Mylodon
Mylodon est un genre fossile de mammifères terrestres, apparenté aux paresseux actuels. Il faisait partie du super-ordre des xénarthres (du grec signifiant « articulation étrange »), anciennement appelé l'ordre des édentés.
Étymologie
[modifier | modifier le code]Son nom vient du grec ancien μυλών, mulôn (« moulin ») et du suffixe -odon (« dent »)
Distribution
[modifier | modifier le code]Ce genre, proche de Megatherium, vivait dans l'actuelle Patagonie : sa longue queue lui servait d'appui pour se dresser sur ses deux pattes arrière dans le but d'attraper les feuilles hautes. Il a été découvert par Hermann Eberhard tout à la fin du XIXe siècle dans la grotte dite du Milodon, à proximité de Puerto Natales. Ce paresseux terrestre s'est éteint entre -10 200 et -13 560, à la limite du Pléistocène et de l'Holocène[1].
À l'entrée de la « grotte du Mylodon » a été érigée une réplique grandeur nature du Mylodon darwini[2], un animal de grande taille (3,5 m. de long, 2,5 m. au garrot et pesant en moyenne 1,5 à 2 tonnes)[3],[4],[5].
Régime alimentaire
[modifier | modifier le code]Une étude réalisée en 2021 sur des vestiges de l'espèce Mylodon darwinii (ou « paresseux terrestre de Darwin »), et qui se fonde sur l'analyse des acides aminés conservés dans les poils, la kératine des ongles et le collagène de ces vestiges, estime que ce paresseux géant se nourrissait de feuillage, de racines, de graines, mais était aussi omnivore opportuniste, charognard à l'occasion[6],[7].
Folklore et survivance supposée
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La découverte (1895) de restes de mylodontidé remarquablement conservés à la Cueva del Milodón en Patagonie chilienne, notamment de la peau portant encore des poils, a déclenché une controverse autour d’une possible survivance très récente. Dans ce contexte, certains auteurs ont même avancé (à tort) l’idée d’une utilisation de la grotte comme "étable" ou d’une forme de domestication, interprétation discutée dans la littérature scientifique sur l’histoire des recherches du site[8].
En 1900, H. Hesketh Prichard mène une expédition en Patagonie financée par C. Arthur Pearson (Daily Express) pour enquêter sur ces rumeurs de survivance, sans apporter de preuve convaincante[9].
Des synthèses de datations radiocarbone indiquent ensuite que les restes mylodontidés de la Cueva del Milodón sont du Pléistocène tardif, malgré leur aspect "récent" lié aux conditions de conservation en grotte[10].
Galerie
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La peau et la fourrure de M. darwini
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Mylodon darwini (paléoart).
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Grotte du Mylodon, Chili.
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Caverne du Mylodon, Chili
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Fiedel Stuart, (en) « Sudden Deaths: The Chronology of Terminal Pleistocene Megafaunal Extinction », American Megafaunal Extinctions at the End of the Pleistocene in Vertebrate Paleobiology and Paleoanthropology 1, year 2009, pp. 21-37, (ISBN 978-1-4020-8792-9)
- ↑ « Milodon Cave (Cueva del Milodón) », Wondermondo
- ↑ Per Christiansen, Richard A. Fariña, « Mass estimation of two fossil ground sloths (Mammalia, Xenarthra, Mylodontidae) » in Morphological Studies in Fossil and Extant Xenarthra (Mammalia) of Senckenbergiana biologica vol. 83-1, 2003, pp. 95–101, éd.: Schweizerbartsche Verlagsbuchhandlung, (ISBN 978-3-510-61358-8), [1].
- ↑ J. V. Tejada, J. J. Flynn, R. MacPhee et al. (2021), DOI https://doi.org/10.1038/s41598-021-97996-9
- ↑ (es) Analía Forasiepi, Agustín Martinelli et Jorge Luis Blanco, Bestiario fósil: mamíferos del pleistoceno de la Argentina [« Fossil bestiary: Pleistocene mammals of Argentina »], Albatros, , 60–61 p. (ISBN 978-950-24-1101-9, OCLC 230208342).
- ↑ Tejada, J.V., Flynn, J.J., MacPhee, R. et al. (2021). DOI https://doi.org/10.1038/s41598-021-97996-9
- ↑ Joël Ignasse, « Un paresseux géant et consommateur de viande vivait en Patagonie », in Sciences et Avenir du 11 octobre 2021, [2] consulté le 12 octobre 2021.
- ↑ Joseph Emperaire et Annette Laming-Emperaire, « La grotte du Mylodon (Patagonie occidentale) », Journal de la Société des Américanistes, vol. 43, , p. 173-206 (DOI 10.3406/jsa.1954.2424, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) H. Hesketh Prichard, Through the Heart of Patagonia, Londres, William Heinemann, (lire en ligne)
- ↑ (en) Leandro Martín Pérez, Néstor Toledo, Florencia Mari, Ignacio Echeverría, Eduardo Pedro Tonni et Marcelo Javier Toledo, « Radiocarbon dates of fossil record assigned to mylodontids (Xenarthra - Folivora) found in Cueva del Milodón, Chile », Quaternary Science Reviews, vol. 251, , p. 106695 (DOI 10.1016/j.quascirev.2020.106695, lire en ligne, consulté le )
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- (en) Owen 1839 : Fossil Mammalia (3). in The Zoology of the voyage of H.M.S. Beagle, vol. 1, n. 8, p. 65-80.
- (en) Tejada, J.V., Flynn, J.J., MacPhee, R. et al. « Isotope data from amino acids indicate Darwin’s ground sloth was not an herbivore », Scientific Reports, 11, 18944 (2021). DOI https://doi.org/10.1038/s41598-021-97996-9
Liens externes
[modifier | modifier le code]- (en) Paleobiology Database : Mylodon Owen 1859
- (en) NCBI : Mylodon (taxons inclus)
- (en) UICN : taxon Mylodon
- Le mylodon, site de Puerto Natales (en + es)