Sima Chengzhen
Figure centrale de l’École des Immortels
| Naissance | |
|---|---|
| Décès |
(à 88 ans) Mont Wangwu |
| Nom dans la langue maternelle |
司马承禎 (司馬承禎) (Sima Chengzhen) |
| Autres noms |
nom de courtoisie : Ziwei (子微) (noble subtilité) nom religieux Daoyin (道隱) (reclus du Dao) pseudonyme : Baiyunzi (白雲子) (maître du nuage blanc) |
| Nationalité | |
| Activité |
fonctionnaire, patriarche taoïste, poète chinois |
| Mouvement | |
| Influencé par |
taoïsme |
| Famille |
Che-nej s'-ma š' (d) |
| Père |
司马仁最 (d) |
| Distinction |
titre posthume « Grand Conseiller des insignes Argent et Bleu » sous le nom de Maître Zhenyi (ou Zhenyi) |
Sur la pratique de l’oubli en s’asseyant (Zuowang lun) (坐忘論) |
À noter : les mots « Dao » et « Tao » sont utilisés indifféremment. Ils ont le même sens : la Voie.
Sima Chengzhen (chinois : 司马承禎 ; chinois traditionnel : 司馬承禎 ; pinyin : ; Wade : Ssu-ma Ch'êng-chen) (647 — 735), prénom de courtoisie : Ziwei (子微) (noble subtilité), est un célèbre maître taoïste de la dynastie Tang, sixième patriarche de l’école Shangqing du taoïsme[1] sous la dynastie Tang, descendant de Sima Kui (179-251) qui était grand ministre du royaume Cao Wei[2]. Originaire du comté de Wen, dans le district de Henei (actuellement comté de Wen, Henan), il passe plus de la moitié de sa vie en ermite. Il excelle dans la calligraphie et il est la figure centrale du groupe des « Dix amis de l'École des Immortels[a 1] »,[3]. Il meurt en 735 à l’âge de 88 ans. Il est décrit comme « … peut-être le taoïste le plus important de l’époque Tang »[4].
Biographie
[modifier | modifier le code]Sima Chengzhen est un descendant de la famille impériale régnante des Sima de la Dynastie Jin (265-420) et des hauts fonctionnaires régionaux sous les Sui (581–618) et du début des Tang[5]. Il naît en 647 dans une famille de fonctionnaires[a 2]. Dans sa jeunesse, Sima Chengzhen est passionné par les études et maîtrise la poésie et les classiques, mais il se désintéresse de la fonction publique[2] et, bien que Sima ait reçu une éducation traditionnelle sur les classiques confucéens, il se convertit au taoïsme à l'âge de 21 ans. Il devient l’élève de Pan Shizheng (587–684), un ermite du Mont Song et il apprend les talismans, la pratique de l’abstinence alimentaire et de la méditation, les techniques de guidage et la consommation d’élixirs ainsi que celles d’exorcisme et de purification de l’esprit[6],[2]. Il est ordonné par l’école Shangqing (la « plus haute clarté ») en 669.
Après avoir maîtrisé le taoïsme, Sima Chengzhen prend congé de son maître et parcourt diverses montagnes célèbres avant de s’établir en 711, pour pratiquer la voie taoïste, au monastère Tongbo[a 3],[5] sur le Mont Tiantai (Zhejiang). Il y vit pendant quarante ans, où il prend le surnom de Baiyunzi (白雲子) (maître Nuage Blanc), et il fonde l’école taoïste « Shangqing Tiantai » ou « Tiantai du mont Nanyue ». La majeure partie de ses écrits est achevée sur le mont Tiantai[7]. Sima est promu Grand Maître de Shangqing en 684 et devint un favori de la cour impériale et de l’aristocratie[4]. Il est successivement convoqué par trois empereurs à la capitale pour y prêcher et pour enseigner le Dao : par l'impératrice Wu Zetian (r. 690-705) qui lui remet personnellement un décret et loue sa grande vertu et ses accomplissements dans la voie du taoïsme 1[8], par l’empereur Tang Ruizong (r.710-712) qui lui offre un précieux instrument de musique (qin) ainsi qu’un manteau brodé de motifs nuageux et par l'empereur Xuanzong (r. 712–756), en 721 qui reçoit une ordination taoïste de Sima Chengzhen.
En 724, Xuanzong fait de nouveau venir Chengzhen à Luoyang et lui ordonne de choisir lui-même un site favorable de résidence sur le mont Wangwu au Henan pour y fonder un monastère taoïste[9],[2]. Sima y fonde le monastère Yangtai, s'y installe et se surnomme « Daoïste du Zhongyan » (中岩道士). Il meurt le 18 juin 735 sur cette montagne à l’âge de 88 ans (certaines sources comme Britannica disent 89 ans). L’Empereur Xuanzong écrit lui-même l’épitaphe et lui confère honorifiquement le titre de « Grand conseiller des insignes argent et bleu [a 4] » sous le nom de Maître Zhenyi (ou Zhenyi) (真一先生).
Sima Chengzhen entretient des relations étroites avec des poètes taoïstes renommés tels que Li Bai, Meng Haoran, Wang Wei et les autres membres des Dix amis de l'École des Immortels, ainsi qu’avec de nombreux autres poètes de la dynastie Tang. C’est un homme aux multiples talents, maîtrisant la calligraphie, la peinture, et étant également habile dans la fabrication de miroirs en bronze, d’épées précieuses et de luths[2].
Calligraphie
[modifier | modifier le code]Sima Chengzhen est un maître dans l’art de la calligraphie des sceaux (篆書, huànshū)[a 5], du style clérical (隸書, lìshū) et des caractères cursifs, développant son propre style unique qu’il appelle « calligraphie aux ciseaux d’or ». L’empereur Xuanzong lui ordonne d’établir un texte standard du classique de Laozi, le Dao de jing (道德经) en trois styles différents de calligraphie, et de faire graver ce texte sur des tablettes de pierre pour en publier l’édition officielle[5].
Taoïsme
[modifier | modifier le code]Le VIIIe siècle a vu le taoïsme Shangqing atteindre des sommets sans précédent en matière d’autorité rituelle sanctionnée impérialement dans la Chine des Tang. D’après tous les témoignages publics, Sima Chengzhen est le plus grand taoïste des Tang[10] et il est particulièrement célèbre « pour avoir su mêler les méthodes taoïstes, confucéennes et bouddhistes de cultivation mentale »[1]. Il crée une théorie taoïste de la pratique de l’immortalité, ainsi qu’une série de principes de cultivation, tels que les « Cinq étapes progressives » (五渐门) (wǔ jiàn mén) et les « Sept degrés » (七阶次) (qī jiē cì).
Œuvres
[modifier | modifier le code]Ses principales œuvres comprennent :
- Sur la pratique de l’oubli en s’asseyant (Zuowang lun) (坐忘論) : en 1 rouleau. Son œuvre la plus célèbre, manuel de méditation en sept étapes (foi, détachement, concentration, endurance, discernement, oubli, union au Dao), qui systématise la pratique de « s’asseoir et oublier » comme voie d’accès au Dao[5].
- Panégyrique du Sutra du Suprême Ascendant pour Dissiper les Calamités et Protéger la Vie (Tàishàng shēngxuán xiāozāi hùmìng miào jīng sòng) (太上升玄消灾护命妙经颂) en (un rouleau), écrit pendant sa retraite sur le mont Tiantai. Dans ce texte, il organise onze événements marquants relatifs à Wang Qiao, accompagnés de onze illustrations, alliant texte et image, et créant un lien visuel et spirituel entre Wang Zizhin et le mont Tiantai de Tongbai[2].
- Le Maître caché dans le Ciel (Tianyinzi) (天隱子) : traité qui expose un itinéraire en cinq étapes (purification, retraite, contemplation, assise dans l’oubli, libération) et intègre la notion de zuowang dans un programme plus large de cultivation
- Éloge du vrai portrait du Zhenren de Tongbai, serviteur de l’Empereur du matin du Shangqing (上 清侍帝晨桐柏真人真圖讚) : hagiographie richement illustrée de Wangzi Jin, qui raconte la vie de ce prince lettré, le saint résident du site du temple Tongbo. Ce récit fait partie des écrits survivants de Sima Chengzhen.
- Secrets de la pratique de la Voie (修真秘旨) : en douze chapitres, œuvre largement diffusée. Rédigé au monastère Yangtai.
- Etc.
Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]- ↑ Il s’agit d’un groupe de dix hauts fonctionnaires et érudits raffinés contemporains qui ont tous des liens profonds avec le taoïsme et ils opèrent principalement dans les domaines littéraire et religieux ou spirituel. Ce groupe comprend : Sima Chengzhen, Li Bai, Chen Zi'ang, Wang Wei Song Zhiwen, Meng Haoran, Wang Shi, Bi Gou, Lu Zangyong, He Zhizhang.
- ↑ Son arrière-grand-père, Sima Yi, était gouverneur de la province de Jinzhou sous la dynastie du Nord Zhou et fut titré Prince de Langya. Son grand-père, Sima Sheng, servait comme commandant sous la dynastie Sui. Son père, Sima Renzui, occupa successivement les fonctions de préfet des provinces de Xiang et de Hua sous la dynastie Tang.
- ↑ Ruizong, qui engagea des discussions sur la cosmologie et la gouvernance avec le taoïste, fonda en 711 le temple Tongbo guan pour Sima Chengzhen près du refuge précédent du maître sur le mont Tiantai.
- ↑ Titre honorifique de très haut rang dans l’administration impériale chinoise, surtout sous les dynasties Sui et Tang servant à honorer un haut fonctionnaire, un lettré ou un religieux.
- ↑ Aussi appelé sigillaire ou script des sceaux.
Références
[modifier | modifier le code]- Sima Chengzhen, Encyclopedia Britannica, (lire en ligne)
- (zh) « 仙宗十友 (Dix amis de l'École des Immortels) », sur Baike.baidu, Pékin, (consulté le )
- ↑ (zh) « 仙宗十友 (Dix amis de l'École des Immortels) », sur Baike.baidu, Pékin, (consulté le )
- (en) Russell Kirkland, Sima Chengzhen (司馬承禎) (The Encyclopedia of Taoism), Fabrizio Pregadio, coll. « The Encyclopedia of Taoism », , p. 191
- (de) Engelhardt, Ute, Die klassische Tradition der Qi-Übungen (Qigong). Eine Darstellung anhand des Tang-zeitlichen Textes (La tradition classique des exercices de Qi (Qigong). Une présentation à travers le texte du Tang intitulé Fuqi jingyi lun de Sima Chengzhen), Wiesbaden,
- ↑ (zh) Ouyang Xiu (1007-1072) et Zhao Mingcheng (1081-1129), 金石录 (Recueil des inscriptions sur métal et pierre) (dyanstie Song), vol. 27, analysant une stèle tang de Sima Chengzhen, Daozang
- ↑ (zh) 徐永恩 (Xu Yong’en), « 司马承祯对天台山的十大功献 (Les dix grandes contributions de Sima Chengzhen au mont Tiantai) », 天台报 (journal de Tiantai),
- ↑ (zh) « 司马承祯 (Sima Chengzhen) », sur 道教文化中心数据库 (Base de données du Centre de la culture taoïste), (consulté le )
- ↑ (zh) « 司马承禎 (司馬承禎) (Sima Chengzhen) », sur Chinese Text Project, Ctext.org (consulté le )
- ↑ (en) Kidder Smith, Li Bo Unkempt, Goleta (États-Unis)consulté le=10 janvier 2026, Punctum Books, , chapitre 36, p. 147
Liens externes
[modifier | modifier le code]- https://zh.wikisource.org/wiki/全唐詩/卷852 : Intégrale de la Poésie des Tang (全唐詩), volume 852 : un poème de Sima Chengzhen.
- Calligraphe chinois du VIIe siècle
- Calligraphe de la Chine médiévale
- Décès en 735
- Dynastie Tang
- Écrivain chinois du VIIe siècle
- Écrivain chinois du VIIIe siècle
- Ermite du VIIIe siècle
- Ermite du VIIe siècle
- Lettré de la Chine médiévale
- Naissance en 647
- Naissance en Chine
- Personnalité du taoïsme
- Poète chinois du VIIe siècle
- Poète chinois du VIIIe siècle
- Taoïsme dans la Chine médiévale