Patronat

Le patronat (du latin patronus, « patron, protecteur, maître d'un affranchi ») est un terme englobant qui désigne l'ensemble des chefs d'entreprise. Le patronat est donc une catégorie bien distincte dans le monde du travail par rapport aux autres membres de l'entreprise occupant des fonctions subalternes. Il désigne la tête dirigeante de l'entreprise ou le sommet hiérarchique. Ce terme convient particulièrement pour différents types de structuration d'entreprise, notamment les sociétés à fonctionnement pyramidal. On peut concevoir le patronat comme l'élite de la bourgeoisie, en tant que classe sociale[réf. nécessaire].
Il peut jouer un rôle important dans la société en ce sens qu'il rassemble les patrons pour défendre leurs intérêts, individuels ou communs, par rapport à d'autres catégories d'employés au sein de l'entreprise. Il peut collaborer avec les syndicats dans un esprit de corporatisme.
Les relations entre syndicat et patronat varient selon les pays. En France, généralement, les intérêts des deux parties étant divergents, voire opposés, c'est plus souvent l'opposition entre les deux qui est de mise.
En Suisse, les syndicats et le patronat sont plus conciliants et entament régulièrement et facilement des discussions sur les conditions des travailleurs, desquelles sont conclues des « conventions collectives » obligatoires à toutes les parties, et pouvant être imposées au reste du pays par le gouvernement suisse, si certaines conditions sont remplies. Ce processus de négociation, en Suisse, s'appelle la « paix du travail ».
Le patronat peut s'associer en conseil, à l'instar du conseil du patronat du Québec.
Rémunérations
[modifier | modifier le code]Selon une enquête de la Confédération des petites et moyennes entreprises de 2024 concernant les patrons des TPE et PME, un patron sur cinq touche moins de 1 400 euros par mois, donc moins que le SMIG. 31 % des patrons de TPE et PME touchent entre 1 400 et 2 600 euros. Un quart gagne entre 2 600 et 4 000 euros net, et un quart, plus de 4 000 euros mensuels[1].
Selon Oxfam, les patrons du CAC40 ont gagné pendant l'année 2022 en moyenne 6,66 millions d'euros. Ces patrons ont donc touché 130 fois plus que le salaire moyen de leurs employés. Dans certaines entreprises, l'écart est très important, avec par exemple un gain de 19,7 millions d’euros pour le patron de Teleperformance, soit 1 453 fois plus que le salaire moyen des employés de l'entreprise[2].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Béatrice Madeline, « La réalité des « petits patrons » qui se paient au smic : « Je travaille de 8 heures à 19 heures, tous les samedis matin, et à la fin du mois je gagne entre 1 500 et 2 000 euros » », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Selon Oxfam, les dirigeants du CAC 40 ont gagné en moyenne 130 fois plus que leurs salariés en 2022 », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]- Confédération générale du patronat français, MEDEF, CGPME, ONTPE
- Fédération française des sociétés d’assurances
- Organisations syndicales professionnelles françaises
- Conseil du patronat du Québec
- Classe capitaliste
Liens externes
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- le site Patrons de France (Site historique construit comme système d'information sur le patronat français de la période XIXe – XXe siècles), financé par l'Agence Nationale de la Recherche (ANR) dans le cadre du programme « corpus et outils de la recherche » afin de rendre accessibles des reproductions de sources biographiques d'intérêt historique.
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Michel Offerlé, Ce qu’un patron peut faire. Une sociologie politique des patronats, Gallimard, 2021
- Michel Offerlé, Les patrons des patrons, Histoire du Medef, Odile Jacob, 2013