Sobekemsaf
| Sobekemsaf | |||||
Stèle du prêtre Iouf photographiée par Pierre Lacau (1909). Elle indique que Iouf a été chargé de la réfection de la tombe de Sobekemsaf (Musée égyptien du Caire, CG 34009). | |||||
| Nom en hiéroglyphe |
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| Transcription | Sbk-m-sȝ=f | ||||
| Période | Deuxième Période intermédiaire | ||||
| Dynastie | XVIIe dynastie | ||||
| Fonction principale | reine d'Égypte | ||||
| Famille | |||||
| Grand-père maternel | Roi non nommé ? (Râhotep ou Sekhemrê-Shedtaouy Sobekemsaf ?) | ||||
| Conjoint | Noubkheperrê Antef | ||||
| Enfant(s) | ♂ Nakht ? ♂ Qinen ? ♀ Sobekemsaf ? |
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| Fratrie | ♀ Néférouni ♂ Roi non nommé (Sekhemrê-Herouhermaât Antef ou Sekhemrê-Ouadjkhâou Sobekemsaf ou Senakhtenrê Iâhmes ?) |
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| Sépulture | |||||
| Emplacement | Edfou | ||||
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Sobekemsaf (Sobek est sa protection) - nom masculin pour les Égyptiens - est l'épouse du roi de Thèbes Noubkheperrê Antef (XVIIe dynastie). Elle est enterrée à Edfou, d'où elle était originaire. Elle symboliserait donc l'alliance entre les princes de Thèbes avec une grande famille d'Edfou.
Attestations
[modifier | modifier le code]La reine est connue par quelques documents[1] :
- des bijoux retrouvés à Edfou : un bracelet conservé au British Museum[2] et un pendentif[3], aujourd'hui perdu ; le nom de Noubkheperrê Antef est également inscrit sur ces objets,
- une stèle fragmentaire provenant d'Edfou en l'honneur de son père, dont le nom est en lacune[4] ; elle est conservée au Musée égyptien du Caire (numéro d'inventaire temporaire 16.2.22.23) ; sur cette stèle sont représentés la reine, sa sœur Néférouni et son frère dont le nom est en lacune,
- une stèle d'Edfou d'un certain Iouf (XVIIIe dynastie) et conservée au Musée égyptien du Caire (CG 34009) ; qualifiée d'« épouse du roi » et de « sœur du roi », elle est représentée assise à côté de la reine Iâhhotep Ire ; Iouf indique qu'il a rénové la tombe de la « fille du roi » Sobekemsaf[5].
La reine porte les titres suivants[6] :
- Épouse du roi (ḥm.t nsw.t),
- Celle qui est unie à la couronne blanche (ḫnm.t nfr ḥḏ.t),
- Sœur du roi (sn.t nsw.t),

Biographie
[modifier | modifier le code]Les bijoux montrent que l'époux de la reine était le roi de la XVIIe dynastie Noubkheperrê Antef[7].
La stèle est en l'honneur de son père, dont le nom est en lacune. Sont représentés également son frère, dont le nom est également en lacune et qui porte le titre de « [contrôleur] de la salle ousékhet » ([ḫrp]-wsḫt), et une sœur du nom de Néférouni et portant le titre d'iryt-pât[1]. Une ligne juste au dessus de la représentation des reines mentionne les titres de iryt-pât et « fille du roi », ce qui est généralement compris comme faisant référence à la mère de Sobekemsaf, ce qui ferait donc d'elle la petite-fille d'un roi ; les rois Sekhemrê-Ouahkhâou Râhotep et Sekhemrê-Shedtaouy Sobekemsaf ont été suggérés[1].
La stèle d'Iouf, un peu plus tardive, indique que la reine est devenue « sœur du roi » à un moment donné, le roi en question est inconnu, Kim Ryholt[8], Aidan Dodson et Dyan Hilton[9] ont proposé les rois Sekhemrê-Herouhermaât Antef (bien que ce dernier a également été proposé comme le frère de Noubkheperrê Antef[10]), Sekhemrê-Ouadjkhâou Sobekemsaf et Senakhtenrê Iâhmes ; dans ce dernier cas, cela ferait de la reine la tante de la reine Iâhhotep Ire. Il n'est pas certain que la « fille du roi » Sobekemsaf soit identique à la reine, bien que cette identification soit défendue par Claude Vandersleyen[11] ; Ryholt[8], Dodson et Hilton[12] proposent de faire plutôt d'elle la fille de la reine Sobekemsaf. Deux « fils du roi », nommés Nakht et Qinen et mentionnés respectivement sur une stèle à Abydos et un décret à Coptos, pourraient être des fils du roi Noubkheperrê Antef, et donc peut-être des fils de la reine Sobekemsaf[6].
La tradition la considère comme une ancêtre de la XVIIIe dynastie[13].
Sépulture
[modifier | modifier le code]Les stèles et les bijoux ayant tous été retrouvés à Edfou, et l'absence de la reine dans la tombe de Noubkheperrê Antef à Dra Abou el-Naga semblent montrer que la reine a été enterrée à Edfou[14], d'où elle était probablement originaire[15].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- Ryholt 1997, p. 268-269.
- ↑ (en) « Bracelets EA 57699 et EA 57700 (British Museum) »
- ↑ Newberry 1902, p. 285.
- ↑ Engelbach 1922, p. 116, Pl. XXII, no 6.
- ↑ Breasted 1906, p. 44-46 §§ nos. 109−114.
- Dodson et Hilton 2004, p. 120.
- ↑ Ryholt 1997, p. 268.
- Ryholt 1997, p. 269.
- ↑ Dodson et Hilton 2004, p. 117.
- ↑ Vandersleyen 2010, p. 110.
- ↑ Vandersleyen 2010, p. 121-122.
- ↑ Dodson et Hilton 2004, p. 117 et 120.
- ↑ Grimal 1994, p. 250.
- ↑ Vandersleyen 2010, p. 120-121.
- ↑ Lalouette 1986, p. 111.
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- (en) P. E. Newberry, « The Parentage of Queen Aah-Hetep », Proceedings Of The Society Of Biblical Archaeology, no 24, , p. 285-289 ;
- (en) James Henry Breasted, Ancient Records of Egypt, vol. II, Chicago, (lire en ligne) ;
- (en) Reginald Engelbach, « Steles and tables of offerings of the Late Middle Kingdom from Tell Edfû », Annales du service des antiquités de l'Égypte, Le Caire, Institut français d'archéologie orientale du Caire, no 22, , p. 113-138 (lire en ligne) ;
- Claire Lalouette, Thèbes ou la naissance d'un Empire, [détail des éditions] ;
- Nicolas Grimal, Histoire de l'Égypte ancienne, [détail des éditions] ;
- (en) K. S. B. Ryholt, The Political Situation in Egypt during the Second Intermediate Period, c. 1800–1550 BC, Copenhague, Museum Tusculanum Press, coll. « Carsten Niebuhr Institute Publications » (no 20), , 463 p. (ISBN 87-7289-421-0, lire en ligne) ;
- (en) Aidan Mark Dodson et Dyan Hilton, The Complete Royal Families of Ancient Egypt, Thames & Hudson, (ISBN 0-500-05128-3) ;
- Claude Vandersleyen, « Nouvelles lumières sur la nécropole de la 17e dynastie à Dra Aboul Naga, sur la rive gauche de Thèbes », Chronique d'Égypte, no 85, , p. 108-125, 169-170.