Mario Gradi
| Conseiller à la chambre des Corporations XXXe législature du royaume d'Italie | |
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Inconnue |
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| Parti politique |
Mario Gradi, né le 15 janvier 1906 à Rome et mort à une date inconnue, est un syndicaliste et homme politique fasciste italien.
Biographie
[modifier | modifier le code]Carrière
[modifier | modifier le code]Né en 1906 à Rome, Mario Gradi fit des études de droit dont il sortit diplômé[1] et adhéra au fascisme[2]. Après un bref passage à la tête de la section romaine des Gruppo universitario fascista (GUF), il devint secrétaire de l'Unione provinciale dei lavoratori dell’industria, d'abord à Pérouse, puis à Bologne, et écrivit dans différents journaux et revues[2].
Après avoir participé à la guerre d'Éthiopie, il fut muté à Rome pour occuper différentes fonctions : d'abord conseiller de la Confederazione dell’acqua, gas ed elettricità, puis comme conseiller national de la Chambre des fasceaux et des corporations[2]. Élu à la Camera dei Deputati lors de la XXXe législature du royaume d'Italie (23 mars 1939 – 2 août 1943)[1], il occupa par la suite le poste de secrétaire de l'Unione provinciale dei lavoratori dell’industria, poste qu'il occupa jusqu'à sa démission le jour de l'entrée en fonction du gouvernement Badoglio en juillet 1943. Après guerre, il continua sa carrière[2].
Représentant du syndicalisme fasciste
[modifier | modifier le code]Durant le Ventennio, Mario Gradi publia plusieurs écrits et notamment un livre souvenir intitulé Fascismo, Rivoluzione del Lavoro (1938), réédité bien plus tard en 1987 sous le nom de Il sindicato nel fascismo par l'Istituto Studi Corporativi. Dans ce livre, Gradi y retrace son parcours, de jeune fasciste à dirigeant syndical, et met en avant sa vision du syndicalisme fasciste[2].
Dans son livre, Mario Gradi expose par exemple la série de difficultés rencontrées par les syndicalistes fascistes pour mettre en œuvre leurs réformes. Décrits comme « issus pour la plupart du squadrisme, presque tous bien préparés dans les domaines économique et social, l’un des groupements les plus importants et les plus combatifs du régime, fidèles gardiens des principes originaux du fascisme », les syndicalistes du régime sont présentés par Gradi comme ayant dû faire face au « décollage laborieux du système corporatif » et à une volonté, de la part des industriels et des financiers, de freiner les réformes afin de privilégier leurs propres intérêts[2].
Décrits comme des « combattants sociaux » par Gradi, les syndicalistes du régime visent également selon lui à mettre en place des solutions :
« agile[s], dynamique[s] et en phase avec la réalité et les besoins spécifiques et généraux de la production, [qui] concilie liberté et autorité, prévoyant l'instauration d'une discipline dans le développement des cycles de production économique, imposée non par une coercition extérieure, mais de l'intérieur ; par les catégories productrices elles-mêmes, qui, une fois leur fonction définie au sein du syndicat, trouvent un terrain d'entente au niveau de l'entreprise et fixent les orientations. »[2]
Les accords de Palazzo Vidoni sur les syndicats datés du 3 avril 1926 auraient visés selon lui à l'« introduction et [l']inclusion politiques et juridiques du mouvement ouvrier dans la vie de l'État, pour une véritable égalité entre les catégories sociales » visant à la fois à la lutte contre le capitalisme et le communisme décrit comme amenant « à une annihilation absurde de l'individualité humaine, au profit de l'unique et monstrueuse individualité de l'État-Moloch, omniscient et omniprésent »[2]. Opposé également à « l'agnosticisme internationaliste de la grande finance », à « l'hédonisme bourgeois » et à la « prédominance de l'économie sur la politique », Gradi leur oppose la « démocratie organique » du régime fasciste décrit comme « authentiquement démocratique, au sens sain du terme » ; celui-ci aurait été ainsi conçu et pensé de :
« telle sorte que le citoyen et le producteur ne se sentent jamais isolés, perdus, à la merci des plus forts, dans une lutte impitoyable et injuste pour la survie : le Parti l'accueille fraternellement dans ses rangs ; l'organisation syndicale protège ses droits et ses intérêts. (…) La véritable démocratie ne réside pas dans la démagogie verbeuse des parlements, mais dans l'éloquence sincère des actions : dans les rues ouvertes au commerce ; dans les terres reconquises et remises en culture ; dans les aqueducs ; dans les écoles spacieuses ouvertes à la jeunesse italienne, baignées de soleil et de lumière ; dans les sanatoriums modernes, dans les hôpitaux. (…) Parfois, la tension imposée par ce travail de reconstruction est rude ; mais elle paraît toujours légère si la foi dans le but final est certaine : un grand peuple, une nation puissante. »[2]
Concernant les lois raciales de 1938 et la doctrine de la race nazie, Gradi s'y opposa expliquant que : « Parmi nous, les critiques et les réserves étaient fréquentes et vives à l’égard de la doctrine raciale, perçue comme une intrusion intolérable dans notre édifice idéologique, ainsi que concernant le rapprochement avec l’Allemagne »[3]; il resta par la suite convaincu que :
« la conception raciste était en contradiction flagrante avec les principes spiritualistes et volontaristes qui avaient conféré au fascisme un caractère universel […]. On peut donc affirmer que, même si le régime a promulgué dans ses dernières années des mesures restrictives à l’encontre des Juifs, le fascisme en tant que mouvement d’idées est resté imperméable à la prédication raciste, à l’exception de quelques fanatiques et de rares théoriciens marginaux de la culture fasciste, tels Julius Evola et Giovanni Preziosi. »[3]
Publications
[modifier | modifier le code]- Fascismo, Rivoluzione del Lavoro, 1938 ; réédition Il sindicato nel fascismo, Istituto Studi Corporativi, 1987.
- Questo fascismo: Annotazioni di un diciannovista, Monterotondo, Coscienza, 1980.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- « Mario Gradi », sur Camerai dei deputati : portale storico
- La Redazione, « Mario Gradi e la «Rivoluzione del Lavoro»: memorie di un sindacalista fascista », sur Il Primato Nazionale, (consulté le )
- Gianni Rossi, La destra e gli ebrei : una storia italiana, Rubbettino, (lire en ligne), p. 40-41
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Francesco Perfetti, Lo Stato fascista. Le basi sindacali e corporative, Firenze, Le Lettere, 2010.
- Giuseppe Parlato, La sinistra fascista: storia di un progetto mancato, Il Mulino, Bologna 2000.
- Alessio Gagliardi, Il corporativismo fascista, Laterza, 2010.
Liens externes
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- Ressources relatives à la vie publique :