Temple de Kalasan
| Temple de Kalasan | ||
Kalasan | ||
| Localisation | ||
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| Pays | ||
| Coordonnées | 7° 46′ 01″ sud, 110° 28′ 22″ est | |
| Géolocalisation sur la carte : Indonésie
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Le temple de Kalasan (Candi Kalasan) est un sanctuaire bouddhique du VIIIᵉ siècle situé dans le hameau de Kalibening, au centre de l’île de Java (Indonésie), à l’est de Yogyakarta, sur la route menant au temple de Prambanan.
Par ses proportions et la finesse de son décor sculpté, il est considéré par les archéologues comme l’une des œuvres majeures de l’art de son époque[1].
Histoire
[modifier | modifier le code]Une inscription mise au jour à proximité - dite "inscription de Kalasan" - indique que des prêtres bouddhiques sollicitèrent la dynastie Sailendra pour faire ériger un sanctuaire dédié à la déesse Tara ainsi qu’un monastère (vihāra), en l’an 700 de l’ère Saka (778 apr. J.-C.). Le texte précise encore que le souverain Panangkaran concéda le village de Kalaça (Kalasa) à la Saṅgha (communauté monastique)[2]. Datée de 778, cette inscription fournit le repère chronologique généralement retenu pour l’édification du temple de Kalasan, qui apparaît dès lors comme le plus ancien des sanctuaires autour de Prambanan. Ce témoignage épigraphique, tout en établissant la chronologie, marque aussi l’une des premières attestations régionales du culte de Tara, bodhisattva féminine d’origine indienne, culte promis à un essor ultérieur au Tibet.
Malgré une campagne de fouilles et de restauration conduite à l’époque coloniale néerlandaise - notamment par Van Romondt entre 1927 et 1929 -, l’édifice se présente aujourd’hui dans un état de conservation médiocre ; à la différence de sanctuaires voisins tels que Prambanan, Sewu ou Sambisari, son entretien demeure relativement insuffisant[1].
Architecture
[modifier | modifier le code]De caractère bouddhique, l’édifice présente toutefois des traits qui ne sont pas exclusivement bouddhiques. Son plan est carré (env. 45 m²) avec des avancées rectangulaires déterminant une croix grecque ; la couverture adopte une voûte composée de prismes octogonaux, autrefois surmontée d’un large stupa sommital. De ce couronnement ne subsistent que 52 stupika (petits stupas) répartis sur la partie supérieure. Des quatre chapelles latérales, deux se sont presque entièrement effondrées et une a perdu son décor ; seule la chapelle méridionale demeure intacte. L’ouvrage, bâti en andésite comme la majorité des sanctuaires de la région, a conservé une part substantielle de sa couche de mortier (vajralepa), ici remarquablement soignée[1].
Le programme décoratif associe niches aujourd’hui vides - qui recevaient des images cultuelles - et bas-reliefs figurant des Dhyani-Bouddha ainsi que des déesses tenant des fleurs de lotus. Les frises offrent un répertoire particulièrement foisonnant (entrelacs végétaux, musiciens, éléphants, lions, etc.). Dans la chapelle sud, des motifs de kala (monstres associés aux sphères célestes) sont délibérément mis en tension avec des makara, emblèmes des éléments aquatiques. Selon certaines hypothèses, le sanctuaire aurait abrité une statue de bronze du Bouddha en son centre.
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Bas-relief floraux
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Détail d'un Kala
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Vue depuis le centre du temple
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Vue du temple au début du XXème siècle
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Notes et références
[modifier | modifier le code]- M. Rizky dkk ; Sasono, Situs-situs marjinal / Sanctuaires retrouvés / Sites out of sight Ilustrasi: Agung 'Leak Kurniawan, penerjem.: Sekar Paramita, kartografi: PT. Enrique Indonesia, Jogjakarta Universitas Gadjah Mada, (lire en ligne)
- ↑ (en-US) Admin, « Komisi D Tinjau Penataan Lanskap untuk Pelestarian Candi Kalasan », sur e-Parlemen DPRD DIY, (consulté le )
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Holt, Claire, Art in Indonesia: continuities and change, Cornell University Press, 1967, (ISBN 0-8014-0188-7)
- Louis Frédéric, L'Art de l'Inde et de l'Asie du Sud-Est, Flammarion, 1994.