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Samidoun

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Samidoun
Histoire
Fondation
Cadre
Siège
Pays
Organisation
Fondateur
Khaled Barakat (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Classée comme terroriste par

2021 Drapeau d'Israël Israël

2023 Drapeau de l'Allemagne Allemagne

2024 Drapeau du Canada Canada

2024 Drapeau des États-Unis États-Unis
Organisation mère
Site web

Samidoun, officiellement Samidoun: Palestinian Prisoner Solidarity Network, est une association internationale de soutien aux prisonniers palestiniens d’Israël. Elle est fondée en 2011 et se constitue en organisme fédéral à but non lucratif en 2021 à Vancouver.

Elle est interdite en Israël, qui l'accuse de liens avec le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP). Depuis le début de la guerre de Gaza en 2023, elle est également interdite en Allemagne ainsi qu'au Canada et fait l'objet de restrictions aux États-Unis, en Belgique et aux Pays-Bas. Samidoun se défend de faire la promotion du terrorisme ou de l'antisémitisme. Elle revendique le « droit de résistance » du peuple palestinien face à la colonisation israélienne et récuse tout lien avec le Hamas, même si elle ne le reconnaît pas comme une organisation terroriste. Elle considère l'État d'Israël comme une « puissance coloniale »[1].

Histoire et principales figures

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Basé à Vancouver, en Colombie-Britannique, Samidoun est fondé en 2011 en soutien à la grève de la faim dans les prisons israéliennes organisée par des détenus membres du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP). Samidoun se constitue organisme fédéral sans but lucratif au Canada en 2021[2].

L'organisation est dirigée par Charlotte Kates, Dave Diewert et Thomas Gerhard Hofland. Kates, native du New Jersey et diplômée de l'Université Rutgers, est mariée au fondateur de Samidoun, Khaled Barakat. Barakat, né à Jerusalem, est considéré comme un leader du FPLP par le gouvernement américain. Il est expulsé des États-Unis en 2003 à l'expiration de son visa.

Charlotte Kates est arrêtée en avril 2024 pour avoir publiquement chanté « Long live 7 octobre » et déclaré que le Hamas et le Hezbollah « ne se livrent pas au terrorisme » mais « s'engagent dans une lutte de libération nationale »[3]. En mai 2025, le gouvernement fédéral canadien indique que la procédure pour crimes haineux était toujours examinée[4]. En août 2024, Charlotte Kates se rend en Iran pour accepter le prix islamique des droits de l'homme et de la dignité humaine[5].

Financement

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Fondée en 1998, l'Alliance pour la Justice Mondiale permet à Samidoun de bénéficier de son statut d'organisme de bienfaisance pour mener ses activités et collecter des fonds aux États-Unis sans obtenir sa propre accréditation[6].

Depuis 2019, diverses plateformes financières, dont American Express, PayPal, Donorbox, Plaid et Discover, cessent de traiter le financement de Samidoun et de l'AFGJ, argant de leurs craintes de relations avec une « activité terroriste ». En février 2023, l'AFGJ annonce que la société gérant ses transactions par carte de crédit bloquait sa capacité à traiter les dons en raison d'allégations selon lesquelles Samidoun était impliqué dans des activités terroristes[7],[8],[9].

Sanctions internationales

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Plusieurs États alliés d’Israël ont interdit l'association ou lui ont imposé des restrictions depuis le début de la guerre de Gaza en 2023. Des groupes pro-israéliens d'Amérique du Nord et d'Europe font pression depuis des années pour que Samidoun soit inscrit sur la liste des groupes « terroristes »[10].

Inscription comme entité terroriste au Canada et en Israël

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Samidoun est répertorié comme un groupe terroriste par Israël depuis 2021 et par le Canada depuis le 15 octobre 2024.

En 2021, le Ministère israélien de la défense désigne l'association comme organisation terroriste, sur recommandation du Shin Bet et du Bureau national contre le financement du terrorisme[7],[11]. Le décret considère que, quoique son objectif officiel soit d'aider à obtenir la libération des prisonniers palestiniens, l'organisation agit pour le compte du FPLP à l'étranger[11]. Le décret affirme également que Khaled Barakat est membre de la direction du FPLP à l'étranger[11].

Le 7 octobre 2024, une manifestation est organisée à Vancouver pour le premier anniversaire des attaques du Hamas en Israël. Une oratrice affirme «Nous sommes le Hesbollah et nous sommes le Hamas». Elle appelle également à la «mort» d'Israël, des Etats-Unis et du Canada[12]. Samidoun confirme les propos tenus et apporte son soutien à l'oratrice, indiquant qu'elle reflétait bien l'objectif de l'organisation de «détruire l'état colonialiste et capitaliste du Canada»[13]. Le 15 octobre 2024, dans le cadre d'une action conjointe, le gouvernement du Canada déclare Samidoun entité terroriste, tandis que le ministère américain du Trésor sanctionne Samidoun en l'inscrivant sur la liste Specially Designated Nationals and Blocked Persons List[14],[15],[16],[17].

En 2024, le ministre canadien de la Sécurité publique, des Institutions démocratiques et des Affaires intergouvernementales inscrit Samidoun sur la liste des organisations terroristes, considérant que « Samidoun entretient des liens étroits avec le Front populaire pour la libération de la Palestine (FPLP), un groupe inscrit sur la liste des entités terroristes au Canada, aux États-Unis et dans l’Union européenne, et défend ses intérêts »[18].

Sanctions pour financement du terrorisme aux États-Unis

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Conjointement avec le Canada, le département américain du Trésor inscrit Samidoun sur la Specially Designated Nationals and Blocked Persons List[17]. Samidoun est décrit comme un « simulacre d'organisation caritative qui sert de collecte de fonds internationale pour l'organisation terroriste du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) »[19].

Par ailleurs, en octobre 2024, le Comité des voies et moyens de la Chambre des représentants recommande au Procureur général de l'Arizona de révoquer le statut d'exemption fiscal de l'AFGP soupçonnée avec d'autres associations d' « alimenter l'antisémitisme et/ou d'avoir des liens présumés avec des organisations terroristes étrangères »[20],[21],[22].

Dissolution en Allemagne

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En novembre 2023, l'organisation est interdite par le ministère fédéral allemand[23]. Samidoun Allemagne, qui opère également sous les noms de HIRAK – Mouvement de mobilisation de la jeunesse palestinienne (Allemagne) et Hirak e.V. est accusée par le gouvernement de « diffuser une propagande anti-israélienne et antisémite »[24],[25],[26],[27].

Procédures en Belgique, aux Pays-bas et en Grêce

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Le 1er octobre 2024, la Chambre des représentants des Pays-Bas adopte, par 100 voix contre 50, une motion recommandant que Samidoun soit désigné comme une organisation terroriste[28],[29]. Le coordinateur européen de Samidoun, Mohammed Khatib, est interdit d'entrée aux Pays-Bas en octobre 2024 alors qu'il devait prendre la parole à l'Université Nimègue[30],[27].

En juillet 2025, le Premier ministre belge Bart De Wever présente un projet de loi visant à dissoudre « les organisations ou groupements extrémistes qui menacent la sécurité nationale ou l’État de droit », y compris les Frères musulmans et Samidoun, affirmant qu'ils « glorifient les groupes terroristes et leurs atrocités »[31],[32],[33],[34]. Le 6 août 2025, le Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides révoque le statut de réfugié à Mohammed Khatib, répertorié comme "prédicateur de haine" par l'OCAM[32],[33]. En février 2026, Mohamed Khatib est arrêté en Grêce pour des raisons de « sécurité nationale » et risque un renvoi en Belgique[35].

En Belgique, les associations de défense des libertés individuelles se sont mobilisées contre le projet de loi du gouvernement, estimant que celui-ci constituait une atteinte disproportionnée aux libertés démocratiques[36]. Pour Henri Goldman, de l’Union des progressistes juifs de Belgique, « pénalement, il n’y a rien contre elle. En quoi est-ce plus grave de ne pas dénoncer les attaques du 7-Octobre que de ne pas dénoncer le génocide en cours [36]? »

En France, le Collectif Palestine Vaincra est affilié au Samidoun et fait transiter ses dons par l'organisation[37],[38],[39]. En mars 2022, le gouvernement dissous le collectif en Conseil des ministres. Cette dissolution est suspendue en référé par le Conseil d'État en avril 2022[40]. Cependant, suivant les conclusions du rapporteur public, le Conseil d'État confirme dans son jugement au fond la légalité de la dissolution[40],[41],[42].

Le 20 octobre 2024, Adel Ayad, porte-parole français de Samidoun, intervient en compagnie de Thomas Portes, député LFI, lors d'une réunion de soutien à Élias d'Imzalène, poursuivi devant le Tribunal judiciaire pour avoir appelé à l'intifada dans les rues de Paris[43].

Le 5 mars 2025, la Préfecture de police de Paris interdit une marche nocturne féministe prévue le 7 mars, invoquant les appels à rejoindre la manifestation de Samidoun et d'Urgence Palestine[44],[45].

Dans l'Union Européenne

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En 2019, Khaled Barakat et Charlotte Kates sont interdits d'entrée sur le territoire européen pour une durée de 5 ans[46].

Notes et références

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  1. « L'organisation Samidoun prête à contester par tous les moyens démocratiques la loi qui la vise », sur La Libre.be, (consulté le )
  2. (en) Bob Mackin, « Jewish association wants Vancouver pro-Palestine group banned », sur Vancouver Is Awesome, (consulté le )
  3. (en) ason Proctor, « Comments at pro-Palestinian demonstration lead to hate crime investigation » [html], sur CBC News, (consulté le )
  4. (en-US) « Still no decision on hate charges for B.C. woman 1 year after praising Hamas attack - BC | Globalnews.ca », sur Global News (consulté le )
  5. (en) Kraig Krause, « Vancouver activist appears on Iranian TV months after rally arrest », sur CTVNews, (consulté le )
  6. (en-US) Andrew Kerr, « Soros-Backed Dark Money Giant Bankrolled the Fiscal Sponsor of US-Designated Terror Financier Samidoun, Tax Forms Show », (consulté le )
  7. a et b (en) « Who's behind the pro-Palestinian protests that are disrupting Biden's campaign events and blocking city streets? », sur NBC News, (consulté le )
  8. (en-US) Michael Arria, « Human rights org loses fundraising platform », sur Mondoweiss, (consulté le )
  9. (en) « Canada lists Samidoun as a terrorist entity | The Jerusalem Post », sur The Jerusalem Post | JPost.com, (consulté le )
  10. (en) Al Jazeera Staff, « US and Canada impose sanctions, blacklist pro-Palestinian group Samidoun », sur Al Jazeera (consulté le )
  11. a b et c (en) « Israel designates PFLP international branch as a terrorist organization | The Jerusalem Post », sur The Jerusalem Post | JPost.com, (consulté le )
  12. (en-US) « Vancouver Police probe Oct. 7 rally where ‘death to Canada’ cry went up | Globalnews.ca », sur Global News (consulté le )
  13. (en) Tristin Hopper, « Samidoun doubles down, says 'death to Canada' an accurate summation of its goals » Accès libre, sur National Post, (consulté le )
  14. Public Safety Canada, « Government of Canada lists Samidoun as a terrorist entity », sur www.canada.ca, (consulté le )
  15. (en) « United States and Canada Target Key International Fundraiser for Foreign Terrorist Organization PFLP », sur U.S. Department of the Treasury, (consulté le )
  16. (en) « US, Canada impose sanctions on Samidoun Palestinian Prisoner Solidarity Network », sur Middle East Eye (consulté le )
  17. a et b (en) « Pro-Hamas group that helped organize college protests is a 'sham charity,' Treasury says », sur NBC News, (consulté le )
  18. Service de presse du gouvernement du Canada, « Le gouvernement du Canada inscrit Samidoun sur la liste des entités terroristes », sur www.canada.ca, (consulté le )
  19. (en) Reuters, « US imposes sanctions on 'sham charity' fundraising for Popular Front for the Liberation of Palestine » Accès libre, sur Reuters, (consulté le )
  20. (en-US) David Isaac, « House committee urges six states to investigate tax-exempt orgs for terror ties », sur JNS.org, (consulté le )
  21. (en-US) Dylan Chandler, « Chairman Smith Calls for States to Investigate Nonprofits Engaged in Antisemitic and Illegal Activity, including Supporting Terrorism », sur Ways and Means, (consulté le )
  22. (en) United States House Committee on Ways and Means, « Tax-Exempt-Status-Revocation-Letters » Accès libre [PDF], sur waysandmeans.house.gov, (consulté le )
  23. Par Le Parisien Le 23 novembre 2023 à 13h23, « Allemagne : des perquisitions chez des partisans du Hamas », sur leparisien.fr, (consulté le )
  24. (de) « Vereinsverbote "HAMAS" und "Samidoun" » [archive du ], sur Bundesministerium des Innern (consulté le )
  25. (de) Christoph Kehlbach, Max Bauer, « Wie Hamas-Unterstützung in Deutschland rechtlich geahndet werden kann », sur tagesschau.de (consulté le )
  26. (de) tagesschau.de, « Faeser: Betätigungsverbot für Hamas und Samidoun in Deutschland », sur tagesschau.de (consulté le )
  27. a et b « « Mohammed Khatib légitime et glorifie la violence contre l’État d’Israël » : un militant palestinien interdit d’accès aux Pays-Bas », sur leparisien.fr, (consulté le )
  28. (en) « Netherlands to add Samidoun to list of terrorist groups | The Jerusalem Post », sur The Jerusalem Post | JPost.com, (consulté le )
  29. (nl) « Rechtsstaat en Rechtsorde », sur www.tweedekamer.nl, (consulté le )
  30. (en-US) Akiva Van Koningsveld, « Netherlands bans entry of Samidoun leader », sur JNS.org, (consulté le )
  31. « En Belgique, un responsable d’association pro-Palestine privé de titre de séjour », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  32. a et b Rédaction, « La Belgique retire le statut de réfugié à Mohammed Khatib, figure de l’organisation pro-palestinienne Samidoun » Accès libre, sur BruxellesToday, (consulté le )
  33. a et b Belga, « La Belgique retire le droit d’asile à Mohammed Khatib, coordinateur européen de Samidoun - RTBF Actus », sur RTBF (consulté le )
  34. « L'organisation pro palestinienne Samidoun prête à contester par tous les moyens démocratiques la loi qui la vise - RTBF Actus », sur RTBF (consulté le )
  35. MDV, « Le coordinateur de Samidoun arrêté en Grèce: il pourrait être renvoyé vers la Belgique », sur 7sur7.be, (consulté le )
  36. a et b « En Belgique, un responsable d’association pro-Palestine privé de titre de séjour », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  37. Paul Sugy, « Pourquoi le «Collectif Palestine Vaincra» est toujours dans le viseur de l’État », sur Le Figaro, (consulté le )
  38. (en-US) Murtaza Hussain, Ryan Grim, « The “Pro-Israel” Smear Campaign to Cancel a Global Charity », sur The Intercept, (consulté le )
  39. « Question écrite n° 37497 », sur www.assemblee-nationale.fr (consulté le )
  40. a et b « Le Conseil d’Etat valide la dissolution du Collectif Palestine vaincra », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  41. Conseil d'Etat - rapporteure publique, « N° 462981 – COLLECTIF PALESTINE VAINCRA » Accès libre [PDF], sur conseil d'état- Ariane, (consulté le )
  42. Le Conseil d'État, « La dissolution du Collectif Palestine Vaincra est légale », sur Conseil d'État, (consulté le )
  43. Nora Bussigny, Les Nouveaux Antisémites : Enquête d'une infiltrée dans les rangs de l'ultra-gauche, Paris, Albin Michel, , 272 p. (ISBN 978-2-226-49773-4), p. 194
  44. Ouest-France Avec AFP, « Paris : la préfecture interdit une marche féministe « radicale » la veille du 8 mars » Accès libre [html], sur Ouest France, (consulté le )
  45. Nora Bussigny, Les Nouveaux Antisémites : Enquête d'une infiltrée dans les rangs de l'ultra-gauche, Paris, Albin Michel, , 272 p. (ISBN 978-2-226-49773-4), p. 218
  46. « Polémique. Le collectif "Palestine vaincra", dans le viseur de l’Intérieur, invite des membres d'une organisation classée comme terroriste à un meeting », sur France 3 Occitanie, (consulté le )