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Smovengo

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Smovengo
logo de Smovengo
Logo de Smovengo.

Création 2017
Forme juridique Société par actions simplifiée
Siège social Puteaux
Drapeau de la France France
Direction Stéphane Volant
Actionnaires Indigo (100 %)
Activité Mobilité, vélos en libre-service
Société mère Indigo
Effectif Entre 250 et 499 salariés
SIREN 830888640Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web smovengo.fr

Smovengo est une entreprise française spécialisée dans le déploiement et la mise en libre service de vélos partagés en zone urbaine, créée en 2017 sous la forme d'un consortium associant quatre acteurs européens de la mobilité : la PME montpelliéraine Smoove (devenue Fifteen), les groupes français Mobivia et Indigo (ex-Vinci Park), ainsi que l'espagnol Moventia[1]. Fin 2024, Indigo devient l'unique actionnaire de Smovengo[2].

À son lancement, le nouveau service Vélib' Métropole déployé par Smovengo vit des débuts très difficiles, la presse évoquant un « fiasco », ou encore un « scandale », parlant régulièrement de « Vélibgate »[3],[4],[5],[6]. En 2022, soit quatre ans après le transfert difficile de JCDecaux à Smovengo, l'exploitant reste très critiqué pour la qualité du service (vélos inutilisables, stations vides ou pleines, assistance électrique en panne, etc.), la mairie de Paris n'excluant pas une reprise en régie publique à la fin du contrat en cours[7],[8],[9].

Smovengo exploite le service Vélib' Métropole, organisé par l'Agence métropolitaine des mobilités partagées (Agemob), et propose pour la première fois des vélos connectés à assistance électrique en plus des vélos mécaniques, et ambitionne d’étendre le service Vélib’ à toutes les communes du Grand Paris[10]. Hormis Vélib' Métropole, Smovengo gère d'autres services comme à Paris Weelo, un service de location à la journée en boutique[11].

Gain de l'appel d'offres

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En , le consortium Smovengo, piloté par la PME Smoove[12], remporte l’appel d’offres porté par le SMAVM (Syndicat Mixte Autolib’ Velib’ Métropole), syndicat qui regroupe la ville de Paris, la Métropole du Grand Paris, et 60 communes limitrophes. À la suite de cela, les membres du consortium créent la société Smovengo, sur la base du même actionnariat. Smoove étant lui-même filiale de Mobivia, le capital du groupe est partagé entre Indigo, Mobivia et Moventia qui en détiennent chacun environ un tiers[13].

Le marché du vélo en libre-service attribué à Smovengo est évalué sur une durée de 15 ans et s’élève à 600 millions d’euros[14].

Débuts très difficiles et « Vélibgate »

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Quelques mois après le lancement officiel du nouveau service Vélib', nombre d'élus et d'usagers demandent des comptes à l'exploitant Smovengo alors que l'installation des nouveaux Vélib' ne cesse de prendre du retard, la presse évoquant un « scandale »[3], un « fiasco »[4], parlant parfois de « Vélibgate »[5]. Une situation qui a poussé le Syndicat Autolib' Vélib' Métropole, la métropole du Grand Paris et la mairie de Paris à verser des compensations aux abonnés[15]. De son côté, le consortium répond vouloir rattraper son retard malgré « un contexte très particulier dans lequel le projet a été lancé » et met en cause directement son prédécesseur JCDecaux et le démontage de ses stations[5],[16].

En , Arnaud Marion intègre Smovengo en tant que président exécutif, il a pour mission d'améliorer le service Vélib’. Il parvient à redresser progressivement le service avec 30 000 courses par jour en septembre contre 13 000 deux mois auparavant[17]. En , on estimait que 80 000 trajets de Vélib’ étaient effectués par jour, pour un parc de 1 400 stations dans Paris et 55 communes. L’objectif donné était de mettre à disposition des usagers 19 000 Vélib’.

Pour faire face à la forte augmentation de l’utilisation du Vélib et aux actes de vandalisme, Smovengo, qui détient deux entrepôts en Île-de-France, a réorganisé la maintenance 24h sur 24 grâce à environ 400 salariés et sous-traitants. L'entreprise a déclaré que 850 vélos pourraient être réparés chaque jour au maximum de leurs capacités de maintenance[18].

Nouvelle gouvernance et stabilisation du service

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En , Ghislaine Mattlinger est nommée présidente[19]. Anciennement directrice adjointe chez Indigo, elle rejoint Smovengo au côté de Jacques Greiveldinger le directeur général.

En , durant la crise du coronavirus, le service Vélib' continue de fonctionner. Face à la crise et aux contraintes de ceux qui doivent se déplacer pendant l’épidémie, le SMAVM et Smovengo rendent les usages de Vélib’ gratuits dans le cadre des déplacements autorisés[20].

Le service atteint le nombre de vélos prévus au début du mois de mai (19 000 vélos). Le déconfinement et la désaffection des transports publics traditionnels font augmenter à la fois le nombre d’abonnés qui atteint les 400 000[21] et le nombre de courses : un record de 192 000 courses en une seule journée est atteint le mercredi [22].

En , Stéphane Volant prend la présidence[23].

Le , le service Vélib' a enregistré un record avec plus de 209 700 courses en un jour. Les données disponibles indiquent également que 57% des courses sont effectuées avec les vélos électriques mis à disposition par Smovengo[24].

Équilibre financier

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En 2021, Le Canard enchaîné[25] révèle que les dirigeants de la PME sont en négociation avec la mairie de Paris concernant la survie même du service à moyen terme et nécessitant une aide de l'ordre de 240 millions d'euros. Smovengo connait « une énorme crise de croissance », résume Sylvain Raifaud. La faute, en partie, à l’essor plus rapide que prévu des vélos électriques. Ils ne représentent que 35 % de la flotte Vélib’, mais 60 % des 118 millions de kilomètres parcourus en 2020[26]. Soumis à un usage intensif, ces vélos à assistance électrique entraînent de fortes dépenses de maintenance. Dès l'information rendue publique, le concurrent évincé en 2017 JCDecaux menace d'un recours en justice. Finalement, les discussions aboutissent à un projet d'avenant prévoyant une augmentation de la subvention de 6 millions d'euros par an, notamment financé par une augmentation de tarif des vélos à assistance électrique (VAE), en parallèle d'une baisse des charges de l'opérateur Smovengo pour trouver l'équilibre financier.

En février 2022, la mairie de Paris n'exclut pas une reprise du service Vélib' Métropole en régie publique à l'échéance du contrat en cours avec Smovengo, soit fin 2032[7].

Le 31 décembre 2024, Indigo annonce avoir acquis l'intégralité des actions de Smovengo, devenant ainsi l'unique actionnaire de l'entreprise[2].

Controverses

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Recours en justice de JCDecaux

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En , l’ex-opérateur JCDecaux porte le gain de l’offre par Smovengo en justice et dénonce un conflit d'intérêts autour de la famille Mercat. Selon l’opérateur, Nicolas Mercat, le frère du dirigeant de Smoove (Laurent Mercat), aurait influencé le gain de l’offre par Smovengo en participant à la préparation du marché Vélib’.

La plainte de JCDecaux est rejetée et l’entreprise est déboutée[12].

Mouvement de grève

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En , les techniciens Smovengo de Villeneuve-la-Garenne se mettent en grève et réclament une hausse des salaires de base de 20% ainsi qu’une majoration de 45 % pour les travailleurs de nuit[27]. Après plus de 4 semaines de grève, Smovengo porte l’affaire en justice. Plus d’un an après, les 21 salariés, licenciés en 2018 à la suite de cette grève, n’ont pas obtenu gain de cause par les prud’hommes de Nanterre. La décision rendue le fait état que la grève est définie comme illicite et ne permettra pas de réintégration ni d’indemnité aux anciens salariés[28].

Références

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  1. « Vélib’ en Ile-de-France : de l’entreprise Smovengo au syndicat mixte, qui fait quoi ? », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  2. a et b « Mobilité : les raisons du spectaculaire rebond du concessionnaire de Vélib', Smovengo », sur Le Moniteur,
  3. a et b « Le scandale du Velib'gate » [archive du ], sur Ecole de Guerre Economique (consulté le )
  4. a et b « Vélib’, retour sur le fiasco qui fragilise Anne Hidalgo », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  5. a b et c « « Vélibgate » : le délégataire Smovengo règle ses comptes », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  6. Guillaume Lecaplain, « Le nouveau Vélib ? Plus cher, défaillant et inaccessible (et ça risque de durer) », sur Libération (consulté le )
  7. a et b « Vélib': la ville de Paris n'exclut pas une reprise en régie après Smovengo », sur Le Figaro, (consulté le )
  8. « Velib: à Paris, le ton monte chez les élus qui pointent le service déficient de Smovengo », sur BFMTV, (consulté le )
  9. « Un « service pathétique », nos lecteurs jugent sévèrement Vélib' », sur 20 Minutes, (consulté le )
  10. « Nomination - Edition n°819 du 07 octobre 2019 | CentraleSupélec Alumni », sur association.centralesupelec-alumni.com (consulté le )
  11. Adeline Adelski, « Weelo, le vélo électrique en location à la journée », sur cleanrider.com, (consulté le )
  12. a et b « Vélib', les raisons d'un fiasco », L'Expansion, (consulté le )
  13. « La vérité sur… Smoove, le gagnant du Vélib'2 », sur Challenges (consulté le )
  14. cf. Vélib' Métropole
  15. « Vélib' : Smovengo met les bouchées doubles pour compenser son retard », sur Le Point, (consulté le )
  16. « Vélib' : Smovengo « regrette » les désagréments subis par les Parisiens », sur Le Point, (consulté le )
  17. « L'impossible mission du sauveur de Vélib' », Challenges (consulté le ).
  18. Jean-Gabriel Bontinck, « Grand Paris : 400 employés travaillent jour et nuit pour réparer 850 Vélib’ par jour », Le Parisien, (consulté le ).
  19. Sébastian Compagnon, « Vélib’ : Smovengo nomme sa nouvelle présidente », Le Parisien, (consulté le ).
  20. « Coronavirus: les Vélib' gratuits jusqu'à la fin du confinement », Le Figaro, (consulté le )
  21. « Vélib' confirme le boom du vélo à Paris », sur Le HuffPost, (consulté le )
  22. Jean-Gabriel Bontinck et Victor Alexandre, « Avec un mois de juin de tous les records, le retour en grâce du Vélib’ », Le Parisien, (consulté le ).
  23. « Stéphane Volant prend la présidence de Smovengo », sur Ville, Rail et Transports, (consulté le )
  24. « Île-de-France: Vélib' franchit la barre des 400.000 abonnés », sur BFM TV (consulté le ).
  25. Jean-Gabriel Bontinck, « Smovengo réclamerait 240 millions d’euros pour continuer à gérer Vélib’ », Le Parisien, (consulté le )
  26. « À Paris, les tarifs des vélos électriques vont augmenter pour sauver Vélib’ », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  27. « Villeneuve-la-Garenne : blocage au dépôt de Vélib’ », Le Parisien, (consulté le ).
  28. Sébastian Compagnon, « Vélib : les grévistes licenciés déboutés par les prud’hommes », Le Parisien, (consulté le ).

Liens externes

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