Pan et oursons
Pan et oursons est un groupe sculpté en ronde-bosse réalisé vers 1867 par le sculpteur français Emmanuel Frémiet. L’œuvre représente le dieu Pan allongé face à deux oursons. Elle existe en plusieurs versions et matériaux : plâtre, cire, bronze et marbre[1].
Versions de l’œuvre
[modifier | modifier le code]Version en plâtre
[modifier | modifier le code]Selon Henri Bartlett, Frémiet sculpte le modèle en plâtre dans l’atelier d’Émilien de Nieuwerkerke. Le 1er juin 1864, la direction des Beaux-Arts propose l’acquisition du groupe, alors exposé par l’artiste au Salon du palais des Champs-Élysées à Paris, pour la somme de 3 000 francs. La décision d’achat est prise le 21 juin 1864. Ni le plâtre original ni le modèle en cire ne sont aujourd’hui localisés[2].
Version en cire
[modifier | modifier le code]Une version en cire est vendue lors de la vente aux enchères du comte Daupias en 1894. D’autres exemplaires sont présentés à l’Exposition universelle de Vienne en 1873 (n° 924) ainsi qu’à l’Exposition franco-britannique de Londres en 1908 (n° 944). L’esquisse en cire — matériau souvent privilégié par l’artiste à la terre — se distingue par la nervosité et la vigueur de son modelé, dont l’acuité s’atténue dans les versions définitives. De légères différences apparaissent entre l’original, les chefs-modèles et le marbre final, notamment dans la position des têtes et des bras ainsi que dans certains attributs. La cire originale sur âme en terre cuite, protégée par une cloche en verre et mentionnée lors de la vente de 1894, n’est déjà plus localisée en 1988 lors de la publication du catalogue de Catherine Chevillot[3].
Versions en bronze
[modifier | modifier le code]Le musée des Beaux-Arts de Dijon conserve deux chefs-modèles datés de 1864, de dimensions différentes (inv. 4193 et 4194). Un exemplaire en bronze entre dans les collections du musée des Beaux-Arts de Dijon par don Fauré-Frémiet en 1955. Un autre exemplaire en bronze est déposé au musée des Arts décoratifs de Nantes depuis 1925 (fonds Chauchard, inv. Ch.B.151). Des réductions en bronze et en bronze doré sont éditées par la maison Barbedienne, à partir des chefs-modèles conservés à Dijon[4].
Version en marbre
[modifier | modifier le code]La version en marbre blanc est conservée au musée d’Orsay (inv. RF 178 ; LUX 48). Elle mesure 82,7 × 182 × 67 cm et est signée « E. FREMIET » sur la base. L’État décide de faire exécuter l’œuvre en marbre en 1865. Un premier bloc est livré en février, mais l’essai s’avère infructueux ; un second bloc est fourni en mars 1866. Le praticien chargé de la taille estLouis-Joseph Daumas. Le marbre est exposé au Salon de 1867. Il est acquis par arrêté du 13 juin 1867 pour la somme de 6 000 francs, puis transporté au musée du Luxembourg en novembre de la même année. L’œuvre est ensuite attribuée au musée du Louvre, avant de rejoindre les collections du musée d’Orsay lors de son ouverture en 1986[5].
Description
[modifier | modifier le code]Le groupe représente un faune — identifié à Pan — à demi allongé sur une peau de bête et redressé sur les coudes, taquinant de son bâton (aujourd’hui disparu) deux oursons placés face à lui. Pan, divinité de la nature dans la mythologie grecque, est représenté selon son iconographie traditionnelle, mi-homme mi-bouc, à l’instar des satyres. Frémiet le coiffe d’une couronne de grappes de raisin et de pampres de vigne, rappelant son appartenance au cortège dionysiaque. La scène suggère un apprivoisement progressif : les oursons tendent la tête vers des rayons de miel disposées par Pan. L’ensemble se caractérise par une tonalité à la fois charmante et pittoresque[6].
Contexte
[modifier | modifier le code]Élève de François Rude, Emmanuel Frémiet enseigne au Muséum national d’histoire naturelle à la suite d’Antoine-Louis Barye. Il est élu à l’Académie des beaux-arts en 1892. Frémiet compte parmi les principaux sculpteurs animaliers de la seconde moitié du XIXᵉ siècle. Il acquiert une large notoriété grâce à ses représentations d’ours, très appréciées des collectionneurs. Cette maîtrise apparaît notamment dans Le Dénicheur d’oursons, dont une fonte des frères Thiébaut est exposée au Jardin des Plantes. Le succès de Pan et oursons tient sans doute à son caractère aimable et narratif : entre 1910 et 1912, soixante exemplaires, toutes tailles confondues, sont encore vendus. Il s’agit du second groupe animalier de l’artiste par son importance commerciale, après Ravageot et Ravageode[7]. Plusieurs critiques contemporains soulignent le charme de l’œuvre. Jacques de Biez la compare à « un conte de mon moulin », tandis que Paul de Saint-Victor évoque « ce jeune dieu couché à plat ventre, qui du bout de sa baguette agace deux oursons », insistant sur son caractère plaisant et pittoresque.
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Le Dénicheur d’oursons
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ https://www.musee-orsay.fr/fr/oeuvres/pan-et-oursons-22814
- ↑ https://www.navigart.fr/museedartsdenantes/artwork/emmanuel-fremiet-pan-et-oursons-110000000007433
- ↑ https://www.amis-musees-dijon.fr/pan-et-oursons/
- ↑ https://www.marcmaison.fr/objets-d-art-19th-century-paintings-and-furniture/sculpture/pan-et-oursons-statue-en-marbre-statuaire-par-emmanuel-fremiet-editee-par-ferdinand-barbedienne
- ↑ https://www.musee-orsay.fr/fr/oeuvres/pan-et-oursons-16065 Notice du musée d'Orsay
- ↑ https://pop.culture.gouv.fr/notice/joconde/000SC013964
- ↑ https://pop.culture.gouv.fr/notice/joconde/01370016941