Tafahi
| Tafahi | |||
Vue aérienne des îles Niuatoputapu, au sud, et Tafahi | |||
| Géographie | |||
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| Pays | |||
| Coordonnées | 15° 51′ 10″ S, 173° 44′ 45″ O | ||
| Superficie | 3,4 km2 | ||
| Point culminant | 560 m | ||
| Administration | |||
| Démographie | |||
| Population | 31 hab. (2016[1]) | ||
| Densité | 9,12 hab./km2 | ||
| Géolocalisation sur la carte : océan Pacifique
Géolocalisation sur la carte : Tonga
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Tafahi est une petite île des Tonga d'une superficie de 3,4 km2 et comptant environ 30 habitants.
Elle est située à seulement 11 km au sud-sud-ouest de Niuatoputapu, les deux îles faisant partie du groupe des Niuas, situé à l'extrême nord de l'archipel des Tonga.
C'est une île volcanique qui a la forme d'un cône, typique d'un stratovolcan. Il culmine à une hauteur de 560 mètres. Le sol est très adapté à la culture du kava et de la vanille, dont les exportations vers le reste des Tonga et au-delà est la principale occupation de la population.
Toponymie
[modifier | modifier le code]Tafahi a également été appelée Cocos Eylant (île des noix de coco) par les navigateurs hollandais qui l'abordent en 1616[2], dans le cadre de l'expédition d'Isaac Le Maire et Willem Schouten, ainsi qu'île Boscawen par le britannique Samuel Wallis[3].
Géographie
[modifier | modifier le code]Tafahi est située dans l'océan Pacifique, à 11 kilomètres de Niuatoputapu. Avec Niuafo'ou, elle forme l'archipel des Niuas au sein des Tonga[4]. L'île, très isolée, est environ à 500 km de Tongatapu, et se trouve plus proche des pays voisins (Samoa et Fidji) que de la capitale des Tonga[5].
Tafahi est une île volcanique qui culmine à 610 mètres avec le mont Piu'o Tafahi[5]. Le bras de mer entre Tafahi et Niuatoputapu est difficile à franchir en pirogue ou en bateau en raison des courants et des vents[5]. La population est concentrée dans un seul village situé sur les pentes du volcan[4].
Le climat de l'île est tropical, avec des pluies récurrentes. Le sol est très fertile et de nombreux cocotiers, arbres fruitiers et tubercules poussent, permettant à la population de se nourrir en auto-suffisance[5].
Population
[modifier | modifier le code]En 1983, le recensement compte 269 habitants, tous originaires des Tonga[5]. En 1995, Tafahi compte une centaine de familles vivant dans un seul village[4]. En 2002, la population a diminué et on compte une cinquantaine de maisons[5]. Les habitants vivent de l'agriculture vivrière, de la pêche, ainsi que de l'artisanat (objets fabriqués à partir de coquillages)[5]. La population est très religieuse et se divise entre les catholiques (environ 68%) et les protestants méthodistes (32%)[5]. Les habitants parlent le tongien, et quelques-uns parlent anglais[5]. Une langue vernaculaire polynésienne, le niuatoputapu, a existé avant de disparaître au cours du XVIIIe ou du XIXe siècle[6].
Histoire
[modifier | modifier le code]Création (tradition orale)
[modifier | modifier le code]La tradition orale des Niuas raconte que l'île de Tafahi faisait initialement partie de Niuafo'ou. Des divinités samoanes, jalouses de cette terre, entreprennent de la voler pendant la nuit pour la ramener aux Samoa. Mais deux divinités de Niuatoputapu réussissent à les tromper et leur font croire que le jour est déjà là alors qu'il fait encore nuit : le dieu Tafukala tourne son postérieur très rouge vers Niuafo'ou et son acolyte se met à chanter comme un coq, simulant le lever du soleil. Pris de panique, les divinités samoanes abandonnent Tafahi et s'enfuient chez elles, laissant l'île à son emplacement actuel[5].
Premiers contacts avec les Européens
[modifier | modifier le code]En 1616, les navigateurs hollandais Jacob Le Maire et Willem Schouten abordent Tafahi et Niuatoputapu. Les interactions avec les habitants locaux, initialement pacifiques, tournent à l'affrontement[5].
1918
[modifier | modifier le code]Pendant la pandémie de grippe espagnole de 1918, l'isolement de Tafahi a préservé les habitants de la maladie.
Trésor
[modifier | modifier le code]Dans un livre paru en allemand en 2005, traduit en français en 2017 avec des ajouts[2], l'écrivain franco-suisse Alex Capus a soutenu la thèse que le trésor ecclésiastique de Lima, dérobé en 1820 par le capitaine de navire marchand devenu pirate William Thomson[2], ne se trouve pas sur l’île Cocos au Costa Rica, mais sur Tafahi, située à moins de 24 heures en pirogue du lieu de l’archipel des Samoa, où le romancier écossais Robert Louis Stevenson a passé les 4 dernières années de sa vie, avant de décéder en 1893 à seulement 44 ans.
Selon Capus, Robert Louis Stevenson a découvert que Tafahi était appelée île Cocos sur les anciennes cartes navales[7], et qu'avec les courants marins, il était tout à fait possible que le navire du pirate Thomson, en prenant la fuite depuis le Pérou, se soit échoué dans les environs[2]. Pour Alex Capus, Stevenson a passé la fin de sa vie à y chercher le trésor[7].
Galerie
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Tafahi vue depuis l'île de Niuatoputapu. Photo prise en 1969 par l'anthropologue Garth Rogers.
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Vue de Tafahi depuis le centre de Niuatoputapu.
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Des habitants mettent à l'eau une embarcation (1971).
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Des habitants arrivent depuis le village avant d'embarquer pour Niuatoputapu. Ils se trouvent devant le rocher Aleifua, à Tafe (1971).
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Tafahi et Niuatoputapu dessinées par les Hollandais qui abordent ces îles en 1616. Tafahi est appelée Cocos Eylant, Niuatoputapu "l'île des traitres".
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Tafahi (Cocos Eylant) sur une carte de 1619 réalisée par Willem Schouten, navigateur hollandais qui aborde l'île en 1616.
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Tafahi vue depuis le village de Falehau à Niuatoputapu, 2025.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ [PDF] Population and Housing Census p. 20 Tonga Statistics Department (2016)
- Alex Capus, Voyageur sous les étoiles, Éditions Actes Sud,
- ↑ John Hawkesworth, « Isle des Cocos appelée Boscawen par le Capitaine Wallis et Isle des Traîtres appelée Keppel par le Capne. Wallis », Relation des voyages entrepris par ordre de Sa Majeste britannique actuellement regnante, (lire en ligne, consulté le )
- (en) Ruth H. Finnegan et Margaret Orbell, South Pacific Oral Traditions, Indiana University Press, (ISBN 978-0-253-32868-7, lire en ligne), p. 57
- (en) Siosiane Fanua Bloomfield, Illness and Cure in Tonga: Traditional and Modern Medical Practice, editorips@usp.ac.fj, (ISBN 978-982-213-005-8, lire en ligne), p. 85-93
- ↑ (en) Patrick Vinton Kirch, The Evolution of the Polynesian Chiefdoms, Cambridge University Press, , 314 p. (ISBN 978-0-521-27316-9, lire en ligne), p. 233
- « L'île au trésor va enfin livrer ses secrets », lematin.ch/, (lire en ligne [archive du ], consulté le )