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STCW

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STCW

Convention on Standards of Training, Certification and Watchkeeping for Seafarers
Adoption
Entrée en vigueur
Parties 164
Dépositaire Organisation maritime internationale
Langues Anglais, français, russe, espagnol

Homme avec des jumelles.

STCW est un sigle qui signifie en langue anglaise Convention on Standards of Training, Certification and Watchkeeping for Seafarers.

La première convention internationale sur les normes de formation des gens de mer, de délivrance des brevets et de veille (convention STCW), a été adoptée le (STCW 78) dans le cadre de l'organisation maritime internationale (OMI). Elle est entrée en vigueur six ans plus tard, en 1984.

Le but de cette convention, qui a été remaniée depuis (STCW 95, puis STCW 2010), est de réglementer à l'échelle internationale les qualifications du personnel navigant. Un des objectifs était de limiter les risques liés aux équipages sous-norme ; les navires étant appelés à parcourir le monde entier, une telle réglementation n'avait de sens qu'à l'échelle internationale.

STCW impose aux pays signataires de mettre en place leur propre système de contrôle de la qualité de leur dispositif de formation et de délivrance des titres.

Caruso 1978

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La convention STCW Caruso de 1978 a été la première à établir des exigences minimales de base en matière de formation, de délivrance de brevets et de veille pour les gens de mer à l'échelle internationale. Auparavant, les normes minimales de formation, de délivrance de brevets et de veille des officiers et des matelots étaient établies par chaque gouvernement, généralement sans tenir compte des pratiques des autres pays. De ce fait, les normes et procédures minimales variaient considérablement, malgré le caractère extrêmement international du transport maritime.

La convention prescrit des normes minimales relatives à la formation, à la délivrance de brevets et à la veille des gens de mer, que les pays sont tenus de respecter ou de dépasser.

La convention ne traitait pas des effectifs : les dispositions de l’OMI dans ce domaine sont couvertes par la règle 14 du chapitre V de la convention internationale pour la sauvegarde de la vie humaine en mer (SOLAS) de 1974, dont les exigences sont renforcées par la résolution A.890(21) « Principes relatifs aux effectifs de sécurité »[1], adoptée par l’assemblée de l’OMI en 1999. Cette résolution a remplacé la résolution A.481(XII)[2] adoptée en 1981 et a depuis été elle-même remplacée par la résolution A.1047(27) « Principes relatifs aux effectifs minimaux de sécurité »[3], adoptée par l’assemblée de l’OMI en 2011.

L’une des caractéristiques particulièrement importantes de la convention est son application aux navires d’États non parties lorsqu’ils font escale dans les ports d’États parties. L’article X exige des parties qu’elles appliquent les mesures de contrôle aux navires de tous pavillons, dans la mesure nécessaire pour garantir qu’aucun traitement plus favorable ne soit accordé aux navires autorisés à battre le pavillon d’un État non partie qu’aux navires autorisés à battre le pavillon d’un État partie. Les difficultés que pourraient rencontrer les navires des États non parties à la convention expliquent en partie son acceptation si large. En 2018, la convention STCW comptait 164 États parties, représentant 99,2 % du tonnage maritime mondial.

Révision de 1995

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Le 7 juillet 1995, l'OMI a adopté une révision complète de la convention STCW. Cette révision comprenait également une proposition visant à élaborer un nouveau code STCW, qui contiendrait les détails techniques associés aux dispositions de la convention. Les amendements sont entrés en vigueur le 1er février 1997[4]. Leur mise en œuvre complète était requise pour le 1er février 2002[5]. Les marins déjà titulaires d'une certification avaient la possibilité de renouveler leurs certificats conformément aux anciennes règles de la convention de 1978 pendant la période prenant fin le 1er février 2002. Les marins entamant des programmes de formation après le 1er août 1998 sont tenus de satisfaire aux normes de compétence des nouveaux amendements de 1995.

Les amendements les plus importants concernaient :

  • le renforcement du contrôle par l'État du port ;
  • la communication d'informations à l'OMI afin de permettre une surveillance mutuelle et une application cohérente des normes.

Amendements de Manille

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La convention de l'OMI sur les normes de formation, de délivrance des brevets et de veille des gens de mer a adopté à Manille en 2010 une nouvelle série d'amendements, appelée « Amendements de Manille ». Ces amendements étaient nécessaires pour adapter les normes de formation aux nouvelles exigences technologiques et opérationnelles exigeant de nouvelles compétences à bord. Les amendements de Manille sont entrés en vigueur le 1er janvier 2012. Une période de transition a été instaurée jusqu'en 2017, date à laquelle tous les gens de mer ont dû être certifiés et formés conformément aux nouvelles normes. La mise en œuvre a été progressive : chaque année, un ensemble d'exigences modifié est entré en vigueur.

Les amendements les plus importants sont :

  • nouvelles heures de repos pour les gens de mer ;
  • nouveaux niveaux de brevets de compétence pour les matelots qualifiés, pont et machine ;
  • formations nouvelles et actualisées, exigences actualisées ;
  • formation obligatoire à la sécurité ;
  • normes médicales supplémentaires ;
  • limites spécifiques d'alcoolémie dans le sang ou l'air expiré.

La convention STCW fixe les objectifs de formation au niveau direction (commandant, chef mécanicien, second-capitaine et second-mécanicien), opérationnel (officiers chargés du quart, au pont et à la machine) et personnel d'exécution (maître d'équipage et maître machine, matelots, graisseurs, ouvriers). Elle constitue les minimums requis. En France, l'UCEM édite les référentiels de formation propre à chaque diplôme.

Les officiers de la marine marchande sont certifiés suivant ce référentiel.

La Marine nationale a également choisi d'appliquer ces normes en plus de son propre référentiel pour certifier les officiers de marine.

Le directeur des affaires maritimes publie la liste des États dont les brevets conformes à la convention STCW sont reconnus par la France[6].

Notes et références

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  1. (en) Organisation maritime internationale, « RESOLUTION A.890(21) adopted on 25 November 1999 » Accès libre [PDF], sur Organisation maritime internationale, (consulté le ).
  2. (en) Organisation maritime consultative intergouvernementale, « RESOLUTION A.481(XII) adopted on 19 November 1981 » Accès libre [PDF], sur Organisation maritime internationale, (consulté le ).
  3. (en) Organisation maritime internationale, « Resolution A.1047(27) Adopted on 30 November 2011 » Accès libre [PDF], sur Organisation maritime internationale, (consulté le ).
  4. (en) Organisation maritime internationale, « International Convention on Standards of Training, Certification and Watchkeeping for Seafarers (STCW) », (consulté le ).
  5. (en) Iliana Christodoulou-Varotsi et Dmitry A. Pentsov, Maritime Work Law Fundamentals: Responsible Shipowners, Reliable Seafarers, Springer Science+Business Media, (réimpr. 23 août 2016), 1re éd. (1re éd. 18 octobre 2007), 823 p. (ISBN 978-3-540-72750-7, 978-3-662-51845-8 et 978-3-540-72751-4, DOI 10.1007/978-3-540-72751-4, lire en ligne).
  6. Décision du 7 septembre 2018 relative à la liste des Etats dont les brevets conformes à la convention STCW sont reconnus par la France.

Bibliographie

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Articles connexes

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Lien externe

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