Stegotetrabelodon
| Règne | Animalia |
|---|---|
| Embranchement | Chordata |
| Classe | Mammalia |
| Ordre | Proboscidea |
| Clade | Elephantimorpha |
| Super-famille | Elephantoidea |
| Famille | Elephantidae |
Stegotetrabelodon est un genre fossile de Proboscidiens de la famille des Elephantidae, ayant vécu en Afrique du Nord, en Afrique de l'Est et au Moyen-Orient du Miocène supérieur au Pliocène inférieur, d'environ 8 à 4,2 millions d'années.
Historique
[modifier | modifier le code]Le genre Stegotetrabelodon et l'espèce Stegotetrabelodon syrticus ont été décrits en 1941 par le paléontologue italien C. Petrocchi, sur la base de fossiles trouvés en Libye[1],[2].
De nombreux fossiles de S. syrticus ont été mis au jour à partir de 1998 au Tchad, dans le désert du Djourab, sur plusieurs sites du secteur fossilifère de Toros-Menalla[3].
S. orbus a été trouvé en 1970 en Ouganda et au Kenya.
En 2006, des fossiles de Stegotetrabelodon ont été découverts aux Émirats arabes unis[4]. Présentant de légères différences avec les fossiles libyens, ils ont été dénommés en 2022 S. emiratus[5].
À partir de 2006, aux Émirats arabes unis, des chercheurs ont étudié plusieurs pistes d'empreintes de pas de proboscidiens, qu'ils ont attribuées à S. emiratus, découvert à proximité. Ces empreintes sont conservées sur un grand affleurement calcaire, entre des dunes de sable. Une piste mesurant environ 290 m, due à un gros individu solitaire, a été traversée ultérieurement à des dates indéterminées par treize pistes parallèles, mesurant environ 170 m, dues à des individus de tailles variées[4].
au Musée de géologie et de paléontologie de Florence.
Description
[modifier | modifier le code]Le genre Stegotetrabelodon est doté de quatre défenses, deux attachées au maxillaire et deux à la mandibule. D'une longueur pouvant atteindre 2,2 m, les défenses inférieures sont les plus longues connues de tous les proboscidiens.
Par rapport aux éléphantidés plus dérivés, Stegotetrabelodon présente plusieurs caractéristiques ancestrales, notamment la conservation de prémolaires permanentes, une symphyse mandibulaire allongée et la paire de défenses inférieures.
Sur la base des os de ses membres, on estime que S. syrticus atteignait environ 4 mètres de hauteur au garrot, 7 mètres de long et pesait environ 12 tonnes[6]. Des valeurs proches ont été proposées pour S. emiratus.
Classification
[modifier | modifier le code]Stegotetrabelodon est considéré comme le genre le plus basal de la famille des Elephantidae.
Phylogénie des genres d'éléphants ainsi que d'autres familles proches, d'après les caractéristiques de leur os hyoïde, selon Shoshani et al. (2007)[7], les caractéristiques anatomiques du squelette, selon Cozzuol et al. 2012[8], et les caractéristiques génétiques selon Meyer et al. 2017[9] :
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Liste des espèces
[modifier | modifier le code]- † S. syrticus Petrocchi, 1941 (espèce type) : Libye, Italie, 6,8 à 5,3 Ma
- † S. libycus Petrocchi, 1943
- † S. orbus Maglio, 1970 : Afrique de l'Est, 7,5 à 4,2 Ma
- † S. emiratus Sanders, 2022 : Émirats arabes unis, 8 à 6 Ma[5]
Références
[modifier | modifier le code]- Petrocchi 1941, p. 107-114.
- ↑ (en) Paleobiology Database : † Stegotetrabelodon syrticus Petrocchi 1941 (elephant) (consulté le )
- ↑ Mackaye Hassan Taïsso, Les proboscidiens du mio-pliocène du Tchad : biodiversité, biochronologie, paléoécologie et paléobiogéographie, thèse, chapitre III, p.163-169, planches 10-12
- (en) Norman Ali Bassam Khalaf-Prinz Sakerfalke von Jaffa, 2010 Stegotetrabelodon syrticus emiratus Khalaf, 2010 : A New Fossil Four-Tusked Elephant Subspecies from the Emirate of Abu Dhabi, United Arab Emirates, Gazelle : The Palestinian Biological Bulletin, vol.98, février 2010
- (en) William J. Sanders, « Proboscidea from the Baynunah Formation », dans Faysal Bibi et al., Sands of Time, Cham, Springer International Publishing, coll. « Vertebrate Paleobiology and Paleoanthropology », (ISBN 978-3-030-83882-9, DOI 10.1007/978-3-030-83883-6_10, lire en ligne), p. 141–177
- ↑ (en) A. Larramendi, « Shoulder height, body mass and shape of proboscideans », Acta Palaeontologica Polonica, vol. 61, (DOI 10.4202/app.00136.2014, lire en ligne)
- ↑ [2007] (en) Jeheskel Shoshani, Marco P. Ferretti, Adrian M. Lister, Larry D. Agenbroad, Haruo Saegusa, Dick Mol et Keiichi Takahashi, « Relationships within the Elephantinae using hyoid characters », Quaternary International, vol. 169-170, , p. 174 (DOI 10.1016/j.quaint.2007.02.003, Bibcode 2007QuInt.169..174S, lire en ligne [sur researchgate.net]).
- ↑ Mario A. Cozzuol, Dimila Mothé und Leonardo S. Avilla: A critical appraisal of the phylogenetic proposals for the South American Gomphotheriidae (Proboscidea: Mammalia). Quaternary International 255, 2012, S. 36–41
- ↑ Matthias Meyer, Eleftheria Palkopoulou, Sina Baleka, Mathias Stiller, Kirsty E. H. Penkman, Kurt W. Alt, Yasuko Ishida, Dietrich Mania, Swapan Mallick, Tom Meijer, Harald Meller, Sarah Nagel, Birgit Nickel, Sven Ostritz, Nadin Rohland, Karol Schauer, Tim Schüler, Alfred L Roca, David Reich, Beth Shapiro und Michael Hofreiter: Palaeogenomes of Eurasian straight-tusked elephants challenge the current view of elephant evolution. eLife 6, 2017, S. e25413, doi:10.7554/eLife.25413
Publication originale
[modifier | modifier le code]- (it) C. Petrocchi, « Il giacimento fossilifero di Sahabi », Bollettino della Societa Geologico Italiana, vol. 60, no 1, , p. 107-114
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- Les Proboscidiens ('éléphants') au temps d'Abel et de Toumaï, avec des photographies de trois sites tchadiens de collecte présentant des fossiles de S. syrticus in situ.
- (en) Paleobiology Database : Stegotetrabelodon Petrocchi, 1941 (consulté le )
- Ressources relatives au vivant :