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Pro Sestio

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Le Pro Sestio est une plaidoirie de Cicéron prononcé en en défense de Publius Sestius, accusé de violence publique.

L"affaire se déroule dans les vives tensions qui agitent la République romaine. Publius Sestius apparait durant le consulat de Cicéron en et participe à la répression armée des partisans de Catilina. Après l'exil de Cicéron provoqué par le démagogue Clodius Pulcher, les factions conservatrices (optimates), soutenues par les groupes armés de Milon, et populistes (populares) menés par Clodius par s'opposent de plus en plus violemment sur la scène politique et dans la rue. Publius Sestius, élu tribun de la plèbe pour l'année , va rencontrer Jules César dans ses quartiers d'hiver en Gaule cisalpine. Il obtient qu'il cesse de soutenir Clodius et ne s'oppose pas au retour de Cicéron à Rome. Lors des affrontements armés entre les bandes de Clodius et celles de Milon, Sestius est blessé devant le temple de Castor[1]. Finalement, Pompée organise un vote massif de rappel d'exil de Cicéron, auquel les groupes de Clodius ne peuvent s'opposer[2].

Dans son discours au Sénat prononcé en , Cicéron remercie ses soutiens, dont Sestius qui a risqué sa vie pour lui dans les affrontements[3]. Il repète ses remerciements à Milon et Sestius dans le discours suivant qu'il prononce devant le peuple[4],[5].

Clodius attaque sur le terrain judiciaire : début , il accuse Milon de violence puis Sestius le 10 février pour violence et brigue électorale[1].

Le procès se tient les 13 et [1]. La défense de Sestius est assurée par quatre orateurs illustres : Hortensius, Crassus, Licinius Calvus et Cicéron. Hortensius traite le fond de l'affaire, Crassus et Calvus se chargent de répondre à des points précis de l'accusation, Cicéron parle en dernier[6]. En préliminaire du procès, Cicéron attaque un témoin à charge produit par les accusateurs, Publius Vatinius, dans un discours d'une grande violence In Vatinium testem[7].

Cicéron fait un discours politique, pour attaquer les soutiens de Clodius et vanter sa propre activité. Les trois quarts de son exposé ne concernent pas directement Sestius[8].

Tout en feignant de croire qu'il s'git d'une calomnie diffusée par Clodius, Cicéron accuse les triumvirs César, Pompée et Crassus d'avoir par l'intermédiaire des consuls de l'année Aulus Gabinius et Pison, favorisé les débordements de Clodius[9].

Le procès se conclut par l'acquittement à l'unanimité de Sestius[10],[11].

Références

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  1. a b et c Grimal 1986, p. 217.
  2. Grimal 1986, p. 204-205.
  3. Cicéron, Discours au sénat après son retour, VIII lire en ligne.
  4. Cicéron, Discours au peuple après son retour, VI lire en ligne.
  5. Grimal 1986, p. 210.
  6. Schuwey 1992, p. 6.
  7. Grimal 1986, p. 219.
  8. Achard 1993, p. 17.
  9. Grimal 1986, p. 218.
  10. Cicéron, Ad Quintum, II, 4.
  11. Achard 1993, p. 18 et 23.
  • (la + fr) Cicéron (trad. M. Cabaret-Dupaty), Oeuvres complètes de Cicéron : pour Sextius, t. IX, Paris, Classiques Garnier,, 1919 (?) (lire en ligne).
  • (la + fr) Cicéron (trad. Nisard), Oeuvres complètes de Cicéron : Discours pour P. Sextius, t. III, Paris, J. J. Dubochet, Le Chevalier et comp,, (lire en ligne).
  • (la + fr) Cicéron (trad. Jean Cousin), Discours. Tome XIV : Pour Sestius - Contre Vatinius, Les Belles Lettres, , 426 p. (ISBN 9782251010663).

Bibliographie

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  • Guy Achard, « Le Pro Sestio : un programme conservateur révolutionnaire à l'usage de la jeunesse ? », Vita Latina, no 129,‎ , p. 17-25 (lire en ligne).
  • Pierre Grimal, Cicéron, Fayard, (ISBN 978-2213017860).
  • Yves Roman, Cicéron, Fayard, , 430 p. (ISBN 978-2-213-70522-4).
  • Pierre Schuwey, « Les Gracques dans le Pro Sestio de Cicéron », Vita Latina, no 128,‎ , p. 6-14 (lire en ligne).
  • Alfons Weische, « Philosophie grecque et politique romaine dans la partie finale du Pro Sestio », Bulletin de l'Association Guillaume Budé : Lettres d'humanité, no 29,‎ , p. 483-488 (lire en ligne).