Stylops melittae
| Règne | Animalia |
|---|---|
| Embranchement | Arthropoda |
| Classe | Insecta |
| Ordre | Strepsiptera |
| Famille | Stylopidae |
| Genre | Stylops |
Stylops melittae est une espèce d'insectes endoparasites de la famille des Stylopidae (ordre des Strepsiptera).
Taxonomie
[modifier | modifier le code]Le nom valide complet (avec auteur) de ce taxon est Stylops melittae Kirby, 1802[1].
Stylops melittae est l'espèce type du genre Stylops. Elle constitue l'espèce de référence historique ayant permis à l'entomologiste britannique William Kirby, en 1802, de décrire ce genre. Cette description a eu un rôle majeur dans l'histoire du genre : l'anatomie de cet insecte a mené Kirby à proposer la création d'un ordre distinct, les Strepsiptera (du grec strepsis, « tordu », et pteron « aile »). L'entomologiste avait en effet noté que ces organismes ne rentraient ni chez les Coléoptères, ni chez les Hyménoptères, bien qu'au départ ils aient été confondus avec des parasites ou des larves d'hyménoptères à cause de leur association stricte avec les abeilles sauvages[2].
Étymologie
[modifier | modifier le code]L'étymologie de Stylops (du grec stŷlos, « colonne », et ops, « œil »), fait référence à la structure oculaire proéminente des mâles, tandis que melittae dérive du grec melitta (abeille). L'espèce est classée au sein de la famille des Stylopidae[3],[4].
Stades de développement
[modifier | modifier le code]Stade larvaire
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Le stade larvaire du Stylops est décrit comme ayant six pattes et étant capable de se déplacer rapidement sur le corps de l'hôte. Pour parasiter l'hôte, les larves de Stylops s'infiltrent entre l'endocuticule et l'épiderme, pour s'encapsuler dans une sorte de chrysalide ou cocon. Ils se différencient ensuite en deux individus distincts selon leur sexe, marquant le début du dimorphisme sexuel.
Mâle adulte
[modifier | modifier le code]Le mâle pleinement développé correspond à un insecte ailé noir et libre dans l’environnement[5],[6]. On retrouve dans son anatomie des pièces buccales peu développées et sont dépourvus d'appareil digestif. Ils ont des pattes, des antennes segmentées (caractéristiques). Seule la deuxième paire d'ailes est utilisée pour le vol, la première étant réduite. La première paire d’ailes est réduite. Les mâles adultes ont une durée de vie très courte (environ cinq heures) ce qui correspond au temps nécessaire à la recherche et à l’accouplement avec une femelle.
Femelle adulte
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L'anatomie de la femelle est complètement différenciée du mâle et parfaitement adaptée au parasitisme. Les femelles se présentent sous la forme d’individus ressemblant à un stade larvaire. Elles ne développent ni ailes, ni antennes, ni yeux, ni pattes, ni organes sexuels externes. Elles possèdent, comme le mâle, une bouche très rudimentaire. Pour son alimentation et sa respiration, on suppose qu’elle se nourrit en filtrant les particules d'hémolymphe de l’hôte à travers sa peau[5]. Après son développement final, la femelle se positionne entre deux segments abdominaux de l’hôte, les segments intermédiaires étant les plus souvent attaqués. Seule la tête de la femelle dépasse du corps de l’hôte, et elle apparaît comme un appendice semi-circulaire. On peut en dénombrer parfois plusieurs dans un même segment de l’hôte[6]., et dans certains cas, la femelle peut rester entièrement cachée sous le segment de l’hôte [7].
Parasite
[modifier | modifier le code]Stylops melittae est lui-même soumis à un parasitisme intense par une espèce minuscule, identifiée initialement comme un acari. Ce parasite est à peine visible à la loupe, mais se dénombre parfois au-delà d’une centaine d'individus dans le corps des femelles Stylops, on parle alors d'hyperparasitisme. On ne sait pas à quel moment et comment ces parasites se retrouvent en contact avec les Stylops, ni quel est leur devenir après la primo-infection des Stylops[8],[7].
Influence sur l’hôte et cycle parasitaire
[modifier | modifier le code]L’impact de Stylops melittae sur ses hôtes (principalement du genre Andrena) est désigné sous le terme de « stylopisation ». Le cycle parasitaire est celui d’un parasite biotrophe : le parasite consomme l’hôte sans le tuer immédiatement, mais en détournant ses ressources métaboliques.
Les conséquences du parasite sur l’hôte diffèrent selon son sexe. Chez les femelles andrènes, la castration parasitaire est totale. La présence de Stylops melittae sur l’hôte induit une atrophie irréversible des gonades de l’abeille, rendant l’individu parasité totalement stérile. Cette castration résulte probablement d’une manipulation hormonale active par le parasite.
Chez les mâles andrènes, la castration n’est pas systématique. Les études montrent qu’ils conservent souvent leur fertilité physiologique (production de sperme) et des organes génitaux de taille normale[9].
On observe une réduction de la taille de la tête de l’hôte peu importe le sexe et, chez les hôtes femelles, une atrophie de la scopa. Des phénomènes d’intersexualité sont également observés : les femelles parasitées développent des caractères sexuels secondaires mâles (comme le clypeus jaune), et inversement, rendant leur identification complexe[9].
Le cycle de vie repose sur une manipulation comportementale. L’abeille stylopisée émerge précocement au printemps et erre de fleur en fleur. Les mâles Stylops s'accouplent avec la femelle en se posant directement sur l'abdomen de l'hôte, puis meurent après accouplement. Une fois fécondée, la femelle stylops libère alors, via son canal incubateur, des milliers de larves de premier stade appelées triungulins. Ces larves microscopiques (capables de sauter) attendent sur les fleurs le passage d’abeilles saines, s’y agrippent pour être transportées dans un nouveau nid, où elles pénétreront dans le couvain pour initier un nouveau cycle[6],[10],[11].
Répartition
[modifier | modifier le code]Répartition et habitat
[modifier | modifier le code]Stylops melittae est présent sur une grande partie du Paléarctique occidental, des Îles Britanniques jusqu’à l’ouest de la Russie. Son aire de répartition est toutefois discontinue. En effet, l'espèce est strictement dépendante de ses hôtes et ne se maintient que là où les populations d’abeilles sauvages sont suffisamment stables[12].

Écologie et phénologie
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Ce parasite fréquente les milieux ouverts et thermophiles, propices à la nidification des andrènes (carrières de sable, pelouses calcaires, jardins urbains). L'espèce est printanière : les adultes sont actifs principalement de mars à mai. Cette période est synchronisée avec la floraison des saules (Salix) et pissenlits (Taraxacum), qui servent de zones de rencontre pour l'accouplement et de dispersion pour les larves[13],[12].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ GBIF Secretariat. GBIF Backbone Taxonomy. Checklist dataset https://doi.org/10.15468/39omei accessed via GBIF.org, consulté le 9 décembre 2025.
- ↑ (en) William Kirby, Monographia Apum Angliae, vol. 2, Ipswich, J. Raw, , 110-114 p.
- ↑ (en) Jeyaraney Kathirithamby, « Review of the order Strepsiptera », Systematic Entomology, vol. 14, no 1, , p. 41-92
- ↑ (en) Hans Pohl et Rolf G. Beutel, « The phylogeny of Strepsiptera (Hexapoda) », Cladistics, vol. 21, no 4, , p. 328–374
- (en) garden safari, « Stylops melittae »
, sur gardensafari.nl, (consulté le )
- E. Frey-Gessner, « Hyménoptères du Valais (suite) : genre Andrena Fabr. corrigé en Anthrena », Catalogue Dalla Torre. Bulletin de la Murithienne, vol. 32, , p. 200-248.
- (en) E. Godlewski, « Studies in the experimental analysis of sex », Development genes and evolution, vol. 31, , p. 348-350 (DOI 10.1007/BF02161629)
- ↑ (en) J.O. Westwood, « Notice of a Minute Parasite Inhabiting the Larva of the Stylopidæ; and upon the Animal Produced from the Eggs of Meloe », Transactions of the Royal Entomological Society of London, vol. 2.3, , p. 184–188
- (en) Kateřina Režková et Jakub Straka, « Morphological modification of the host bee Andrena vaga (Hymenoptera: Andrenidae) caused by the parasite Stylops melittae (Strepsiptera: Stylopidae) », Journal of Insect Science, vol. 12, no 1,
- ↑ (de) Paul Westrich, Die Wildbienen Deutschlands, Stuttgart, Eugen Ulmer Verlag, (ISBN 978-3-8186-0123-2)
- ↑ (nl) J.T. Smit et T.M. Peeters, « Stylops melittae en de vroege wespbij Nomada fabriciana in Nederland », Nederlandse Faunistische Mededelingen, vol. 25, , p. 33-40
- « Stylopidae », sur Fauna Europaea,
- ↑ (nl) J.T. Smit et T.M. Peeters, « Stylops melittae en de vroege wespbij Nomada fabriciana in Nederland (Strepsiptera: Stylopidae & Hymenoptera: Apidae) », Nederlandse Faunistische Mededelingen, vol. 25, , p. 33-40
Liens externes
[modifier | modifier le code]- (en) Catalogue of Life : Stylops melittae Kirby, 1802 (consulté le )
- (fr + en) EOL : Stylops melittae Kirby 1802 (consulté le )
- (fr + en) GBIF : Stylops melittae Kirby, 1802 (consulté le )
- (en) IRMNG : Stylops melittae Kirby, 1802 (consulté le )
- (fr + en) ITIS : Stylops melittae Kirby, 1802 (consulté le )
- (en) NCBI : Stylops melittae (taxons inclus) (consulté le )
- (en) Taxonomicon : Stylops melittae Kirby, 1802 (consulté le )
- (en) WoRMS : espèce Stylops melittae Kirby, 1802 (consulté le )