions du Boréal. L’auteure raconte l’histoire d’une famille de la Haute-Ville de Québec. À travers le parcours de Gabrielle, d’Edward et de leurs enfants, le récit nous transporte entre 1930 et 1967. C'est aussi une trilogie sur l'histoire de la sexualité pour les femmes et les hommes du Québec de cette période[43].

La saga Le Goût du bonheur connaît un très grand succès auprès d'un public de tous âges. Elle est vendue à plus d'un million d'exemplaires dans la francophonie[44]. La trilogie est récompensée par plusieurs prix, dont le Prix du public Archambault (2001) et le Prix du grand public Salon du livre de Montréal (2001 et 2002)[45].

Gabrielle est une jeune femme déterminée qui résiste aux rigides normes sociales et religieuses du Québec des années 1930 quand celles-ci remettent ses choix en question. Tout en faisant le lien entre la petite et la grande histoire, avec en trame de fond la Crise et le sort social et politique des femmes encore considérées comme mineures par l'État même une fois mariées, le roman illustre la lutte quotidienne de cette femme pour exister totalement et élever sa famille sans se renier[46].

Sur fond des années de guerre, Adélaïde, fille de Gabrielle s’est mariée «pour sauver l’honneur», ce qui ne l’empêche pas de vivre une passion exaltante tout en dirigeant un empire financier dans une société québécoise bouleversée par les changements. On la suit à Montréal. Cette liberté conquise a toutefois son prix.

Florent, allié indéfectible et âme-sœur d’Adélaïde, est le personnage principal du troisième tome. Couturier de grande renommée, il vit difficilement une homosexualité condamnée par la loi et la société québécoise. Son immense talent, la famille d’Adélaïde qui est devenue la sienne n’empêchent pas son profond désir d’une harmonie amoureuse quasi impossible à atteindre dans cette société[47].

Des nouvelles de Martha

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Forte de ce succès, en 2008, Marie Laberge se lance dans une nouvelle aventure littéraire. Elle propose à ses lecteurs et lectrices de s’abonner afin de recevoir, tous les quinze jours, une lettre signée d’une certaine Martha.

À travers ces textes rédigés sous forme de correspondance personnalisée, cette femme fictive se confie et partage ses réflexions après le départ du foyer de la cadette de ses trois enfants. L’échange épistolaire entre Martha et ses 100 000 abonnés se poursuit de janvier 2009 à décembre 2011, tissant au fil du temps un véritable lien d’amitié avec des lecteurs de toutes les générations. L’ensemble de cette correspondance est ensuite publié en roman sous le titre Des nouvelles de Martha, paru en 2025[48].

Une œuvre en création

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Dans les dernières décennies, Marie Laberge poursuit son exploration de l’âme humaine en abordant une grande diversité de thèmes. Dans Ceux qui restent (2015), l’auteure aborde les conséquences d’un suicide sur l’entourage. Le roman met en lumière les répercussions du deuil et la difficulté de se reconstruire après une mort brutale, en s’intéressant avant tout à ceux qui demeurent. Paru chez Québec Amérique, il est publié en France chez Stock[49].

Elle aborde le sujet de l'abandon dans Traverser la nuit (2019). Emmy, née dans des conditions d’abandon difficiles, consacre sa vie à aider les plus vulnérables tout en se refusant toute indulgence. À travers son amitié avec Jacky et le soutien bienveillant de Raymonde, le roman retrace son cheminement vers l’acceptation d’elle-même et la reconnaissance de sa propre valeur[50].

Comme elle le dit entrevue, « C’est ma nature profonde : explorer comment on vit avec la mort[51]. » Elle plonge à nouveau dans ce thème avec Contrecoup (2021) où elle met en scène les suites d’une tuerie tandis que dans Dix jours (2024), elle raconte les dix derniers jours d’une femme consciente de sa mort imminente. À travers un journal, la narratrice revisite sa vie et évoque surtout ses deux filles, dont les réactions opposées façonnent le récit. Ce roman propose une réflexion lucide sur la mort, tout en affirmant l’intensité du désir de vivre et la force des liens humains[52].

Elle ne se limite pas au roman littéraire et aborde le genre policier dans une trilogie : Sans rien ni personne (2007), Mauvaise Foi (2013), Affaires privées (2017). Les trois volets mettent de l'avant l'enquêtrice québécoise Vicky Barbeau et l'inspecteur français Patrice Durand. Chaque roman a pour cadre une région différente du Québec[53].

Enseignement

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En plus de son travail d’écrivaine, Marie Laberge a enseigné pendant quelques années à l’Université du Québec à Chicoutimi, à l’École nationale de théâtre du Canada ainsi qu’à l’Université Laval.

Implications politiques

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Au printemps 1995, Marie Laberge est invitée à participer à la rédaction du préambule de la Déclaration d'indépendance du Québec, en vue du référendum prévu à l'automne suivant par le gouvernement de Jacques Parizeau. Elle fait partie d'un groupe de six auteurs formé du poète Gilles Vigneault, du sociologue Fernand Dumont, des constitutionnalistes Henri Brun et Andrée Lajoie, et du conseiller spécial du premier ministre Jean-François Lisée[54].

Vie privée

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Marie Laberge n'est pas mariée et n'a pas d'enfant.

  • C'était avant la guerre à l'Anse-à-Gilles, VLB éditeur, 1981; Éditions du Boréal, 1995.
  • Ils étaient venus pour…, VLB éditeur, 1981; Éditions du Boréal, 1997.
  • Avec l'hiver qui s'en vient, VLB éditeur, 1982.
  • Jocelyne Trudelle trouvée morte dans ses larmes, VLB éditeur, 1983; Éditions du Boréal, 1992.
  • Deux tangos pour toute une vie, VLB éditeur, 1985; Éditions du Boréal, 1993.
  • L'Homme gris, suivi de Éva et Évelyne, VLB éditeur, 1986; Éditions du Boréal, 1995.
  • Le Night Cap Bar, VLB éditeur, 1987; Éditions du Boréal, 1997.
  • Oublier, VLB éditeur, 1987; Éditions du Boréal, 1993.
  • Aurélie, ma sœur, VLB éditeur, 1988; Éditions du Boréal, 1992.
  • Le Banc, VLB éditeur, 1989; Éditions du Boréal, 1994.
  • Le Faucon, Éditions du Boréal, 1991, 147 p.
  • Pierre ou la Consolation, Éditions du Boréal, 1992, 136 p.
  • Charlotte, ma sœur, Éditions du Boréal, 2005, 182 p.
  • Juillet, Éditions du Boréal, 1989, 222 p.; coll. « Boréal compact », 1993; Paris, Les Éditions Anne Carrière, 2005.
  • Quelques adieux, Éditions du Boréal, 1992, 387 p.; coll. « Boréal compact », 1997; Paris, Les Éditions Anne Carrière, 2006.
  • Le Poids des ombres, Éditions du Boréal, 1994, 459 p.; coll. « Boréal compact », 1999.
  • Annabelle, Éditions du Boréal, 1996, 483 p.; coll. « Boréal compact », 2001.
  • La Cérémonie des anges, Éditions du Boréal, 1998, 343 p.; coll. « Boréal compact », 2004.
  • Le Goût du bonheur :
    • Tome 1 : Gabrielle, Éditions du Boréal, 2000, 607 p.; coll. « Boréal compact », 2006; Paris, Les Éditions Anne Carrière, 2003; Paris, « Pocket no 13180 », 2007.
    • Tome 2 : Adélaïde, Éditions du Boréal, 2001, 651 p.; coll. « Boréal compact », 2006; Paris, Les Éditions Anne Carrière, 2003; Paris, « Pocket no 13181 », 2007.
    • Tome 3 : Florent, Éditions du Boréal, 2001, 761 p.; coll. « Boréal compact », 2006; Paris, Les Éditions Anne Carrière, 2003; Paris, « Pocket no 13182 », 2007.
  • Sans rien ni personne, Éditions du Boréal, 2007, 434 p.
  • Revenir de loin, Éditions du Boréal, 2010, 617 p.
  • Mauvaise Foi, Québec Amérique, 2013, 304 p.
  • Ceux qui restent, Québec Amérique, 2015, 502 p.; Paris, Pocket, 2017.
  • Affaires privées, Québec Amérique, 2017, 526 p.
  • Traverser la nuit, Québec Amérique, 2019, 184 p.
  • Contrecoup, Québec Amérique, 2021, 504 p.
  • Dix jours, Éditions du Boréal, 2024, 176 p.
  • Des nouvelles de Martha, Éditions du Boréal, 2025, 496 p.

Collaborations

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  • Les années de rêves, long-métrage, collaboration au scénario de Robert Gurik, réal. Jean-Claude Labrecque, coul., 96 min., 1984.
  • Transit, court-métrage, collaboration au scénario de Richard Roy, réal. Richard Roy, coul., 28 min., 1986.
  • « Dialogue sur le passage escarpé », Cahiers francophones des soins palliatifs, édité par Maison Michel-Sarrazin, vol. 7, no 2, 2007, p. 1-8; texte de la conférence de clôture du 17e Congrès du réseau de soins palliatifs du Québec, 29 mai 2007.
  • Campagne Écrire, ça libère ! par Amnistie internationale, 2021[55].

Autres écrits

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  • Vingt courts scénarios de fiction pour la CECEM, pour l’apprentissage de l’anglais, langue seconde, 1976.
  • L’enfant derrière la porte, autoportrait, Québec français, décembre 1981.
  • La Réparation, courte pièce de théâtre, 20 ans, CEAD, VLB éditeur, 1985.
  • « Écrire pour le théâtre », Études littéraires, vol. 18, no 3, hiver 1985.
  • « Cher Rainer Maria Rilke », Cahier de théâtre Jeu, no 40, 1986.
  • Le Cadeau, pièce radiophonique, créée pour Radio-Canada, janvier 1986.
  • « L’homme gris », L’Avant-Scène Théâtre, texte intégral de la version française et texte intégral de la version québécoise, 1er mars 1986, no 785, Paris, B. M. éditions, p. 9-36.
  • « Avons-nous besoin d’héroïnes? », Le temps d’y voir, Les actes de la Conférence internationale de la situation des filles (1985), Guérin éditeur, 1986, p. 227-232.
  • « Théâtre québécois et francophonie », L’Arbre à palabre des francophones, Colloque des Cent à Paris, Guérin éditeur, 1986.
  • « Night (traduction de L’Homme gris) », Plays by women, volume seven, présentation et sélection de Mary Remnant, Londres, éd. Methuen, 1988, p. 93-116.
  • « Les Trois Sœurs », nouvelle, Revue Trois, vol. 3, no 3, spécial anniversaire, printemps-été 1988, p. 182-183.
  • « Le français en tête », Les actes du Colloque de la Centrale de l’enseignement du Québec, mars 1989, p. 553-559.
  • « Quelle chose étrange… », témoignage, La passion du jeu, éditions Trois, 1989, p. 190-192.
  • « Un peu de bruit », nouvelle, L’Editorium, Collège de Valleyfield, vol. 1, no 2, mars 1989, p. 32.
  • « Le dur instant », nouvelle, L’Editorium, Collège de Valleyfield, vol. 1, no 2, mars 1989, p. 30-31.
  • « L’École porte de la culture », Les actes du Colloque de l’Alliance des professeures et des professeurs de Montréal, avril 1989.
  • « Le cœur de la beauté », Souffrir pour être belle, catalogue d’exposition, Éditions Fides / Musée de la civilisation de Québec, 1989, p. 97-108.
  • Les Heures précieuses, téléfilm, scénario Marie Laberge, réal. Mireille Goulet et Marie Laberge, coul., 90 min., 1989.
  • « Quel français faire entendre », Rencontres à Royaumont, sous la direction de Lise Gauvin et Jean-Marie Klinkerberg, Créaphis / VLB éditeur, 1991, p. 131-139.
  • « Double mélodie », extrait, La Scène, livre d’artiste réalisé à l’atelier Presse Papier de Trois-Rivières, 16 estampes originales de 16 artistes, 1992.
  • « Les lumières de ma ville », Des écrivains dans la ville, éd. L’instant même – Musée du Québec, 1995, p. 148-149.
  • « Oublier », Le Théâtre du Vieux-Colombier, saison 2000-2001, texte intégral joué à la Comédie-Française, accompagné d’un dossier sur l’auteure, 2000, 60 p.
  • « Aurélie, my sister, (extrait) », Review, Latin American Literature and Arts, A publication of The Americas Society, Spring 2003, p. 37-41.
  • « Les coulisses de l’écrivain », Je vous écris de…, Lire en fête, Ministère de la Culture et de la Communication, France, 2003, p. 71-77.
  • Au cœur d’une fontaine, documentaire, scénario Marie Laberge, réal. Michel Sylvestre et Marie Laberge, coul., 22 min., 2007.
  • « Le temps qui compte », paroles de chanson, album D’elles de Céline Dion, Sony Music Entertainment Canada Inc., 2007.
  • La Fontaine de Tourny, poème gravé sur la plaque de bronze commémorative, Québec, 2007.
  • « Lettre qui ne sera pas envoyée », La maltraitance, une réalité qui bouleverse, éd. du CHU Sainte-Justine, 2007, p. 82-83.
  • Des nouvelles de Martha :
    • Saison 1, roman épistolaire, 26 lettres aux lectrices, 26 lettres aux lecteurs, éd. Martha, 2008
    • Saison 2, roman épistolaire, 26 lettres aux lectrices, 26 lettres aux lecteurs, éd. Martha, 2009
    • Saison 3, roman épistolaire, 26 lettres aux lectrices, 26 lettres aux lecteurs, éd. Martha, 2010
  • « Le temps qui compte est toujours compté », Cahiers francophones des soins palliatifs, édité par Maison Michel-Sarrazin, vol. 12, no 2, 2012, p. 1-8; texte de la conférence d’ouverture du 22e Congrès du réseau de soins palliatifs du Québec, 17 mai 2012.
  • Treize verbes pour vivre, Québec Amérique, 2015, 236 p. (ISBN 978-2-7644-2969-3) (essai)
  • Le saphir et autres nouvelles inédites, Québec Amérique, 2020, 48 p.

Distinctions

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  • Prix littéraire du Gouverneur général (C'était avant la guerre à l'Anse-à-Gilles), catégorie théâtre français, 1981
  • Prix Hommage, Salon de la Femme de Montréal, 1987
  • Chevalier, Ordre des Arts et des Lettres de France, 1988
  • Médaille Raymond-Blais, Université Laval, 1989
  • Femme de l'année en arts, prix Hommage La Presse, Salon de la femme, 1990
  • Médaille des célébrations du 350e anniversaire de Montréal, 1992
  • Prix des lectrices Elle-Québec (Quelques adieux), 1993
  • Prix Ludger-Duvernay, Société Saint-Jean-Baptiste, 1997
  • Prix des libraires du Québec (Annabelle), 1997
  • Prix du public La Presse (Annabelle), 1997
  • Prix du public (Annabelle), Salon du livre de Trois-Rivières, 1997
  • Prix des libraires du Québec (La cérémonie des anges), 1997
  • Grand Québécois secteur culturel, Académie des Grands Québécois, Chambre de commerce et d'industrie de Québec, 2000
  • Prix du Grand public La Presse (Le Goût du bonheur : Gabrielle), Salon du livre de Montréal, 2001
  • Prix du public (Le Goût du bonheur : Gabrielle), Salon du livre de Trois-Rivières, 2001
  • Grand prix littéraire Archambault (Le Goût du bonheur : Gabrielle et Adélaïde), Salon du livre de Montréal, 2001
  • Prix du Grand public La Presse (Le Goût du bonheur : Adélaïde et Florent), Salon du livre de Montréal, 2002
  • Prix du public (Le Goût du bonheur : Adélaïde), Salon du livre de Trois-Rivières, 2002
  • Chevalier de l'Ordre de la Pléiade, Assemblée parlementaire de la Francophonie, 2002
  • Chevalier de l'Ordre national du Québec, 2004
  • Prix du public Archambault (Sans rien ni personne), 2008
  • Prix du Grand public La Presse (Revenir de loin), Salon du livre de Montréal, 2011
  • Prix du public (Revenir de loin), Salon du livre de la Côte-Nord, 2011
  • Compagnon de l'Ordre des arts et des lettres du Québec, 2015
  • Prix du public (Ceux qui restent), Salon du livre de la Côte-Nord, 2016
  • Médaille d'honneur de l'Assemblée nationale, 2016

Notes et références

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Références

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  1. Paul-André Laberge, L'Université Laval, 1952-1977 : vers l'autonomie, Presses de l'Université Laval, 1978, 92 p.
  2. Gilbert David et Pierre Lavoie, « Marie Laberge », Jeu. Revue de théâtre, 1981, no 21, p. 53. Consulté le 7 janvier 2026.
  3. La Presse canadienne, « L'autobiographie n'a aucun intérêt pour Marie Laberge », La Tribune, 11 juin 1990, cahier 4, p. 6. Consulté le 12 janvier 2026.
  4. Gilbert David et Pierre Lavoie, « Marie Laberge », Jeu. Revue de théâtre, 1981, no 21, p. 53-54.
  5. Gilbert David et Pierre Lavoie, « Marie Laberge », Jeu. Revue de théâtre, 1981, no 21, p. 54.
  6. Martine Corrivault, « Marie Laberge : privilège de faire du théâtre », Le Soleil, 7 mai 1977, cahier E, p. 3. Consulté le 4 décembre 2025.
  7. Paule des Rivières, « À l'école de la passion », Le Devoir, 24 octobre 1992, cahier D, p. 3. Consulté le 14 janvier 2026.
  8. Martine Corrivault, « Marie Laberge : privilège de faire du théâtre », Le Soleil, 7 mai 1977, cahier E, p. 3.
  9. Nouvelle Compagnie théâtrale, L'atelier N.C.T., programme de spectacles, 1981, p. 3. Consulté le 7 janvier 2026.
  10. Martial Dassylva, « Le charme discret de Marie Laberge », La Presse, 24 janvier 1980, cahier A, p. 17. Consulté le 7 janvier 2026.
  11. Martine Corrivault, « Marie Laberge, la comédienne devenue auteur », Le Soleil, 20 janvier 1979, cahier D, p. 4. Consulté le 5 janvier 2026.
  12. Irène Roy, « Avec l'hiver qui s'en vient » dans Gilles Dorion (dir.), Dictionnaire des œuvres littéraires du Québec, Fides, 1994, t. 6 : 1976-1980, p. 64-65.
  13. Leonard E. Doucette, « Marie Laberge », L'Encyclopédie canadienne, 9 avril 2008. Consulté le 7 janvier 2026.
  14. Serge Drouin, « Marie Laberge », Télé-radiomonde, 14 septembre 1980, p. 24. Consulté le 7 janvier 2026.
  15. Martial Dassylva, « Qualité et travail en profondeur », La Presse, 20 septembre 1980, cahier C, p. 6. Consulté le 5 janvier 2026.
  16. Louise H. Forsyth, « C'était avant la guerre à l'Anse à Gilles » dans Aurélien Boivin (dir.), Dictionnaire des œuvres littéraires du Québec, Fides, 2003, t. 7 : 1981 à 1985, p. 121-122.
  17. Gilbert David et Pierre Lavoie, « Marie Laberge », Jeu. Revue de théâtre, 1981, no 21, p. 61.
  18. Louise H. Forsyth, « C'était avant la guerre à l'Anse à Gilles » dans Aurélien Boivin (dir.), Dictionnaire des œuvres littéraires du Québec, Fides, 2003, t. 7 : 1981 à 1985, p. 122.
  19. https://duceppe.com/cetait-avant-la-guerre-a-lanse-a-gilles/.
  20. « Marie Laberge prix du gouverneur général », Le Soleil, 23 avril 1982, cahier A, p. 2. Consulté le 8 janvier 2026.
  21. Martine R.-Corrivault, « En attendant de jouer, Marie Laberge continue d'écrire et fait créer "Le Banc" », Le Soleil, 26 février 1983, cahier D, p. 3. Consulté le 8 janvier 2026.
  22. Martine R.-Corrivault, « Les mots d'images de Marie Laberge », Le Soleil, 2 mars 1983, cahier C, p. 6. Consulté le 8 janvier 2026.
  23. Martine Corrivault, « Une vie entre deux tangos », Le Soleil, 3 novembre 1984, cahier C, p. 2. Consulté le 8 janvier 2026.
  24. Raymond Bernatchez, « Le public boude une œuvre de valeur », La Presse, 21 septembre 1984, cahier C, p. 8. Consulté le 8 janvier 2026.
  25. Paule des Rivières, « À l'école de la passion », Le Devoir, 24 octobre 1992, cahier D, p. 3.
  26. Raymond Bernatchez, « Marie Laberge au cœur d'un thriller », La Presse, 10 avril 1987, cahier B, p. 9. Consulté le 8 janvier 2026.
  27. Diane Pavlovic, Compte rendu de [« Jocelyne Trudelle trouvée morte dans ses larmes »], Jeu, (31), 1984, p. 142-144.
  28. Robert Lévesque, « Oublier ou ne pas oublier », Le Devoir, 31 octobre 1987, cahier C, p. 1.
  29. Robert Lévesque, « Oublier ou ne pas oublier », Le Devoir, 31 octobre 1987, cahier C, p. 3.
  30. https://www.ordre-national.gouv.qc.ca/membres/membre.asp?id=905.
  31. https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/cab00060088/oublier-au-theatre-du-vieux-colombier.
  32. Jean St-Hilaire, « Une pièce intimiste signe Marie Laberge », Le Soleil, 29 octobre 1988, cahier F, p. 1. Consulté le 7 janvier 2026.
  33. Rudi Miel, « Marie Laberge à Bruxelles, ou comment ne pas faire déborder l'émotion », La Presse, 10 février 1990, cahier K, p. 5. Consulté le 12 janvier 2026.
  34. « Marie Laberge : la force du verbe québécois dans son nouveau roman », sur Madame Figaro, (consulté le )
  35. Irène Roy, « Vivre le théâtre avec passion : entretien avec Denise Gagnon », Jeu, (86), 1998, p. 52.
  36. Lucie Côté, « Du théâtre, Marie Laberge passe au roman », La Presse, 11 novembre 1989, cahier K, p. 1. Consulté le 12 janvier 2026.
  37. Réginald Martel, « Marie Laberge entre Shakespeare et Harlequin », La Presse, 11 novembre 1989, cahier K, p. 2.
  38. Lucie Côté, « L'histoire inévitable d'un amour irrémédiable », La Presse, 11 octobre 1992, cahier B, p. 7. Consulté le 14 janvier 2026.
  39. Marie-Paule Villeneuve, « Plaidoyer pour la maturité », Le Droit, 22 octobre 1994, cahier 2, p. 14. Consulté le 14 janvier 2026.
  40. Pierre Cayouette, « Un écrivain en état d'urgence », Le Devoir, 5 octobre 1996, cahier D, p. 3. Consulté le 14 janvier 2026.
  41. Mario Roy, « 122 000 visiteurs », La Presse, 26 novembre 1997, cahier E, p. 2. Consulté le 14 janvier 2026.
  42. Mario Roy, « Vieillir, c'est agrandir le mausolée du cœur », La Presse, 1er novembre 1998, cahier B, p. 5. Consulté le 14 janvier 2026.
  43. https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/720473/marie-laberge-le-gout-du-bonheur-livre-incontournable
  44. Anne-Marie Voisard, « La machine Marie Laberge », Le Soleil, 20 octobre 2001, cahier C, p. 1. Consulté le 14 janvier 2026.
  45. « Marie Laberge reçoit le Prix du grand public Salon du livre de Montréal / La Presse », https://blogue.editionsboreal.qc.ca/2011/11/21/marie-laberge-recoit-le-prix-du-grand-public-salon-du-livre-de-montreal-la-presse/
  46. Lise Lachance, « Première saga », Le Soleil, 2 décembre 2000, cahier D, p. 1. Consulté le 14 janvier 2026.
  47. Sonia Sarfati, « Marie Laberge et les ficelles du destin », La Presse, 3 avril 2001, cahier C, p. 1. Consulté le 14 janvier 2026.
  48. Karyne Lefebvre, Marie Laberge, « Marie Laberge parle de la genèse de son roman "Des nouvelles de Martha" », Conversations littéraires, Radio-Canada Ohdio, 1er septembre 2025. Consulté le 7 janvier 2026.
  49. Josée Lapointe, « Le nouveau Marie Laberge publié en France », La Presse, 11 février 2016, https://www.lapresse.ca/arts/livres/201602/11/01-4949512-le-nouveau-marie-laberge-publie-en-france.php.
  50. « Le roman Traverser la nuit : entrevue avec Marie Laberge », Plus on est de fous, plus on lit!, 7 octobre 2019, https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/plus-on-est-de-fous-plus-on-lit/segments/chronique/136998/traverser-la-nuit-marie-laberge
  51. Josée Lapointe, « La mort pour éclairer la vie », La Presse, 26 octobre 2021, https://www.lapresse.ca/arts/litterature/2021-10-26/marie-laberge/la-mort-pour-eclairer-la-vie.php.
  52. Josée Lapointe, « Dix jours. Marie Laberge devant la vie », La Presse, 8 octobre 2024, https://www.lapresse.ca/arts/litterature/2024-10-08/dix-jours/marie-laberge-devant-la-vie.php.
  53. « Un nouveau roman policier pour Marie Laberge », Radio-Canada, 21 octobre 2017, https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1062653/roman-policier-marie-laberge.
  54. Gilles Normand, « "Comme une lettre qu'on avait envoyée soi-même et qui nous revient sous une autre forme…" - Gilles Vigneault », La Presse, 7 septembre 1995, cahier B, p. 1. Consulté le 7 janvier 2026.
  55. « Des auteurs québécois soulignent la 20e édition d’Écrire, ça libère ! », sur La Presse, (consulté le )

Bibliographie

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  • André Smith, dir., « Marie Laberge, dramaturge », Actes du Colloque international sur Marie Laberge, VLB éditeur, 1989.
  • Laurent Lapierre et al., « Marie Laberge, Écrire pour ne pas mourir », Imaginaire et leadership, tome III, Presses HEC / Éditions Québec Amérique, 1994.
  • Paula Ruth Gilbert, Mary Jean Green, Jane Moss, Lee Briscoe Thompson, « Women, History, and Theater in Quebec », Women Writing in Quebec, essays in honor of Jeanne Kissner, Plattsburg State University of New York, Center for the study of Canada, 2000.

Liens externes

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