Prison d'Exeter
HM Prison Exeter
| Prison d'Exeter (en) HM Prison Exeter | |||||
| Localisation | |||||
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| Pays | |||||
| Nation constitutive | |||||
| Région | Angleterre du Sud-Ouest | ||||
| Comté | Devon | ||||
| Localité | Exeter | ||||
| Coordonnées | 50° 43′ 43″ nord, 3° 31′ 56″ ouest | ||||
| Géolocalisation sur la carte : Devon
Géolocalisation sur la carte : Angleterre du Sud-Ouest
Géolocalisation sur la carte : Angleterre
Géolocalisation sur la carte : Royaume-Uni
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| Architecture et patrimoine | |||||
| Construction | |||||
| Installations | |||||
| Type | Prison | ||||
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| Date d'ouverture | |||||
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La prison d'Exeter (en anglais : HM Prison Exeter) est une prison britannique de catégorie B réservée à une population carcérale masculine, assumant une double vocation de détention de proximité et de préparation à la réinsertion. Implanté dans la ville d'Exeter, au sein du comté de Devon en Angleterre, il a pour mandat principal d'accueillir les individus condamnés par les juridictions des comtés avoisinants : le Devon, les Cornouailles, le Dorset et le Somerset. L'institution reçoit également des détenus transférés d'autres établissements carcéraux, y compris provenant de contrées plus lointaines. La gestion de cet établissement relève du His Majesty's Prison Service.
Histoire
[modifier | modifier le code]Sous le règne du roi Henri Ier, le manoir de Bicton, sis aux environs d’Exeter, fut concédé par la couronne à un certain John Janitor[1]. Ce dernier le détenait en fief de grand serment (grande sergenterie), une tenure nobiliaire qui l’astreignait à fournir et entretenir une prison comtale pour le Devon – charge honorable éminemment liée à la confiance royale[2]. L’appellation « Janitor », du latin janitor carceris, désignait précisément le gardien ou geôlier de cette prison, et le tenancier tira son patronyme de cette fonction domaniale[3]. Par la suite, le siège de la geôle comtale fut transféré dans un édifice situé sous le château d’Exeter, au chef-lieu du comté[4],[5],[6],[7]. Néanmoins, le seigneur féodal de Bicton demeura redevable, pendant plusieurs siècles, d’une portion des frais de réparation et d’entretien de la prison en son nouvel emplacement. L’antiquaire et topographe du Devon, John Swete († 1821), rapporte que Dennis Rolle, écuyer († 1797), alors seigneur de Bicton, s’acquitta d’une somme de 1 000 livres sterling au Trésor public pour obtenir l’extinction perpétuelle de ces obligations résiduelles[8]. Cette libération fut actée par une loi du Parlement en 1787 (loi publique 27 George III, ch. 59), dont les dispositions principales consacraient cette abolition :
« Loi visant à faire et à déclarer la prison du comté de Devon, appelée la Haute Prison, une prison publique et commune ; et à décharger Denys Rolle et John Rolle, écuyers, et leurs héritiers et ayants droit respectifs, de la charge de gardien de ladite prison ; et à améliorer et agrandir celle-ci ou à en construire une nouvelle ; et aussi à démolir la chapelle du château d'Exeter ; et à d'autres fins qui y sont mentionnées. »

Le pénitencier d'Exeter, tel qu'il se présente de nos jours, fut érigé en 1853 sur les plans de l'architecte vernaculaire John Hayward[1]. Son édifice relève d'une interprétation orthodoxe du style victorien. La conception de l'établissement s'inspirait substantiellement du modèle carcéral cellulaire de Pentonville, se singularisant par une disposition en quatre ailes radiales dévolues au logement des détenus.
L'établissement pénitentiaire fut le lieu de multiples supplices capitaux. Il convient de mentionner le cas de John Babbacombe Lee, dont l'exécution fut tentée en février 1885. Le processus fut mis en œuvre à trois reprises, échouant à chaque fois en raison du dysfonctionnement persistant de la trappe du gibet, laquelle refusa de s'ouvrir. Ce fait survint en dépit des vérifications minutieuses préalablement effectuées par le bourreau, James Berry. En conséquence de cet événement singulier, le ministre de l'Intérieur de l'époque, William Harcourt, commua la sentence capitale en une peine de réclusion à perpétuité. Lee adressa par la suite des requêtes itératives aux différents ministres de l'Intérieur qui se succédèrent, obtenant finalement sa libération de la prison d'Exeter en 1907[1].
En 1974, la prison est classée monument de Grade II[9].
Critiques
[modifier | modifier le code]En août 1999, un rapport émanant de l’Inspecteur en chef des prisons de Sa Majesté formula de sévères critiques à l’encontre des conditions carcérales prévalant dans l’établissement pénitentiaire d’Exeter. Il y était constaté que certains détenus demeuraient astreints à la vidange de leurs tinettes, en dépit des assertions gouvernementales stipulant que cette pratique avait été éradiquée de l’ensemble du système pénitentiaire trois années auparavant. Le document faisait également état d’une institution paraissant « exsangue », où les relations professionnelles avoisinaient un état d’anarchie[1].
Le 8 juillet 2002, un ancien prisonnier, Gareth Connett, s'introduisit par effraction dans l'établissement pénitentiaire d'Exeter. Il gagna le toit de l'édifice, où il demeura en manifestant durant quatre heures. Il exigeait une indemnisation pour une lésion corporelle qu'il imputait à un autre détenu durant son incarcération antérieure[1]. L'administration pénitentiaire contesta toute responsabilité dans cette affaire.
En mai 2005, un rapport émanant du Prison Reform Trust soulignait que l’établissement pénitentiaire d’Exeter était aux prises avec une problématique de surpeuplement carcéral. Le document formulait des critiques à l’encontre de la pénurie d’activités constructives offertes aux détenus, induisant un temps excessif passé par ces derniers en cellule. Il concédait néanmoins que cet établissement se distinguait favorablement au niveau national quant à ses diligences en matière de réinsertion des condamnés[1]. Postérieurement, la Howard League for Penal Reform releva à son tour cette situation de surpopulation, indiquant que la prison fonctionnait alors avec un taux d’occupation excédant de 70 % sa capacité nominale[2].
Ces dernières années, l’établissement pénitentiaire d’Exeter a été fréquemment recensé parmi les institutions carcérales les plus surpeuplées du Royaume-Uni dans les rapports de la Howard League for Penal Reform. Une révélation datant de 2014 a mis en évidence une diminution de 32 % des effectifs du personnel pénitentiaire, alors que la population carcérale demeurait substantielle. Lors d’une inspection conduite en 2013, des « faiblesses et lacunes » dans le fonctionnement de la prison furent relevées, et il fut souligné que l’édifice était « vétuste et malaisé à entretenir »[1].
Le Conseil de surveillance indépendant a relevé que les dotations en personnel, établies par le ministère de la Justice, s'avéraient lacunaires. Cette insuffisance rendait impossible la garantie d'une prise en charge optimale des personnes incarcérées, particulièrement des détenus vulnérables. Le constat a fait état de niveaux de violence et de pratiques d'automutilation jugés préoccupants. Par ailleurs, les détenus atteints de troubles psychiatriques graves peuvent être contraints à une attente de plusieurs mois avant d'obtenir une place au sein d'une unité hospitalière spécialement aménagée (UHS)[1].
La prison aujourd'hui
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L’établissement pénitentiaire d’Exeter recevait tout individu de sexe masculin ayant atteint l’âge légal de majorité, ainsi que les jeunes délinquants, condamnés à une peine d’emprisonnement par les juridictions des comtés de Cornouailles, du Devon et du Somerset occidental.
L’établissement pénitentiaire met à disposition des personnes incarcérées des postes de travail au sein de divers ateliers : la cuisine, la gestion des déchets, la cantine et l’entretien des locaux. Parallèlement, il dispense des formations diplômantes dans les domaines de l’instruction fondamentale, de l’informatique, des activités physiques et des métiers spécialisés, lesquelles sont conçues en concordance avec les exigences du bassin d’emploi local. En août 2013, l’inspection scolaire britannique (Ofsted) a octroyé à l’institution la notation suprême de « 2 » pour son dispositif de formation et de perfectionnement professionnel. L’établissement poursuit depuis lors l’amélioration continue de la qualité de ses services voués à la prévention de la récidive.
En mai 2018, le chef de l'Inspection Peter Clarke instaura un protocole de crise à la prison d'Exeter, la qualifiant d'« incontestablement déplorable » en raison d'une dégradation marquée des conditions. Une inspection conduite ce même mois avait mis en évidence une prévalence élevée d'automutilations et six suicides, conjugués à un accroissement notable des agressions envers le personnel comme entre détenus, ainsi qu'une consommation endémique de stupéfiants. Clarke formula un constat sévère : « L'examen a révélé de multiples cas de négligence envers les détenus vulnérables qui, au regard des événements tragiques récents, attestaient d'une méconnaissance des facteurs précipitant le suicide et l'automutilation. » Il souligna que la sûreté de l'établissement s'était « considérablement détériorée sous de nombreux rapports » depuis la précédente inspection d'août 2016. Les agressions entre détenus avaient crû de 107 %, et celles visant le personnel de 60 %. L'inspecteur releva une « fétidité » persistante de drogue dans certains quartiers et que nombre de détenus étaient « ostensiblement sous l'emprise de psychotropes ». L'état des lieux était préoccupant : de nombreuses cellules présentaient des fenêtres brisées, des sanitaires et lavabos fuyards, et des cloisons d'aisances insuffisamment occultantes. Deborah Coles, directrice de l'organisation INQUEST, contesta l'explication par un simple défaut d'effectifs. Pour elle, « le fait que des manquements graves à la sécurité soient perpétuellement méconnus relève d'une indifférence institutionnelle et condamnable envers le sort des détenus. En toute autre circonstance, un tel établissement serait voué à la clôture. »
Détenus notables
[modifier | modifier le code]- Charlie Hutchison - Antifasciste britannique noir, a purgé une peine de 3 mois pour avoir volé des vêtements de l'armée en 1940, libéré plus tôt[10].
- John Babbacombe Lee - meurtrier condamné, puis gracié.
- Emmeline Pankhurst - détenue là en 1913 après une arrestation pour activité suffragette[1].
Voir aussi
[modifier | modifier le code]- Assise noire d'Exeter 1586
- Meurtre de Kate Bushell – un meurtre non résolu très médiatisé survenu à Exeter en 1997, qui aurait été commis par un récidiviste.
Références
[modifier | modifier le code]- Pole, Sir William (d.1635), Collections Towards a Description of the County of Devon, Sir John-William de la Pole (ed.), London, 1791, p.163
- Risdon, Tristram (d.1640), Survey of Devon, 1811 edition, London, 1811, with 1810 Additions, p.50; Pole, p.163
- ↑ Cassell's Latin Dictionary
- ↑ Swete, p.142
- ↑ Pole, p.163
- ↑ Risdon, p.51
- ↑ Swete, Rev. John, Illustrated Journals of, published as Travels in Georgian Devon, The Illustrated Journals of the Reverend John Swete, 1789–1800, Gray, Todd & Rowe, Margery (Eds.),4 vols.
- ↑ « Parliamentary Archives, catalogue entry. HL/PO/PU/1/1787/27G3n99 1787 »
- ↑ (en) « Gateway to Devon County Prison », sur historicengland.org.uk (consulté le )
- ↑ « Charlie Hutchison: Oxfordshire's Black-British anti-fascist legend », Museum of Oxford, (consulté le )
Liens externes
[modifier | modifier le code]- Histoire de la prison d'Exeter (source : theprison.org.uk)
- Pages du ministère de la Justice sur Exeter
- Rapports de l'Inspection des prisons de Sa Majesté concernant la prison d'Exeter