Roy Cohn
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Cimetière Union Field (en) |
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Université Columbia École Horace Mann (en) Columbia Law School Ethical Culture Fieldston School (en) |
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Albert C. Cohn (en) |
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Roy Marcus Cohn ( – ), est un avocat et procureur américain.
Il est procureur lors des procès de Julius et Ethel Rosenberg (–) et conseiller juridique en chef du sénateur Joseph McCarthy pendant les auditions Armée–McCarthy en . Cohn participe aux enquêtes de McCarthy visant des personnes soupçonnées d’être communistes.
Au cours des années et , il devient à New York une figure influente du milieu juridique et politique en tant que « fixeur »[1],[2]. Il représente et mentore notamment Donald Trump au début de sa carrière professionnelle[3].
Né dans le Bronx à New York, Roy Cohn est formé à la Columbia University. Il se fait remarquer comme procureur du U.S. Department of Justice lors du procès pour espionnage de Julius et Ethel Rosenberg, qu’il contribue à faire condamner à mort en . Après son rôle de procureur et de conseiller juridique principal pendant les auditions McCarthy, sa réputation se dégrade progressivement entre la fin des années et la fin des années , période durant laquelle il s’installe à New York comme avocat privé. Il y représente de nombreux clients, parmi lesquels des promoteurs immobiliers, des opérateurs politiques, des membres du clergé catholique et des figures du crime organisé.
En , Roy Cohn est radié du barreau par l’Appellate Division de la Cour suprême de l’État de New York pour manquement à l’éthique, après avoir tenté de contraindre un client mourant à signer un avenant testamentaire lui léguant sa fortune[4]. Il meurt cinq semaines plus tard de complications liées au sida, après avoir nié avec véhémence être séropositif au VIH[5].
Roy Cohn a fait l’objet de nombreuses représentations médiatiques avant et après sa mort.
Biographie
[modifier | modifier le code]Jeunesse et formation
[modifier | modifier le code]Il naît dans une famille juive aisée du Bronx, à New York, Cohn est l’unique enfant de Dora (née Marcus)[6] et du juge Albert C. Cohn (en)[7],[8],[9]. Son grand-oncle maternel est Joshua Lionel Cowen (en), fondateur et principal propriétaire de la Lionel Corporation, entreprise spécialisée dans les trains miniatures[10]. Une intervention chirurgicale pédiatrique ratée visant à modifier l’apparence de son nez lui laisse une cicatrice visible[11].
Cohn entretient une relation très étroite avec sa mère : ils vivent ensemble jusqu’à la mort de celle-ci en 1967, et elle se montre constamment attentive à ses résultats scolaires, à son apparence et à ses relations[12]. Lorsque son père insiste pour qu’il soit envoyé dans une colonie de vacances, sa mère loue une maison à proximité du camp, sa présence pesant sur l’expérience de son fils. Dans ses relations personnelles, Cohn fait preuve d’une tendresse absente de son personnage public, tout en se montrant vaniteux et profondément insecure[pas clair][12].
Son grand-père maternel, Joseph S. Marcus, fonde la Bank of United States en 1913. La banque fait faillite en 1931 durant la Grande Dépression, et son président de l’époque, Bernie Marcus — oncle de Cohn — est condamné pour fraude. Incarcéré à la prison de Sing Sing, il reçoit fréquemment la visite du jeune Cohn[13].
Après avoir fréquenté l’école Fieldston et la Horace Mann School, puis suivi des études à l’université Columbia en 1946, Cohn obtient son diplôme de la Columbia Law School à l’âge de 20 ans[14],[15],[16].
Débuts de carrière
[modifier | modifier le code]Après l’obtention de son diplôme en droit, Cohn travaille pendant deux ans comme clerc auprès du procureur fédéral du district sud de New York. En , à l’âge de 21 ans, il remplit les conditions nécessaires pour être admis au barreau de l’État de New York[17]. Il devient assistant du procureur fédéral (assistant U.S. attorney) plus tard le même mois[18],[19]. La même année, Cohn devient également membre du conseil d’administration de l’American Jewish League Against Communism[20].
En tant qu’assistant du procureur fédéral, Cohn contribue à l’obtention de condamnations dans plusieurs procès très médiatisés visant des personnes accusées d’être des agents soviétiques infiltrés. L’un des premiers débute en avec les poursuites engagées contre William Remington, ancien employé du département du Commerce et membre du War Production Board, inculpé pour espionnage à la suite de la défection de l’ancienne agente de liaison du KGB Elizabeth Bentley[21]. Faute de preuves suffisantes pour obtenir une condamnation pour espionnage, Remington est néanmoins reconnu coupable de parjure lors de deux procès distincts, après avoir nié sous serment à deux reprises son appartenance de longue date au Communist Party USA[21].
Alors qu’il travaille au sein du bureau d’Irving H. Saypol pour le district sud de New York, Cohn participe également à l’accusation de onze dirigeants du Parti communiste américain, poursuivis pour avoir prôné le renversement violent du gouvernement fédéral des États-Unis en vertu du Smith Act[22].
Procès Rosenberg
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Cohn joue un rôle important lors du procès pour espionnage de 1951 visant Julius et Ethel Rosenberg. Son interrogatoire principal de David Greenglass, frère d’Ethel Rosenberg, aboutit à un témoignage central dans la condamnation du couple et leur exécution ultérieure. Greenglass affirme avoir aidé les activités d’espionnage de son beau-frère en servant de courrier pour des documents classifiés dérobés au Projet Manhattan par Klaus Fuchs.
Par la suite, Greenglass modifie sa version des faits et déclare avoir commis un parjure lors du procès afin de « se protéger lui-même et sa femme, Ruth », ajoutant qu’il aurait été encouragé par l’accusation à le faire[23]. Cohn se dit néanmoins toujours fier du verdict Rosenberg et affirme avoir joué un rôle bien plus important que celui reconnu publiquement. Dans son autobiographie, il soutient que son influence personnelle aurait conduit à la désignation du procureur principal Irving H. Saypol et du juge Irving Kaufman dans l’affaire, et que la peine de mort aurait été prononcée sur sa recommandation directe[24]. Cohn nie toutefois avoir participé à des discussions illégales ex parte[25],[26].
Le consensus parmi les historiens est que Julius Rosenberg était coupable d’avoir été un agent de renseignement de grande valeur pour le NKVD contre les États-Unis, mais que son procès a été entaché de manquements de l’accusation — principalement imputés à Cohn — et que les Rosenberg n’auraient pas dû être exécutés[27],[28]. Résumant cette position, le professeur de la Harvard Law School Alan Dershowitz écrit que les Rosenberg étaient « coupables — et piégés »[29].
Travail avec Joseph McCarthy
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Le procès Rosenberg attire l’attention du directeur du Federal Bureau of Investigation (FBI), J. Edgar Hoover, sur le jeune Cohn, alors âgé de 24 ans. Avec le soutien de Hoover et du cardinal Spellman, le chroniqueur de la presse Hearst George Sokolsky convainc Joseph McCarthy d’engager Cohn comme conseiller juridique en chef, en le préférant à Robert F. Kennedy[30],[31]. Cohn assiste McCarthy dans ses travaux au sein de la sous-commission permanente d’enquête du Sénat des États-Unis, se faisant connaître par ses interrogatoires agressifs de personnes soupçonnées de communisme. Il privilégie les auditions non publiques, en accord avec la préférence de McCarthy pour les « sessions exécutives » et les réunions « off the record », tenues hors du Capitole afin de limiter l’attention médiatique et d’interroger les témoins avec une grande latitude[32]. McCarthy ne participe directement qu’aux séances les plus médiatisées, laissant à Cohn une grande liberté dans la conduite des enquêtes[33].
Cohn joue un rôle majeur dans les auditions anticommunistes de McCarthy[34]. Durant la « Lavender Scare », Cohn et McCarthy affirment que des services de renseignement du Bloc de l'Est font chanter des employés du gouvernement fédéral américain afin de les contraindre à l’espionnage en menaçant de révéler leur homosexualité dissimulée[34]. En réaction, le président Dwight D. Eisenhower signe le le décret exécutif 10450, interdisant l’emploi de personnes homosexuelles au sein du gouvernement fédéral, considérées comme un risque pour la sécurité nationale. Selon David L. Marcus, cousin de Cohn, de nombreux fonctionnaires fédéraux de Washington, D.C., dénoncés comme homosexuels par Cohn et McCarthy, se seraient suicidés. Avec le temps, il devient largement connu que Cohn est lui-même homosexuel, bien qu’il l’ait toujours nié[35]. McCarthy et Cohn sont responsables du licenciement de nombreux hommes homosexuels de la fonction publique et font taire leurs opposants en utilisant des rumeurs concernant leur orientation sexuelle[36]. L’ancien sénateur américain Alan K. Simpson écrit à ce sujet que, si la « Red Scare » a retenu l’attention de la plupart des historiens, une composante moins connue — et ayant causé bien davantage de souffrances — fut la chasse aux homosexuels menée par McCarthy et d’autres[37].

Sokolsky présente à Cohn l’activiste anticommuniste G. David Schine, que ce dernier invite à rejoindre l’équipe de McCarthy comme consultant bénévole[31]. Lorsque Schine est incorporé dans l’armée des États-Unis en 1953, Cohn entreprend d’importantes démarches pour lui obtenir un traitement de faveur, allant jusqu’à menacer de « détruire l’armée » si ses exigences ne sont pas satisfaites[38]. Ce conflit, conjugué aux accusations de McCarthy selon lesquelles des communistes seraient présents au département de la Défense, conduit aux Audiences Army-McCarthy de 1954. L’armée accuse alors Cohn et McCarthy d’avoir exercé des pressions inappropriées en faveur de Schine, tandis que McCarthy et Cohn répliquent que l’armée retient Schine « en otage » afin d’entraver leurs enquêtes sur le communisme au sein de l’armée. Les audiences contribuent finalement à la censure de McCarthy par le Sénat plus tard dans l’année. Après sa démission de l’équipe de McCarthy, Cohn retourne à New York et entame une carrière d’avocat en pratique privée[39].
Carrière juridique à New York
[modifier | modifier le code]Après avoir quitté l’équipe de McCarthy, Cohn mène pendant près de trente ans une carrière d’avocat à New York. Parmi ses clients figurent notamment Donald Trump[40], le propriétaire des New York Yankees George Steinbrenner[41], Aristote Onassis[42], ainsi que plusieurs figures de la Mafia américaine, dont Tony Salerno, Carmine Galante, John Gotti[43] et Mario Gigante. Il représente également les propriétaires du Studio 54, Steve Rubell et Ian Schrager, l’archidiocèse catholique romain de New York, le financier et philanthrope texan Shearn Moody Jr.[44], ainsi que l’homme d’affaires Richard Dupont.
Ce dernier, alors âgé de 48 ans, est reconnu coupable de harcèlement aggravé et de tentative de vol qualifié pour avoir tenté de contraindre Cohn à poursuivre sa représentation dans le cadre d’une revendication frauduleuse de propriété portant sur le 644 Greenwich Street, à Manhattan, immeuble dont Dupont avait été expulsé en [45].
Parmi les autres clients de Cohn figure l’ancien professeur de la Harvard Law School Alan Dershowitz, qui le décrit comme « l’archétype du fixer »[pas clair][46].
Inculpations
[modifier | modifier le code]Dans les années 1960, Robert Morgenthau, alors procureur fédéral du district sud de New York, fait inculper Cohn à trois reprises en l’espace de six ans pour diverses accusations. Cohn est acquitté dans l’ensemble de ces affaires[9].
En , Cohn et l’avocat Murray Gottesman sont inculpés pour parjure et entrave à la justice, les autorités leur reprochant d’avoir fait obstruction à une enquête fédérale portant sur des accusations selon lesquelles Samuel S. Garfield et d’autres personnes auraient escroqué la société United Dye and Chemical Corporation de cinq millions de dollars[47],[48]. Le , Cohn et Gottesman sont acquittés de l’ensemble des chefs d’accusation[49].
En , Cohn est de nouveau inculpé, cette fois pour complot, extorsion et chantage. Selon l’acte d’accusation, il aurait fait chanter certains actionnaires de la société Fifth Avenue Coach Lines afin de les contraindre à vendre leurs actions, ce qui aurait permis à la société B.S.F. Company de prendre le contrôle des lignes d’autobus exploitées par Fifth Avenue Coach Lines[50]. Le juge Inzer Bass Wyatt rejette ultérieurement le chef d’accusation de chantage visant Cohn[51]. Cohn est finalement acquitté[52].
Activités politiques
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En 1979, Cohn devient membre de la Western Goals Foundation et siège à son conseil d’administration aux côtés du physicien Edward Teller[53]. Bien qu’inscrit comme démocrate, Cohn soutient la plupart des présidents du Parti républicain de son époque, ainsi que de nombreux responsables républicains à New York[9]. Il entretient des liens étroits avec les milieux de l’américanisme conservateur, agissant comme conseiller officieux de Richard Nixon et de Ronald Reagan[54]. Parallèlement, il noue des relations étroites avec des responsables démocrates, notamment le maire de New York Ed Koch[53], l’ancien chef politique new-yorkais Carmine DeSapio[55], ainsi que le « boss » démocrate de Brooklyn Meade Esposito[56].
En 1972, il aide Nixon à discréditer la candidature de Thomas Eagleton, colistier de George McGovern, en divulguant à la presse des informations médicales révélant qu’Eagleton avait été traité pour dépression[57],[58].
Durant les débats relatifs à l’adoption de la première loi new-yorkaise sur les droits des personnes homosexuelles, Cohn s’aligne sur la position de l’archidiocèse de New York et affirme que les « enseignants homosexuels constituent une grave menace pour nos enfants »[59],[60],[61].
Association avec Ronald Reagan
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Cohn participe à la campagne présidentielle de Ronald Reagan en 1980, période durant laquelle il se lie d’amitié avec Roger Stone[62]. Il aide Stone à favoriser l’obtention par John B. Anderson de l’investiture du Parti libéral de New York, stratégie visant à diviser l’opposition à Reagan dans l’État. Stone relate que Cohn lui remet une valise qu’il dépose, sans l’ouvrir, dans le bureau d’un avocat influent auprès du Parti libéral. Lors de l’élection de 1980 à New York, Reagan l’emporte avec 46 % des voix, contre 44 % pour Carter, Anderson recueillant plus de 7 % des suffrages. S’exprimant après l’expiration du délai de prescription pour corruption, Stone déclare : « J’ai payé son cabinet. Des honoraires juridiques. Je ne sais pas ce qu’il a fait de l’argent, mais quoi qu’il ait fait, le Parti libéral est parvenu à la bonne conclusion par principe »[63].
Client de Cohn, Rupert Murdoch bénéficie de pressions répétées exercées par celui-ci auprès du président Reagan afin de servir ses intérêts. Cohn est également crédité d’avoir présenté Murdoch à Donald Trump au milieu des années 1970, marquant le début d’une relation durable entre les deux hommes[64].
Le , Cohn est honoré lors d’un dîner officiel organisé à New York par la B’nai B’rith Banking and Finance Lodge et la Division des obligations de l’État d’Israël, au Grand Hyatt Hotel[65]. L’événement vise à souligner son engagement public en faveur d’Israël, notamment son soutien politique et financier au programme des obligations israéliennes[65]. Le dîner réunit de nombreuses personnalités du monde politique, financier et médiatique américain, incluant Rupert Murdoch, Donald J. Trump, George M. Steinbrenner III, et Alan C. Greenberg[65].
Représentation de Donald Trump
[modifier | modifier le code]En 1971, Donald Trump entreprend ses premiers grands projets immobiliers à Manhattan[66]. En 1973, le ministère de la Justice des États-Unis l’accuse de violations du Fair Housing Act concernant 39 de ses propriétés[67]. Les autorités affirment que la Trump Organization proposait des conditions de location différentes et déclarait faussement l’absence de logements vacants à des candidats noirs à Brooklyn, dans le Queens et à Staten Island[68]. Représentant Trump, Cohn dépose une contre-plainte de 100 millions de dollars contre le gouvernement, qualifiant les accusations d’« irresponsables et infondées »[69]. Cette contre-plainte échoue[70]. Trump règle l’affaire à l’amiable en 1975, affirmant être satisfait que l’accord n’oblige pas son entreprise à accepter des bénéficiaires de l’aide sociale comme locataires s’ils ne sont pas qualifiés comme les autres candidats[67]. La Trump Organization doit transmettre tous les quinze jours la liste de ses logements vacants à la New York Urban League et accorder à celle-ci une priorité pour certains emplacements[68]. En 1978, la Trump Organization est de nouveau poursuivie pour violation des termes de l’accord de 1975 ; Cohn qualifie alors les nouvelles accusations de « simple recyclage de plaintes de quelques mécontents instrumentalisés »[70],[71].
Tout en représentant Trump, Cohn est également l’avocat du mafieux Anthony Salerno, qui, avec d’autres chefs de la pègre, contrôle les syndicats du béton à New York. Cohn aurait présenté Salerno à Trump, ce qui aurait ultérieurement permis à ce dernier de bénéficier de fournitures de béton à prix réduit pour la construction de la Trump Tower[72].
Dans son ouvrage de 1987 The Art of the Deal, Trump évoque « tous ces centaines de types “respectables” qui ont bâti leur carrière en se vantant de leur intégrité inflexible, mais qui n’ont absolument aucune loyauté […]. Ce que j’aimais le plus chez Roy Cohn, c’est qu’il faisait exactement l’inverse »[73].
Trains Lionel
[modifier | modifier le code]Cohn est le petit-neveu de Joshua Lionel Cowen, fondateur de la société de trains miniatures Lionel. En 1959, Cowen et son fils Lawrence sont impliqués dans un conflit familial portant sur le contrôle de l’entreprise. En , Cohn et un groupe d’investisseurs interviennent et prennent le contrôle de Lionel après avoir acquis environ 200 000 des 700 000 actions de la société. Ces actions sont achetées par le syndicat dirigé par Cohn auprès des Cowen ainsi que sur le marché libre au cours des trois mois précédant la prise de contrôle[74].
Durant les trois ans et demi où Cohn dirige l’entreprise, Lionel est confrontée à une baisse des ventes, à des problèmes de contrôle de la qualité et à de lourdes pertes financières. En 1963, Cohn est contraint de quitter la société après avoir perdu une lutte par procuration au sein du conseil d’administration[75].
Radiation du barreau et décès
[modifier | modifier le code]En 1986, une formation de cinq juges de la division d’appel de la Cour suprême de l’État de New York prononce la radiation du barreau de Cohn pour conduite contraire à l’éthique et non professionnelle, notamment pour détournement de fonds de clients, mensonges lors d’une demande d’admission au barreau et falsification d’un testament. Cette dernière accusation découle d’un incident survenu en 1975, lorsque Cohn entra dans la chambre d’hôpital de Lewis Rosenstiel, alors mourant et inconscient, lui plaça de force un stylo dans la main et la guida vers un document le désignant, avec Cathy Frank, petite-fille de Rosenstiel, comme exécuteurs testamentaires. Les marques ainsi produites furent jugées par le tribunal comme indéchiffrables et ne constituant en aucun cas une signature valable[4]. Malgré cette radiation, de nombreuses personnalités témoignèrent en sa faveur, dont Barbara Walters, l’animateur de Firing Line (en) William F. Buckley Jr. et Donald Trump[76].
En 1984, Cohn est diagnostiqué porteur du sida et tente de garder sa maladie secrète tout en recevant des traitements expérimentaux[77]. Il participe à des essais cliniques portant sur la zidovudine (AZT), un médicament initialement synthétisé pour traiter le cancer puis développé comme premier traitement antirétroviral contre le VIH. Jusqu’à la fin, il affirme toutefois être atteint d’un cancer du foie[78]. Il meurt le dans un hôpital du campus des National Institutes of Health à Bethesda, des suites de complications liées au sida, à l’âge de 59 ans[5].
Après sa mort, l’Internal Revenue Service (IRS) saisit la quasi-totalité de ses biens, notamment sa maison, ses voitures, ses comptes bancaires et d’autres avoirs personnels[79]. Selon Roger Stone, l’« objectif absolu » de Cohn était de mourir totalement ruiné et redevable de millions de dollars à l’IRS, ce qu’il aurait effectivement accompli[80]. Parmi les rares objets non saisis figure une paire de boutons de manchette en diamant Bulgari contrefaits, offerts par son client et ami Donald Trump[81].
Cohn est enterré au Union Field Cemetery dans le Queens, à New York. Sa pierre tombale le décrit comme un avocat et un patriote[9],[82]. Son panneau du AIDS Memorial Quilt est blanc et porte l’inscription « Roy Cohn. Bully. Coward. Victim », avec « Roy Cohn » en noir, « victim » en bleu, « bully » en rouge et « coward » en jaune[83].
Vie privée
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Cohn fréquente Barbara Walters durant ses études et reste ami avec elle[55]. S. I. Newhouse, héritier de l’empire d’édition Condé Nast, est son camarade à la Horace Mann School et ils demeurent amis toute leur vie. Cohn décrit Generoso Pope comme un « second père »[84]. Cohn échange des cadeaux de Noël avec le directeur du FBI J. Edgar Hoover[55] et fréquente des réceptions avec leur ami commun Lewis Rosenstiel, fondateur de la société de spiritueux Schenley Industries[85]. Cohn présente Donald Trump comme son meilleur ami : il déclare à des journalistes que Trump l’appelle 15 à 20 fois par jour[13] et, selon Christine Seymour, son opératrice de standard, Trump est la dernière personne à lui parler au téléphone avant sa mort en 1986[86].
Cohn dispose de nombreux contacts influents[87]. Selon Seymour, il échange fréquemment par téléphone avec Nancy Reagan et l’ancien directeur de la CIA William Casey l’aurait appelé « presque quotidiennement » durant la première campagne présidentielle de Reagan[86]. Casey et Cohn auraient également été proches de Craig J. Spence, lobbyiste républicain influent[88]. Cohn est aussi ami avec le stratège républicain Roger Stone, avec lequel il collabore durant la campagne de Reagan, et aurait organisé une fête d’anniversaire pour Stone[89]. Il rencontre Alan Dershowitz lors de l’affaire Claus von Bülow et loue son soutien à Israël[86]. Cohn est également ami avec Estée Lauder[9], William F. Buckley Jr.[90] et le maire de New York Abraham Beame[55],[91].
Sexualité
[modifier | modifier le code]Lorsque Cohn recrute G. David Schine comme principal consultant auprès de l’équipe de McCarthy, des spéculations apparaissent quant à l’existence d’une relation sexuelle entre Schine et Cohn[92],[93]. Le chauffeur de Schine propose ultérieurement de témoigner avoir vu les deux hommes se livrer à des actes sexuels à l’arrière de sa limousine[94], bien qu’aucune preuve ne démontre que Schine ait éprouvé des sentiments amoureux pour Cohn. Durant cette période, Schine fréquente l’actrice Piper Laurie[95], puis épouse Hillevi Rombin, ancienne Miss Univers, avec laquelle il a six enfants[96],[97]. Lors des audiences Army–McCarthy, Cohn nie avoir un « intérêt particulier » pour Schine ou un lien avec lui « plus étroit que celui d’un ami ordinaire »[93]. L’avocat de l’armée, Joseph Welch, fait alors une remarque interprétée comme une allusion à l’homosexualité de Cohn, en définissant le terme « pixie » comme « un proche parent d’une fairy » (fairy étant un terme péjoratif désignant un homme homosexuel)[93].
Cohn s’entoure également d’hommes plus âgés et puissants qui, en retour, lui apportent un soutien. Parmi eux figure possiblement le cardinal Francis Spellman, dont l’homosexualité alléguée a fait l’objet de controverses au sein de l’Église catholique[92]. Bien que Cohn nie publiquement être homosexuel, plusieurs relations masculines lui sont attribuées, notamment avec son assistant Russell Eldridge, mort du sida en 1984, et avec Peter Fraser, son compagnon durant les deux dernières années de sa vie, plus jeune de 30 ans[92],[98]. Les spéculations sur sa sexualité s’intensifient après sa mort du sida en 1986[9]. Dans un article de 2008, Jeffrey Toobin rapporte des propos attribués à Roger Stone sur la manière dont Cohn se décrivait et se distinguait des homosexuels qu’il jugeait « faibles »[99].
Allégations de chantage sexuel
[modifier | modifier le code]D’anciens clients de Cohn, dont Bill Bonanno, fils de Joseph Bonanno, affirment qu’il aurait détenu des photographies compromettantes concernant l’ancien directeur du FBI J. Edgar Hoover. Selon Bonanno, Hoover aurait craint d’être soumis à un chantage en raison de l’existence de ces images[100],[101]. D’autres figures du crime organisé disent corroborer ces allégations[102].
Réputation
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En 1978, le journaliste Ken Auletta écrit dans un portrait de Cohn publié par Esquire :
« Il mène ses affaires comme si elles étaient les siennes. C’est la guerre. S’il estime que son adversaire a été injuste, c’est une guerre à mort. Aucun drapeau blanc. Pas de Monsieur Gentil. Les clients potentiels qui veulent tuer leur mari, torturer un associé, briser les jambes du gouvernement engagent Roy Cohn. C’est un bourreau juridique — le plus dur, le plus cruel, le plus loyal, le plus vil, et l’un des avocats les plus brillants d’Amérique »[42].
Dans une chronique du The New York Times consacrée au film de Matt Tyrnauer Where's My Roy Cohn?, Maureen Dowd écrit : « Roy Cohn comprenait la valeur politique du fait de se draper dans le drapeau[pas clair]. Il faisait de bons articles. Il savait manipuler la presse et dicter les récits aux tabloïds new-yorkais. Il s’entourait de femmes magnifiques. Il y avait toujours quelque chose de néfaste en cours. Il ressemblait à un animal en cage qui vous attaquait dès que la porte s’ouvrait »[103].
Plusieurs observateurs affirment que Cohn a exercé une influence considérable sur la première présidence de Donald Trump. Ivy Meeropol, réalisatrice du documentaire Bully, Coward, Victim: The Story of Roy Cohn, déclare : « Cohn a véritablement préparé le terrain pour Trump ; il l’a mis en relation avec les bonnes personnes, lui a présenté Paul Manafort et Roger Stone — les gens qui l’ont aidé à accéder à la Maison-Blanche »[104],[105].
Dans un article de Vanity Fair consacré au rôle de mentor joué par Cohn auprès de Trump, la journaliste Marie Brenner écrit : « Cohn — doté d’un intellect aigu, contrairement à Trump — pouvait tenir un jury sous son charme. Lorsqu’il fut inculpé pour corruption, en 1969, son avocat fut victime d’une crise cardiaque vers la fin du procès. Cohn prit alors la parole et prononça une plaidoirie finale de sept heures, sans jamais consulter une seule note… Lorsqu’il parlait, il vous fixait d’un regard hypnotique. Ses yeux étaient d’un bleu très pâle, d’autant plus frappant qu’ils semblaient ressortir de chaque côté de sa tête. Si l’interprétation d’Al Pacino de Cohn (dans l’adaptation télévisée de 2003 par Mike Nichols de la pièce Angels in America de Tony Kushner) a su restituer son intensité, elle n’a pas rendu son désir enfantin d’être aimé »[13].
Représentations médiatiques
[modifier | modifier le code]Théâtre
[modifier | modifier le code]Cohn inspire plusieurs représentations fictionnelles après sa mort. La plus connue est probablement celle figurant dans la pièce de Tony Kushner Angels in America (1991), qui le dépeint comme un hypocrite avide de pouvoir vivant son homosexualité de manière dissimulée, hanté par le fantôme de Ethel Rosenberg, tandis qu’il nie mourir du VIH/sida. Dans la production originale à Broadway, le rôle est interprété par Ron Leibman ; dans la mini-série Angels in America de HBO en 2003, Cohn est incarné par Al Pacino ; et dans la reprise Off-Broadway de 2010 par la Signature Theatre Company à Manhattan, le rôle est repris par Frank Wood[106]. Nathan Lane incarne Cohn dans la production du Royal National Theatre en 2017, puis dans la reprise à Broadway en 2018[107],[108].
Cohn est également un personnage de la pièce en un acte de Kushner G. David Schine in Hell (1996). Au début des années 1990, il est l’un des deux sujets du spectacle solo Roy Cohn/Jack Smith de Ron Vawter, dont la partie consacrée à Cohn est écrite par Gary Indiana[109].
Cinéma, musique et télévision
[modifier | modifier le code]Cohn est incarné à de nombreuses reprises au cinéma et à la télévision. Les principales représentations audiovisuelles comprennent notamment :
| Année | Acteur | Œuvre | Support | Référence |
|---|---|---|---|---|
| 1977 | George Wyner | Tail Gunner Joe | Téléfilm NBC | [110] |
| 1985 | Joe Pantoliano | Robert Kennedy and His Times | Mini-série CBS | [111] |
| 1992 | James Woods | Citizen Cohn | Téléfilm HBO | [112] |
| 2003 | Al Pacino | Angels in America | Mini-série HBO | [113] |
| 2023 | Will Brill | Fellow Travelers | Mini-série Showtime | [114] |
| 2024 | Jeremy Strong | The Apprentice | Film | [115] |
Cohn est également le sujet de deux documentaires sortis en 2019 : Bully, Coward, Victim: The Story of Roy Cohn, réalisé par Ivy Meeropol[116], et Where's My Roy Cohn? de Matt Tyrnauer[117].
David Moreland interprète Cohn dans l’épisode « Travelers » de The X-Files (1998). Le personnage de Roland Blum, incarné par Michael Sheen dans The Good Fight, est un avocat malhonnête inspiré de Cohn. Cohn et les Rosenberg sont également cités dans la chanson de Billy Joel We Didn't Start the Fire[118].
Le film The Apprentice (2024) est un film biographique indépendant qui examine la carrière de Donald Trump comme promoteur immobilier à New York dans les années 1970 et 1980, en mettant en scène sa relation avec Roy Cohn, présenté comme son avocat et mentor. Le film reçoit deux nominations aux Academy Awards, dont une pour l’interprétation de Cohn par Jeremy Strong[119],[120].
Publications
[modifier | modifier le code]- Roy Cohn, Only a Miracle Can Save America from the Red Conspiracy, Wanderer Printing Co.,
- Roy Cohn, McCarthy, New American Library, (ISBN 978-1125326596)
- Roy Cohn, A Fool for a Client: My Struggle Against the Power of a Public Prosecutor, Dell Publishing, (ISBN 978-0-440-02667-9)
- Roy Cohn, McCarthy: The Answer to 'Tail Gunner Joe', Manor Books, (ISBN 978-0-532-22106-7)
- Roy Cohn, How to Stand Up for Your Rights and Win!, Devin-Adair Publishers, (ISBN 978-0-8159-5723-2)
- Roy Cohn, 'Outlaws of Amerika' The Weather Underground, Western Goals,
- Roy Cohn, Roy Cohn on Divorce: Words to the Wise and Not So Wise, Random House, (ISBN 978-0-394-54383-3)
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ (en) A.O. Scott, « Where's My Roy Cohn? Review: A Fixer's Progress », sur The New York Times, (consulté le )
- ↑ (en) Stephen Schaefer, « Documentary spotlights infamous fixer 'Roy Cohn' », The Boston Herald, (consulté le )
- ↑ (en) Michelle Dean, « A mentor in shamelessness: the man who taught Trump the power of publicity », The Guardian, London, (consulté le )
- « Cohn Ko'D » [archive du ], Time Magazine, (consulté le )
- (en) Joan Mower, « Roy Cohn, Ex-Aide to Joseph McCarthy, Dead at 59 » [archive du ], sur Associated Press News, (consulté le )
- ↑ (en) « Mrs. Albert C. Cohn Dies. Roy Cohn's Mother, 74 » [archive du ], sur nytimes.com, The New York Times, (consulté le )
- ↑ « Roy Cohn, Aide to McCarthy and Fiery Lawyer, Dies at 59 », sur archive.nytimes.com (consulté le )
- ↑ (en) « Albert Cohn », sur Historical Society of the New York Courts (consulté le )
- (en) Albin Krebs, « Roy Cohn, Aide to McCarthy and Fiery Lawyer, Dies at 59 », sur nytimes.com, The New York Times, (consulté le )
- ↑ (en) « Joshua Lionel Cowen », sur Jewish Virtual Library (consulté le )
- ↑ (en) « 'Deny, deflect, delay': Jeremy Strong channels Trump's mentor in 'The Apprentice' », sur NPR, (consulté le )
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Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Sidney Zion, The autobiography of Roy Cohn, Lyle Stuart Inc, 1988 (ISBN 0-8184-0471-X)
- Eric Hobsbawm, « Epitaph for a Villain: Roy Cohn », in Uncommon People, Resistance, Rebellion and Jazz, Abacus, 1999
- Philippe Corbé, Roy Cohn. L'avocat du diable, Grasset, 2020
- Vertigo L'invité : « Philippe Corbé, Roy Cohn. Lʹavocat du diable », rts.ch, 29 septembre 2020, par Pierre Philippe Cadert et Anne-Laure Gannac.
Liens externes
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- Ressource relative à l'audiovisuel :
- Notice dans un dictionnaire ou une encyclopédie généraliste :
- Interview de 1951
- Discussion avec Gore Vidal (1977)
- Portrait dans 60 Minutes (1979)
- (en) « Roy Cohn », sur Find a Grave