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Sarajevo

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Sarajevo
Сарајево
Blason de Sarajevo
Héraldique
Drapeau de Sarajevo
Drapeau
Sarajevo
De haut en bas, de gauche à droite : panorama de Sarajevo, le pont latin sur le Miljacka, la fontaine Sebilj, la mosquée impériale, la cathédrale du Cœur-de-Jésus, la cathédrale de la Nativité-de-la-Mère-de-Dieu.
Administration
Pays Drapeau de la Bosnie-Herzégovine Bosnie-Herzégovine
Entité Drapeau de la Fédération de Bosnie-et-Herzégovine Fédération de Bosnie-et-Herzégovine
Canton Sarajevo
Municipalité Sarajevo
Maire
Mandat
Samir Avdić (NiP)
2025-
Code postal 71 000
Démographie
Population 348 404 hab. (est.2025[1])
Population de l'agglomération 688 437 hab.
Géographie
Coordonnées 43° 50′ 51″ nord, 18° 21′ 23″ est
Altitude 500 m
Localisation
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Sarajevo
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Sarajevo
Liens
Site web www.sarajevo.ba

Sarajevo (/sa.ʁa.je.vo/ ; en bosnien cyrillique : Сарајево, /sǎrajeʋo/ ; anciennement Bosna-Seraï ; en turc : Saraybosna) est la capitale et la plus grande ville de Bosnie-Herzégovine. Traversée par la rivière Miljacka, la ville fait partie du canton de Sarajevo, l'un des dix de Bosnie-Herzégovine.

Sarajevo est le centre politique, financier, social et culturel de la Bosnie-Herzégovine avec une influence régionale dans le divertissement, les médias, la mode et les arts[2].

En raison de sa longue histoire de diversité religieuse et culturelle, Sarajevo est parfois appelée la « Jérusalem de l'Europe ». Elle figure parmi les rares grandes villes européennes où une église catholique, une église orthodoxe, une synagogue et une mosquée se situent à proximité les unes des autres[3].

La ville est considérée comme l'une des plus importantes villes des Balkans et son histoire est particulièrement riche depuis sa création par les Ottomans en 1461. La ville a été le théâtre de l'assassinat par Gavrilo Princip de l'archiduc François-Ferdinand d'Autriche, qui marqua le début de la Première Guerre mondiale.

Plus récemment, elle accueillit les Jeux olympiques d'hiver de 1984 et fut assiégée durant la guerre de Bosnie-Herzégovine dans les années 1990 : entre 1992 et 1996, elle a subi un siège de plus de mille jours qui a fait plus de 10 000 morts. Les traces de ce conflit restent visibles dans l’espace urbain et dans la mémoire collective de ses habitants.

Selon le dernier recensement de 2013, la population totale de la ville de Sarajevo est de 275 524 habitants, tandis que la population du canton de Sarajevo est estimée à 413 593 habitants[4].

Sarajevo a subi une reconstruction après la guerre et est la ville à la croissance la plus rapide de Bosnie-Herzégovine.

En 2006, la série de guides de voyage Lonely Planet considérait Sarajevo comme la 43e meilleure ville du monde[5] et, en décembre 2009, Sarajevo figurait parmi les dix premières villes à visiter en 2010[6].

En octobre 2019, Sarajevo a été désignée ville créative de l'UNESCO pour sa capacité à placer la culture au centre de ses stratégies de développement[7] et est l'une des dix-huit villes du cinéma au monde.

Géographie

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Représentations cartographiques de la ville
Carte OpenStreetMap.
Carte topographique.

Sarajevo est situé à proximité du centre géométrique du triangle que forme la Bosnie-Herzégovine, dans les Alpes dinariques et dans la région de Bosnie. La ville s'est développée dans la vallée éponyme de Sarajevo, principalement urbanisée après la Seconde Guerre mondiale. Elle est entourée de collines densément boisées et de cinq sommets, dont les plus élevés sont le mont Treskavica qui atteint une altitude de 2 088 m, Bjelašnica (2 067 m), Jahorina (1 913 m), le mont Trebević (1 627 m) et le mont Igman (1 502 m). En moyenne, la région de Sarajevo se situe à 500 m au-dessus du niveau de la mer.

La rivière Miljacka traverse la ville d'est en ouest, avant de se jeter dans la rivière Bosna. La Miljacka, parfois appelée la « rivière de Sarajevo », prend sa source près de la ville de Pale, à quelques kilomètres à l'est de la ville. La source de la Bosna (en bosnien : Vrelo Bosne), près d'Ilidža, à l'ouest de Sarajevo, constitue un des principaux pôles d'attraction pour les Sarajéviens et les touristes. Plusieurs autres rivières ou ruisseaux traversent la ville et ses environs.

Sarajevo est située à la transition entre les influences climatiques de l’Europe centrale et celles de la mer Méditerranée. La ville connaît un climat continental modéré, caractérisé par des étés chauds et des hivers froids, avec des précipitations relativement bien réparties sur l’année.

Selon les données climatologiques pour l’année 2025, les mois les plus chauds sont juin, juillet et août, avec des températures moyennes maximales avoisinant 31 °C. Le mois le plus froid est décembre, avec une température moyenne d’environ −0,2 °C. La température moyenne annuelle s’établit à 13,0 °C. Le cumul annuel des précipitations atteint 814,5 mm, le mois de mars étant le plus arrosé avec environ 156 mm. L’ensoleillement annuel moyen est d’environ 1 751 heures[8].

La température la plus basse jamais enregistrée à Sarajevo est de −26,2 °C, mesurée le , tandis que la plus élevée a atteint 40,7 °C le .


Le tableau ci-dessous présente les moyennes mensuelles des températures minimales et maximales ainsi que des précipitations pour la période de référence 1991-2020.

Relevés météorologique de Sarajevo pour la période 1991-2020[9]
Mois Janv Fév Mars Avr Mai Juin Juil Août Sept Oct Nov Déc
Températures moyennes maximales (°C) 4,1 6,6 11,5 16,5 21,4 25,4 27,8 28,3 22,5 17,3 10,6 4,3
Températures moyennes minimales (°C) -2,9 -1,9 1,4 5,1 9,0 12,6 14,2 14,3 10,4 6,5 2,8 -1,7
Précipitations moyennes (mm) 68,3 67,3 66,7 78,1 88,7 87,8 75,1 62,9 89,3 91,4 84,9 89,0

La configuration géographique de la ville favorise les inversions thermiques, particulièrement en hiver, entraînant des épisodes de brouillard persistant et une concentration accrue de pollution atmosphérique[10].

Préhistoire et Antiquité

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Vase de la culture de Butmir.

La région de Sarajevo est occupée de manière continue depuis le Néolithique, comme l’atteste la richesse locale en silex. En 1893, lors de la construction de la faculté d’agriculture de l’université de Sarajevo, des vestiges d’un village néolithique sont découverts à Butmir, dans l’actuel faubourg d’Ilidža. Les céramiques mises au jour, caractérisées par des motifs en spirale ainsi que des représentations humaines et animales, présentent une originalité telle que les archéologues ont défini une entité culturelle spécifique, connue sous le nom de culture de Butmir[11],[12]. Des traces d’occupation datant de l’âge du bronze ont également été identifiées à Zlatište et Debelo Brdo[13]. Ces sites, complétés par d’autres découvertes effectuées le long de la rivière Miljacka et dans la vallée de Sarajevo, témoignent de la présence Illyrienne dans la région au cours de cette période. Les populations illyriennes locales appartenaient principalement à la tribu des Daesitiates, qui opposa une résistance durable à la conquête romaine avant d’être définitivement vaincue en 9 av. J.-C. par le futur empereur Tibère[14]. À l’époque romaine, une colonie nommée Aquae Sulphurae, ainsi désignée en raison de ses sources sulfureuses, est établie à l’emplacement de l’actuelle Ilidža. Elle constitue alors le principal centre urbain de la région ; ses vestiges archéologiques font aujourd’hui l’objet d’une protection officielle[15].

Stećak devant le musée national de Bosnie-Herzégovine.

Les Slaves s'installèrent en Bosnie au VIIe siècle. Une localité du nom de Kratera, située dans la région de Sarajevo et de Kotorac, est citée dans le De administrando Imperio, un ouvrage de l'historien et empereur byzantin Constantin VII, mais son emplacement n'est pas établi avec certitude[16].

Au Moyen Âge, près du centre traditionnel du royaume de Bosnie et le long de l’ancienne route reliant la mer Adriatique à la Pannonie, se trouvait la župa (district) de Vrhbosna. Un village du même nom s’y serait développé. Le toponyme Vrhbosna est attesté depuis le Xe siècle ; les chercheurs estiment qu’il correspondrait à l’emplacement de l’actuelle Bijela tabija, la « forteresse blanche ». Selon les hypothèses, le village médiéval de Sarajevo s’identifierait à ce Vrhbosna ou aurait constitué une partie de cette entité territoriale[17]. Qu’il ait été situé précisément à l’emplacement de la ville actuelle ou dans ses environs immédiats, les sources attestent de l’importance stratégique de la région. Une citadelle connue sous le nom de Vrhbosna est mentionnée au Moyen Âge ; elle passa sous domination ottomane en 1429 et fut alors rebaptisée Bosna-Saraj[18],[19].

De ce passé médiéval témoignent encore de nombreuses tombes monumentales appelées stećci (au singulier : stećak), dont ceux de la nécropole de Crkvina à Donja Zgošća près de Kakanj, aujourd'hui conservées au musée national de Bosnie-Herzégovine[20].

Période ottomane

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La fondation de Sarajevo est généralement datée de 1461, lorsque le premier gouverneur ottoman de Bosnie, Isa-beg Isaković, choisit un site dans la région de Vrhbosna afin d’y établir une nouvelle ville[21]. Il y fit édifier la mosquée impériale de Sarajevo (Careva džamija)[22],[23], un bain public (hammam), un pont, plusieurs moulins à eau, une auberge, ainsi que le palais du gouverneur (saray), qui donna son nom à la ville[21]. La ville se développa rapidement sous le nom de Bosna-Saraj et accueillit progressivement des communautés musulmane, orthodoxe, catholique et juive. Au début du XVIe siècle, des Juifs séfarades expulsés de la péninsule Ibérique s’y installèrent, apportant notamment une Haggadah du XIVe siècle, aujourd’hui connue sous le nom de Haggadah de Sarajevo[24],[25].

La ville se structura alors en quartiers confessionnels distincts, comprenant un quartier latin habité par des artisans et des marchands catholiques originaires de Dubrovnik, doté d’une église catholique, ainsi qu’un quartier orthodoxe organisé autour de l’église orthodoxe serbe, construite entre 1520 et 1539, toujours existante et classée monument national de Bosnie-Herzégovine[26]. La vieille synagogue de Sarajevo fut édifiée en 1581. Cette coexistence de quatre confessions majeures valut à la ville le surnom de « Jérusalem européenne »[27].

Mosquée de Gazi Husrev-bey
La Careva džamija.

Au XVIe siècle, Sarajevo connut une phase de développement majeur, notamment sous l’impulsion de Gazi Husrev-beg, qui dota la ville d’un vaste ensemble architectural dans la vieille ville actuelle, la Baščaršija, organisée autour d’ateliers et de commerces. Cet ensemble comprenait notamment la mosquée de Gazi Husrev-bey (Gazi Husrev-begova džamija)[28], une médersa, un marché couvert (bezistan), plusieurs caravansérails destinés à l’hébergement des marchands, une bibliothèque, une tekke (couvent de derviches), un imaret (institution de distribution gratuite de nourriture), ainsi qu’une tour de l’horloge (Sahat-kula)[29],[30]. La ville disposait également d’un réseau d’alimentation en eau élaboré ; plusieurs voyageurs de l’époque mentionnent l’existence de plus de 160 fontaines, témoignant du niveau avancé de ses infrastructures urbaines[31],[32]. Tout au long du XVIIe siècle, Sarajevo demeura prospère. Vers 1600, sa population est estimée à environ 23 500 habitants, ce qui en faisait l’un des centres urbains les plus importants de la partie européenne de l’Empire ottoman[33].

La fin du XVIIe siècle marqua toutefois un tournant défavorable. Après les défaites ottomanes de Vienne (1683) et de Zenta (1697), Sarajevo fut pillée et incendiée lors d’une expédition menée par le prince Eugène de Savoie[34]. La ville fut partiellement reconstruite, mais le transfert de la capitale de la Bosnie à Travnik entraîna un affaiblissement durable de son rôle politique et administratif. Bien que la ville ne retrouvât pas son importance antérieure, le XVIIIe siècle demeura marqué par une vie intellectuelle active, illustrée notamment par Mehmed Mejlija Guranij et Mula Mustafa Bašeskija. Des bibliothèques, des écoles, des mosquées et de nouvelles fortifications furent édifiées. Sarajevo fut néanmoins touchée par plusieurs crises, dont une épidémie de peste en 1785 et un incendie majeur en 1788. Selon certaines estimations, la population de la ville, qui aurait atteint environ 80 000 habitants à la fin du XVIIe siècle, diminua pour se situer autour de 60 000 habitants en 1807[35].

Dans les années 1830, plusieurs affrontements liés au soulèvement bosniaque eurent lieu aux abords de Sarajevo, sous la direction de Husein Gradaščević, figure majeure de la résistance locale. Une artère de la ville porte aujourd’hui son surnom, Zmaj od Bosne (« Dragon de Bosnie »), en hommage à son rôle historique. La rébellion échoua toutefois, et l’Empire ottoman conserva le contrôle de la Bosnie pour plusieurs décennies[36].

Période austro-hongroise

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L'assassinat des Autrichiens par un militant serbe vu par la presse française
Le bâtiment de la Bibliothèque nationale et universitaire de Bosnie-Herzégovine

À la suite de la défaite de l’Empire ottoman lors de la guerre russo-turque de 1877-1878 et des décisions du congrès de Berlin, la Bosnie et l’Herzégovine sont placées, en 1878, sous le contrôle de la monarchie austro-hongroise, tout en demeurant officiellement intégrées à l’Empire ottoman. Cette situation provoque la formation d’un gouvernement provisoire à Sarajevo ainsi que l’émergence de plusieurs mouvements de résistance[37]. Toutefois, dès la fin du mois d’octobre 1878, les autorités austro-hongroises prennent le contrôle effectif du territoire et engagent une vaste réorganisation administrative.

Béni Kállay, ministre des Finances de l’Autriche-Hongrie, ambitionnait de faire de Sarajevo et de la Bosnie-Herzégovine un État et une société européens modernes et « éclairés ». Il promouvait le développement économique, l’adoption de modèles administratifs et juridiques occidentaux ainsi qu’une modernisation culturelle inspirée de l’Europe centrale. Par cette politique, il entendait également soustraire la Bosnie-Herzégovine aux influences et aux revendications nationalistes concurrentes qui s’exprimaient dans la région. Son gouvernement encouragea ainsi un patriotisme régional désigné sous le terme de « bošnjaštvo », conçu comme une forme de nationalisme bosnien multiconfessionnel. Kállay espérait que cette identité civique commune permettrait de contenir la montée des nationalismes serbe et croate qui gagnaient alors en influence en Bosnie-Herzégovine[38],[39].

Cette période est marquée par de profondes transformations de la ville, qui connaît un processus accéléré d’industrialisation et d’occidentalisation[40]. Une ligne de tramway est mise en service en 1885, puis électrifiée en 1895[41]. Un bureau de poste militaire doté d’une station télégraphique est également ouvert, identifié par les chiffres romains XXXII[42]. Sarajevo se dote d’usines modernes, tandis que de nombreuses écoles et institutions culturelles de style occidental sont fondées. Des voies ferrées sont construites vers le nord, le sud et l’est, facilitant l’intégration économique de la région. Sous couvert d’européanisation, les ressources économiques et naturelles de la Bosnie, jusque-là peu exploitées, font l’objet d’une mise en valeur intensive[41].

Sur le plan architectural, de nombreux édifices publics transforment durablement le visage de la ville. Parmi eux figurent le bâtiment du gouvernement de Bosnie, construit entre 1884 et 1885 sur des plans de l’architecte Josip Vancaš ; l’hôtel de ville, édifié à partir de 1892 par Alexander Wittek[43],[44]; le Théâtre national, conçu par Karel Pařík entre 1897 et 1899 ; la poste centrale, réalisée par Josip Vancaš entre 1907 et 1909; ainsi que les bâtiments actuels du Musée national, également dessinés par Karel Pařík et inaugurés en 1912[45],[46]. Parmi les édifices religieux, la cathédrale du Cœur-de-Jésus, siège de l’archidiocèse de Vrhbosna, est construite entre 1884 et 1889 selon les plans de Josip Vancaš[47]. En 1910, Sarajevo compte un peu moins de 52 000 habitants[48].

Le , l’assassinat à Sarajevo de l’archiduc François-Ferdinand, héritier du trône d’Autriche-Hongrie, et de son épouse Sophie Chotek, duchesse de Hohenberg, par le nationaliste serbe de Bosnie Gavrilo Princip, constitue l’événement déclencheur de la Première Guerre mondiale. Les auteurs et soutiens de l’attentat appartiennent à des milieux nationalistes yougoslaves, composés notamment de Serbes de Bosnie et de musulmans bosniaques[49], dont plusieurs poursuivent leurs études à Belgrade[50].

De la Yougoslavie à l'indépendance de la Bosnie-Herzégovine

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Feu éternel, Sarajevo.

Après la Première Guerre mondiale et la défaite de l'Autriche-Hongrie, à partir d'octobre 1918, Sarajevo, comme le reste des territoires slaves anciennement contrôlés par la double monarchie, fait partie de l'éphémère État des Slovènes, Croates et Serbes, puis, à partir du 1er décembre, du royaume des Serbes, Croates et Slovènes, gouverné par la dynastie serbe des Karađorđević, avec comme capitale Belgrade[51]. Le , le royaume prend le nom de Yougoslavie et de nouvelles divisions administratives sont mises en place[52]. Sarajevo devient le centre administratif de la banovine de la Drina nouvellement créée. Pendant la Seconde Guerre mondiale, en 1941, les puissances de l'Axe occupent la banovine, qui est supprimée, et son territoire est partagé entre l'État indépendant de Croatie, dont la ville de Sarajevo, et la Serbie occupée par les troupes allemandes.

Après la Seconde Guerre mondiale, Sarajevo devient la capitale d'une République populaire puis, en 1963, socialiste de Bosnie-Herzégovine, au sein de la République fédérale populaire, puis, en 1963, socialiste de Yougoslavie. Elle retrouve rapidement de l'importance et devient un important centre industriel. Des quartiers modernes sont construits à l'est de la vieille ville. Sarajevo atteint sa taille maximale au début des années 1980, notamment lors des Jeux olympiques d'hiver de 1984.

La mort de Josip Broz Tito, la crise économique, l’effondrement du système communiste et la montée des nationalismes contribuent ensuite à l’éclatement de la Yougoslavie. La Slovénie et la Croatie proclament leur indépendance en 1991, suivies par la Bosnie-Herzégovine. Dans ce contexte, des dirigeants nationalistes serbes et croates voient l’occasion de redéfinir les frontières selon des critères ethno-territoriaux[53],[54],[55].

L’Armée populaire yougoslave (JNA), initialement force fédérale, passe progressivement sous le contrôle des autorités serbes. Sous l’influence du régime de Slobodan Milošević, elle est utilisée pour soutenir le projet de regroupement des populations serbes vivant en Croatie et en Bosnie-Herzégovine avec les territoires sur lesquels elles résident, au sein d’un même État[56]. Les Serbes de Croatie et de Bosnie autoproclament leurs propres républiques. La guerre éclate d’abord en Croatie, puis s’étend à la Bosnie-Herzégovine, reconnue internationalement le [57].

Siège de Sarajevo

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À l’issue de plusieurs mois de préparation engagés dès la fin de 1991, l’Armée populaire yougoslave (JNA) encercle Sarajevo et entame le siège le . Considérée comme une force étrangère sur le territoire d’un État internationalement reconnu, la JNA se retire officiellement de Bosnie-Herzégovine le  ; elle constitue toutefois l’ossature organisationnelle, matérielle et humaine des forces armées serbes de Bosnie, tandis qu’une partie de ses unités se replie en Serbie[56].

Le siège de Sarajevo devient le plus long siège d’une capitale dans l’histoire moderne, durant 1 425 jours, jusqu’en octobre 1995. La ville subit environ 64 490 obus d’artillerie tirés par les forces serbes depuis les collines environnantes, tandis que des tireurs embusqués rendent certaines artères principales extrêmement dangereuses pour la population civile[58]. Aux côtés des Bosniaques, des Serbes et des Croates de Bosnie participent également à la défense de la ville, illustrant le caractère multiethnique de cette résistance ; parmi les figures les plus connues figurent Jovan Divjak, Dragan Vikić et Stjepan Šiber.

Le siège provoque la mort de plus de 10 000 personnes, en grande majorité des civils, dont de nombreux enfants, et fait des dizaines de milliers de blessés. Il entraîne des destructions considérables du tissu urbain, affectant les logements, les infrastructures et les bâtiments institutionnels, et provoque une forte diminution de la population en raison des décès, des blessures et des déplacements forcés. De nombreux édifices religieux et culturels furent délibérément pris pour cibles. La juridiction internationale a relevé l’existence d’« une campagne de dévastation des édifices consacrés à la religion », qui s’est intensifiée durant l’été 1992 et dont l’ampleur révélait le « caractère ciblé, contrôlé et délibéré » des destructions[59], notamment la Bibliothèque nationale et universitaire de Bosnie-Herzégovine, dont l’incendie a entraîné la perte de millions de documents et d’ouvrages [60]. L’accès à l’eau potable, à l’électricité et au gaz est gravement perturbé, tandis que la vie quotidienne est marquée par des pénuries chroniques de nourriture et de soins médicaux[58].

La signature des accords de Dayton en décembre 1995 met fin au conflit et au siège de Sarajevo, ouvrant une phase de reconstruction progressive des infrastructures essentielles et permettant le retour d’une partie des habitants. Le siège constitue l’un des événements majeurs de la guerre de Bosnie-Herzégovine, révélant l’ampleur des violences infligées à la population civile ainsi que les enjeux politiques et territoriaux du conflit.

Administration

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Bâtiment de la présidence de la Bosnie-Herzégovine

Institutions fédérales

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Sarajevo est la capitale de la Bosnie-Herzégovine, de la fédération de Bosnie-et-Herzégovine et du canton de Sarajevo ; elle est également, selon la Constitution, la capitale de jure de l’entité de la république serbe de Bosnie. Elle fait partie des sept villes officiellement reconnues par la Constitution de la Bosnie-Herzégovine, ce qui lui confère un statut administratif spécifique et, au sein de la Fédération, un niveau intermédiaire entre la municipalité (en bosnien : općina ; en bosnien cyrillique : општина) et le canton[61].

La ville accueille l’ensemble des principales institutions de l’État, notamment le siège de la présidence de la Bosnie-Herzégovine[62], celui du Conseil des ministres ainsi que les deux chambres de l’Assemblée parlementaire[63]. Sur le plan judiciaire, la Cour constitutionnelle de Bosnie-Herzégovine et la cour du canton de Sarajevo y sont établies. Sarajevo abrite également le commandement opérationnel des Forces armées de Bosnie-Herzégovine ainsi que les ambassades étrangères[64].

Subdivisions administratives

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Le bâtiment du gouvernement du canton de Sarajevo.

La ville de Sarajevo (Grad Sarajevo) est composée de quatre municipalités : Novi Grad, Novo Sarajevo, Centar et Stari Grad. Toutes relèvent du canton de Sarajevo et sont situées sur le territoire de la fédération de Bosnie-Herzégovine. Chaque municipalité est subdivisée en communautés locales (en bosnien : mjesna zajednica), qui constituent l’échelon administratif de proximité. Le canton de Sarajevo comprend également les municipalités de Hadžići, Ilidža, Ilijaš, Trnovo et Vogošća, qui ne font pas partie de la ville de Sarajevo au sens administratif.

Municipalités du canton de Sarajevo.
  1. Centar
  2. Hadžići
  3. Ilidža
  4. Ilijaš
  5. Novi Grad
  6. Novo Sarajevo
  7. Stari Grad
  8. Trnovo
  9. Vogošća

À la suite de la guerre de Bosnie-Herzégovine et des accords de Dayton, la ville d’Istočno Sarajevo (« Sarajevo-Est ») a été créée sur le territoire de l’entité de la République serbe de Bosnie, à partir d’anciennes municipalités sarajéviennes d’avant-guerre. Capitale de jure de cette entité, elle regroupe plusieurs municipalités issues du découpage territorial de l’après-guerre, dont Istočna Ilidža, Istočno Novo Sarajevo, Istočni Stari Grad, Pale, Sokolac et Trnovo (république serbe de Bosnie).

Gouvernement municipal

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Le pouvoir exécutif de la ville est exercé par le maire (gradonačelnik), assisté d’adjoints et de services administratifs municipaux[65]. Depuis juillet 2025, le maire de Sarajevo est Samir Avdić. L’organe délibérant est le conseil municipal (gradsko vijeće), composé de 28 membres élus indirectement par les conseils municipaux, selon une répartition proportionnelle à la population de chaque municipalité[66].

Quartiers et faubourgs

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Fontaine Sebilj, dans le quartier Baščaršija, la vieille ville de Sarajevo

La ville se compose d'un ancien quartier turc, la vieille ville appelée Baščaršija, datant du XVe siècle ; d'une ville nouvelle du XIXe siècle, regroupant les administrations ; et de quartiers contemporains industriels.

Démographie

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L’évolution démographique de Sarajevo reflète les grandes phases de son histoire politique, économique et urbaine. Les estimations anciennes reposent sur des sources historiques indirectes, tandis que les données à partir du début du XXe siècle proviennent de recensements officiels successifs, austro-hongrois, puis yougoslaves et bosniens. Les comparaisons doivent être interprétées avec prudence, en raison des modifications du périmètre administratif de la ville (ville, agglomération, puis canton), ainsi que des ruptures démographiques majeures liées aux conflits du XXe siècle.

Évolution de la population de Sarajevo
Année vers 1660 1910 1921 1931 1953 1961 1971 1981 1991 2013
Population ≈ 80 000 51 919 66 317 78 173 135 657 213 092 359 448 379 608 527 049 413 593

Le recensement yougoslave de 1991, dernier réalisé avant la guerre, dénombrait 527 049 habitants dans l’agglomération de Sarajevo, alors composée de dix municipalités, correspondant en grande partie à l’actuel canton de Sarajevo. Selon ce recensement, la population se répartissait entre 49,2 % de Bosniaques, 29,8 % de Serbes de Bosnie, 10,7 % de Yougoslaves, 6,6 % de Croates de Bosnie et 3,6 % appartenant à d’autres groupes ethniques (notamment Juifs et Roms). La ville de Sarajevo proprement dite — regroupant les municipalités de Stari Grad, Centar, Novo Sarajevo, et Novi Grad— comptait alors 361 735 habitants[67].


En juin 2016, les résultats définitifs du recensement de 2013 ont été publiés. Selon ce recensement, le canton de Sarajevo comptait 413 593 habitants, et la ville de Sarajevo 275 524 habitants[68].

Composition ethnique de Sarajevo, par municipalité, recensement de 2013
Municipalité Total Bosniaques Serbes de Bosnie Croates de Bosnie Autres[69]
Centar 55,181 41,702 (75.57%) 2,186 (3.96%) 3,333 (6.04%) 7,960 (14.42%)
Novi Grad 118,553 99,773 (84.16%) 4,367 (3.68%) 4,947 (4.17%) 9,466 (7.98%)
Novo Sarajevo 64,814 48,188 (74.35%) 3,402 (5.25%) 4,639 (7.16%) 8,585 (13.24%)
Stari Grad 36,976 32,794 (88.69%) 467 (1.3%) 685 (1.85%) 3,030 (8.19%)
Total 275 524 222 457 (80,74 %) 10 422 (3,78 %) 13 604 (4,94 %) 29 041 (10,54 %)

La composition démographique de Sarajevo a été profondément transformée au cours du XXe siècle, notamment à la suite de la guerre de Bosnie-Herzégovine. Ville longtemps marquée par une forte diversité ethnique et religieuse, elle a subi un exode massif de population, dont une grande partie ne s’est jamais reconstituée[70],[71].

Durant le siège de Sarajevo, la ville fut encerclée pendant près de quatre ans par les forces serbes de Bosnie, entraînant d’importantes pertes civiles et de vastes déplacements de population. Selon le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, ces évolutions s’inscrivent dans le cadre de stratégies des dirigeants serbes de Bosnie visant à une séparation ethnique de la population[72].

Pendant le siège, certains Serbes quittèrent déjà la ville, tandis qu’un nombre important resta jusqu’à la fin du conflit. Après les accords de paix, de nombreux Serbes de Sarajevo quittèrent la capitale sous la pression des autorités politiques et militaires serbes de Bosnie[73],[74],[75]. Ils s’installèrent principalement dans l’entité serbe, dans des villes et régions où les populations non serbes avaient été expulsées lors d’opérations de nettoyage ethnique[76].

À la suite de ces départs, la ville devint majoritairement bosniaque. La géographe Amaël Cattaruzza souligne que « la guerre a profondément affecté la structure de sa population, une population à près de 85 % bosniaque aujourd’hui (49 % en 1991), du fait des déplacements forcés qui ont été le but avoué du conflit »[77]. Ce constat est confirmé par de nombreux observateurs internationaux et responsables des Nations unies, qui décrivent le nettoyage ethnique non comme une conséquence indirecte des combats, mais comme l’un des objectifs centraux de la guerre en Bosnie-Herzégovine[78],[79].

Bien que les accords de Dayton (1995) aient reconnu Sarajevo comme ville unifiée et capitale de la Bosnie-Herzégovine, les autorités de l’entité république serbe de Bosnie créèrent Istočno Sarajevo (« Sarajevo-Est »), regroupant plusieurs communes périphériques issues du découpage territorial de la guerre, avec environ 60 000 habitants. Si la diversité ethnique et religieuse historique de Sarajevo a été fortement réduite après le conflit, elle reste perceptible dans la vie culturelle et sociale de la ville. Les rapports des Nations unies et les travaux d’historiens tels que Robert J. Donia[80] et Renéo Lukic[81] montrent cependant que la consolidation d’un cadre politique pleinement multiethnique en Bosnie-Herzégovine demeure freinée par la persistance de logiques nationalistes héritées de la guerre[82].

Sarajevo est historiquement marquée par une forte diversité religieuse, héritée de son passé ottoman et austro-hongrois. La coexistence de communautés musulmanes, chrétiennes et juives a durablement façonné l’identité culturelle et urbaine de la ville. Pendant la guerre de Bosnie-Herzégovine, Sarajevo a conservé un caractère multi-confessionnel, avec une présence continue de communautés musulmanes, orthodoxes et catholiques. Les forces défendant la ville comprenaient des membres des trois principaux groupes ethniques (Bosniaques, Serbes et Croates). Contrairement à ce qui s’est produit dans plusieurs autres villes de Bosnie occupées par les forces serbes, où de nombreux édifices religieux et culturels non serbes ont été détruits, la majorité des lieux de culte et des monuments des différentes confessions à Sarajevo ont été préservés. Cette coexistence religieuse a contribué à maintenir le pluralisme et la tolérance confessionnelle, éléments importants du patrimoine culturel et historique de la ville, même après les profondes transformations démographiques liées au conflit. La ville foisonne de mosquées, d'églises catholiques, orthodoxes et quelques synagogues.

Carrefour historique entre l’Orient et l’Occident, Sarajevo abrite depuis des siècles des communautés de traditions culturelles et religieuses diverses, dont la coexistence a profondément façonné la vie culturelle de la ville et contribué à sa richesse artistique et intellectuelle.

Sarajevo accueille chaque année de nombreux événements culturels d’envergure nationale et internationale. Parmi les plus emblématiques figurent les Nuits de Baščaršija (Baščaršijske noći), un festival organisé tout au long du mois de juillet dans le quartier historique de Baščaršija, proposant concerts, spectacles et animations culturelles variées[83]̪,[84].

Le Théâtre national de Sarajevo(Narodno pozorište Sarajevo), fondé en 1919, est le plus ancien théâtre professionnel de Bosnie-Herzégovine et constitue l’une des institutions culturelles majeures du pays, accueillant des productions de théâtre, d’opéra et de ballet.

La capitale bosnienne est également le cadre de plusieurs festivals majeurs, dont le Festival d’hiver de Sarajevo (Sarajevo Winter), consacré aux arts visuels, à la musique, au théâtre et à la performance[85], le Festival du film de Sarajevo, l’un des plus importants d’Europe du Sud-Est[86], ainsi que le Festival de jazz de Sarajevo, rendez-vous international consacré au jazz et aux musiques contemporaines[87]. En raison de son rôle majeur dans la création cinématographique et de son engagement en faveur de la culture audiovisuelle, Sarajevo a été désignée Ville du cinéma par l’UNESCO[88].

Un Festival international de folklore de Sarajevo (Međunarodni festival folklora) est également organisé chaque année en juillet, mettant en valeur les traditions musicales et chorégraphiques de Bosnie-Herzégovine et d’autres pays[89].

Le complexe « Skenderija », vaste centre culturel, sportif et commercial d’environ 70 000 m², joue un rôle central dans la vie culturelle de la ville. Il abrite plusieurs espaces polyvalents, dont le « Dom Mladih », lieu emblématique de concerts, festivals, représentations théâtrales et rencontres littéraires, le « Privredni grad », centre commercial moderne, ainsi que la « Dvorana Mirza Delibašić », utilisée comme salle omnisports, espace d’expositions et de foires, salle de concert et centre de conférences[90].

Littérature

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Sarajevo, centre littéraire et intellectuel des Balkans, a favorisé l’émergence d’écrivains et de poètes issus de diverses communautés culturelles et inspiré de nombreux auteurs par son histoire, sa diversité religieuse et son rôle dans les événements politiques et sociaux de la Bosnie-Herzégovine. Au XXᵉ siècle, cercles littéraires, revues et maisons d’édition ont contribué à la diffusion de la littérature locale, tandis que la guerre de Bosnie-Herzégovine a produit des témoignages, récits et œuvres de mémoire explorant coexistence, conflit et reconstruction sociale.

Parmi les écrivains originaires de Sarajevo au XXᵉ siècle figurent Abdulah Sidran, connu pour ses scénarios de cinéma et sa poésie ; Aleksandar Hemon, qui écrit principalement en anglais sur l’exil et l’identité ; Miljenko Jergović, auteur de romans et nouvelles sur l’histoire et la mémoire collective et Hamza Humo, poète et romancier majeur de la littérature bosnienne moderne.  Aujourd’hui, la ville conserve une scène littéraire active, avec des bibliothèques et des institutions culturelles qui soutiennent la création d’auteurs contemporains tout en valorisant le patrimoine littéraire historique de Sarajevo.

Le Théâtre national de Sarajevo

Le musée de Littérature et de théâtre présente de nombreuses affiches de théâtre à Sarajevo, dont la première représentation moderne aurait eu lieu en 1870. Il conserve également des éléments retraçant l’histoire de l’art des marionnettes en Bosnie-Herzégovine.

L’Académie des Arts de Performance de Sarajevo (bosnien : Akademija scenskih umjetnosti Sarajevo / Академија сценских умјетности Сарајево), rattachée à l'université de Sarajevo, est le principal organisme public de formation dans les domaines du théâtre, de la danse et du cinéma.

La ville possède de nombreux théâtres, dont le plus important est le Théâtre national de Sarajevo (1899, 600 places)[91]. Le Mess des officiers à Sarajevo (1881, Dom Armije u Sarajevu) propose également une salle de concert et de conférences.

Le Festival international de théâtre « MESS », fondé en 1960, est l’un des plus anciens festivals d’Europe de l’Est et du Sud-Est. Conçu à l’origine comme un festival consacré au théâtre yougoslave, il se tient chaque année à Sarajevo et accueille des artistes de théâtre expérimental de renommée internationale[92].

Parmi les compagnies de théâtre importantes de Sarajevo figurent :

  • « Kamerni teatar 55 »[93],
  • « Pozorište mladih » , fondé en 1950 sous le nom de Théâtre Pionnier, rouvert en 1997[94],
  • « Sarajevski ratni teatar » , fondé en 1992[95],
  • « Aparat Teatar »[96],
  • « Magacin Kabare »

Musique et danse

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Sarajevo possède une riche tradition musicale et une scène artistique particulièrement dynamique, qui s’étend de la musique classique aux musiques populaires et traditionnelles. La ville dispose notamment d’un orchestre symphonique permanent, la « Sarajevska filharmonija » (Orchestre philharmonique de Sarajevo), officiellement créé en juillet 1923[97].

Elle abrite également de nombreux clubs et salles consacrés au jazz et au blues, et accueille plusieurs manifestations musicales d’envergure, dont le « Sarajevo International Guitar Festival »[98] et le « Jazz Fest Sarajevo », festival international dédié au jazz et aux musiques contemporaines[87].

La « Muzička akademija Univerziteta u Sarajevu » (Académie de musique de Sarajevo) joue un rôle important dans la vie musicale locale. Elle organise notamment les « Majske Muzičke Svečanosti » (« Cérémonies musicales de mai ») et le « Sonemus Fest »[99]. Plusieurs ensembles lui sont rattachés, tels que le « Gudački orkestar » (orchestre à cordes), le « Simfonijski orkestar » (orchestre symphonique), le « Mješoviti i Ženski hor » (chœur mixte et féminin) et l’« Ansambl Etnoakademik ».

L’INSAM Sarajevo (« Institut de Musique Contemporaine et des Arts Associés »)[100], fondé en 2015, développe une approche interdisciplinaire et transdisciplinaire dans le domaine de la musique et des arts contemporains.

Dans la seconde moitié du XXe siècle, Sarajevo constitue l’un des centres majeurs de la musique pop et rock en Yougoslavie. La scène dite de l’« école pop-rock de Sarajevo » émerge avec des groupes comme Indexi et se développe dans les années 1980 avec Bijelo dugme, fondé par Goran Bregović et dont le chanteur principal est Željko Bebek. D’autres formations telles que Crvena jabuka, Plavi Orkestar ou Divlje Jagode s’inscrivent dans cette dynamique.

La ville influence également la musique populaire yougoslave à travers des artistes tels que Zdravko Čolić, Kemal Monteno, Dino Merlin, Davorin Popović, Seid Memić Vajta, Hari Mata Hari, Jadranka Stojaković ou Mladen Vojičić Tifa, ainsi que des compositeurs comme Đorđe Novković et son fils Boris Novković.

Sarajevo est aussi le berceau d’une scène alternative et post-punk avec des groupes tels que Zabranjeno Pušenje, Elvis J. Kurtović & His Meteors ou Bombaj Štampa, ainsi que le collectif satirique Top lista nadrealista.

Depuis la fin du XIXe siècle, la ville constitue un centre important d’enregistrement et de diffusion de la sevdalinka, genre musical traditionnel bosnien. Des interprètes tels que Safet Isović, Zaim Imamović, Himzo Polovina, Zehra Deović, Halid Bešlić, Hanka Paldum, Nada Mamula ou Meho Puzić ont contribué à sa préservation et à son rayonnement[101],[102].

En 2015, la ville accueille le Festival International de la Danse[103].

Festival du film de Sarajevo

Cinéma et télévision

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Sarajevo est un centre majeur de la création cinématographique en Bosnie-Herzégovine, ayant vu émerger de nombreux réalisateurs de renom tels que Ademir Kenović, Danis Tanović, Jasmila Žbanić, Benjamin Filipović, Hajrudin Krvavac et Pjer Žalica, ainsi que Aida Begić et Emir Kusturica. La ville accueille également le Festival du film de Sarajevo, qui contribue à la promotion du cinéma local et international et a renforcé son statut de ville du cinéma selon l’UNESCO.

La capitale, qui possède plusieurs salles de cinéma[104], est également le siège de sociétés de production comme « Bosna Film », « Sutjeska Film » et « Studio Film ». En 2009, le « Filmski centar Sarajevo » a succédé à ces studios, centralisant la production cinématographique de la ville[105].

Institutions culturelles

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Archives et bibliothèques

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Vakufnama, document médiéval en arabe
Enluminures de la Haggadah de Sarajevo

Sarajevo possède de nombreuses institutions culturelles importantes comme les Archives historiques de la ville (Historijski arhiv Sarajevo), qui abritent environ 14 000 documents remontant à la période ottomane, defters (registres), sidžils (comptes rendus judiciaires), salnamas (almanachs), takvims (calendriers), ainsi que des manuscrits, des livres imprimés etc. ; elles conservent également des documents plus tardifs et, notamment, une collection de photographies[106].

À l'époque ottomane, la Bibliothèque Gazi Husrev-beg (Gazi Husrev-begova biblioteka), fondée en 1537, fut, à l'époque de sa création, une des plus importantes des Balkans ; elle consiste en un fonds originel de 10 000 manuscrits en arabe, turc et persan, auxquels sont venus s'ajouter de nombreux livres, soit en tout environ 60 000 volumes ; un nouveau bâtiment est en cours de construction pour accueillir toute cette collection[107].

La Bibliothèque nationale et universitaire de Bosnie-Herzégovine, quant à elle, a été créée en 1945[108].

musée national de Bosnie-Herzégovine

Le principal musée de la ville est le Musée national de Bosnie-Herzégovine (Zemaljski muzej Bosne i Hercegovine), fondé en 1888 et installé dans ses bâtiments actuels depuis 1913[45],[109]. Il comprend des départements d’archéologie, d’ethnologie, de sciences naturelles et de conservation, ainsi qu’une bibliothèque et une salle de lecture (Čitaonica). Ses collections, issues notamment de fouilles menées en Bosnie-Herzégovine, couvrent la Préhistoire, l’Antiquité et le Moyen Âge, tandis que les sections de géologie, de zoologie et de botanique conservent près de deux millions de spécimens. Les travaux scientifiques de l’institution sont publiés dans la revue Glasnik Zemaljskog muzeja, éditée depuis sa fondation[110]. Le musée conserve notamment la Haggadah de Sarajevo, manuscrit enluminé réalisé à Barcelone vers 1350[24].

Le Musée historique de Bosnie-Herzégovine, fondé en 1945, conserve environ 400 000 objets couvrant l’ensemble de l’histoire de la Bosnie-Herzégovine et propose notamment une exposition permanente intitulée « Sarajevo, ville assiégée »[111].

Sarajevo abrite également le Musée de Littérature et d'Art théâtral de Bosnie-Herzégovine, créé en 1961 et membre de la Société internationale des bibliothèques et des musées des arts du spectacle (SIBMAS)[112].

Le Musée de Sarajevo (Muzej Sarajeva), fondé en 1949, regroupe plusieurs sites patrimoniaux : le Bezistan de Brusa, marché couvert édifié en 1551, la Svrzina kuća, demeure ottomane datant des XVIIIe et XIXe siècles, la Maison Despić, dont les parties les plus anciennes remontent au XVIIe siècle, le Musée de Sarajevo 1878-1918, consacré à la période austro-hongroise et à l’attentat de Sarajevo, ainsi que le Musée juif de Bosnie-Herzégovine (Muzej jevreja Bosne i Hercegovine), installé dans la plus ancienne synagogue de la ville[113].

Le musée « Ars Aevi », créé durant le siège de Sarajevo, abrite des œuvres d’art contemporain locales et internationales[114]. La ville compte en outre le « Muzej optičkih iluzija » (ouvert en 2020), le « Muzej Valter brani Sarajevo », dédié au film Walter défend Sarajevo (1972), le War Childhood Museum, le Musée Alija Izetbegović, le « Tunel spasa », le « Muzej Sarajevske pivare » et l’« Olimpijski muzej BiH ».

Galeries d’art

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Sarajevo dispose d’un réseau diversifié de galeries d’art, publiques et privées, principalement tournées vers l’art contemporain, la photographie et les arts visuels. Ces espaces jouent un rôle important dans la diffusion de la création artistique locale et internationale, tout en participant au travail de mémoire lié à l’histoire récente de la Bosnie-Herzégovine.

L’« Umjetnička galerija Bosne i Hercegovine » (« Galerie nationale de Bosnie-Herzégovine »), fondée en 1946, conserve plus de 6 000 œuvres. Elle constitue l’institution centrale pour la protection et la promotion des beaux-arts dans le pays. Organisée en plusieurs départements, elle mène des activités de recherche, acquiert des œuvres d’artistes nationaux et internationaux, publie catalogues et monographies, et organise des expositions en coopération avec des partenaires en Bosnie-Herzégovine et à l’étranger. Son service éducatif propose également des visites guidées et des ateliers pédagogiques[115].

Parmi les institutions majeures figure le « Collegium Artisticum », l’un des principaux centres d’exposition d’art contemporain du pays[116]. La « Galerija Roman Petrović », historiquement liée à l’« Udruženje likovnih umjetnika primijenjenih umjetnosti i dizajnera u Bosni i Hercegovini » (ULUPUBiH, « Association des artistes plasticiens et des designers de Bosnie-Herzégovine »), occupe également une place importante dans la scène artistique sarajévienne, aux côtés de la galerie de cette même association[117].

Le « Bošnjački institut – Fondacija Adila Zulfikarpašića » (« Institut bosniaque – Fondation Adil Zulfikarpašić ») est une institution culturelle et scientifique qui abrite un musée, une galerie, des archives et une bibliothèque, ainsi qu’une maison d’édition et un centre culturel. Fondé par Adil Zulfikarpašić, mécène et homme politique bosnien, il contribue à la préservation et à la valorisation du patrimoine culturel et historique de la Bosnie-Herzégovine[118].

Le secteur privé est également actif : des galeries indépendantes telles que la « Galerija savremene umjetnosti Brodac »[119] ou la « Galerija Java »[120] participent au dynamisme artistique de la ville à travers des expositions temporaires et des projets pluridisciplinaires.

Certaines galeries remplissent par ailleurs une fonction mémorielle, à l’image de la « Galerija 11/07/95 », consacrée à la mémoire du génocide de Srebrenica à travers la photographie et les arts visuels[121]. Enfin, des bâtiments patrimoniaux emblématiques comme la « Vijećnica » accueillent ponctuellement des expositions, renforçant le lien entre création contemporaine et héritage historique[122].

Centres culturels

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Sarajevo compte de nombreux centres culturels, tels que le « Bošnjački institut u Sarajevu - fondacija Adila Zulfikarpašića » (« Institut bosniaque de Sarajevo » – Fondation Adil Zulfikarpašić »)[123], le « Bosanski kulturni centar »[124], « Sarajevo Art », qui organise des manifestations comme les « Nuits de Bašćaršija » et le « Festival international de folklore de Sarajevo »[125], ainsi que l'« Obala Art Centar ».

Fonctionnent également plusieurs institutions culturelles étrangères, parmi lesquelles le Centre André Malraux[126], l'American Corner[127], l'Institut Goethe, le British Council, le Centre culturel turc et l'Office culturel espagnol.

Architecture

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L’architecture de Sarajevo témoigne des différentes périodes historiques qui ont marqué la ville. Le tissu urbain combine des constructions de l’époque ottomane, reconnaissables à leur caractère oriental et vernaculaire, avec des édifices de la période austro-hongroise, influencés par les courants historicistes et éclectiques d’Europe centrale. Le XXe siècle a introduit des formes modernistes et fonctionnalistes, puis une architecture liée à l’urbanisme socialiste, tandis que la période contemporaine est marquée par des projets de reconstruction et de modernisation. La diversité religieuse de Sarajevo se reflète également dans son architecture cultuelle, qui associe différentes traditions stylistiques issues des cultures islamique, catholique, orthodoxe et juive. Une partie importante de ce patrimoine est protégée par la Commission pour la protection des monuments nationaux de Bosnie-Herzégovine[128].

Période ottomane

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Le quartier de Baščaršija.

Sarajevo conserve un important patrimoine architectural datant de la période ottomane de son histoire[129], notamment au centre-ville dans le quartier de Baščaršija, une čaršija caractéristique de l'urbanisme turc, regroupant autour d'une fontaine des édifices religieux et de petits commerces[130].

Construit pour l'essentiel au XVIe siècle, ce quartier abrite aussi des konaks (vastes résidences), des hans (caravansérails) et des bezistans (marchés couverts)[131].

Mosquée de Gazi Husrev-bey

La mosquée de Baščaršija (Baščaršijska džamija) a été construite vers 1528 ; à l'origine, elle était surmontée d'un dôme en bois, incendié en 1697, lors de l'attaque de la ville par Eugène de Savoie ; le dôme en pierre actuel a été édifié après la Seconde Guerre mondiale; la mosquée possède un minaret en pierre haut d'environ 35 m [132].

La mosquée de Gazi Husrev-bey (Gazi Husrev-begova džamija) a été édifiée en 1530-1531 sur l'ordre de Gazi Husrev-bey ; elle est l'œuvre de l'architecte Sinan, qui, entre autres, a réalisé la mosquée Selimiye d'Edirne, en Turquie ; la salle de prière est surmontée d'un dôme de 26 m de haut et la mosquée possède un minaret qui s'élève à 45 m. Cette mosquée est le centre d'un vaste ensemble architectural incluant la tour de l'Horloge de Sarajevo (Sarajevska sahat-kula), construite à la fin du XVIe siècle et mentionnée pour la première fois au XVIIe siècle par le géographe ottoman Katip Çelebi[133],[134], la médersa de Gazi Husrev-bey, construite en 1537 et les vestiges d'un khanqah [135], ainsi que le bezistan de Gazi Husrev-bey (Gazi Husrev-begov bezistan), construit dans les années 1537-1547[136].

Toujours dans le quartier de Baščaršija, l'église orthodoxe Saint-Michel-et-Saint-Gabriel est mentionnée pour la première fois en 1539[137]. Situé à environ 3 km à l'est de Sarajevo, le Pont des chèvres (Kozija ćuprija), qui franchit d'une seule arche la rivière Miljacka, date de la première moitié du XVIe siècle[138].

La seconde moitié du XVIe siècle est également riche en monuments. La Bijela tabija, la « Forteresse blanche », dans l'actuelle municipalité de Stari Grad, a été construite vers 1550 sur un site défensif plus ancien et plusieurs fois remaniée depuis cette époque. Dans le quartier de Baščaršija, le bezistan de Brusa (Brusa bezistan), ainsi nommé en référence à la ville turque de Bursa (Brouse), a été construit en 1551 sur l'ordre de Rustem-paša Opuković (1500-1561), originaire de Sarajevo et grand vizir de Soliman le Magnifique ; il était notamment consacré au commerce de la soie[139]. De cette époque date également le han de Morića, un caravansérail construit en 1551[140],[141].

Parmi les nombreuses mosquées de la seconde moitié du XVIe siècle, on peut citer la mosquée d'Ali-pacha (Alipašina džamija), qui date de 1560-1561[34], la mosquée Ferhadija, construite sur l'ordre de Fehrad-bey Vuković-Desisalić en 1561-1562[142] et, surtout, la mosquée impériale (Careva džamija), construite une première fois en 1462 par Isa-beg Išaković, détruite par le despote serbe Vuk Grgurević et totalement reconstruite sous sa forme actuelle en 1566 sur l'ordre de Soliman le Magnifique[143]

De cette période date également la Vieille synagogue, construite en 1580-1581[34], qui accueille aujourd'hui les collections du musée juif de Bosnie-Herzégovine.

De la fin de la période ottomane datent des édifices comme la fontaine Sebilj, érigée au centre du quartier de Baščaršija en 1754, le pont latin (Latinska ćuprija), dont le nom est associé à l'attentat de Sarajevo en 1914, mais aussi le turbe des sept frères (Turbe sedam braće) (1815). La cathédrale orthodoxe de la Nativité-de-la-Sainte-Mère-de-Dieu (en serbe : Саборна Црква Рођења Пресвете Богородице et Saborna Crkva Rođenja Presvete Bogorodice) a été construite de 1863 à 1868 par l'architecte Andreja Damjanov[144].

De riches demeures particulières attestent encore de la vitalité architecturale de cette période, comme la Svrzina kuća, dans le quartier de Ćurčića Brijeg, construite aux XVIIIe et XIXe siècles et aujourd'hui transformée en musée[145], ou le konak de Bistrik, souvent familièrement appelé le Konak, construit entre 1867 et 1869, qui accueille aujourd'hui des réceptions et sert de résidence aux invités de la Présidence de la Bosnie-Herzégovine[146].

Période austro-hongroise

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La Poste centrale de Sarajevo.

L'année 1878, qui voit la Bosnie et l'Herzégovine placées sous protectorat autrichien, marque un tournant dans l'architecture de la ville, avec la construction d'édifices à l'occidentale[40]. Parmi les architectes importants de cette période compte Josip Vancaš[147] à qui Sarajevo doit trois églises catholiques : la Cathédrale catholique du Cœur-de-Jésus, connue également sous le nom de Cathédrale de Sarajevo, construite entre 1883 et 1889 et caractéristique du style néogothique[148],[149], l'église de la Sainte-Trinité, construite en 1906 dans un style néo-roman[150] et l'église du monastère franciscain de Sarajevo, dédiée à saint Antoine de Padoue et construite en 1914 dans un style néogothique[151].

Vancaš a également dessiné des bâtiments publics comme le bâtiment du gouvernement de Bosnie-Herzégovine, construit en 1884-1885 dans un style néorenaissance, un édifice qui accueille aujourd'hui la Présidence de la Bosnie-Herzégovine[152], ou encore celui de la Poste centrale[153]; il est aussi l'auteur d'immeubles de bureau ou d'habitation, comme l'immeuble du 17 rue Veliki Alifakovac, construit en 1910, ou encore l'Hôtel Continental, construit en 1909, ces deux immeubles étant considérés comme typiques de la Sécession bosnienne.

L'architecte Karel Pařík (1857-1942) a également laissé son empreinte dans la ville. On lui doit des bâtiments importants comme ceux du Théâtre national, construit en 1897-1898, de l'église évangélique, construite en 1898-1899 dans un style néobyzantin, qui abrite aujourd'hui l'Académie des beaux-arts, ou ceux de l'actuel musée national de Bosnie-Herzégovine, construits de 1908 à 1910 dans un style néoclassique[154],[155]. Il a également dessiné les plans du Premier lycée (Prva gimnazija), construit en 1890-1891 dans un style néo-Renaissance, de la synagogue de Sarajevo (ashkénaze) (Aškenaška sinagoga), construite en 1902 dans un style néo-mauresque ou du Palais de justice (Pravosudna palata), réalisé entre 1912 et 1914, lui aussi dans un style néorenaissance. Paržik a poursuivi sa carrière après la période austro-hongroise, notamment avec l'église catholique Saint-Joseph, construite en 1940 dans un style néo-roman.

L'architecte Aleksandar Wittek[156], quant à lui, est l'auteur de deux monuments emblématiques de la capitale bosnienne, la Fontaine Sebilj, une fontaine publique du quartier de Baščaršija, édifiée dans un style néo-mauresque en 1891, et, surtout, il a dessiné les premières esquisses de l'hôtel de ville, achevées par Ćiril Iveković (1864-1933) ; le bâtiment est lui aussi caractéristique du style néo-mauresque[157].

La période austro-hongroise se caractérise également par la construction de riches demeures privées. L'architecte Josef Gramer a construit la maison du docteur Paul Orešković en 1914, dans un style typique de l'Art nouveau. La maison Despić, dont l'origine remonte au XVIIIe siècle, construite dans un style traditionnel ottoman, a pris son aspect actuel en 1881 ; elle abrite aujourd'hui un département du musée de Sarajevo[158].

Du XXe siècle à nos jours

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Bâtiments de la United Investment and Trading Company (UNITIC)

L’architecture de Sarajevo au XXe siècle est étroitement liée aux politiques d’urbanisme menées à l’échelle du canton, en particulier dans le domaine du logement collectif et des grands équipements publics. Sous la période yougoslave, la ville connaît une phase de modernisation marquée par une forte intervention de l’État, qui se traduit par la construction d’ensembles résidentiels, d’institutions financières et d’équipements culturels et sportifs, inscrits dans les courants du modernisme et du fonctionnalisme.

Parmi les réalisations emblématiques de cette période figurent le complexe de Skenderija, conçu comme un centre polyvalent culturel, sportif et commercial, la salle olympique Zetra, édifiée pour les Jeux olympiques d’hiver de 1984, ainsi que les tours jumelles UNITIC, symboles de l’architecture moderniste tardive. La ville se dote également de bâtiments institutionnels et culturels majeurs, tels que le Centre culturel bosnien et plusieurs équipements liés à l’enseignement artistique et à la jeunesse.

La guerre de Bosnie-Herzégovine a entraîné la destruction ou la dégradation de nombreux édifices, dont plusieurs ont été reconstruits ou restaurés à partir de la fin des années 1990[159]. Depuis lors, l’architecture contemporaine de Sarajevo se caractérise par une combinaison de réhabilitation du patrimoine existant et de nouveaux projets urbains à vocation administrative, commerciale et religieuse. Des constructions récentes, telles que la tour Avaz Twist Tower ou les grands complexes urbains comme le Sarajevo City Center et le Bosmal City Center, témoignent de l’essor de l’investissement privé et de l’intégration progressive de la ville dans une économie de marché.

L’architecture actuelle de Sarajevo se distingue ainsi par la coexistence d’édifices modernistes hérités du XXe siècle, de bâtiments contemporains de grande hauteur et d’un patrimoine historique restauré, reflétant les transformations politiques, économiques et sociales de la capitale bosnienne.

Tourisme et récréation

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Le téléphérique de Sarajevo menant au mont Trebević

Le tourisme constitue l’un des principaux secteurs de l’économie de Sarajevo et connaît une croissance soutenue depuis la fin de la guerre dans les années 1990.

Forte d’une histoire de plus de six siècles, la ville séduit par la richesse de son patrimoine culturel et architectural. Le centre historique est en grande partie piétonnier : la zone ottomane l’est entièrement, tandis que les quartiers développés à l’époque austro-hongroise au XIXᵉ siècle sont largement aménagés pour la circulation des piétons.

Promenade Wilson le long de la Miljacka

Sarajevo s’affirme également comme une destination de tourisme culturel. La ville abrite de nombreux musées, galeries et institutions culturelles, ainsi qu’une vie artistique dynamique. Le Festival du film de Sarajevo, fondé en 1995, est devenu l’un des principaux événements cinématographiques d’Europe du Sud-Est et attire chaque année un public international.

Les massifs montagneux environnants et les infrastructures héritées des Jeux olympiques d'hiver de 1984 font de la ville une destination réputée pour les sports d’hiver. Les stations de Bjelašnica, Igman, Jahorina (montagne), Trebević et Treskavica attirent chaque année de nombreux visiteurs, tant en hiver que durant la saison estivale, propice à la randonnée et aux activités de plein air. Un téléphérique, inauguré en 1958, reliait le centre-ville au mont Trebević. Détruit pendant la guerre de 1992-1995, il a été reconstruit et remis en service en 2018, redevenant l’un des équipements touristiques majeurs de la ville.

Sarajevo et ses environs disposent en outre de nombreux parcs et espaces verts, très fréquentés par les habitants et les visiteurs, notamment le site de Vrelo Bosne à Ilidža, ainsi que les promenades aménagées le long de la rivière Miljacka.

La gastronomie locale, marquée par des influences ottomanes et centre-européennes, contribue également à l’attractivité touristique de la capitale.

Stade Asim Ferhatović Hase, Sarajevo

Sarajevo a accueilli les Jeux olympiques d'hiver en 1984. Cependant le sport a toujours joué un rôle important dans la vie de la cité.

Un des sports préférés des Sarajeviens est le football. La ville compte deux clubs de football rivaux, le FK Sarajevo et le FK Željezničar Sarajevo, tous les deux ayant une longue tradition des rencontres européennes et internationales. Le stade de l'équipe nationale est le Kosevo stadium.

Le deuxième sport préféré est le basket-ball, dont le club de la ville, Bosna Sarajevo, remporta l'Euroligue en 1979. Le club d'échecs Bosna est aussi particulièrement réputé.

Sarajevo constitue l’un des principaux pôles économiques de la Bosnie-Herzégovine. Son économie repose principalement sur les secteurs industriel, administratif et touristique, la ville concentrant de nombreux emplois liés aux différents niveaux de gouvernement[160]. Le canton de Sarajevo représente ainsi près de 25 % du produit intérieur brut national.

Sous la période socialiste, Sarajevo disposait d’une base industrielle importante. Après la transition vers l’économie de marché, seule une partie de ce tissu industriel a réussi à s’adapter durablement. Les activités actuelles comprennent notamment la production de tabac, le mobilier, les matériaux de construction, l’automobile et les équipements de communication. Parmi les principales entreprises implantées dans la ville figurent Air Bosna, BH Telecom, Bosmal City Center, Bosnalijek, CBS Bank, Dnevni Avaz, Energopetrol, Oslobođenje, Fabrika Duhana Sarajevo, Sarajevska Pivara, et Unioninvest.

Dans le secteur automobile, le groupe Volkswagen a rouvert en 1998 son usine, active depuis 1972, pour l’assemblage en SKD de modèles Volkswagen, Škoda et Audi, ainsi que de composants automobiles, avec des projets de véhicules utilitaires électriques[161].

Sarajevo abrite le siège de la Banque centrale de Bosnie-Herzégovine, la Bourse de Sarajevo (Sarajevo Stock Exchange) et celui de nombreuses banques privées ; 19 établissements bancaires ont leur siège dans la ville. Elle accueille également l’Institut de comptabilité et d’audit de la fédération de Bosnie-et-Herzégovine.

En 2019, les exportations du canton de Sarajevo s’élevaient à environ 1,43 milliard de marks convertibles (KM), principalement à destination de l’Allemagne, de la Serbie et de la Croatie, tandis que les importations, d’une valeur d’environ 4,87 milliards de KM, provenaient majoritairement de Croatie[162].

En tant que capitale et plus grande ville de Bosnie-Herzégovine, Sarajevo concentre l’essentiel des médias nationaux. La majorité des chaînes de télévision, des stations de radio ainsi que des principaux journaux et magazines du pays y ont leur siège.

Les infrastructures de communication et de diffusion, en grande partie détruites durant la guerre de 1992-1995, ont été progressivement reconstruites et modernisées[163]. L’accès à Internet, introduit dès 1995, s’est rapidement développé ; le réseau est aujourd’hui étendu et performant. Plusieurs fournisseurs d’accès opèrent dans la capitale, parmi lesquels Logosoft, Telemach ou encore BH Telecom. Les médias en ligne occupent désormais une place centrale dans l’espace public. Parmi les portails d’information les plus consultés figurent notamment Oslobođenje, Dnevni Avaz, Klix.ba, Radiosarajevo.ba, BH info, 24 Sata, Balkan Insight Bosnia and Herzegovina...[164],[165].

La presse écrite demeure influente. Les quotidiens de référence sont Oslobođenje et Dnevni Avaz, dont les sièges sont situés dans la municipalité de Novi Grad.

La télévision conserve une forte audience. Parmi les principales chaînes figurent TV Hayat, Face TV, N1 ainsi que Federalna televizija, chaîne publique de la Fédération de Bosnie-et-Herzégovine[166]. Au niveau national, la radiotélévision publique est représentée par BHRT, dont la chaîne principale est BHT 1[167].

Sarajevo compte également de nombreuses stations de radio indépendantes. L’audience se concentre principalement sur quelques radios locales telles que Radio M, Radio Grad, eFM Student Radio et Radio Stari Grad, cette dernière étant l’une des plus écoutées. Des stations internationales, notamment européennes et américaines, sont également accessibles dans la capitale.

Université de Sarajevo
Académie des Beaux-Arts

L’enseignement à Sarajevo possède une tradition ancienne.

La première institution d’enseignement supérieur connue dans la ville est une école de philosophie soufie fondée en 1531 par Gazi Husrev-beg.

Au fil des siècles, de nombreuses écoles religieuses sont créées. L’annexion de la Bosnie par l’Empire austro-hongrois introduit ensuite le modèle éducatif occidental, et le premier lycée est établi en 1887.

Ce système évolue au fil du temps pour aboutir à un cadre éducatif organisé, au sein duquel l’enseignement primaire est aujourd’hui obligatoire depuis l’âge de sept ans. Selon des données publiées en 2023 pour le canton de Sarajevo, 38 047 élèves fréquentaient 96 écoles primaires, tandis que 14770 étaient inscrits dans 41 établissements d’enseignement secondaire de différents types[168].

Fondée en 1949, l’Université de Sarajevo, la plus grande et la plus ancienne institution d’enseignement supérieur du pays, comprend trente facultés et académies couvrant l’ensemble des disciplines scientifiques, juridiques, médicales, techniques et artistiques[169].

Outre l'Université de Sarajevo, la ville compte plusieurs universités privées, notamment l’« International University of Sarajevo » (IUS)[170], le « Sarajevo School of Science and Technology » (SSST)[171], et l’« International Burch University » (IBU)[172].

Sarajevo accueille également plusieurs établissements internationaux, dont la « Sarajevo International School »[173] et l’École française de Sarajevo, fondée en 1998 et devenue le « Collège international français de Sarajevo »[174].

Située dans une vallée encaissée entre plusieurs massifs montagneux, Sarajevo a connu une expansion urbaine contrainte par sa topographie. Cette configuration limite les possibilités d’aménagement et rend le stationnement difficile, en particulier durant la période estivale, lorsque l’afflux touristique accroît la population présente. Les rues étroites et le nombre restreint d’aires de stationnement freinent la circulation automobile, mais favorisent les déplacements piétons. Une partie du centre-ville est d’ailleurs piétonnisée depuis les années 1970.

Les deux principaux axes structurants sont la rue Maršala Tita (rue du Maréchal Tito) et le boulevard Zmaj od Bosne (« Dragon de Bosnie »), qui traversent la ville d’est en ouest.

Les habitants utilisent largement les transports en commun[175]. L’entreprise publique « Kantonalno javno komunalno preduzeće – Gradski Saobraćaj Sarajevo (JKP GRAS Sarajevo) », créée en 1984, assure le transport de passagers dans le canton de Sarajevo au moyen de tramways, de trolleybus, d’autobus et de minibus[176]. Un funiculaire, situé dans le quartier de Ciglane et mis en service en 1990, complète le réseau.

La plupart des lignes de tramway, de trolleybus et de bus suivent un axe est–ouest, principalement sur la rive nord de la Miljacka.

Face aux problèmes récurrents de congestion, un projet de métro sous la Miljacka a été envisagé dans le cadre de l’étude « Éco-énergie 2010-2015 », mais il n’a pas abouti.

L’usage du vélo, des vélos électriques et des trottinettes reste relativement limité, en raison notamment du relief marqué de la ville.

Sarajevo fait néanmoins l’objet d’un vaste programme de modernisation de ses infrastructures : réfection de nombreuses voiries, modernisation du réseau de tramway et construction de nouveaux ponts, routes et tronçons autoroutiers.

Tramways et trolleybus

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Le tramway à Sarajevo

Les premières lignes de tramway de Sarajevo sont mises en service en 1885 sous l’administration austro-hongroise[177]. Initialement exploité à traction hippomobile, le réseau sert alors de banc d’essai pour le développement des tramways à Vienne et dans l’Empire austro-hongrois. Construit à l’origine à l’écartement bosniaque de 760 mm, il est converti à l’écartement standard en 1960.

Le tramway joue un rôle déterminant dans l’expansion urbaine de Sarajevo au XXe siècle. Entre août 2021 et septembre 2023, le réseau fait l’objet d’une rénovation complète des voies, accompagnée de l’acquisition de plusieurs dizaines de nouvelles rames.

Aujourd’hui, le réseau comprend sept lignes et s’étend sur environ 16 kilomètres, principalement le long de la rive droite de la Miljacka[178].

Depuis les années 1980, les quartiers de Dobrinja et de Vogošća sont reliés au centre-ville par des lignes de trolleybus. Exploité par l’entreprise publique JKP GRAS Sarajevo, le réseau compte cinq lignes desservant une trentaine d’arrêts sur la rive gauche de la Miljacka, dont un terminus situé sur le territoire de l'entité la Republika Srpska. En janvier 2021, la ville a acquis 25 nouveaux trolleybus afin de moderniser le parc roulant.

Chemin de fer

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Gare centrale de Sarajevo, 2019

Le chemin de fer a joué un rôle central dans le développement économique et urbain de Sarajevo depuis la fin du XIXe siècle.

Entre 1878 et 1882, la première ligne à voie étroite reliant Bosanski Brod à Sarajevo est construite sous l’administration austro-hongroise. En 1886, la ligne Doboj–Sarajevo est mise en service, facilitant notamment l’exportation du charbon et du sel issus du bassin de Tuzla. Le , l’ouverture du tronçon Konjic–Sarajevo permet d’achever la liaison ferroviaire avec Mostar et, au-delà, avec la mer Adriatique.

Après la Seconde Guerre mondiale, le réseau est modernisé et converti à l’écartement standard. La ligne Šamac–Sarajevo est inaugurée le 15 novembre 1947. La liaison Sarajevo–Ploče, achevée en octobre 1968, est électrifiée dès 1969[179].

La Glavna željeznička stanica (gare principale de Sarajevo), située au nord du centre-ville, constitue le principal nœud ferroviaire de la capitale. Construite initialement en 1882 pour la voie étroite, elle est remplacée après 1945 par un nouveau bâtiment de style fonctionnaliste, inauguré en 1949. La gare est électrifiée en 1967 dans le cadre du premier programme d’électrification du réseau bosnien.

La principale ligne ferroviaire relie Sarajevo vers le sud à la mer Adriatique, via Mostar et Ploče, et vers le nord-ouest à Zenica, Doboj et Šamac, assurant la connexion avec les réseaux d’Europe centrale et orientale.

L'un des terminaux de l'aéroport international de Sarajevo et les avions de B&H Airlines.

L’aéroport international de Sarajevo (code AITA : SJJ) est situé à quelques kilomètres au sud-ouest du centre-ville, dans le quartier de Butmir. Les premiers vols au départ de Sarajevo ont débuté en 1930 depuis un petit aérodrome situé à Butmir, avec des liaisons vers Belgrade et Zagreb. Après la Seconde Guerre mondiale, la compagnie nationale yougoslave JAT rétablit des vols réguliers pour le trafic intérieur.

Face à l’augmentation de la demande, la construction d’un nouvel aéroport commence en 1965 ; il est achevé et mis en service en juin 1969[180]. L’infrastructure sert d’abord principalement d’aéroport de correspondance, les passagers transitant par Zagreb ou Belgrade avant de rejoindre des destinations internationales. En 1970, Francfort devient la première destination internationale desservie directement. Le trafic augmente progressivement, passant d’environ 70 000 à 600 000 passagers par an. L’aéroport est agrandi à l’occasion des Jeux olympiques d’hiver de 1984[181].

Durant la guerre de Bosnie-Herzégovine, l’aéroport est utilisé par les avions de l’Organisation des Nations unies et par des organisations humanitaires. Depuis les Accords de Dayton signés en 1996, il connaît un développement soutenu[182].

L’aéroport est relié au centre-ville par des lignes de bus et de trolleybus. En 2025, environ 2,2 millions de passagers ont transité par la plateforme[183].

Sarajevo constitue un important carrefour routier en Bosnie-Herzégovine. La ville est reliée au réseau autoroutier national par l’autoroute A1, qui fait partie du corridor paneuropéen Vc, reliant le nord du pays à Budapest et, au sud, à Mostar puis au port de Ploče sur la mer Adriatique[184]. Plusieurs routes magistrales assurent également les liaisons avec les autres régions du pays, notamment vers l’est et le sud-est. Le transport urbain routier est principalement assuré par l’entreprise publique cantonale « KJKP GRAS Sarajevo », qui exploite un réseau d’autobus et de minibus desservant l’ensemble du territoire cantonal.

La compagnie privée « Centrotrans » participe également au transport urbain par autobus. Elle assure en outre des liaisons interurbaines vers d’autres villes de Bosnie-Herzégovine et de l’ex-Yougoslavie, ainsi que des lignes internationales à destination notamment de l’Autriche, de la France, de l’Allemagne, de la Tchéquie et de la Slovaquie[185].

Parmi les ponts notables sur la rivière Miljacka :

  • Pont des chèvres (vers 1575),
  • Pont de Šeher-Ćehaja (1585-1586). Le Pont du Maire a été plusieurs fois détruit ou sérieusement endommagé, particulièrement en 1619, 1629, 1843, 1880, 1992-1995. La dernière reconstruction est de 1999-2001. Un récit légendaire affirme qu'un diamant a été inséré dans un pilier à la fin de sa construction : il a été volé, le jeune voleur (par amour) arrêté a été acquitté par le cadi, à condition que…
  • pont latin (1798-1799). Un pont en bois est attesté à cet emplacement en 1541, financé par Sarac Hussein, fils de Shirmerd. Un premier pont en pierre aurait été financé par un éminent citoyen de la ville, Ali Ajni-Beg, en 1565. L'inondation de 1791 le détruit. La reconstruction est financée par le marchand Abdulah-aga Briga. Pendant la période yougoslave, il est renommé Pont Princip.
  • Pont Ćumurija (Charbon, 1886). L'original ottoman de 1585 reliait les mosquées des deux rives.
  • Pont Čobanija (1887), passerelle en acier.
  • Pont Skenderija (1893), également nommé Ajfelov most ou Ajfel ou Pont de fer, dessiné par Gustave Eiffel (mais sans documentation sérieuse), a été reconstruit en 2004. Il remplace un pont original de l'époque de Skender Pasha (vers 1500), dont l'histoire est mal renseignée. Il est orné de nombreux cadenas de supposés amoureux.
  • Pont Drvenija (1898). L'original, mi-béton mi-bois, a été remplacé par du bois, à la suite des fréquentes inondations. La proximité des différents établissements scolaires et universitaires en a fait un lieu de rencontre, d'où le surnom de Pont des amoureux. C'est aussi devenu le point de rencontre des bouquinistes, des fripiers et des pickpockets. Le nom Drveni désigne régulièrement les ponts à l'époque ottomane.
  • Pont de Suada et Olga. Il porte le nom de Suada Dilberović et Olga Sučić, les premières victimes abattues en 1993 par les milices du Parti démocratique des Serbes de Bosnie au début du siège de Sarajevo, intervenues à nouveau lors du combat du pont de Vrbanja (1995-1996) : Roméo et Juliette à Sarajevo, d'après la pièce de théâtre de John Zaritsky, Romeo and Juliet in Sarajevo (1994). Le nom d'avant était Vrbanja bridge, Vrbanja most). Le plus ancien nom de pont à cet emplacement est Pont Ćirišhana, ou Pont de la fabrique de colle (située alors rive droite).
  • Festina lente (2012), passerelle.

On peut également consulter la liste de ponts de Bosnie-Herzégovine.

Personnalités

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Coopération internationale

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Villes jumelées de Sarajevo[186]:

Les villes amis de la ville de Sarajevo:

Dans la fiction

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  • Mission Sarajevo, série SAS no 109, éditions Gérard de Villiers, 1993. Le numéro 3758 de la Revue des Deux Mondes, paru en juillet-août 2014, a pour principal sujet d'étude et de réflexions la série SAS ; elle porte le titre : « G. de Villiers : enquête sur un phénomène français ». Un article de Renaud Girard, Gérard de Villiers, mon compagnon d'aventures, indique en page 52 de la revue : « Gérard, qui avait été transporté par notre reportage, me contacta dès mon retour à Paris : « Ma prochaine histoire se passera à Sarajevo ! ». Et il m'emprunta toutes mes cartes d'état-major de la ville et de la région. Son ouvrage, Mission Sarajevo, le numéro 109 de la collection des SAS, demeure un livre de référence sur l'ambiance de la capitale bosniaque au début de son siège. »
  • Igor Štiks, Le Serpent du destin (2012), roman croate dont une partie se déroule à Sarajevo en 1992
  • Velibor Čolić, Sarajevo omibus (2012), roman bosniaque en français, principalement sur certains aspects de la période 1890-1945
  • Les Ponts de Sarajevo (2014) est un film de fiction omnibus réalisé en 2014 par treize réalisateurs, évoquant la place de Sarajevo dans l'histoire européenne.

Notes et références

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Articles connexes

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Liens externes

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Bibliographie

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