Suhl
| Suhl | |
Armoiries |
Drapeau |
| Administration | |
|---|---|
| Pays | |
| Land | |
| Arrondissement (Landkreis) |
Suhl (ville-arrondissement) |
| Nombre de quartiers (Ortsteile) |
9 |
| Bourgmestre (Bürgermeister) |
André Knapp |
| Partis au pouvoir | Union chrétienne-démocrate d'Allemagne |
| Code postal | 98501–98529 |
| Code communal (Gemeindeschlüssel) |
16 0 54 000 |
| Indicatif téléphonique | 03681 |
| Immatriculation | SHL |
| Démographie | |
| Population | 36 986 hab. () |
| Densité | 261 hab./km2 |
| Géographie | |
| Coordonnées | 50° 36′ 00″ nord, 10° 42′ 00″ est |
| Altitude | 422 m Min. 429 m Max. 676 m |
| Superficie | 14 162 ha = 141,62 km2 |
| Localisation | |
| Liens | |
| Site web | www.stadtsuhl.de |
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Suhl (prononcé : /zuːl/) est une ville située en République fédérale d'Allemagne dans le sud du land de Thuringe au sud de la forêt de Thüringen (en français Thuringe). La ville connaît une longue tradition d'exploitation de mines à cause des gisements de minerai de fer que l'on y trouvait, ainsi que de la fabrication d'armes à feu. En 1952, elle devient la capitale du district de Suhl, ce qui entraîne d'un côté un réaménagement de l'espace public et d'un autre côté un grand afflux d'habitants. Ainsi, elle passe de 25 000 à plus de 55 000 habitants. Depuis la chute du Mur et la réunification de l'Allemagne, elle subit une forte dépopulation comme la plupart des villes de l'ex-RDA. Au fil des années, la population a baissé jusqu'à son niveau actuel de moins de 40 000 habitants, ce qui pose un nouveau défi de restructuration de la ville face au chômage, à la migration des jeunes et à l'âge plus élevé de la plupart de sa population.
Histoire
[modifier | modifier le code]| Appartenances historiques
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Préhistoire
[modifier | modifier le code]Des découvertes archéologiques témoignent des premiers habitants du territoire de Suhl aux environs de 2000 av. J.-C.. Vers 500 av. J.-C. une peuplade de Celtes s'y sédentarise, vraisemblablement à cause des gisements de minerai de fer que l'on y trouvait.
Moyen Âge et période moderne
[modifier | modifier le code]Suhl est mentionnée pour la première fois en 1318. Pendant la guerre de Trente Ans, elle est pillée et détruite à maintes reprises.
XIXe siècle
[modifier | modifier le code]En 1815, à l'issue du Congrès de Vienne, elle tombe, comme tout le comté de Henneberg auquel elle appartenait, sous la domination de la Prusse, dans l'arrondissement de Schleusingen, dans le district d'Erfurt.
Bien qu’il y ait encore quelques mines à Suhl au début du XIXe siècle, cela n’était pas suffisant pour préserver l’office des mines de Suhl. En 1838, il fut déplacé à Kamsdorf près de Saalfeld. Avec l’industrialisation de la fabrication des armes au XIXe siècle, d’importantes usines d’armement se sont développées, comme les sociétés J. Sauer Sohn, C. G. Haenel et Simson. En 1840, un institut pour les armuriers militaires est ouvert à Suhl.
En 1861, une importante production de porcelaine commence. Les trois usines fondées en 1861, 1868 et 1882 à Suhl et Mäbendorf employaient plus de 1000 ouvriers. Dans les premières années, on produisait de la porcelaine cuite et plus tard de la porcelaine décorative.
En 1882, Suhl est raccordée au sud au réseau ferroviaire allemand, et en 1884 au nord avec l’achèvement du tunnel de Brandleite. En 1893, un stand de tir est ouvert à Suhl, le premier et donc le plus ancien en Allemagne.

Dès 1896, la production de bicyclettes a commencé dans les usines de Simson et en 1906, la production d’automobiles a commencé à Suhl. Les voitures de course et les voitures de luxe des usines Simson, comme la Simson Supra, ont rapidement acquis une excellente réputation.
XXe siècle
[modifier | modifier le code]Les combats de l’armée rouge de la Ruhr contre le putsch de Kapp sont rappelés par une inscription sur la mairie. Sous la république de Weimar, le Parti communiste d'Allemagne y est la principale force politique, incarnée jusqu'en 1927 par Guido Heym[1].
Pendant le Troisième Reich, profitant de la tradition de fabrication d'armes à feu, on en fit un important lieu de production d'armes de guerre. Elle atteint son apogée lorsque environ 10 000 prisonniers y travaillent pour fabriquer en grand nombre des mitraillettes, alors que la population ne s'élevait qu'à 20 000 personnes. Les troupes américaines s'emparent de Suhl au début du mois d'avril 1945, mais dès juin, des troupes soviétiques assument l'occupation de la ville. Elle devient la capitale du nouveau district de Suhl, ce qu'elle restera jusqu'à la réunification de l'Allemagne en 1990. Au cours de ces années, la ville change fondamentalement son apparence. Le vieux centre-ville est démoli en grande partie et de nouveaux bâtiments, conçus dans le style de l'architecture « socialiste », remplacent de vieilles maisons. Ainsi, Suhl devient un centre administratif et commercial, notamment avec l'institution d'un nouvel hôpital, ainsi que la mise en place d'une section importante du Ministère de la Sécurité de l'État.

Après 1990, la ville se trouve en face d'une nouvelle situation, elle est frappée comme toute l'ex-RDA par une faillite partielle de son industrie qui entraîne beaucoup de chômage et ensuite une perte importante de sa population, effets qui se perpétuent jusqu'à nos jours. Par exemple, l'entreprise Simson, usine d'armes (elle produit notamment des MG42 pendant la seconde guerre mondiale) et de motos fondée à Suhl en 1856, arrête définitivement sa production en 2003[2].
Démographie
[modifier | modifier le code]| Date | Habitants |
|---|---|
| 1525 | 1 255 |
| 1806 | 6 060 |
| 11 533 | |
| 15 477 | |
| 25 084 | |
| 56 345 | |
| 48 025 | |
| 40 954 |
Transports
[modifier | modifier le code]Transports routiers
[modifier | modifier le code]Suhl est située au carrefour des autoroutes fédérales 71 (Erfurt–Wurtzbourg) et 73 (Suhl–Nuremberg). Ouvertes dans les années 2000, ces autoroutes abritent des ponts et tunnels impressionnants, comme le tunnel de Rennsteig au nord, et le viaduc de Haseltalbrücke, haut de 82 mètres, dans le quartier de Heinrichs. L'ancienne route fédérale 247, reliant Gotha au nord à Schleusingen au sud, traversait Suhl. Déclassée après l'ouverture des autoroutes, elle est aujourd'hui une route secondaire. D'autres routes secondaires importantes mènent à Meiningen à l'ouest et à Ilmenau à l'est.
Transports ferroviaires
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Suhl a été reliée au réseau ferroviaire assez tardivement, en raison de son relief accidenté. La ligne Neudietendorf–Ritschenhausen, traversant la ville, a été inaugurée en 1882 (direction sud vers Wurtzbourg) et en 1884 (direction nord vers Erfurt). Elle figurait parmi les rares lignes de montagne importantes de Prusse, avec le tunnel de Brandleite, long de 3 039 mètres, au nord de la ville. Par la suite, cette ligne est devenue un axe majeur entre Berlin et le sud-ouest de l'Allemagne, jusqu'à son interruption par la frontière interallemande en 1949. Depuis, seul un trafic régional y circule (à l'exception d'une brève période dans les années 1990 avec des trains longue distance).
La gare de Suhl est desservie par un train express (ligne RE 7 de la DB Regio Südost), qui circule toutes les deux heures vers Erfurt au nord et Wurtzbourg au sud, où des correspondances avec les trains longue distance sont possibles[3]. Des trains régionaux desservent également Erfurt et Meiningen, avec un départ toutes les deux heures, assurant ainsi une liaison par heure dans chaque sens. Une autre ligne de chemin de fer desservant Schleusingen fut ouverte en 1911 et fermée en 1997. Avec une pente de près de 7 %, elle figurait parmi les lignes régulières les plus pentues d'Allemagne. Outre la gare principale, il existe des gares à Heinrichs et Dietzhausen, tandis que celles de Suhler Neundorf et Friedberg, sur la ligne de Schleusingen, sont désaffectées.
Pistes cyclables
[modifier | modifier le code]Le vélo connaît une popularité croissante depuis le début de la construction de pistes cyclables de qualité dans les années 1990. La piste de Hasel, reliant Suhl à la vallée de la Werra (Werra-Eltetal radweg) près de Meiningen, est un atout touristique[4]. On trouve également des sentiers de VTT dans la forêt de Thuringe.
Transports en commun
[modifier | modifier le code]Les transports en commun sont assurés par un réseau de lignes de bus reliant le centre-ville à la périphérie, à Zella-Mehlis et aux villages voisins. Un réseau de trolleybus, initialement prévu à la fin des années 1980, n'a pas vu le jour après la réunification.
Monuments
[modifier | modifier le code]-
L'église Ste-Marie
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Kreuzkirche
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La mairie
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La mairie de Heinrichs
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Le musée des armes (Waffenmuseum), à l'arrière plan la colline Domberg. Juillet 2020.
-
Dans la Kreuzkirche (Suhl) (de). Juillet 2020.
-
La Ottilienkapelle dominant la ville.
- L'église St-Marien (édifiée 1487–1491, après des incendies en 1590, 1634 et 1753 reconstruite), censée être la plus grande église du style rococo de l'Allemagne de l'Est
- Kreuzkirche (édifié en 1731–1737)
- La mairie (édifié en 1590, réaménagée en 1910 en style baroque)
- Le Malzhaus édifice à colombages, qui abrite également le musée des armes (Waffenmuseum)
- Un ensemble de maisons à colombages dans le quartier de Heinrichs
Personnalités liées à la ville
[modifier | modifier le code]Nées à Suhl
[modifier | modifier le code]- Maximilian Arndt (1987-), bobeur, champion du monde 2013 et 2015.
- Sascha Benecken (1990-), lugeur médaillé aux Jeux Olympiques de 2018 et 2022.
- Wilhelm Cuno (1876–1933), chancelier du Reich.
- Toni Eggert (1988-), lugeur médaillé aux Jeux Olympiques de 2018 et 2022
- Merle Fräbel (2003-), lugeuse championne d'Europe 2026.
- Jens Filbrich (1979-), fondeur.
- Corinna Harfouch (1954-), actrice.
- Guido Heym (1882-1945), homme politique et résistant.
- Stephan Hocke (1983-), sauteur à ski, champion olympique par équipe Jeux Olympiques de 2002.
- Sandra Hüller (1978-), actrice.
- Christiane Huth (1980-), rameuse médaillée aux Jeux Olympiques de 2008.
- Mario Kummer (1962-), coureur cycliste, champion olympique en 1988.
- Erik Lesser (1988-), biathlète, champion du monde de la poursuite en 2015 et médaillé aux Jeux Olympiques de 2014.
Divers
[modifier | modifier le code]- Jean-Sébastien Bach (1685–1750), inaugure en 1713 le nouvel orgue de l'église St-Marien
- Johann Wolfgang von Goethe (1749–1832), inspecte en 1780 les mines près de Suhl
- Napoléon Ier (1769–1821), censé avoir logé à Suhl après sa défaite lors de la Bataille de Leipzig
Sport
[modifier | modifier le code]En volleyball, le VfB Suhl évolue en 1.Bundesliga.
La ville compte également un club de football, le 1. Suhler S, évoluant en Kreisoberliga (8ème division).
Curiosités
[modifier | modifier le code]- En 2001 l'administration de Suhl oublia de payer ses droits pour son adresse web, si bien que Norbert Suhl en profitai pour l'acheter pour son propre site web. Malgré une plainte que la ville a portée contre lui, il a pu la garder. C'est la raison pour laquelle vous trouverez le site web officiel de Suhl sous le lien www.suhltrifft.de.
- D'après une blague régionale, Suhl est située si près du bord du monde que l'on peut voir Zella-Mehlis.
- La ville a accueilli la convention furry annuelle Eurofurence entre 2007 et 2009[5].
Jumelages
[modifier | modifier le code]La ville de Suhl est jumelée avec[6] :
Bègles (France) depuis 1962
Kalouga (Russie) depuis 1969
České Budějovice (Tchéquie) depuis 1979
Leszno (Pologne) depuis 1984
Lahti (Finlande) depuis 1988
Wurtzbourg (Allemagne) depuis 1988
Smolyan (Bulgarie) depuis 1998
Sport
[modifier | modifier le code]Le VfB 91 Suhl est le club de Volley-Ball de la ville, dont l'équipe première féminine évolue en Bundesliga 1[7].
Le club a obtenu son meilleur classement en Bundesliga en 2007, en atteignant la troisième place de la compétition.
Le club a remporté deux fois la compétition européenne de la DVV Cup en 2008 et en 2011.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ (de) "Heym, Guido", Handbuch der Deutschen Kommunisten
- ↑ (en) « SIMSON Models, Photos, Specs & Engines (1935-1990) », sur autoevolution (consulté le )
- ↑ (de) « Bahnhof Suhl », sur www.bahnhof.de (consulté le )
- ↑ (de) « Werra-Eltetal-Radweg », sur www.tourenportal-thueringer-wald.de (consulté le )
- ↑ « Eurofurence », sur Wikifur (consulté le )
- ↑ Partnerstädte
- ↑ (de) « https://volleyball-suhl.de/ », sur volleyball-suhl.de (consulté le )
