Paul Devaux
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Paul Devaux (né le à Bruges, mort le à Bruxelles) est un homme d'état libéral belge du XIXe siècle qui a participé à la fondation de l'État belge.
Biographie
[modifier | modifier le code]Origines et formation
[modifier | modifier le code]Paul Louis Isidore Devaux est né lors de la période française de l'histoire de la Belgique, le à Bruges, alors chef-lieu du département de la Lys. Il est le fils de Jacques Devaux, avocat et membre du Corps législatif de l'Empire français, et d'Isabelle de Brouwer. Ses parents décèdent alors qu'il n'a pas atteint l'âge adulte. Le , il épouse Anne Van Praet, sœur de Jules Van Praet, futur conseiller du roi Léopold Ier[1]. Il est le père de Jules Devaux, diplomate et proche collaborateur du roi Léopold II de Belgique.
Il fait des études secondaires d'abord à Bruges puis au lycée de Bruxelles. Après l'intégration des provinces belges au Royaume uni des Pays-Bas dès 1815, il part faire des études à la Sorbonne à Paris de 1817 à 1819,. En 1820, il s'inscrit à la Faculté de droit de l'Université de Liège et en sort docteur en droit en 1824[1].
Carrière
[modifier | modifier le code]Il s'inscrit comme avocat au barreau de Liège où il rencontre Joseph Lebeau et Charles Rogier. Avec eux, il fonde le le journal Matthieu Lansbergh, journal politique, littéraire, de l’industrie et du commerce qui devient le le Politique. Ce journal libéral adopte progressivement une tendance franchement unioniste des catholiques et des libéraux contre la politique autoritaire du gouvernement des Pays-Bas.
Lors de la révolution belge de 1830, pour laquelle il prend parti, il est élu comme député au Congrès national par la ville de Bruges, Paul Devaux est partisan de l'instauration d'une monarchie constitutionnelle parlementaire plutôt que d'une république. Il défend dans un premier temps la candidature d'Auguste de Leuchtenberg contre celle de Louis d'Orléans pour devenir le premier roi des Belges. De même, il est mandaté par le gouvernement provisoire pour participer au comité chargé de rédiger le projet de Constitution belge[2].
Le , il prend part au gouvernement de Joseph Lebeau en tant que membre sans portefeuille du Conseil des ministres du Régent de Belgique[2]. Constatant l'opposition des puissances européennes à la candidature d'Auguste de Leuchtenberg, c'est lui qui suggère à Joseph Lebeau, chef du gouvernement provisoire, la candidature du prince Léopold de Saxe-Cobourg-Gotha au trône de Belgique. Le 11 mai 1831, mandaté par Joseph Lebeau, Devaux se rend à Londres comme commissaire du gouvernement belge auprès de la Conférence de Londres sur l'avenir de la Belgique et se joint à la délégation belge déjà sur place. Alors que les négociations piétinent, sa mission est double : d'une part d'obtenir l'assentiment du prince Léopold à la couronne de Belgique et d'autre part, trouver une issue favorable aux négociations avec les puissances européennes (en vue notamment de fixer les limites territoriales de la Belgique). Il obtient satisfaction sur ces deux points : le prince Léopold donne son accord et les puissances européennes signent le le Traité des XVIII articles. Le prince Léopold peut devenir roi des Belges après approbation du Congrès national en juillet 1831[3], il prête serment le avec le nom de Léopold Ier.
Après la constitution de la Belgique et la fixation définitive de ses frontières par le Traité des XXIV articles en avril 1839, il fonde le journal La revue nationale dont il est le directeur. Il s'y montre favorable à la création de partis politiques que permettent désormais la paix signée avec les Pays-Bas et le cadre légal stable créé par la Constitution belge. Il est l'un des fondateurs de l'Echo du Parlement, journal à tendance libérale. Il jette aussi les bases d'un parti libéral gouvernemental qui s'opposera à la politique du parti catholique[4].
Fin de vie
[modifier | modifier le code]Il garde des liens avec sa ville d'origine en demeurant conseiller communal de Bruges de 1836 à 1875[5]. En 1860, il aide Charles Rogier à la rédaction d'une nouvelle version de La Brabançonne, dont le texte est toujours celui en vigueur pour la version francophone de l'hymne national belge[6],[7].
Il est député à la Chambre des représentants jusqu'en juin 1863[2].
Le , il reçoit des funérailles avec les honneurs militaires à l'église Notre-Dame du Sablon à Bruxelles et est inhumé au cimetière de Laeken[5].
Participation
[modifier | modifier le code]Paul Devaux était membre de la classe de lettres de l'Académie royale de Belgique et a participé à de nombreuses publications à caractère historique[5].
Hommages et distinctions
[modifier | modifier le code]- Un certain nombre de villes ont voulu rendre hommage à Paul Devaux en nommant une rue à son nom :
- À Bruxelles face à la Bourse, à Liège face à la rue Joseph Lebeau, à Blankenberge et à Bruges.
- Il reçoit les distinctions suivantes du roi Léopold Ier :
Grand cordon de l'ordre de Léopold en 1859 (Belgique) ;- Croix de fer (Belgique)[8] ;
Notes et références
[modifier | modifier le code]- Bibliographie nationale - Supplément tome VI, Bruxelles, Emile Bruylant, (lire en ligne), p. 212-214
- « Mort de M. Paul Devaux », L'Indépendance Belge, , p. 1 (lire en ligne)
- ↑ Carlo Bronne, Joseph Lebeau, Bruxelles, La Renaissance du Livre, , 113 p.
- ↑ « Mort de M. Paul Devaux », La Meuse, , p. 5 (lire en ligne)
- « Funérailles de M. Devaux », La Meuse, , p. 2 (lire en ligne)
- ↑ Octave Petitjean, La Brabançonne de Charles Rogier. Une variante de Devaux, vol. 116, Comptoir universel d'imprimerie et de librairie, coll. « Revue Générale », (lire en ligne), p. 350-355
- ↑ Octave Petitjean, La seconde Brabançonne. De qui en sont les paroles ?, coll. « La Belgique en 1930 »,
- ↑ Comité administratif de la Société centrale des décorés de ta Croix de fer, Liste nominative des citoyens décorés de la Croix de fer, Bruxelles, Imprimerie et lithographie de P-M Michelli, (lire en ligne), p. 52
Liens externes
[modifier | modifier le code]- Naissance à Bruges
- Avocat belge du XIXe siècle
- Membre du Congrès national de Belgique
- Personnalité du règne de Léopold Ier de Belgique
- Personnalité inhumée à Bruxelles au cimetière de Laeken
- Personnalité politique belge du XIXe siècle
- Ministre belge du XIXe siècle
- Naissance en avril 1801
- Décès en janvier 1880
- Récipiendaire de la croix de fer (Belgique)
- Décès à Bruxelles
- Décès à 78 ans
- Député belge de la 1re législature