Marie Rose Ferron
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L'Eglise du Precieux Sang (en) |
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Marie Rose Ferron (24 mai 1902 - 11 mai 1936), souvent appelée la « Petite Rose », est une mystique catholique romaine et stigmatisée canadienne-américaine[1],[2]. Elle est connue pour avoir reçu des phénomènes spirituels extraordinaires, notamment des stigmates (plaies ressemblant à celles du Christ), des visions et une vie entière de souffrances offertes pour les autres.
Biographie
[modifier | modifier le code]Marie Rose Ferron est née à Saint-Germain-de-Grantham (Québec), comme la dixième enfant d’une grande famille catholique dévouée qui a déménagé à Fall River, Massachusetts, en 1906. Ce mouvement d'émigration de la diaspora québécoise francophone vers la Nouvelle-Angleterre est qualifié à l'époque de « Grande saignée » ou de « Grande hémorragie ».
On raconte qu’elle avait six ans lorsqu’elle eut sa première vision de Jésus, le voyant enfant portant une croix. Elle a dit un jour que « Il me regardait avec tristesse dans Ses yeux »[3].
À l’âge de 13 ans, Marie-Rose fut frappée par une mystérieuse paralysie et de douloureuses contractions musculaires, ce qui l’obligea à marcher avec des béquilles pendant plusieurs années, jusqu’à ce que ses pieds déformés la clouent à un lit pour le reste de sa vie. Parce que ses muscles se contractaient parfois violemment, une planche plate était placée sur son étroit lit et elle y était rigidement attachée pour éviter des contractions trop fortes. Elle souffrait aussi de problèmes intestinaux qui rendaient difficile la digestion d’aliments solides, et contracta le tétanos ainsi qu’une pyorrhée.
La famille s’est installée à Woonsocket, Rhode Island, en 1925, où, l’année suivante, ses stigmates apparaissent pour la première fois. Dès le Carême de 1927, les blessures se manifestaient régulièrement chaque vendredi. Pour Rose, souffrir devient une vocation profonde qu’elle accepte comme une forme d’union à la Passion du Christ. Elle vécut dans une douleur constante jusqu’à sa mort en 1936 à l’âge de 33 ans. Le nombre de personnes assistant à ses funérailles témoigne de sa popularité dans la communauté franco-américaine[4].
- En 1926, les premiers signes des stigmates de la flagellation apparaissent.
- Durant le Carême de 1927, les plaies des mains et des pieds (semblables aux blessures des clous) apparaissent chaque vendredi.
- Les stigmates de la couronne d’épines, du cœur, et même des yeux qui saignent apparaissent au cours des années suivantes.
- Ces stigmates alternaient entre phases de manifestation et de disparition, mais ils causaient des douleurs intenses et régulières dans son corps.

Marie-Rose a aussi vécu des moments d’extase mystique, où elle était complètement absorbée spirituellement et parfois incapable d’être soulevée même par plusieurs personnes tant son corps devenait rigide.
Durant ces extases, elle récitait ou chantait des prières spontanées (parfois composées par elle-même) adressées à Jésus, Marie et Joseph.
Elle était profondément attachée à l’Eucharistie :
- Elle avait l’habitude de recevoir la Communion fréquemment, ce qui était notable étant donné sa condition physique.
- Son directeur spirituel a même organisé des visites eucharistiques régulières pour elle lorsqu’elle ne pouvait plus assister à la messe.
Elle a vécu ses souffrances « en union avec le Christ », offrant ses douleurs pour la conversion des pécheurs et pour le bien de l’Église.
Ses tentatives d’apparaître comme porteuse de stigmates (incluant une couronne d’épines) ont été photographiées à plusieurs reprises, montrant ce qui semble être un motif de piques en fil de fer utilisé pour irriter la peau selon le même dessin. Certains la considèrent comme la première stigmatisée américaine[5],[6].
Une enquête sur sa cause de canonisation fut menée par l’évêque Russell McVinney de Providence (Rhode Island), mais elle se termina en 1964 lorsque l’évêque décida de ne pas poursuivre la procédure. Le diocèse de Providence émit un décret formel déclarant que « toute action supplémentaire visant à promouvoir la cause de Rose Ferron n’est pas justifiée »[3],[7].
Son tombeau se trouve au cimetière Precious Blood à Woonsocket, marqué d’une croix avec une couronne d’épines et entouré de symboles rappelant son nom et sa spiritualité. Beaucoup de gens y ont rapporté des favoris, des guérisons ou des fragrances de roses, attribuées à son intercession.
Ferron a été intronisé au Rhode Island Heritage Hall of Fame en 2017[8].
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Onésime Alfred Boyer, Couronnée d'épines: Marie-Rose Ferron (1902-1936), surnommée "La petite Rose" : la stigmatisée de Woonsocket, R.I., Publié par l'auteur, (lire en ligne)
- Apôtres de l'amour infini, Une stigmatisée canadienne: Marie Rose Ferron, 1902-1936, Editions Magnificat, (lire en ligne)
- (en) Jeanne Savard Bonin, A Stigmatist: Marie-Rose Ferron, Médiaspaul, (ISBN 978-2-89039-161-1, lire en ligne)
- (en) Mon Coeur Vous Parle: La Vie de Marie Rose Ferron - la Petit Rose, Richard C. Whitesell, (ISBN 978-0-9969101-8-7, lire en ligne)
- (en) Michael Freze, They bore the wounds of Christ, OSV Publishing, (ISBN 0-87973-422-1)
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Freze 1993, p. 125.
- ↑ (en) Jeanne S. Bonin, A Stigmatist: Marie-Rose Ferron, (ISBN 2-89039-161-2), p. 153.
- (en) Kenneth A. Souza, « Seventy-five Years, Later Little Roses Devotees Still Pray For Sainthood Cause », The Anchor, Fall River Diocese, (lire en ligne).
- ↑ (en) Hillary Kaell, « “Marie-Rose, Stigmatisée de Woonsocket”:The Construction of a Franco-American Saint Cult, 1930-1955 », Historical Studies, The Canadian Catholic Historical Association, vol. 73, (lire en ligne).
- ↑ Freze 1993, p. 251–252.
- ↑ (en) Gary Laderman et Luís D. León, Religion and American cultures: an encyclopedia of traditions, vol. 1, (ISBN 1-57607-238-X), p. 336.
- ↑ (en-US) Antonia Noori Farzan, « Woonsocket mystic "Little Rose" Ferron honored in local sculptor's latest creation », sur The Providence Journal (consulté le ).
- ↑ « Rhode Island Heritage Hall of Fame: Marie Rose Ferron, Inducted 2017 » [archive du ], sur Rhode Island Heritage Hall of Fame (consulté le ).
Liens externes
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