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Sans frapper

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Sans frapper

Réalisation Alexe Poukine
Scénario Alexe Poukine
Sociétés de production Alter Ego
Centre Vidéo de Bruxelles
Take Five
Pays de production Drapeau de la Belgique Belgique
Genre Film documentaire
Durée 85 minutes (h 25)
Sortie 2022

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

Sans frapper est un film documentaire belge réalisé par Alexe Poukine, sorti en 2022 en salle.

Le documentaire raconte l'histoire d'Ada, qui a été violée à l'âge de 19 ans par un homme dont elle était tombée amoureuse. La réalisation se fait à partir d'un texte écrit par Ada, mais son histoire est racontée par 14 personnes (12 femmes et deux hommes, comédiens, policiers, avocats, travailleurs du sexe), qui donnent également leur point de vue[1],[2],[3].

Fiche technique

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Le documentaire s'inspire du témoignage d'une spectatrice, Ada Leiris, livré à Alexe Poukine en 2013 après une projection de son précédent documentaire Dormir, dormir dans les pierres[1],[2]. Ada Leiris raconte avoir été violée trois fois en une semaine par un homme dont elle était amoureuse[2]. Alexe Poukine, qui se définit comme féministe, se dit hantée par ce récit, et se questionne sur les incohérences qu'elle y note, sur le fait qu'il ne correspond pas à l'idée qu'elle se fait d'un viol (de nuit, par un inconnu) et sur le fait que la victime ne s'est pas débattue et est même retournée chez son agresseur[2]. La réalisatrice revoit alors Ada Leiris plusieurs fois pendant deux ans, et entreprend en parallèle des recherches sur la mémoire traumatique[2]. Elle prend conscience de sa vision erronée du consentement et qu'un viol peut être commis « sans frapper »[2]. Elle se rend compte également que plusieurs de ses amies ont vécu des choses semblables à Ada[3].

Alexe Poukine s'inspire également du film Jogo de Cena, d'Eduardo Coutinho, pour la réalisation : dans ce documentaire, des actrices interprètent les témoignages de femmes de divers âges et conditions[1].

Sortie et accueil critique

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Sans frapper est acheté et programmé par Arte, avant de trouver un distributeur cinéma[1]. La sortie en salle a lieu le en France[4].

La réalisatrice indique que lors des projections, des femmes viennent pleurer dans les bras de la réalisatrice, tandis que les réactions des hommes se divisent entre déni et remise en question[3].

Télérama décrit le documentaire comme « audacieux »[1] tandis que Le Monde parle d'un film subtil à la forme originale[2]. France-Info souligne « un film fort et éclairant, qui, au-delà de la question du viol, interroge sur la sexualité, le désir, la capacité de chacun à dire son propre désir et à entendre celui de l'autre »[4].

Distinctions

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  • Festival Cinéma du Réel (Paris) – Prix Ciné+ et Mention spéciale du prix des bibliothèques
  • Visions du Réel, Nyon (Suisse) : Mention spéciale[5]
  • BRIFF (Belgique) : Grand Prix et Prix du Public

Notes et références

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  1. a b c d et e François Ekchajzer, « Alexe Poukine, la réalisatrice qui bouscule nos idées reçues sur le viol », sur www.telerama.fr, (consulté le )
  2. a b c d e f et g Véronique Cauhapé, « « Sans frapper » : un concert de voix pour dire le consentement », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  3. a b et c Silvia Galipeau, « Sans frapper : libérer la parole du viol », La Presse,‎ (lire en ligne, consulté le )
  4. a et b Laurence Houot, « "Sans frapper" : le nouveau film documentaire audacieux d'Alexe Poukine brise les idées reçues sur le viol », sur Franceinfo, (consulté le )
  5. Hubert Heyrendt, « Dans "Sans frapper", Alexe Poukine interroge notre perception du viol et la notion de consentement », sur La Libre.be, (consulté le )

Articles connexes

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Liens externes

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