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Modica

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Modica
Modica
Blason de Modica
Armoiries
Drapeau de Modica
Drapeau
Noms
Nom sicilien Muòrica
Administration
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Région Drapeau de la Sicile Sicile 
Province Raguse  
Code postal 97015
Code ISTAT 088006
Code cadastral F258
Préfixe tél. 0932
Démographie
Gentilé modicani
Population 53 549 hab.
Densité 183 hab./km2
Géographie
Coordonnées 36° 52′ 02″ nord, 14° 45′ 41″ est
Altitude Min. 296 m
Max. 449 m
Superficie 29 237 ha = 292,37 km2
Divers
Saint patron San Giorgio
Fête patronale 23 avril
Localisation
Localisation de Modica
Localisation dans la province de Raguse.
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Modica
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Modica
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Modica
Liens
Site web Site officiel

Modica (en sicilien : Muòrica[1]) est une ville italienne de 53 000 habitants[2] située dans le libre consortium municipal de Raguse, sur les monts Hybléens, en Sicile.

Cité ancienne aux origines néolithiques, Modica a connu une riche histoire en tant que capitale d'un comté (it) dont les limites ont presque parfaitement coïncidé avec celles de l'actuelle province de Raguse, du Moyen Âge jusqu'au xixe siècle.

Intégralement reconstruite à la suite d'un terrible séisme en 1693, son urbanisme témoigne de l'épanouissement de l'art baroque tardif et appartient à ce titre, aux côtés d'autres villes du Val di Noto, au réseau des communes à l'architecture exubérante classées au patrimoine mondial de l'UNESCO[3].

Géographie

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Cartographie interactive (cliquer pour afficher)

Carte
Carte dynamique

Modica se dresse sur le versant sud des monts Hybléens, à 296 m d'altitude et 20 km au sud-est de Raguse. La cité est divisée entre une ville haute et une ville basse.

Selon Thucydide, la cité est fondée vers 1360 av. J.-C. avant d'être investie par les Sicules au viie siècle av. J.-C. sous le nom de Motyka[4], et poursuit son existence sous les Grecs de Syracuse puis, à la suite de la bataille des îles Égades au cours de la première guerre punique (241 av. J.-C.), les Romains, bien qu'il n'en subsiste presque aucunes traces. Modica devient alors l'une des 35 cités decumanae de l'île et subit l'oppression sous la préture de Verrès. Elle parvient à former un municipium et se dote, semble-t-il, d'une certaine importance, mentionnée par Pline et Ptolémée comme l'une des principales villes de l'intérieur sicilien ; et bien que son nom ne figure pas dans les itinéraires, elle est de nouveau citée dans la Cosmographie de Ravenne. Silius Italicus l'inclut dans sa liste des cités de Sicile en l'associant à Netum (l'ancienne Noto). Le sud-est de la Sicile connaît une christianisation précoce à l'instigation du diocèse de Syracuse, fondé par saint Paul dès 61 apr. J.-C.

En 535, le général Bélisaire met fin au règne ostrogoth et rattache Modica à l'Empire romain d'Orient (ou byzantin) pour le compte de Justinien Ier. Ainsi, la population locale, déjà hellénophone, peut conserver sa culture grecque et ne sera latinisée qu'après l'invasion normande, au xie siècle.

Les Arabes capturent la ville en 845 lors de leur conquête de la Sicile et la désignent sous le nom de Mudiqah[5]. La cité est massivement fortifiée et connaît une longue période de prospérité jusqu'à l'arrivée des Normands menés par Roger Ier au xie siècle. Le Val di Noto, dont la conquête définitive s'achève en 1091, est le dernier territoire sicilien repris aux Arabes.

En 1255, le château de Modica est donné par le pape Alexandre IV, opposant au roi Manfred Ier de Sicile, à Roger Fimetta[6]. Le comté de Modica, créé en 1296, est donné à Manfred de la famille Chiaromonte par le roi Frédéric II de Sicile. Andrea Chiaramonte est exécuté par Martin Ier de Sicile qui l'attribue au catalan Bernat de Cabrera pour le remercier d'avoir financé son expédition de conquête de l'île. Sous les Chiaramonte, le comté de Modica forme un État semi-indépendant à l'économie florissante avec le droit de frapper sa propre monnaie entre autres privilèges.

Le , la ville est le théâtre d'un pogrom anti-juif appelé Strage dell'Assunta, le « massacre de l'Assomption ». Le soir de l'Assomption de Marie, 360 juifs sont massacrés dans la giudecca (quartier juif) de Cartellone, sous les encouragements de prédicateurs catholiques s'écriant « Vive Marie et mort aux Juifs ! »[7],[8].

Ravagée par le séisme du 11 janvier 1693, qui fait 60 000 victimes dans toute la région, la ville est reconstruite sous le signe du baroque sicilien, ce qui lui vaudra un classement au patrimoine mondial de l'UNESCO avec sept autres villes du Val di Noto.

Lorsque les Traités d'Utrecht en 1713 font passer la couronne de Sicile du roi d'Espagne au duc de Savoie, le comté de Modica reste possession ibérique, fiscalement et politiquement autonome du reste de l'île. En 1804, le secrétaire d'État John Acton reçoit le duché de Modica en compensation de son retrait des affaires publiques à la demande des Français[9]. Elle subit deux inondations en 1833 et 1902. Après son annexion à l'Italie en 1860, Modica conserve son titre de chef-lieu provincial jusqu'en 1926, date de son intégration à la province de Raguse.

Modica se compose de deux centres urbains : Modica Alta (haute Modica) et Modica Bassa (basse Modica). La ville haute, plus ancienne, est perchée sur une colline rocailleuse au sud, à l'entrée des monts Hybléens, tandis que la ville basse s'étend dans la vallée située en contrebas. Les deux centres sont reliés par des ruelles tortueuses et de nombreux escaliers caractérisés par un dénivelé très important.

Tout au long du xxe siècle, la ville s'est développée jusqu'à s'étaler sur de nouveaux quartiers périphériques, le Sacro Cuore, Monserrato et Idria, souvent désignés collectivement sous le nom de Modica Moderna ; la vieille ville et les quartiers modernes sont reliés entre eux par l'un des plus longs viaducs d'Europe, le pont Guerrieri, long de 300 mètres.

Monuments et lieux d'intérêt

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Malgré les nombreuses destructions engendrées par des catastrophes naturelles à répétition (séismes en 1613 et 1693, inondations de 1833 et 1902), Modica conserve l'un des plus beaux patrimoines architecturaux de Sicile, notamment d'imposants monuments urbains de style baroque sicilien édifiés à la suite du tremblement de terre de 1693.

Parmi les autres lieux d'intérêt, on peut citer :

L'agriculture représente le secteur économique dominant (oliviers, caroubiers, céréales). Les légumes sont cultivés à grande échelle sous serre. L'élevage, notamment des bovins de race Modica[10], la production laitière et la confection du chocolat de Modica, élaboré selon une recette aztèque ancestrale et qui fait sa renommée, prennent une importance croissante. Le tourisme est fortement encouragé depuis son inscription au patrimoine mondial de l'UNESCO en 2002, particulièrement par le biais d'événements historiques et la vente de spécialités locales telles que le chocolat et ses produits dérivés (liqueur), qui se commercialisent bien au-delà de la ville en raison d'une forte demande.

Administration

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Les maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
28 mai 2002 3 mars 2008 Pietro Torchi Lucifora CdL  
3 mars 2008 1 juillet 2008 Giovanni Bologna   commissaire préfectoral
1 juillet 2008 26 juin 2013 Antonino Buscema PD  
26 juin 2013 7 juin 2022 Ignazio Abbate UdC  
7 juin 2022 31 mai 2023 Domenica Ficano   commissaire préfectoral
31 mai 2023 en cours Maria Monisteri Caschetto liste civique  
Les données manquantes sont à compléter.

Frigintini, Marina di Modica

Communes limitrophes

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Personnalités liées à la commune

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Au xviiie siècle, alors qu'elle s'affirmait comme une ville d'art et de culture parmi les plus rayonnantes du Mezzogiorno, Modica comptait parmi ses habitants des philosophes (Tommaso Campailla), un cercle de médecins (Michele Gallo) ainsi qu'une prestigieuse académie littéraire. Au siècle suivant, avec l'abolition du féodalisme, Modica devint une cité bourgeoise peuplée entre autres artistes et intellectuels par le compositeur Pietro Floridia.

Sont nés à Modica :

Références

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  1. Teresa Cappello et Carlo_Tagliavini, Dizionario degli etnici e dei toponimi italiani, Bologna, Pàtron, 1981, p. 327, SBN UMC0979712.
  2. (it) « Bilancio demografico mensile » [archive du ], sur demo.istat.it (consulté le )
  3. (en) UNESCO World Heritage Centre, « Late Baroque Towns of the Val di Noto (South-Eastern Sicily) », sur UNESCO World Heritage Centre (consulté le )
  4. Claude Ptolémée, Géographie III, 4, 13.
  5. Dizionario di toponomastica, Torino, UTET, 1990, p. 470, ISBN 88-02-07228-0.
  6. Henri Bresc, « La chute des Hohenstaufen et l’installation de Charles Ier d’Anjou », dans Les princes angevins du XIIIe au XVe siècle : Un destin européen, Presses universitaires de Rennes, coll. « Histoire », (ISBN 978-2-7535-2558-0, lire en ligne), p. 61–83
  7. « Modica Online », sur www.modica.it (consulté le )
  8. Jean-Yves Frétigné, Histoire de la Sicile, Pluriel / Fayard, 2018, p. 239.
  9. John Julius Norwich, Histoire de la Sicile, de l'Antiquité à Cosa Nostra, Paris, Tallandier, 2018, p. 315.
  10. « Razze bovine: Modicana », sur www.agraria.org (consulté le )

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Liens externes

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