Samira Bellil
| Naissance | |
|---|---|
| Décès |
(à 31 ans) 12e arrondissement de Paris |
| Sépulture |
Cimetière du Père-Lachaise, sépulture Bellil (d) |
| Nom de naissance |
Samira Karima Bellil |
| Nationalités |
française (à partir du ) algérienne |
| Activités |
Samira Bellil, née le à Sidi M'Hamed (Alger) et morte à Paris 12e le [1], est une éducatrice algérienne et française, connue pour son ouvrage Dans l'enfer des tournantes (en).
Biographie
[modifier | modifier le code]Samira Bellil est née le à Alger (Algérie)[2], fille d'une mère vendeuse et d'un père ouvrier. Elle est confiée à une famille belge jusqu'à l'âge de 5 ans, puis rejoint sa famille en Seine-Saint-Denis[2].
À treize ans, elle est séquestrée et violée par un ami du caïd de son quartier, un quartier difficile de Sarcelles dans le Val-d'Oise ; elle est à nouveau victime de viol trois ans plus tard. Elle dénonce le fait que dans les quartiers des banlieues, « une fille qui traîne, c'est une pute, donc qu'elle ne se plaigne pas s'il lui arrive des embrouilles. » Le violeur est condamné à huit ans de prison.[réf. nécessaire] Cette épreuve conduit Samira Bellil dans une errance dont elle sort grâce à une psychothérapie.
Elle acquiert la nationalité française par naturalisation le 15 novembre 1994[3].
Elle écrit le livre Dans l'enfer des tournantes (en). Paru le dans le contexte suivante le meurtre de Sohane Benziane, il connaît une très grande diffusion[2] car rompant la loi du silence sur les viols collectifs (« tournantes »)[4]. Elle évoque la tentation de vengeance et le traumatisme. Son livre dénonce également le système judiciaire français et sa difficulté à trouver une oreille qui l'écoute sans la juger et des gens en qui elle puisse avoir confiance. Son récit est dédié à ses « copines de galère pour qu'elles sachent qu'on peut s'en sortir » et rend hommage, pour son livre Merveilleux malheur, à Boris Cyrulnik, psychologue qui plaide pour la résilience.
À la suite de l'impact médiatique de son livre, elle devient, pendant quelque temps, proche du mouvement Ni putes ni soumises, espérant ainsi collecter des fonds pour aider les femmes victimes de violences sexuelles. Elle quittera le mouvement à la suite de nombreuses divergences.
Devenue éducatrice à Saint-Denis puis à Paris[5], elle affirme :
« La cité, c'est plein de gens formidables qui essaient de s'en sortir courageusement. Car tous les petits gars de chez nous ne sont pas des violeurs, loin de là. »
Elle meurt en 2004 à l'âge de 31 ans d'un cancer de l'estomac[6]. Ses obsèques ont lieu en présence d'un millier de personnes comprenant des personnalités féministes ainsi qu'Anne Hidalgo, ajointe au maire de Paris, et la ministre de la solidarité Nicole Ameline[4]. Elle est inhumée au cimetière du Père-Lachaise (19e division, deuxième ligne, Chemin du Dragon)[7], à Paris.
Hommage
[modifier | modifier le code]La ville de L'Île-Saint-Denis inaugure le une école qui porte son nom, pour défendre les droits des femmes[8].
Publication
[modifier | modifier le code]- Dans l'enfer des tournantes, 2002 (ISBN 2-207-25407-0)
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Relevé des fichiers de l'Insee
- « Disparition de Samira Bellil, auteure de "Dans l'enfer des tournantes", à 31 ans », sur lemonde.fr, (consulté le )
- ↑ JORF n° 0269 du 20 novembre 1994, p. 16438
- Anne Dalaine et Blandine Grosjean, « Un grand cortège blanc aux obsèques de Samira Bellil », sur liberation.fr, (consulté le )
- ↑ Véronique Maribon-Ferret, « Samira Bellil avait brisé le tabou des « tournantes » », sur leparisien.fr, (consulté le )
- ↑ « Samira Bellil », sur JeuneAfrique.com, (consulté le ).
- ↑ Amis et Passionnés du Père Lachaise (APPL), « BELLIL Samira (1973-2004) », sur Cimetière du Père Lachaise – APPL, (consulté le )
- ↑ Inauguration de l’école Samira Bellil le 16 avril 2005.
Liens externes
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- Ressource relative au spectacle :
- Notice dans un dictionnaire ou une encyclopédie généraliste :
- « Interview de Samira Bellil » par les Chiennes de garde
- Féministe française du XXe siècle
- Affaire de viol en France
- Violence contre les femmes en France
- Personnalité de la liste Portraits de France
- Militant pour les victimes d'abus sexuels
- Naissance en novembre 1972
- Naissance à Alger
- Décès en septembre 2004
- Décès dans le 12e arrondissement de Paris
- Décès à 31 ans
- Mort d'un cancer de l'estomac
- Mort d'un cancer en France
- Personnalité inhumée au cimetière du Père-Lachaise (division 19)
- Personnalité de Ni putes ni soumises