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Puy

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Puy de Sancy.
Puy de Vichatel.
Puy de la Vache.

Le terme puy (prononcé [pɥi]) est notamment un appellatif toponymique qui désigne, dans le sud de la France principalement, un lieu élevé, un sommet montagneux, et par extension un village perché.

Étymologie

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Il s'agit en général de la forme toponymique francisée standard, commune des variantes phonétiques locales, désignant un « lieu élevé, hauteur au sommet plus ou moins arrondi »[1], dans l’aire dialectale de l’occitan[2] ou Langue d’oc ; mots occitans francisés correspondants : puech, pech, puch, etc. ou puey, pouy, etc. L'ancien français avait en effet puy, pui « colline, hauteur », mot conservé et en partie remotivé par la popularité des massifs montagneux du Massif central[3]. Ils remontent tous au latin vulgaire pòdiu[4] [pɔdju] (latin classique pŏdĭum [podjum]) au sens oronymique tardif de « petite éminence », dérivé du sens du mot classique « mur très épais formant autour de l'arène de l'amphithéâtre une plate-forme dotée de sièges »[3].

Le latin classique pŏdĭum a été réemprunté à l'époque moderne par le français avec une acception plus proche de son sens originel en architecture (XVIe siècle) et dans la mode, le sport et le spectacle (XXe siècle).

Le terme puy

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Dans le Massif central, les puys sont des sommets d'origine volcanique, parfois réduits à des cheminées ou necks. Puys célèbres :

Autres sommets non volcaniques :

  • le puy de Sarran, le puy Pendu (Corrèze) ;
  • le puy Saint-Georges (Tarn) ;
  • le puy de Gaudy (Creuse) ;
  • le puy Saint-Ambroise (Allier) ;
  • le puy Gris (Savoie) ;
  • le puy de la Gagère (Drôme) ;
  • le puy des Auberts (Hautes-Alpes) ;
  • le puy des Agneaux (Hautes-Alpes) ;
  • le puy Rivarol (Hautes-Alpes) ;
  • le puy de la Chaumette (Hautes-Alpes) ;
  • le puy des Baumes (Hautes-Alpes) ;
  • le puy de Méollion (Hautes-Alpes) ;
  • le puy des Pourroys (Hautes-Alpes) ;
  • le puy de Manse (Hautes-Alpes) ;
  • le puy de la Sèche (Hautes-Alpes) ;
  • le puy du Pas Roubinous (Alpes-de-Haute-Provence) ;
  • le puy de Rent (Alpes-de-Haute-Provence) ;
  • le puy Bricon (Vaucluse) ;
  • le puy de Tourrettes (Alpes-Maritimes).

Termes parents

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De nombreux termes sous leur forme francisée, sont considérés comme termes parents » de « puy » en raison de leur identité étymologique et sémantique, dans le domaine occitan, catalan et corse (cf. oronymes, toponymes et patronymes listés dans cet article).

Le dictionnaire provençal/français Lou Tresor dóu Felibrige (littéralement Le Trésor du Félibrige), du XIXe siècle, de Frédéric Mistral, centré sur la langue provençale et en graphie mistralienne, regroupe l'intégralité des langues d'oc. En entrée commune PUE...PUOCH, sont citées une série de formes occitanes parentes, issues du latin pŏdĭum et correspondant au terme français PUY, définis comme « ondulation de terrain, sommet, éminence, colline isolée, renflement ou appendice d'une chaîne de montagne, contrefort qui s'en détache », suivies de leur emploi comme nom de lieu et de personne. PUE, PUECH (alpin, rouergat), PIUE, PIÈ (rhodanien), PIUEI, PIÈI (languedocien), PUEI,PEI (limousin), POUEI (alpin, béarnais), POUI (gascon), POUET (dauphinois), POUED, PÈT (gascon), PÈ, PÈCH (Quercy, rouergat), PIÈCH, PIÒ, PIOCH (languedocien). Suit une série d'entrées PUE- listant toponymes et oronymes.

La forme occitane francisée pech pourrait cependant dériver du *pic-/*pec- prélatin et non de podium[7].

En occitan : Collet du Puèi, Pech-Montat, Puech de Montgrand, Pueg Gerjant, etc.

En catalan : Puigpedrós ou Puig de Campcardós, Puigmal, El Puig, etc.

Si le terme « puy » est employé comme forme francisée standard pour nombre de toponymes officiels, d’autres termes parents synonymes ont été conservés sous la forme francisée de l’appellation locale.

Les ouvrages de toponymie de plusieurs auteurs linguistes, Albert Dauzat et Charles Rostaing, Ernest Nègre, Patrice Poujade, Michel Grosclaude et Jean-François Le Nail, ainsi que les travaux notamment de l’Institut d’études occitanes et du Congrès permanent de la langue occitane, constituent une documentation à ce sujet[9],[10],[6],[11],[12],[13].

À l’écrit (actes notariés, cartulaires, etc.), le latin demeuré en usage au Moyen Âge désigne par le terme podium, les formes populaires dérivées développées après la chute de la désinence latine ‘-um’ (apocope) ; mutations phonétiques dialectales, affectant la voyelle centrale (diphtongue ou non) et la consonne finale (articulation variable, ou amuïssement, ou vocalisation [j]).

Une présentation de séries de communes concernées (groupes toponymiques régionaux) figure en boîtes déroulantes ci-dessous :

Les patronymes occitans Delpech, Delpuech, Dupé, gascon Dupouy, etc. signifient tous « du puy » et correspondent à Dumont dans la langue d'oïl. Les formes sans article Puech, Puig, Pouey, Pouet, Pey, Poy sont moins fréquentes. Parmi les diminutifs et dérivés figurent Puget, Pujol, Poujade, Puyol. Dupuy représente le plus souvent la francisation de ces patronymes occitans, mais Dupuis (variante Dupuit, Dupuits) signifie généralement « du puits »[14].

Quelques noms de villages composés de Puy- et d'un nom d'homme ont pu devenir noms de familles : Puybaraud, Puylaurent[14].

Notes et références

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  1. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieu en France, Paris, Librairie Guénégaud, (ISBN 2-85023-076-6), p. 521b sous Pech.
  2. « La langue se divise en trois grandes aires dialectales : le nord-occitan (limousin, auvergnat, vivaro-alpin), l’occitan moyen, qui est le plus proche de la langue médiévale (languedocien et provençal au sens restreint), et le gascon (à l’ouest de la Garonne). »

    — Article « occitan » dans le Larousse

  3. a et b Étymologie de « puy », site du CNRTL.
  4. En latin vulgaire, l’accent de hauteur du latin classique devient un accent tonique et la voyelle change de timbre, le ŏ bref tonique devient un « o » ouvert [ɔ]
  5. a b c d et e Congrès permanent de la lenga occitana, « Topòc », base toponymique référentielle dicodoc.eu (consulté le 21 septembre 2025)
  6. a b c d e et f Patrice Poujade et Centre de ressources occitanes et méridionales, Répertoire toponymique des communes de la région Midi-Pyrénées, Loubatières, 2009, 136 p. (ISBN 978-2-86266-573-3)
  7. G. R. Wipf, Noms de lieux des pays franco-provençaux,  éd. des imprimeries réunies de Chambéry, , p. 76.
  8. Forme toscane, généralement reprise à l'identique dans les toponymes officiels.
  9. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France : 2e éd. revue et complétée, Paris, Librairie Guénégaud, 1979, XII-738-XXIII, 24 cm (ISBN 2-85023-076-6), (BNF 34621655)
  10. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, Librairie Droz, 1907-2000, 708 p. (ISBN 2600028838)
  11. Bénédicte et Jean-Jacques Fénié, Toponymie provençale, Éditions Sud-Ouest, coll. « Sud Ouest Université », 2002, 128 p.
  12. Michel Grosclaude et Jean-François Le Nail, Dictionnaire toponymique des communes des Hautes-Pyrénées intégrant les travaux de Jacques Boisgontier, Tarbes, Conseil général des Hautes-Pyrénées, (ISBN 978-2-9514810-1-5)
  13. « dicodòc - dictionnaire occitan de référence », sur dicodoc.eu (consulté le )
  14. a et b Jacques Cellard, Trésors des noms de familles, Belin, , p. 230.

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Articles connexes

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Liens externes

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