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Pyramide d'Athribis

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Pyramide d'Athribis
Pyramides d'Égypte
Type
Base
20 mètres ?
Inclinaison
50° ?
Coordonnées
Carte

La pyramide d'Athribis est une pyramide provinciale construite en terre crue autrefois située à Athribis, dans le delta du Nil en Égypte. Cette pyramide, avant sa disparition sous la ville moderne de Banha, était la plus septentrionale des pyramides d'Égypte.

Histoire des fouilles

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Les ruines d'Athribis (la pyramide se situe près du centre)
Description de l'Égypte

La structure fut décrite scientifiquement pour la première fois lors de l'expédition napoléonienne en Égypte (1798-1801). Cependant, aucune étude approfondie ne fut menée ; seules une gravure sur cuivre de la pyramide et une carte du site archéologique d'Athribis furent réalisées et publiées pour la première fois en 1822 dans la Description de l'Égypte. À cette époque, Banha était un village situé au sud-ouest du site. La structure est désignée comme une pyramide de briques sur la gravure sur cuivre[1]. Après cette première documentation, la pyramide tomba dans l'oubli pendant longtemps.

En 1938, la pyramide fut redécouverte par une équipe de l'Université de Liverpool dirigée par Alan Rowe. À ce moment-là, la superstructure avait été presque entièrement démantelée. Rowe n'eut pas le temps de mener des investigations plus détaillées ; son rapport est extrêmement bref et ne contient aucune information supplémentaire par rapport à celle fournie par l'expédition française[2].

En 1993, l'égyptologue polonais Andrzej Ćwiek tenta une nouvelle fois de localiser la pyramide. À cette époque, Athribis était presque entièrement recouverte par la ville moderne de Banha, la pyramide avait été entièrement démolie et son emplacement d'origine ne pouvait plus être déterminé avec précision. Selon Ćwiek, le tétrapyle romain, qui figurait juste à côté sur la carte de 1822, se trouve sous le stade de la ville[3].

Description

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La pyramide semble être une pyramide à faces lisses et a été construite en briques crues. Les dimensions exactes de la pyramide n'ont jamais été déterminées ; elles ne peuvent donc être qu'estimées à partir des informations contenues dans la Description de l'Égypte. Se basant sur l'échelle de la carte, Ćwiek suppose une longueur de côté d'environ vingt mètres. Il estime l'angle d'inclinaison à moins de 50°[3].

Âge et fonction

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En raison du manque de données, l'âge et la fonction de la pyramide ne peuvent faire l'objet que de conjectures. L'égyptologue Nabil Swelim[4],[5] et l'ancien directeur de l'Institut archéologique allemand (DAI) du Caire, Rainer Stadelmann[6],[7], la classent parmi un ensemble de sept petites pyramides à degrés construites durant l'Ancien Empire, à la fin de la IIIe ou au début de la IVe dynastie. Stadelmann considère ces édifices comme des résidences royales, comparables à un système palatial médiéval, tandis que Swelim leur attribue une fonction religieuse.

Cependant, aucun des deux chercheurs ne fournit d'explication détaillée quant à l'interprétation de la pyramide d'Athribis. La longueur de sa base présumée correspond à celle des sept autres pyramides, mais des différences notables existent : premièrement, la gravure sur cuivre figurant dans la Description de l'Égypte représente une pyramide véritable, et non une pyramide à degrés ; deuxièmement, les autres structures sont en pierre, tandis que celle-ci est en brique. Ćwiek a émis des réserves particulières quant aux interprétations de Swelim et de Stadelmann, notamment sur ce dernier point. Il juge improbable que des structures en briques de l'Ancien Empire aient été aussi bien conservées au début du XIXe siècle. Selon lui, il est plus probable que la pyramide date de la XIIIe dynastie, voire de la Basse Époque[3].

Notes et références

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  1. Jomard 1823, Pl. 27.
  2. Rowe 1938, p. 524.
  3. a b et c Ćwiek 1998, p. 41–42.
  4. Swelim 1983, p. 100.
  5. Swelim 1992, p. 553.
  6. Stadelmann 1997, p. 79.
  7. Stadelmann 1982, p. 1205.

Biliographie

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  • (de) Jan Bock, « Die kleinen Stufenpyramiden des frühen Alten Reiches », Sokar, no 12 (1),‎ , p. 20–29 ;
  • (en) Andrzej Ćwiek, « Date and Function of the so-called Minor Step Pyramids », Göttinger Miszellen, no 162,‎ , p. 39–52 (lire en ligne) ;
  • Edme François Jomard, Description de l'Egypte ou Recueil des observations et des recherches qui ont ete faites en Egypte pendant l'expedition de l'armee française. Antiquités. Tome cinquième, Paris, Imprimerie Royale, , 2e éd. (lire en ligne) ;
  • Alan Rowe, « Short Report on Excavations of the Institute of Archaeology, Liverpool, at Athribis (Tell Atrib) », Annales du service des antiquités de l'Égypte, Le Caire, no 38,‎ , p. 523-532 (lire en ligne) ;
  • (de) Rainer Stadelmann, Die ägyptischen Pyramiden. Vom Ziegelbau zum Weltwunder, Mayence, Philipp von Zabern, coll. « Kulturgeschichte der Antiken Welt » (no 30), , 3e éd. (ISBN 3-8053-1142-7) ;
  • (de) Rainer Stadelmann, « Pyramiden, AR », dans Lexikon der Ägyptologie, vol. 4, Wiesbaden, Harrassowitz,  ;
  • (en) Nabil Swelim, Some Problems on the History of the Third Dynasty, Alexandria, Publications of The Archaeological Society of Alexandria, coll. « Archaeological and Historical Studies » (no 7),  ;
  • (en) Nabil Swelim, « Rollsiegel, Pierre de taille and an Update on a King and Monument List of the Third Dynasty », Studia Aegyptiaca, no 14,‎ , p. 541-554.

Articles connexes

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