Shekak
Les Shekak ou Shakkak[1] (شکاک)[2] sont une tribu kurde présente dans diverses régions, principalement dans la province d'Azerbaïdjan occidental, en Iran.
Histoire
[modifier | modifier le code]La tribu Shikaki est mentionnée pour la première fois dans un *mişûr* (manuscrit) yézidi de 1207/1208 apr. J.-C., comme l'une des tribus affiliées à Pir Sini Darani, un saint yézidi représenté dans la religion yézidie comme le Seigneur de la Mer[3].
Dans le Sharafnama, ils sont mentionnés deux fois. D'abord, dans le chapitre sur l'émirat de Bohtan, comme étant l'une des quatre tribus vivant à Hakkari. Ensuite, dans le chapitre sur l'émirat ayyoubide de Hasankeyf[4].
Dans un Defter ottoman du XVIe siècle, ils sont mentionnés dans les régions de Birecik, Kahta, Joum, Suruç et Ravendan, et désignés sous le nom de « Taife-I Ekrâd-I Shikakî »[5]. Dans un autre Defter, ils sont mentionnés dans la région de Çemişgezek[6].
Parmi les clans des Shekak figurent les « Awdoǐ »[7] ou Evdoyî. Selon leur histoire orale, ils sont venus de Diyarbakır au XVIIe siècle et se sont installés à l'ouest du lac d'Ourmia[7], déplaçant ainsi la tribu Donboli[8].
Le premier chef connu des Awdoǐ fut Ismail Agha, un chef kurde qui soutint Agha Mohammad Chah dans ses conquêtes. Ismail Agha mourut en 1816 et sa tombe est située au bord de la rivière Naslu[8]. Son petit-fils, Jafar Agha, fut exécuté par les autorités qadjares comme bandit à Tabriz en 1905[7]. Le frère de Jafar, Simko Shikak, entama alors une rébellion contre l'Iran qadjar avec le soutien de l'Empire ottoman. Il fut responsable de massacres contre les Assyriens et les Azerbaïdjanais de la région avant et pendant la Première Guerre mondiale, ainsi que de la résistance organisée contre le régime de Reza Chah, ce qui conduisit finalement à sa mort en 1930[9].
La tribu Shekak a été décrite comme étant composée de guerriers courageux ; ils ont formé des officiers et soldats de la dynastie kadjar depuis le règne d'Agha Mohammad Chah[10].
Répartition
[modifier | modifier le code]La tribu habite les villages d'Akçakuşak, Çevrimli, Düğünyurdu, Koçtepe et Yatağankaya dans la province de Şırnak en Turquie[2]. Elle habite par ailleurs plusieurs villages dans la province de Tunceli[11].
Des parties chiites de la tribu, parlant des langues turciques, habitaient historiquement plusieurs poches dans la province d'Azerbaïdjan oriental[12].
Personnalités notables
[modifier | modifier le code]- Ismail Agha (m. 1816 ou 1820)[13]
- Mîr Alî Agha
- Mehmed Agha
- Timur (Teymûr) Agha
- Jafar Agha (m. 1905)
- Simko Agha (n. 1887 – m. 1930)
- Amar Khan (n. 1873 – m. 1958)[14]
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
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Références
[modifier | modifier le code]- ↑ Pierre Oberling, « Kurdish Tribes » [archive du ], New York, (consulté le )
- (tr) Ibrahim Baz, Şırnak aşiretleri ve kültürü, , 145 p. (ISBN 9786058849631)
- ↑ Dimitri Pirbari, Nodar Mossaki et Mirza Sileman Yezdin, « A Yezidi Manuscript:—Mišūr of P'īr Sīnī Bahrī/P'īr Sīnī Dārānī, Its Study and Critical Analysis », Iranian Studies, vol. 53, nos 1–2, , p. 223–257 (ISSN 0021-0862, DOI 10.1080/00210862.2019.1669118, S2CID 214483496, lire en ligne
)
- ↑ Şerefxanê Bedlîsî. Şerefname: Dîroka Kurdistanê. Traduit par Z. Avci. Viranşehir: Azad, 2014.
- ↑ Öztürk, Mustafa. 16.Yüzyilda Kilis, Urfa, Adiyaman ve çevresinde Cemaatler-Oymaklar. Elazig: Firat Üniversitesi Basimevi, 2004.
- ↑ « Archived copy » [archive du ] (consulté le )
- M. Th. Houtsma, E.J. Brill's First Encyclopaedia of Islam, 1913-1936, vol. 4, E.J. Brill, (ISBN 90-04-09796-1), « Salmas », p. 118
- M. Th. Houtsma, E.J. Brill's First Encyclopaedia of Islam, 1913-1936, vol. 4, E.J. Brill, (ISBN 90-04-09796-1), « Shakāk », p. 290
- ↑ Brendan O'Leary et Khālid Ṣāliḥ, The Future of Kurdistan in Iraq, Philadelphia, University of Pennsylvania Press, , 3–46 p. (ISBN 0-8122-3870-2), « The Denial, Resurrection, and Affirmation of Kurdistan »
- ↑ (fa) Awghāzī Kalīm Allāh Tavaḥḥudī, حرکت تاريخي کرد به خراسان در دفاع از استقلال ايران, , 488 p.
- ↑ Ahmet Kerim Gültekin, Kurdish Alevis and the Case of Dersim: Historical and Contemporary Insights, Lexington Books, , 106 p.
- ↑ Modèle:EI2
- ↑ Mihemed Resûl Hawar. Simko Axayê Şikakî û Tevgera Neteweyî ya Kurd. Traduit par Ziya Avci (Istanbul: Nûbihar, 2016), 190-2.
- ↑ (ku) Muhammed S. Qadri, Emer Xanî Şikak: Le Serhelldanî Simkowe ta Komarî Kurdistan [« Amar Khan Shikak: from the rise of Simko to the Kurdistan Republic »], Téhéran, Iran, Kurdish Academy, (lire en ligne)