Mathieu Njassep
| Naissance | |
|---|---|
| Nom de naissance |
Mathieu Njassep |
| Surnom | |
| Nationalité |
Camerounais |
| Domicile |
Quartier "village", arrondissement de Douala 3ėme |
| Activité |
Homme politique |
| Père |
Jacob Fossi |
| Parti politique | |
|---|---|
| Conflit | |
| Condamnation |
Prison à vie |
| Lieu de détention |
Nord Cameroun |
Mathieu Njassep, né en 1939 à Yabassi dans le département du Nkam, est une figure de la lutte pour l'indépendance du Cameroun, ancien maquisard, compagnon de lutte dès le [1] et secrétaire particulier d'Ernest Ouandié. Son nom de guerre était « Ben Bella »[2],[3], en référence au leader indépendantiste algérien Ahmed Ben Bella.
Biographie
[modifier | modifier le code]Famille
[modifier | modifier le code]Mathieu Njassep est orphelin de père et de mère[4]. Son père, Jacob Fossi, est militant de l'Union des populations du Cameroun (UPC); Il meurt jeté du haut des cascades des chutes de la Métché; il est connu pour avoir traîné avec lui dans sa chute ses bourreaux, contribuant ainsi à sauver la vie d'autres nationalistes condamnés à la même sentence[5].
Les débuts du militantisme
[modifier | modifier le code]Mathieu Njassep a une vingtaine d'années quand il fait connaissance avec les combattants indépendantistes à l'Ouest. Comme lui, plusieurs jeunes sont enrôlés pour des tâches consistant à l'acheminement des lettres pour des villages voisins[4].
À l'obtention de l'indépendance du Cameroun le 1er janvier 1960, l'UPC marque son indignation, considérant cette indépendance comme une façade, au vu de l'influence continuelle de la France sur le nouvel État aux commandes du Président Ahmadou Ahidjo. À cette époque, Mathieu Njassep intègre l'Armée de libération nationale du Kamerun (ALNK), branche armée de l'UPC[5]. L'organisation se déploie dès lors contre le nouveau pouvoir en s'attaquant au poste de militaires de l'Ouest Cameroun[4].
Secrétaire particulier de Ernest Ouandié
[modifier | modifier le code]Après l'assassinat de Félix Moumié à Genève en novembre 1960, Ernest Ouandié retourne clandestinement au Cameroun prendre en main l'organisation. Mathieu Njassep devient son secrétaire particulier ; il est chargé de la rédaction des tracts et l'acheminement des correspondances[4].
Arrestation et déferrement
[modifier | modifier le code]Le conflit inhérent à la lutte des nationalistes interpelle au haut point le pouvoir d'Ahmadou Ahidjo, qui fait de l'arrestation de Ernest Ouandié sa priorité[4].
Après un rendez-vous avec Mgr Albert Ndongmo qui est l'intermédiaire avec le président Ahmadou Ahidjo, Ernest Ouandié et lui se cachent dans la chambre de la case que celui-ci met à leur disposition chez un catéchiste. Au bout de quatre jours sans ravitaillement, abandonnés, buvant les sèves de lianes[4], ils sortent chercher des aliments. Se rendant comptent qu'ils sont encerclés et que Monseigneur Albert Ndongmo a disparu, ils prennent la fuite dans le maquis où ils sont pourchassés par les autorités de Yaoundé sous Ahmadou Ahidjo.
| Vidéo externe | |
| https://www.youtube.com/watch?v=6304MwEaFCo
QUI ETAIT ERNEST OUANDIE ? Témoignage de Mathieu Njassep le 15 janv. 2020; Journal du Cameroun TV | |
Lors de leur fuite, ils sont surpris par deux planteurs dans une cacaoyère et pourchassés. Pour protéger ses compagnons, Mathieu Njassep — alourdi par ses bagages — décide de se livrer pour ralentir les poursuivants et permettre à Ouandié, blessé au genou, d'échapper à l'arrestation.
Njassep est livré par les planteurs à la police. Il est interrogé sous la responsabilité de Thomas Nsoga[6] au commissariat spécial de Mbanga. Celui-ci le conduit à Douala pour le livrer à sa hiérarchie.
Il est condamné à mort, le , avec Ernest Ouandié et Raphaël Fotsing, mais sa peine est commuée en peine de prison à perpétuité[7]. Il est déporté au nord, loin de sa famille. Il n'est libéré qu'en 1985[4].
Activités professionnelles
[modifier | modifier le code]Libéré, il s'installe à Douala, où il travaille entre autres dans la boulangerie d'un ami d'enfance et comme commerçant[4]. Il vit au quartier "Village" dans l'arrondissement de Douala IIIème.
Activités politiques et associatives
[modifier | modifier le code]Il milite dans le Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (MANIDEM), dont il vit des aides[4].
Il est l'actuel président de l'Association des vétérans camerounais (Asvecam)[8].
Vie privée
[modifier | modifier le code]Mathieu Njassep est marié et père d'une fille. Son épouse décède de suite d'une longue maladie[4].
Ouvrages
[modifier | modifier le code]Il coécrit un livre L'Avenir nous donnera raison[7].
Divers
[modifier | modifier le code]Critique envers le régime de Paul Biya
[modifier | modifier le code]Mathieu Njassep fustige le système Biya, qu'il qualifie de corrompu, néocolonialiste, népotiste, répressif et favoritiste[4].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Stand Up for Cameroun, « Témoignage de l'ancien sécrétaire de l'UPC de Mathieu Djassep », (consulté le )
- ↑ Alexie Tcheuyap, Autoritarisme, presse et violence au Cameroun, Karthala, 2014, p. 80 (ISBN 9782811111717)
- ↑ « Devant le tribunal militaire de Yaoundé, l'ancien chef rebelle Ernest Ouandié affirme avoir été torturé », Le Monde.fr, (lire en ligne, consulté le )
- « Mathieu Njassep, « héros vivant » de la lutte pour l’indépendance du Cameroun », Le Monde.fr, (lire en ligne, consulté le )
- Hilaire Onana, « Au Cameroun, la longue quête de reconnaissance des victimes de la colonisation française », sur Magazine Actualites Cameroun, (consulté le )
- ↑ Garvey1887, « L'acte héroïque de Djassep Mathieu pour protéger Ernest Ouandié », (consulté le )
- Edmond Kamguia K., « Njassep Mathieu: « Marthe Ouandié était une militante de la première heure » », sur lanouvelleexpressionregionale.info (consulté le )
- ↑ Fanny Pigeaud, « La guerre cachée de la France Cameroun 1958 », Libération.fr, (lire en ligne, consulté le )