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Sorj Chalandon

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Sorj Chalandon
Sorj Chalandon lors du salon du livre de Paris en mars 2012.
Biographie
Naissance
Nom de naissance
Georges Chalandon[1]
Nationalité
Activité
Rédacteur à
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A travaillé pour
Distinction
Œuvres principales

Sorj Chalandon, né Georges Chalandon le à Tunis, est un journaliste et écrivain français.

Il est membre de la rédaction du Canard enchaîné[3] et a participé à la création du journal Libération.

Sorj Chalandon naît le à Tunis[2],[4], alors sous protectorat français, où le père a décidé d’établir la famille. Son prénom de naissance est Georges ; il fait plus tard des démarches pour le modifier à l'état-civil, devenant Sorj, qui correspond à la manière dont l'appelait sa grand-mère[1].

Son enfance est marquée par la violence et la mythomanie de son père, qu'il décrit dans ses romans Profession du père[5],[6], et Le livre de Kells, dédoublé de la totale soumission de sa mère à l’autorité paternelle qui le prive de l’amour maternel attendu (Le livre de Kells). Il souffre alors de bégaiement, ce qui lui inspire son premier roman, Le Petit Bonzi.

Bien que la majorité soit alors à 21 ans, il obtient son émancipation à 17 ans et quitte sa famille[6].

Journaliste

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En mars 1970, à l'âge de 17 ans, Sorj Chalandon fuit définitivement un père qui l'a maltraité pendant toute son enfance[7],[8],[9]. Parti en Camargue, il doit revenir à Lyon se cacher quelques mois chez son ami d'enfance[9], avant de repartir, rêvant de voyages à Katmandou. Il monte à Paris où il vit à la rue durant presque un an[9], puisque quelques petits boulots ne lui permettent pas de se loger[10].

Il rejoint l'organisation d'extrême gauche, la Gauche prolétarienne[11], il croise par hasard, en janvier 1971, gare Saint-Lazare[10], ses militants en train de vendre le journal La Cause du peuple[9]. Ceux-ci l'accueillent, lui trouvent un logement et lui « ouvrent les portes du savoir »[10], il vend leur journal et apporte de l'aide aux devoirs pour une famille immigrée du bidonville de Nanterre[9].

En 1973, il entre au quotidien Libération comme monteur[12]. En 1974, il est dessinateur de presse et il couvre le premier procès de Pierre Goldman[13], qui devient son ami fidèle[13] . Celui-ci le rejoint en 1976 à la rédaction de Libération.

Devenu grand reporter, Sorj Chalandon est en 1982 le premier journaliste occidental, selon Libération, à rendre compte du massacre de Hama, en Syrie, sous pseudonyme[14],[15]. En 1986, il témoigne du succès populaire du chanteur Jean-Jacques Goldman[16]. Également chroniqueur judiciaire, puis rédacteur en chef adjoint de ce quotidien, il est l'auteur de reportages sur l'Irlande du Nord et sur le procès de Klaus Barbie, qui lui ont valu le prix Albert-Londres en 1988[17].

Entre 2007 et 2009, Sorj Chalandon devient formateur régulier au Centre de formation des journalistes à Paris[18].

En , Sorj Chalandon est embauché comme journaliste au Canard enchaîné, en charge de la rubrique « La Boîte aux images » et critique de cinéma.

En 2010, il apparaît en dernière partie du film documentaire de Jean-Paul Mari Sans blessures apparentes[19] — tiré de l'ouvrage paru sous le même titre chez Robert Laffont[20] — et consacré aux « damnés de la guerre[21] », ainsi qu'aux séquelles psycho-émotionnelles qui en résultent, ce qu'on appelle les troubles de stress post-traumatique (en abrégé ESPT = état de stress post-traumatique)[21].

Écrivain, il publie ses romans chez Grasset, dont Une promesse, qui a reçu le prix Médicis en 2006 et Le Quatrième Mur, Prix Goncourt des lycéens 2013.

En 2008, son roman Mon traître s'inspire de son histoire personnelle : son amitié avec Denis Donaldson, vue par le biais d'un narrateur parisien luthier ; trois ans plus tard, l'histoire romancée est racontée sous l'angle du « traître », dans Retour à Killybegs. Ce roman obtient le Grand prix du roman de l'Académie française[22] en 2011.

De 2008 à 2012, Sorj Chalandon est le parrain[23] du Festival du Premier roman de Laval, organisé par Lecture en tête.

Depuis 2013, il préside le jury[24] du Prix littéraire du deuxième roman.

À Rennes, le , le prix Goncourt des lycéens lui est attribué pour Le Quatrième Mur, publié chez Grasset. Ce roman évoque l'utopie d'un metteur en scène qui décide de monter Antigone de Jean Anouilh à Beyrouth dans les années 1980, pendant la guerre du Liban[25].

En 2017, il publie le roman Le Jour d'avant, sur la catastrophe minière de Liévin-Lens, à l'origine de quarante-deux morts le , qui avait été suivie le 22 mars 1975 du « tribunal populaire de Liévin », auquel ont participé 1 600 personnes[26], réplique du tribunal populaire de Lens organisé par Sartre en 1970. Ce roman sera sept ans après adapté en bande dessinée par les auteurs Romain Dutter et Simon Géliot[27],.

En 2023, il publie L’Enragé, sur la révolte de 1934 à la colonie pénitentiaire de Belle-Île-en-Mer, dans lequel il imagine le destin d'un évadé qu'on ne retrouve jamais[28].

En août 2025, il publie une autobiographie romancée, consacrée à ses années de jeunesse[9], Le livre de Kells, surnom dû à la carte postale de son ami d'enfance, représentant le Livre de Kells, « chef-d'œuvre du catholicisme irlandais, rédigé en l'an 800 par des moines de culture »[9]. Un extrait du premier chapitre est publié dans Lire Magazine et Ouest-France[7]. Il avait déjà raconté son enfance maltraitée dans son premier roman, Le Petit Bonzi, paru en 2005[8].

Sorj Chalandon au salon du livre Radio France en 2011.

Principaux prix littéraires

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Les principaux prix littéraires reçus sont[33] :

Notes et références

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  1. a et b Laure, « Sorj Chalandon », sur Micmélo Littéraire, (consulté le )
  2. a et b « La sensibilité féroce de Sorj Chalandon », Libération,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  3. « Sorj Chalandon, journaliste, écrivain », sur France Musique, (consulté le )
  4. « Rentrée littéraire - "Le jour d'avant" : 5 questions à Sorj Chalandon », sur culturebox.francetvinfo.fr, .
  5. La dernière revanche de Sorj Chalandon, ouest-france.fr,
  6. a et b « Rentrée littéraire : Sorj Chalandon, un homme en colère », sur Les Echos, (consulté le )
  7. a et b Extrait du premier chapitre dans Lire Magazine et Ouest-France le 13/08/2025 [1]
  8. a et b "Chalandon, la libération d’un jeune homme", article par Christophe Henning dans La Croix le 13 août 2025 [2]
  9. a b c d e f et g Article par Laurence Houot, rédaction Culture de France Télévisions - le 11/08/2025 [3]
  10. a b et c "Sorj Chalandon, l’âge rouge" par Gilles Hertzog, le 14 juillet 2025[4]
  11. Sorj Chalandon : "Qu'est-ce que j'aurais fait moi ?", entretien, lessor42.fr,
  12. "Dictionnaire Amoureux du journalisme", par Serge July, chez Place des Éditeurs en 2015 [5]
  13. a et b "Jean-Jacques Goldman, un héros si discret - L'enquête intégrale" par Pauline Delassus, dans Paris-Match le 17/08/2015 [6]
  14. Jean-Pierre Perrin, « "Des massacres à faire pleurer les pierres". », sur Libération.fr, (consulté le )
  15. Jean-Pierre Perrin, La mort est ma servante, Fayard, , 332 p. (ISBN 978-2-213-67193-2), p. 161 à 177
  16. "Voyage en Goldmania", Libération , 14 mai 1986, cité dans la monographie de Jean Guisnel, Libération, la biographie, éd. La Découverte, collection Enquêtes, 1999 (Prix du livre politique) (ISBN 2-7071-2948-8). Rééd. Collection Poche essais, 2003 (ISBN 2-7071-4077-5).
  17. « Sorj Chalandon quitte Libération » », sur Nouvel Observateur, (consulté le )
  18. De AD, « Interview de Sorj Chalandon pour la parution de « Mon traître » : l’écriture passée à la râpe », sur CFPJ Médias, (consulté le )
  19. « Le documentaire vérité Sans blessures apparentes », Premiere,‎ (lire en ligne, consulté le ).
    « Sorj Chalandon, a mis fin à sa carrière de grand-reporter pour Libération, le jour où il s'est retrouvé le visage plaqué contre celui d'enfants morts au Liban. »
  20. Jean-Paul Mari, Sans blessures apparentes : enquête sur les damnés de la guerre, éditions Robert Laffont, coll. « Documents Témoignages RL », (1re éd. 2008 BNF 41373108), 217 p. (ISBN 978-2-221-12036-1 et 2-221-12036-1, présentation en ligne).
  21. a et b « Sans blessures apparentes : enquête chez les damnés de la guerre », Histoire vivante, Radio télévision suisse,‎ (lire en ligne [vidéo], consulté le ). Chalandon apparaît dans le film partir de 49:18 → [lire en ligne].
    Documentaire de Jean-Paul Mari, cofinancé par la Télévision suisse romande (TSR), Grand Prix et Prix du public au Festival international du grand reportage d'actualité du Touquet-Paris-Plage (FIGRA) 2010.
  22. « Sorj Chalandon couronné par le Grand prix du roman de l'Académie française », sur La Dépêche, (consulté le )
  23. « Drac Bretagne »(Archive.orgWikiwixGoogleQue faire ?), sur culture.fr (consulté le ).
  24. « Prix littéraire du 2ème roman », sur association.lecture-en-tete.fr (consulté le ).
  25. François Sergent, « Beyrouth, théâtre des opérations : L’Antigone d’Anouilh dans le Liban en guerre, Critique du livre "Le Quatrième Mur" de Sorj Chalandon », sur Libération.fr, (consulté le )
  26. "Le jour d'avant. D'après le roman de Sorj Chalandon", par Romain Dutter, aux Éditions Steinkis en 2024 [7]
  27. "Le Jour d’avant", article le 30 mai 2024, sur le livre adapté en bande dessinée par les auteurs Romain Dutter et Simon Géliot [8]
  28. Karin Cherloneix, « Un écrivain à succès met le bagne des enfants de Belle-Île-en-Mer dans son prochain roman », sur Ouest-France,
  29. Article du Figaro du 28 mars 2008.
  30. a b c d e et f Liste Goncourt et lauréats, site officiel de l'Académie Goncourt.
  31. a et b Le Prix 2014, sur le site officiel.
  32. a et b « Sorj Chalandon, prix du Style 2015 », Bibliobs,‎ (lire en ligne).
  33. Liste des divers prix obtenus par l'auteur, sur le site prixlitteraires.net.
  34. Lauréats 2015 du Prix des lecteurs du Livre de poche.
  35. Annonce du prix

Articles connexes

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Liens externes

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