Tanche
Tinca tinca
La tanche (du gaulois tinca[1] (Tinca tinca)) est un poisson d'eau douce de la famille des cyprinidés qui se rencontre en Eurasie. Importée illégalement au Québec depuis l'Allemagne en 1986, on la retrouve désormais dans le fleuve Saint-Laurent depuis 2005[2].
En France, ses noms courants sont : tinque, beurotte, tanco, tanca, tiche ou tinche[3].
Description
[modifier | modifier le code]
La tanche a une forme allongée et sa peau, recouverte d'un épais mucus, est de couleur verte, vert sombre à jaune doré. Elle peut mesurer jusqu'à 70 cm pour un poids maximal publié de 7,5 kg[4].
Habitat, répartition
[modifier | modifier le code]On la trouve dans les eaux calmes aux fonds vaseux et à la végétation dense, des cours d'eau larges et lents, dans les bras morts, dans les lacs et les étangs aux endroits peu profonds ou dans les cours d'eau sans courant.
Son aire de répartition concerne toute l'Europe, y compris les îles Britanniques, le bassin de l'Ob et le bassin du Ienisseï et a été observée occasionnellement dans le lac Baïkal. Elle a été introduite en Amérique du Nord, Afrique du Sud et en Australie (Rosa, 1958).
On la trouve en France dans toutes les rivières et pièces d'eau où le courant est lent ou nul et pas très froid. C'est un poisson très pêché lorsque les eaux se réchauffent[3].
Comportement, régime alimentaire
[modifier | modifier le code]C'est un poisson peu grégaire qui vit en petit groupe ou solitaire. L'hiver, il vit au ralenti et s'enfouit dans la vase.
Son alimentation est composée de planctons, de petits mollusques, larves d'insectes, vers, et débris de végétaux ; c'est un poisson fouilleur à la bouche munie de barbillons (filaments tactiles).
Pêche
[modifier | modifier le code]Plusieurs précautions s'imposent pour la pêcher : porter des vêtements de couleur neutre, être silencieux, choisir un coin paisible. Il faut déposer délicatement les lignes au fond de l'eau, être patient car au moindre bruit la tanche fuit et s'envase. Il est conseillé de pêcher tôt le matin avant le crépuscule. D'un point de vue technique et des appâts, la tanche apprécie les vers, asticots, grains de mais. Il est possible d'utiliser sur une ligne de fond, soit une ligne flottante selon les usages[3].
Reproduction
[modifier | modifier le code]Sa période de reproduction correspond plus ou moins à celle de la carpe et s'étend de juin à août, dans les eaux calmes, réchauffées, peu profondes, riches en végétaux aquatiques. La femelle pond entre 300 000 et 800 000 œufs de couleur verte et collants. Au bout d'un an, les petits poissons atteignent 150 grammes et frôlent les 500 grammes la deuxième année. Le poisson adulte mesure 50 cm et pèse près de 2 kg.
Anecdotes
[modifier | modifier le code]- Dans le calendrier républicain appliqué après la Révolution française, le jour de la Tanche est le 25e jour du mois de Prairial[5].
- nom de la variété d'olives récoltée à Nyons. (AOP)
- Le terme tanche désigne péjorativement une personne que l'on trouve idiote.
Annexes
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]- Tanche-tautogue, poisson marin de la côte atlantique de l'Amérique du Nord.
Liens externes
[modifier | modifier le code]- (en + fr) FishBase :
- (fr + en) ITIS : Tinca tinca (Linnaeus, 1758)
- (fr) DORIS : espèce Tinca tinca
- (en) Catalogue of Life : Tinca tinca (Linnaeus, 1758) (consulté le )
- (en) Fauna Europaea : Tinca tinca (Linnaeus, 1758) (consulté le )
- (en) NCBI : Tinca tinca (taxons inclus)
- (en) Animal Diversity Web : Tinca tinca
- (en) UICN : espèce Tinca tinca (Linnaeus, 1758) (consulté le )
- (fr) « Comment pêcher la tanche ? »
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Ausone, La moselle, 127 : quis non et virides, volgi solacia, tincas norit et alburnos, stridentesque focis, opsonia plebis, alausias
- ↑ Anne-Sophie Poirée, « Espèces exotiques envahissantes : que la guerre commence ! », sur ledevoir.com, (consulté le ).
- Atlas pratique du pêcheur, Atlas pratique du pêcheur, Paris, Atlas, , 220 p. (ISBN 9782723432252), p. 76
- ↑ Données FishBase
- ↑ Ph. Fr. Na. Fabre d'Églantine, Rapport fait à la Convention nationale dans la séance du 3 du second mois de la seconde année de la République Française, p. 27.