Marie Reynoard
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Caroline Marie Reynoard |
| Pseudonymes |
Claude, Claire Grasset |
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Marie Reynoard née à Bastia (Haute-Corse) le et morte à Ravensbrück (Allemagne) le , est une héroïne de la Résistance grenobloise pendant la Seconde Guerre mondiale.
Biographie
[modifier | modifier le code]En 1918, Marie Reynoard est admise à l’École normale supérieure de jeunes filles[1]. En 1921, elle est reçue à l'agrégation de lettres, la quinzième[2].
Marie Reynoard est successivement enseignante au lycée Gambetta à Cahors, au lycée Thiers à Marseille puis, à partir de 1936, au lycée Stendhal à Grenoble.
Malgré une santé fragile qui la contraint à faire des cures de repos à la montagne, elle s'engage dans la Résistance dès 1940 en fondant le mouvement de résistance Vérité. Lors d'un voyage à Marseille, elle rencontre Henri Frenay, dirigeant du Mouvement de libération nationale. Elle réunit les premiers résistants de Grenoble dans son petit appartement du 4 rue Joseph-Fourier. Dans son salon, fin , en présence d'Henri Frenay et de François de Menthon, les mouvements Vérité et Liberté fusionnent sous le nom de Libération française puis de Combat, qui devient aussi le nom du journal clandestin du réseau[3]. Elle prend alors la direction départementale du mouvement Combat. Marie Reynoard commence par distribuer des tracts provenant de Lyon. Ils sont acheminés par le train, grâce à des voyageurs complices qui les déposent dans un café situé près de la gare, tenu par Louise Collomb. Cette dernière, courageuse résistante, cache également des aviateurs alliés abattus dans la région.
Marie Reynoard recrute des patriotes, va faire de la propagande gaulliste à la sortie des usines et apprend les règles du sabotage. À la suite d'une trahison, elle est arrêtée le et emprisonnée à Lyon pour « menées gaullistes ». Ses successeurs à la tête du mouvement Combat, Robert Blum et Jean Bistési seront tous les deux tués. Jugée par le tribunal militaire de Lyon, elle est suspendue de ses fonctions puis libérée en , pour raison de santé. À peine libérée, elle reprend ses activités clandestines en abandonnant son pseudonyme de Claude pour celui de Claire Grasset. Ne faisant que de furtives apparitions à Grenoble, elle est arrêtée en mai 1943 à Lyon par Jean Multon, un collaborateur de Klaus Barbie à la Gestapo.
Le 31 janvier 1944, Marie Reynoard est déportée dans le convoi des 27 000 vers le camp de concentration de Ravensbrück[4] où elle est désignée sous le matricule 27162[4]. Elle va faire l'admiration de ses compagnes de captivité par sa bonté et son dévouement dans les pires circonstances. Cruellement mordue par un chien lancé contre elle par les gardes du camp, elle ne peut être soignée[4]. Ses plaies s'infectent et, sous-alimentée, elle meurt d'une septicémie en [4].
Hommages
[modifier | modifier le code]À Grenoble, une plaque commémorative au Lycée Stendhal, où elle enseignait, a été installée, ainsi qu'à son domicile ; une école maternelle et une avenue de Grenoble portent son nom depuis 1968, une résidence pour étudiants depuis septembre 2013. Portent également son nom en région grenobloise, un lycée à Villard-Bonnot et la salle de l’éco-quartier de Gières depuis 2016.
Une école de Bastia, à Montesoru (Haute-Corse), sa ville de naissance, porte son nom.
Décorations
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Chevalier de la Légion d'honneur à titre posthume (décret du 7 novembre 1958)[5] ;
Médaille de la Résistance française avec rosette à titre posthume (décret du 24 avril 1946)[6].
Annexe
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Fernand Garnier, Marie Reynoard, Presses universitaires de Grenoble, 1995 (ISBN 2-7061-0487-2)
- Pierre Giolitto, Histoire des Groupes francs grenoblois, Grenoble, Presses universitaires de Grenoble (PUG), , 195 p. (ISBN 2-7061-1135-6, présentation en ligne), p. 123-126.
- Geneviève Vennereau, Marie Reynoard, une femme dans la Résistance, La Lettre, Patrimoine & Développement du Grand Grenoble, n. 56, juin 2016, pp.6-7.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Association des anciens élèves, élèves et amis de l’École normale supérieure, « L'annuaire »
, sur https://www.archicubes.ens.fr (consulté le )
- ↑ André Chervel, « Les agrégés de l'enseignement secondaire. Répertoire 1809-1960 »
, sur http://rhe.ish-lyon.cnrs.fr, (consulté le )
- ↑ Cette réunion fait aujourd'hui l'objet d'une scène reconstituée au musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère
- Benoît Hopquin, « Les oubliées de Caluire, ces femmes dans l’ombre de Jean Moulin »
, sur Le Monde, (consulté le )
- ↑ « Recherche - Base de données Léonore », sur www.leonore.archives-nationales.culture.gouv.fr (consulté le )
- ↑ Ordre de la Libération, « Base Médaillés de la Résistance française - fiche Marie Caroline REYNOARD » (consulté le )
Liens externes
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- Archives conservées par : Service historique de la Défense (GR 16 P 508166, AC 21 P 530680)
- Ressource relative à la vie publique :
- Naissance en octobre 1897
- Naissance à Bastia
- Élève de l'École normale supérieure de jeunes filles
- Agrégée de lettres
- Histoire de Grenoble
- Résistante française
- Résistant du mouvement Combat
- Déporté résistant
- Déporté à Ravensbrück
- Décès à Ravensbrück
- Mort en déportation
- Mort en camp de concentration
- Décès en janvier 1945
- Décès à 47 ans
- Chevalier de la Légion d'honneur décoré en 1958
- Titulaire de la médaille de la Résistance française avec rosette