Pakol

Le pakol (en pachto et persan : پکول ; en ourdou : پکول) est un béret traditionnel en laine à gros bourrelets porté au Pakistan et en Afghanistan.
Un lien infondé est souvent évoqué entre ce couvre-chef et la causia macédonienne. Les troupes grecques l'auraient transmis aux populations locales[1] lors des campagnes d'Alexandre le Grand. L'inverse a également été suggéré[2],[3]. Néanmoins, des travaux plus récents invalident ces deux hypothèses[4],[5].
Origine controversée
[modifier | modifier le code]Lors de la campagne indienne d'Alexandre le Grand (327-325), une partie de l'armée grecque/macédonienne porte un kausia (καυσία) (en). Le pétase est également un couvre-chef de l'époque, plutôt parmi les voyageurs grecs. D'autres couvre-chefs régionaux assez proches ont sans doute existé. Dans la région, le "pakol" est un couvre-chef masculin ancien, C’est un héritage gréco-macédonien qui transcende les frontières nationales modernes.
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Tombeau ionien de Xerxès I avec soldat portant pétase ou kausia, vers 480 AEC.
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Fresque funéraire macédonienne d'Agios Athanasios, Thessalonique, Grèce, IVe siècle AEC.
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Terre cuite (Athènes) du IVe s. AEC, représentant un Grec portant la kausia.
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Terre cuite (Athènes) du IIIe s. AEC, représentant un Grec portant la kausia.
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Antimaque Ier, roi gréco-bactrien, vers 180AEC.
Histoire contemporaine
[modifier | modifier le code]Durant la première période talibane en Afghanistan, entre 1996 et 2001, le pakol est associé par le pouvoir en place à leurs adversaires moudjahidines Tadjiks du nord-est du pays, ce qui conduira à son interdiction[4]. Le couvre-chef reviendra cependant après la chute des talibans[4].
Au Pakistan et en Afghanistan, si l’usage populaire moderne est souvent associé à Chitral, certains historiens établissent une filiation avec la kausia macédonienne, popularisée dans la région durant le royaume gréco-bactrien (IIIe-IIe siècle av. J.-C.), bien antérieure à toute frontière nationale moderne[6],[7].
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Enfants de Gilgit, 1860.
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Ahmed Chah Massoud, vers 2000.
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Gouverneurs afghans, 2009.
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Artisans vendant des pakols, Nord-Pakistan, 2007.
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Qutbuddin Hilal, 2013.
Références
[modifier | modifier le code]- ↑ E. A. Fredricksmeyer, « Alexander the Great and the Macedonian Kausia », Transactions of the American Philological Association (1974-), vol. 116, , p. 215–227 (ISSN 0360-5949, DOI 10.2307/283917, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Bonnie M. Kingsley, « The Cap That Survived Alexander », American Journal of Archaeology, vol. 85, no 1, , p. 39–46 (ISSN 0002-9114, DOI 10.2307/504964, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Ian Worthington, Nicholas Geoffrey Lemprière Hammond, Ventures into Greek history, p. 135, Clarendon Press, 1994, p. 135.
- Willem Vogelsang, « The Pakol », Khil'a, vol. 2, no 0, , p. 149–155 (ISSN 1781-2534, DOI 10.2143/KH.2.0.2021290, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en-US) « Did Alexander wear my hat? », sur Lugubelinus, (consulté le )
- ↑ Bonnie Kingsley, “The Cap that Survived Alexander”, American Journal of Archaeology, 1981
- ↑ W. Vogelsang, “The Pakol”, Khil’a 2, 2006, pp. 149-156
Annexes
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- (de) M. Bieber, Entwicklungsgeschichte der griechichen Tracht, seconde édition, 1967.