Morgante
| Auteur | |
|---|---|
| Date de publication |
| Personnages |
Renaud (d), Orlando (en), Morgante (d), Charlemagne, Ganelon |
|---|---|
| Incipit |
« In principio era il Verbo appresso a Dio… » |
Morgante, (titre original : Morgante Maggiore, soit le « Grand Morgante »), est le nom donné d'un poème chevaleresque burlesque de vingt-huit chants écrit par Luigi Pulci, poète de la Renaissance, entre 1460 et 1483[1]. La première édition, comprenant les vingt-trois premiers chants, date de 1478. Le poème complet paraît en 1483[2].
Description
[modifier | modifier le code]Basé sur la matière de France, le poème raconte l'histoire de Roland et Renaud de Montauban (en italien, Renaldo ou Rinaldo), le plus célèbre des paladins de Charlemagne, de manière souvent burlesque. Composé à la demande de Lucrezia Tornabuoni (mère de Laurent de Médicis), il reprend et transforme le contenu du Chant de Roland (Cantare d’Orlando) d’un anonyme du XIVe. On y retrouve les principaux personnages du cycle carolingien : Charlemagne, Roland, Olivier, Renaud, Ganelon…[3].
Le personnage qui donne son nom à l'œuvre est un géant qui, ayant été défait par Roland, devient son compagnon.
Le géant
[modifier | modifier le code]Morgant, autrement appelé Morgante, est le héros du roman de chevalerie Morgant le géant. Géant violent, mais fidèle, Morgant se met au service d’un but qui dépasse sa violence (dénuée de raison et de frein) et qui, en un sens, le rachète de sa brutalité même. Pulci a fait de Morgant un personnage vivant et haut en couleur. Alors qu’il était en train d’assiéger une abbaye aidé par deux autres géants, il rencontre le chevalier Roland (qui le convertit au christianisme) et devient son écuyer. Avec un cheval, une vieille armure et un battant de cloche, il part avec lui en Paganie à la recherche d’autres aventures.
Après avoir accompli ses premiers exploits en luttant contre le Diable, il va à Paris en conduisant une armée au secours de Charlemagne en compagnie de Meridiana (fille de Caradore). À Paris, il massacre les ennemis. Peu après il rencontre Margutte, qu’il prend pour compagnon et écuyer. Sa force ne connaît pas d’obstacles (il tue lions, éléphants, crocodiles) mais il est très généreux avec les faibles. Parti à la recherche de Roland, il le retrouve à Bambillona et, une fois la ville conquise, s’embarque avec lui.
Il vient de tuer une baleine lorsque, ayant mis les pieds dans l’eau, une crevette le mord et le géant meurt, pleuré par Roland et Renaud. « Gourmand, vantard, ignorant, naïf, mais bon, fidèle et courageux », ainsi défini par De Sanctis, Morgant est le type du héros robuste et magnanime tel qu’un peuple peut le concevoir.
Traductions en français
[modifier | modifier le code]- Sensuyt l’Histoire de Morgant le Géant lequel avec ses frères persécutaient les Chrétiens et serviteurs de Dieu mais finalement furent ses deux frères occis par le Comte Roland et le tiers fut Chrétien qui depuis aida grandement à augmenter la sainte foi catholique comme entendrez ci-après, traduction anonyme, Jean Petit, Michel Le Noir et Renaud Chaudière en collaboration, 1519 (achevée en 1517, publiée en 1519)[4]
- Sensuyt l'histoire de Morgant le géant, Paris, Philippe Le Noir, 1522[5]
- Sensuyt l'histoire de Morgant le géant, Lyon, Jean Lambany, vers 1529[6]
- Sensuyt l'histoire de Morgant le géant, Paris, Alain Lotrian et Denis Janot, vers 1533
- Sensuyt l'histoire de Morgant le geant , lequel avec ses freres persecutoient tousjours les chrestiens et serviteurs de Dieu. Mais finablement furent ses deux freres occis par le conte Roland. Et le tiers fut chrestien qui depuis ayda a augmenter la saincte foy catholicque comme orrez cy apres, Nouvellement imprimee a Paris par Alain Lotrian imprimeur et libraire demourant en la rue neufve nostre dame a lenseigne de lescu de France, vers 1536[7]
- L'Hystoire de Morgant le Géant, Paris, Nicolas Chrétien, vers 1540-1550
- L'Hystoire de Morgant le Géant, Lyon, Olivier Arnoullet, 1548
- L'Hystoire de Morgant le Géant, Jean Bonfons, Paris, vers 1550-1560[8]
- Histoire de Morgant le geant. Et de plusieurs autres chevaliers & pairs de France . Lequel avec ses freres persecutoient souvent les chrestiens, & serviteurs de Dieu : Mais finalement furent ses deux freres occis par le comte Roland, & le tiers fut chrestien, qui depuis ayda grandement à augmenter la saincte foy catholique, comme entendrez cy apres. Le tout reveu, corrigé & augmenté de plusieurs figures en ceste derniere edition, Troyes, chez Nicolas Oudot demeurant en la ruë Nostre Dame, au Chapon d'or couronné, 1618[9]; réédition : 1625[10]
- Morgante, présentation et traduction de Pierre Sarrazin, coll. Miroir du Moyen Âge, Paris, Brepols, 895 p., 2003
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Luigi Pulci, Encyclopédie Larousse
- ↑ https://www.persee.fr/doc/bec_0373-6237_2005_num_163_2_463766_t1_0525_0000_1
- ↑ Dictionnaire des personnages, éditions Robert Laffont
- ↑ https://ebooks-bnr.com/ebooks/html/pulci_morgant_le_geant_1.htm
- ↑ https://bp16.bnf.fr/ark:/12148/cb41877560c/?rql=Any%20X%20WHERE%20X%20ark%20%22ark%3A%2F12148%2Fcb41877560c%22
- ↑ file:///E:/Telechargement/10.3.+Mounier+-+Morgant+le+geant.pdf
- ↑ https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k87103293/f9.item
- ↑ https://fr.wikisource.org/wiki/L%27Histoire_de_Morgant_le_g%C3%A9ant
- ↑ https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1912893n
- ↑ (en) L'Histoire de Morgant le géant et de plusieurs autres chevaliers et pairs de France, lequel avec ses frères persécutoient souvent les chrestiens et serviteurs de Dieu, mais finalement furent ses deux frères occis par le Comte Roland et le tiers fut chrestien, qui depuis ayda grandement à augmenter la saincte foy catholique, comme entendrez cy après. Le tout reveu..., (lire en ligne).