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Mathilde Delattre

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Mathilde Delattre
Mathilde Delattre sur le toit de son atelier, vers 1910.
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Mathilde Henriette CasajeusVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Autres informations
Membre de
Maître
Genres artistiques
Peinture de fleurs (d), portrait, paysage, nature morte, scène de genreVoir et modifier les données sur Wikidata
Influencée par
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Distinction
1er prix de l'Union des femmes peintres et sculpteurs (1903), Médaille d'or au Salon des Artistes Français (1930), Officier d'Académie (1899), Officier de l'Instruction publique (1905)
signature de Mathilde Delattre
Signature.

Mathilde Delattre, née Casajeus le au Caire et morte le à Levallois-Perret, est une peintre française. Spécialisée dans l’aquarelle, notamment les paysages et les fleurs, son œuvre se distingue par une atmosphère poétique. Elle expose au Salon dès 1889, où elle est médaille d'or en 1930. Elle forme de nombreuses élèves et, célibataire et dépourvue de fortune personnelle, sociétaire active de l'Union des femmes peintres et sculpteurs, représente un exemple d’émancipation féminine dans la société de l'époque.

Origines et formation

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Ismaïl Pacha, père biologique présumé de Mathilde Delattre[1], sur un timbre commémoratif de l'inauguration du Canal de Suez.

Petite-fille d'Alexandre Casajeus dit Crillon[n 1], photographe à Paris, Mathilde Henriette Casajeus nait au Caire en 1871. Sa mère Clémentine y séjourne en effet à partir de 1868 auprès du Khédive Ismaïl Pacha, pour les fêtes d'inauguration du Canal de Suez[1] ; de retour en France elle épouse en mai 1874 à Paris[3] son cousin germain Paul Louis Delattre, originaire de Crespin (Nord), qui légitime la fillette de trois ans[3], officiellement née de père inconnu. La famille habite 3 rue Pergolèse dans le 16e arrondissement ; son frère Georges naît en 1875 ; Paul Delattre, employé de commerce, y décède en 1886[4],[1].

« Comme poussée par une vocation »[5], et après une seule année d'étude auprès de l'aquarelliste Madame Leroux, Mathilde Delattre est admise au Salon de 1889. C'est l'époque de la scission des salons, et les deux années suivantes elle accroche à la Société Nationale des Beaux-Arts[5], où ses envois sont remarqués[6]. L'école des Beaux-Arts étant toujours interdite aux femmes, elle complète alors sa formation auprès du peintre académique Henry-Eugène Delacroix, originaire de Valenciennes, qui ouvre en 1891 un atelier dans le 9e arrondissement de Paris. Elle sera sensible à la poétique des paysages d'H.-E. Delacroix, mais également au style floral de Pauline Delacroix-Garnier qui enseigne avec son mari à partir de 1893[7]. Elle étudie dans le même temps auprès du peintre orientaliste Gaston Casimir Saint-Pierre, portraitiste réputé[8],[n 2]. En 1897, élève en modelage et en aquarelle à la Société pour l'instruction élémentaire, elle y est nommée adjointe au cours d'aquarelle la même année, puis professeur de dessin en 1898 et 1899, sous la direction de Gaston Gérard (1849-1929)[9],[n 3].

Les « grandes floraisons », la reconnaissance et les élèves

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Mathilde Delattre dans son atelier parisien, vers 1903[1].

Mathilde Delattre expose très régulièrement à partir de 1895, année où elle déménage au 17 rue Duperré dans le 9e arrondissement, dans les salons de province, au Salon des artistes français[11], à la Société des amis des arts de Seine-et-Oise, au Salon de l'Union des femmes peintres et sculpteurs, à la Société nationale d'horticulture de Franceetc. Elle est nommée Officier d'Académie le [12]. Elle fréquente l'atelier du maître Ferdinand Humbert, responsable du premier cours pour femmes aux Beaux-Arts en 1900[n 4].

Elle présente natures mortes, paysages et portraits, et s'adonne également à la gravure et à la céramique[n 5]. En 1901 à l'Union, ses toiles sont remarquées : « deux intérieurs bretons d'une bonne composition et d'une belle harmonie, Vieille fileuse et Surveillant la bouillie : la lumière est très bien distribuée ; bref deux toiles excellentes »[14]. Mais c'est surtout à l'aquarelle, où elle se signale dans les grands formats, que sa sensibilité s'exprime le plus intensément. Son aquarelle Pour la procession est remarquée au Salon en 1902[15](« Véritable triomphe de tons blancs et roses, cet ensemble de fleurs, réunies avec un art savant, apparaît enrichi des teintes les plus merveilleuses, orné des nuances les plus savoureuses »[16], où elle est récompensée d'une mention honorable, et reçoit une troisième médaille en 1905 pour son aquarelle Chez la fleuriste. Elle obtient le premier prix du Salon de l'Union des femmes peintres et sculpteurs en 1903 pour son aquarelle Dans un coin du parc, où la critique relève « une prestesse et une fraicheur qui achèvent de classer l’artiste au premier rang des peintres de fleurs »[17]. Elle y dépasse la simple étude florale et le souci décoratif, pour proposer une vision poétique, et cette aquarelle illustre son évolution vers une peinture plus libre et baignée de lumière, préfigurant ses recherches ultérieures de plein air. La critique distingue souvent son travail de celui de ses grandes contemporaines aquarellistes Eugénie Faux-Froidure ou Blanche Odin, qui recherchent une plus grande exactitude de dessin et de coloris. « Mlle Delattre est une travailleuse, une chercheuse, qui ne s'est jamais cantonnée dans un genre […] ; de plus en plus éprise de plein air, elle étudie la fleur dans son véritable milieu, sur pied, là où elle a tout son charme. Elle affectionne particulièrement l'heure chaude et atténuée du couchant, et que ses fleurs s'enlèvent sur des ciels dorés, sur des prairies ou sur des eaux glauques, elle sait en pénétrer toute la poésie et le pittoresque »[5]. Elle est nommée Officier de l'Instruction publique le [18]. Elle témoigne de son attachement au groupe de Marlotte, artistes du siècle précédent qui souhaitaient peindre sur le motif, en exposant en 1907 sa toile Le chemin des chardons. Souvenir de Marlotte[19]. En 1911, sa grande toile Veille de fête au cloître est remarquée par Guillaume Apollinaire[20].

Veille de fête au cloître, huile sur toile 190 × 240 cm, 1911, carte Selecta. L'artiste a travaillé dans le cloître de l'abbaye d'Hautrage en Belgique.

Elle est associée à partir de 1900 à l'expérience des « XII », regroupement de femmes artistes françaises et étrangères qui exposent conjointement au théâtre de la Bodinière, initiative audacieuse pour l'époque. Elle est la plus jeune de ce collectif où elle va côtoyer, outre des artistes réputées de l'Union des femmes peintres et sculpteurs, Julia Beck et Maria Slavona[21],[22]. Elle ouvre vers 1904 son propre atelier et reçoit de nombreuses élèves au 17, rue Duperré à Paris (9e), et enseigne également au cours spécial d'aquarelle pour jeunes filles du 17e arrondissement de la Ville de Paris[n 6]. Elle est Sociétaire des artistes français en 1902, et membre du comité en 1912. Elle est sociétaire à la Société Nationale d'Horticulture de France en 1902, et membre en 1910 du comité[23] et du jury de l'Union des Femmes peintres et sculpteurs. Elle introduit ses élèves dans de nombreux salons et expositions ; au salon de 1914 de l'Union, on dénombre ainsi dix-huit de ses élèves parmi les exposantes.

Le parcours artistique après 1914 : vers le « plein air »

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Le « moment » breton

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Perros, huile sur panneau, vers 1915.

Durant la Première guerre mondiale, l'activité des Salons — et donc, en conséquence, l'enseignement dans les ateliers — chute drastiquement. Le village de Crespin où Mathilde Delattre se ressourçait jusqu'alors étant en zone interdite, l'artiste retrouve alors souvent sa famille parisienne à Perros-Guirec[1], où elle réalise une série de petits « paysages bretons », huiles sur panneaux saisies sur le vif, dans un style impressionniste tardif. Souvent l'heure de la « prise de vue » est consciencieusement notée[1], en vue du travail ultérieur sur toile, comme pour Marine : La pointe de Ploumanach au soleil, peinture, qu'elle expose à l'Union en 1916, et que la presse qualifie de « lumineuse »[24]. Mais elle n'est pas attendue avec ce style dans les salons qu'elle fréquente, et après la guerre elle reprend majoritairement son travail à l'aquarelle.

La lumière des « Coins de jardin »

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Mathilde Delattre peignant dans son jardin du « Hanneton », son refuge de verdure au Grand Andely, 1937.

Elle acquiert dans les années 1920 une petite maison dotée d'un grand parc et entretient un jardin fleuri aux Andelys (Eure)[1] : « … de ma petite galerie en plein soleil tamisé par un rideau de fleurs, volubilis & grands pétunias de toutes couleurs, polygonum encore en neige & de brillants géraniums […] je crois n'avoir jamais vu si doux & si bel automne […] cela avec les phlox & les capucines & les feuillages rouges de la vigne vierge & celui des vignes qui ne le sont plus, c'est un véritable enchantement. » Elle en fera le sujet de nombreux « coins de jardins » ou autres « jardins dans une lumière transparente », thèmes sur lesquels elle multiplie alors les variations. Ses compositions — où elle a toujours le souci de créer un cadre, une « circonstance » aux fleurs, et qui dégagent, selon la critique, une atmosphère très subtilement poétique —[25],[26] vont jouer de plus en plus avec la lumière[27],[28]. Elle continue à produire également de très classiques aquarelles florales, qu'elle vend plus facilement.

L'exposition particulière de fleurs, et l'Or au Salon

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Le marché de l'art s'est déplacé des salons vers les galeries, et Mathilde Delattre présente en 1927, tardivement mais avec succès, une première exposition particulière à la galerie Georges Petit à Paris, tout en exprimant une certaine réticence envers les prix excessifs des « marchands »[1]. En 1925, elle est réélue au Comité de l'Union. En 1927, elle remporte au Salon une médaille d'argent, mais aussi le prix Pillini, créé l'année précédente « pour récompenser des artistes peintres non favorisés par la fortune ». Femme célibataire, Mathilde Delattre vit en effet de son seul travail artistique[1]. Sa correspondance redécouverte dans les années 2020 révèle sa constante énergie comme son indépendance[1]. Elle obtient au Salon une médaille d'or en 1930 avec son aquarelle Fin de jour, de composition plus moderniste et où se joue une lumière douce. Elle jouit d'une certaine notoriété, María de las Mercedes de Borbón y Orleans[n 7] prenant par exemple des cours à son atelier en 1936[1].

Elle est membre d'une société spiritualiste, pour les congrès annuels de laquelle son directeur lui demande des œuvres en prêt[26].

Invitation à l'exposition particulière Mathilde Delattre, Galerie George Petit, Paris, février 1927.

En 1937, elle est admise par le jury, à côté d'artistes plus célèbres invitées, à l'exposition Les femmes artistes d'Europe exposent au Jeu de Paume, initiative de sociétés professionnelles de femmes artistes. En 1938, elle est élue membre du comité de la Société amicale des peintres et sculpteurs français[29], et est également secrétaire-archiviste de la Société des aquarellistes.

Les difficultés des dernières années

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Le décès en 1931 de sa mère, qui régentait l'activité de l'atelier[1], diminue sa production et inaugure une période de difficultés financières, aggravée par des accidents et des problèmes de santé qui l'immobilisent fréquemment. Son frère, qui habitait avec elle rue Duperré depuis 1925, décède en 1938. En 1942, tout en conservant une mansarde rue de Douai à Paris, elle doit se résigner, ne pouvant plus en honorer le loyer, à quitter son atelier de la rue Duperré (9e). Elle enseigne jusqu'en 1942 au moins à la mairie du 17e arrondissement, et expose une dernière fois en 1943 au Salon des artistes français, Contre-jour. Sa santé la contraint en 1949 à quitter son refuge de verdure du Grand Andely, et elle finit ses jours à la résidence pour dames de la fondation Greffulhe[n 8] à Levallois-Perret, où elle meurt en 1950[31],[1].

Boules de neige en bouquet et jetée de roses, aquarelle, vers 1920.

L'artiste utilise dans ses aquarelles une palette dominante de blancs nacrés et de tons pastel. Les ombres et les feuilles sont traitées en tons atténués de violet et de brun, donnant une atmosphère feutrée et délicate. La lumière est diffuse, presque poudrée. Le lavis, le jeu des réserves et le fondu propres à l’aquarelle participent à cette impression de rêve et de légèreté. Le thème de la vanité florale discrète, méditation visuelle sur l’éphémère, abondance de vie et imminence de la fanaison, est central dans l'œuvre de Mathilde Delattre.

L'artiste, « reléguée », dans sa reconnaissance, à l’aquarelle, évolue dans ce médium de l’intime, de la sensibilité ; elle y travaille un héritage des natures mortes flamandes du XVIIe siècle et du romantisme floral du XIXe, en y intégrant une touche impressionniste par l’usage de tons clairs et atmosphériques, fusionnant étude botanique et poésie picturale dans une invitation à la contemplation. Son style de plein air d'après-guerre évoquera parfois le luminisme belge[1].

Principales expositions

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En province et à l'étranger

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  • Salons de Roubaix-Tourcoing (1896 et 1900), Angers (1896[46] à 1905), Le Havre (1899), Amiens (1899), Dijon (1900), Bordeaux (1901), Toulouse (1906), Cannes (1912), Les Andelys (autour de Marthe Lucas et René Sautin, 1927)[47].
  • Exposition Universelle de Turin (1911, diplôme d'honneur)[48] ; Exposition internationale de Gand (1913)[36] ; Exposition internationale d'Horticulture de Saint Pétersbourg (1914, médaille d'argent)[36].

Récompenses

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  • 1897 : Médaille d'argent à Versailles
  • 1898 : Diplôme d'honneur à Vincennes
  • 1901 : Médaille de vermeil à Charenton
  • 1902 : Mention honorable au Salon des artistes français
  • 1903 : Premier prix du salon de l'Union des femmes peintres et sculpteurs
  • 1904 : Diplôme d'honneur à l'Exposition des Beaux-Arts du Palais de la Femme
  • 1905 : 3è médaille au Salon des artistes français
  • 1911 : Diplôme d'honneur à Turin
  • 1914 : Médaille d'argent à Saint Petersburg
  • 1927 : Médaille d'argent au Salon des artistes français
  • 1927 : Prix Pillini au Salon des artistes français
  • 1930 : Médaille d'or au Salon des artistes français

Toutes les œuvres actuellement connues de Mathilde Delattre sont présentées sur le projet de catalogue raisonné en ligne[49].

Œuvres principales

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  • Portrait de Jeanne Tournay, 1897 (huile sur toile), collections du musée du Gévaudan-ville de Mende.
  • Pour la procession, 1902 (aquarelle), mention honorable au Salon[15], localisation inconnue.
  • Dans un coin du parc, 1903 (aquarelle), premier prix du Salon de l'Union des femmes peintres et sculpteurs, Musée d'art et d'archéologie d'Aurillac.
  • Le chemin des chardons, souvenirs de Marlotte, 1905 (huile sur toile), localisation inconnue, photographie au Fonds Druet-Vizzavona[19].
  • Veille de fête au cloître, 1911 (huile sur toile), localisation inconnue[n 10].
  • Les fleurs du mal, 1925 (aquarelle), localisation inconnue[n 11].
  • Le déjeuner du matin, Salon des artistes français, 1925, localisation inconnue, reproduit dans The Studio magazine[50].
  • Fin de jour, 1930 (aquarelle), médaille d'or au Salon des artistes français, coll. particulière.
  • Fleurs dans les blés, 1938 (tempera), localisation inconnue.

Dans les collections publiques

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Aquarelle d'une élève, annotée en marge par Mathilde Delattre.

Mathilde Delattre, à la Mairie de Paris (cours du 17e arrondissement) et/ou dans son propre atelier, forme de nombreuses élèves. Celles qui sont listées ci-après vont être admises à leur tour aux Salons, principalement à celui de la Société des artistes français et à celui de l'Union des femmes peintres et sculpteurs. Certaines, comme Louise Alix ou Yvonne Blanchon, et Hélène Marre, font ensuite évoluer leurs thèmes floraux dans un style plus moderniste, et fréquentent des salons moins académiques[1].

Postérité

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Mathilde Delattre fait partie, avec Eugénie Faux-Froidure, Blanche Odin, Jeanne Lauvernay-Petitjeanetc. de ces artistes « fleuristes » ayant une certaine notoriété de leur vivant, à la fin du XIXe et dans la première moitié du XXe siècle, puis oubliées. Célibataire et sans fortune personnelle, elle a vécu de sa profession d'artiste pendant plus de cinquante ans, exemple d'émancipation féminine dans la société d'alors.

En janvier 2023 est créée à l'initiative de sa famille l'association Atelier Mathilde Delattre[64] dont l'objectif est la promotion de la mémoire et de l’œuvre de l'artiste et de ses collègues femmes oubliées. L'association se mobilise pour une première exposition rétrospective, la seule exposition posthume connue incluant des œuvres de Mathilde Delattre étant Histoire de la peinture, lors des Journées du patrimoine 2022 à Crespin, au cours de laquelle sont accrochés les tout premiers portraits réalisés par l'artiste en 1894[65]. Des travaux universitaires débutent en 2025, avec une analyse des pratiques et de la professionnalisation de Mathilde Delattre et de quelques-unes de ses collègues[66].

Notes et références

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  1. « Alexandre » Pierre Clément Casajeus dit Crillon est l'auteur d'un portrait présumé d'Arthur Rimbaud[2].
  2. Elle fréquente des élèves de l'Académie Julian : la peintre tchèque Eugenie Hauptmann-Sommer réalise le portrait de Mathilde Delattre en 1890[1].
  3. La Société pour l'Instruction Élémentaire est une association laïque d'enseignement primaire fondée en 1815 par Lazare Carnot et qui applique le principe de l'École mutuelle[10].
  4. Les catalogues mentionnent Mathilde Delattre comme élève de Ferdinand Humbert à partir de 1906[13].
  5. Elle est également dite dessinateur et graveur[8].
  6. La Ville de Paris propose des cours gratuits de dessin pour jeunes filles, celui du 17e arrondissement est dirigé par Marthe Bougleux, miniaturiste, et d'autres artistes y interviennent, chacun dans leur spécialité, dont Édouard Cuyer, anatomiste, Émile Cagniart, paysagiste, Mathilde Delattre pour l'aquarelle de fleurs, Marie Latruffe-Colomb, miniaturiste.
  7. Pendant l'exil de sa famille en France, elle se consacre aux arts. Elle quitte l'atelier de Mathilde Delattre assez précipitamment en 1936, en raison des événements internationaux.
  8. La comtesse Elisabeth Greffulhe était une mécène des arts et des sciences[30].
  9. Les « XII » sont Nanny Adam, Marguerite Arosa, Baillon-Turner, Julia Beck, Berthe Bourgonnier-Claude, Marguerite Brémont, Mathilde Delattre, Eugénie Faux-Froidure, Émilie Guillaumot-Adan, Camille Métra, Maria Slavona, Frédérique Vallet-Bisson[38].
  10. Cette œuvre, représentant le cloître du couvent d'Hautrage, orne l'atelier de l'artiste jusqu'en 1939 où elle est vendue à un industriel du Sud-Ouest qui l'accroche dans sa villa de Monaco, puis est vraisemblablement perdue lors des dégâts subis accidentellement par cette maison vers 1960[1].
  11. Sans doute exposée chez Georges Petit en 1925, mais l'artiste ne se résoudra à la vendre que face à ses ennuis financiers, cf. lettre du 27.3.40 : « hier j'ai vendu une aquarelle, bien inattendue aussi cela ! […] une certaine orchidée, enrobée dans la fumée d'une cigarette […] bien que j'y tenais à celle-là […] sur fond noir & or, cadre de vieille glace, je l'avais faite, imprégnée de la lecture des « fleurs du mal » de Baudelaire »[1].
  12. Œuvre vraisemblablement détruite lors du bombardement allemand et de l'incendie du musée le [51].
  13. Également élève de Marthe Bougleux, Suzanne Andrée expose de 1909 à 1921 à l'UFPS et au Salon.
  14. Marguerite Mathilde Anna Bernard (1878-1960) est également élève de Marthe Bougleux, Marie Latruffe-Colomb et Ferdinand Humbert. Elle expose à Versailles dès 1898, et au Salon de 1896 à 1905, mais ne semble plus produire après son mariage en 1906 avec l'architecte Jean Georges Albert Hébrard[8].
  15. Marie-Hélène Bernard est ensuite également élève de Louise Alix. Elle expose au Salon de 1912 à 1936.
  16. Claude Collet, ou Claude Marguerite Marthe Collet (1891-1973), est aquarelliste et décoratrice, et également horticultrice. Élève de l'École des arts décoratifs et de Marthe Bougleux, Mathilde Delattre et Ysabel Minoggio, elle expose à l'UFPS de 1920 à 1928 et au Salon en 1924[8],[59].
  17. Louise Denous-Dubois (1876-1956) est professeur de dessin à Asnière-sur-Seine. Elle produit principalement des miniatures qu'elle expose au Salon de 1898 à 1913.
  18. Thérèse Fortin puis Rougé-Fortin (1884-1974) est professeur de dessin à Vesoul. Elle expose aquarelles, cuirs et étains à l'UFPS de 1911 à 1914 et en Bourgogne-Franche Comté jusqu'en 1923.
  19. Marie Pertué est, comme Mathilde Delattre, également élève de Saint-Pierre et Delacroix ; sociétaire des artistes français depuis 1897, elle expose au Salon de 1896 à 1906[8].
  20. Marthe Roy (1880-1967) expose des miniatures dès 1898, puis des aquarelles de 1906 à 1929. Elle épouse en 1909 le Dr René Kauffmann[8].
  21. Jacqueline Vermandel (1910-1998) expose de 1930 à 1936. Elle épouse en 1933 l'avocat Raymond Cahen-Molina[63].

Références

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  1. a b c d e f g h i j k l m n o p q et r Éric Ledru et Charlotte Girard, « Mathilde Delattre (1871-1950) Peintre des fleurs en chemin vers le Plein air », sur ateliermathildedelattre.com, .
  2. Franck Ferrand, La photo d'un inconnu nommé Rimbaud, portrait inédit du poète, en ligne sur Paris-Match, 2015.
  3. a et b Acte de mariage no 178 (vue 6/31). Archives en ligne de la Ville de Paris, état civil du 16e arrondissement, registre des mariages de 1874.
  4. État civil de la Ville de Paris.
  5. a b et c Violette Lame-Despres, Delattre (Mlle Mathilde) dans Les femmes d'aujourd'hui, 1912, p. 342-4.
  6. Lerat, La Revue des beaux-arts du 12 juillet 1890 sur Gallica.
  7. Claudine Pardon, Henry-Eugène Delacroix Artiste-peintre 1845-1930, Solesmes, Association pour l'Etude et la Préservation du Patrimoine de Solesmes, , 324 p. (ISBN 978-2-955-02313-6).
  8. a b c d e et f Bénézit 1999.
  9. Journal d'Education Populaire du 1er janvier 1898 sur Gallica.
  10. Société pour l'instruction élémentaire, sur le Site de l'Institut Français de l'Éducation.
  11. Archives de la Société des artistes français.
  12. Ministère de l'Instruction publique et des Beaux-Arts. Officiers d'Académie. Journal Officiel, 12 mai 1899, p. 3145, à lire en ligne sur Gallica.
  13. Christophe « Mannix » Samoyault, « Filiation de l’atelier officiel de peinture pour élèves femmes, Humbert, créé en 1900 », sur Grande Masse des Beaux-Arts, .
  14. L'Étendard du 2 mars 1901 sur Gallica.
  15. a et b Le Progrès artistique du 26 juin 1902 sur Gallica.
  16. Hoffmann-Eugène, « Mademoiselle Delattre Mathilde », dans Le livre d'or des peintres exposants, Paris, (lire en ligne), p. 541-542.
  17. Robert Vallier, Le Salon, dans La République française du 11 mai 1903.
  18. Ministère de l'Instruction Publique et des Beaux-Arts, « Promotion du 1er janvier 1905, Officiers de l'Instruction Publique » [doc] in F/17/40135 à F/17/40155, sur Archives Nationales, (consulté le ).
  19. a et b « Recherche d’images », sur GrandPalaisRmnPhoto (consulté le ).
  20. Guillaume Apollinaire, Le vernissage de l'Union des Femmes Peintres et Sculpteurs, L'Intransigeant, 11 février 1912, p. 2, à lire en ligne sur Gallica.
  21. L'Aurore du 12 avril 1900 sur Gallica.
  22. Éric Ledru, Une expérience collective de femmes artistes-peintres à l’orée du XXe siècle : les « XII » à la Bodinière sur ateliermathildedelattre, mars 2025.
  23. « Bulletin officiel de l'Union des femmes peintres, sculpteurs, graveurs... », sur Gallica, (consulté le ).
  24. « Le XIXe siècle », sur Gallica, (consulté le ).
  25. Journal des Artistes du 3 août 1903 sur Gallica.
  26. a et b Éric Ledru, « Mathilde Delattre et le spiritualisme », sur ateliermathildedelattre.com, .
  27. L'information financière, économique et politique du 18 février 1928 sur Gallica.
  28. Denise Noël, Les femmes peintres dans la seconde moitié du XIXe siècle, Open editions : « (Les femmes) restent également attachées à une façon de peindre traditionnelle, et leur méconnaissance des courants avant-gardistes leur a été souvent reprochée. C’est oublier que le paysage artistique de cette fin du XIXe siècle était beaucoup plus nuancé que nous l’imaginons. Certaines artistes, qui selon les critères actuels s’inscrivent dans la catégorie des « académiques », agissaient à ses frontières, notamment celles qui se préoccupaient de « plein air » et d’« effet de lumière ». ».
  29. Bulletin de la Société amicale des peintres et sculpteurs français du 15 novembre 1938 sur Gallica.
  30. Valérie Frois, Musée Curie, article en ligne.
  31. Dominique Salva, Dans la lignée de Mathilde Delattre, du Caire à la Trinité, publication en ligne, 2022.
  32. « BnF Catalogue général », sur bnf.fr, Gründ (Paris), (consulté le ).
  33. Gaïté Dugnat, préface de Pierre Sanchez, Catalogues des Salons de la Société nationale des Beaux-arts, vol. 1890-1895. L'Echelle de Jacob, Dijon, 2000.
  34. « Journal des artistes », sur Gallica, (consulté le ).
  35. Pierre Sanchez, préface de Ch. Beauvalot, Dictionnaire de l'Union des femmes peintres et sculpteurs : répertoire des artistes et liste de leurs œuvres : 1882-1965, Échelle de Jacob, Dijon, 2010.
  36. a b et c « Hortalia », sur hortalia.org (consulté le ).
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  38. Journal des artistes du 11 mars 1900 sur Gallica).
  39. L'Écho d'Enghien du 15 juin 1912 sur Retronews.
  40. catalogue de l'exposition.
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  53. Peintures. Delattre (Mlle Mathilde). Ville d'Aurillac. Catalogue du Musée, mai 1906, p. XXXII, à lire en ligne sur Gallica.
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  55. « Roses plein air — Mathilde Henriette DELATTRE », sur Fonds d'art contemporain - Paris Collections (consulté le ).
  56. Peintures. 105. Lilas (aquarelle). Musée de Riom. Catalogue général, année 1919, p. 26, à lire en ligne sur Gallica.
  57. Dons faits à la Société. Beaux-Arts. Bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles de Semur, 1898, p. XXIII, à lire en ligne sur Gallica.
  58. Collections photographiques en ligne de la Réunion des Musées Nationaux (RMN).
  59. Dictionary of Women artists sur Archive.org.
  60. Salon des femmes peintres et sculpteurs. Marthe Huctin. Revue du vrai et du beau, 25 avril 1931, p. 9, à lire en ligne sur Gallica.
  61. Catalogue du Salon de 1932 sur Gallica.
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  63. Catalogue du salon de la Société des artistes français 1930 sur Gallica.
  64. Lien vers l'association sur le site Mathilde Delattre.
  65. À lire sur ville de Crespin.
  66. Aliénor Bautru-Valois, « Faire florès à l’aquarelle. Étude croisée du parcours d’Eugénie Faux-Froidure, de Mathilde Delattre et de Blanche Odin, peintres de fleurs au tournant du XIXe et XXe siècles », soumis pour publication.

Bibliographie

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Liens externes

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