The Linked Ring
The Brotherhood of the Linked Ring, ou The Linked Ring (« Confrérie de l'anneau lié »), est une ancienne association de photographes engagée dans le développement de la photographie comme moyen d'expression artistique.
Historique
[modifier | modifier le code]Fondée à Londres, elle exista du à . Elle est issue, à la fin de l'époque victorienne, de la Royal Photographic Society, dont les intérêts artistiques manquaient de soutien, et dont certains membres firent sécession. The Linked Ring fut fondée par Alfred Horsley Hinton, Henry Peach Robinson, Alfred Maskell, George Davison, Henry Van der Weyde (en), Henry Herschel Hay Cameron (en) et Lyonel Clark, bientôt rejoints par James Craig Annan, Alvin Langdon Coburn, William Smedley-Aston. Le cercle de ses membres s'étendit rapidement au-delà du Royaume-Uni pour inclure René Le Bègue, Robert Demachy, Hector Colard, Alfred Stieglitz, Clarence Hudson White, Fred Holland Day ou encore Hugo Henneberg. Au fil du temps, des femmes pratiquant la photographie comme moyen de subsistance furent également acceptées, comme, en 1900, Gertrude Käsebier, ou exposées, comme Zaida Ben-Yusuf. Les œuvres de ses membres varient considérablement en termes de style, mais le pictorialisme est le plus répandu. Elle compta jusqu'à 74 membres.

Leur logo représentait trois anneaux liés entre eux, faisant référence aux trois valeurs maçonniques, à savoir le Bien, la Vérité, et la Beauté, symbolisés dans la chaîne d'union[1].
Selon Margaret F. Harker (1979)[2], ce fut une société quasi secrète, qui visait à s'adresser à ceux qui « se délectent de la photographie uniquement pour ses qualités artistiques ». L'admission à l'association nécessitait un vote unanime de tous les membres et seulement par cooptation. Ses principales activités étaient une réunion mensuelle où étaient abordées des questions esthétiques et la conception d'une exposition annuelle, appelée Photographic Salon, lancé en novembre 1893[3], précédant d'une année le premier Salon de la photographie de Paris : en 1896 et 1907, les membres de The Linked Ring sont invités au salon parisien et y connaissent un succès notable[4],[5]. Cependant, l'accrochage du salon de 1897 suscita, à Londres, une forme de scandale : la presse se déchaîna, qualifiant l'ensemble des productions de « poubelle » : la Confrérie avait confié la scénographie à George Walton (1867-1933), qui fait ici figure de pionnier en libérant l'espace autour des photographies, en les déchargeant d'un décorum encombrant et en les adaptant à la vision du spectateur[6].
Il était d'usage au sein de la Confrérie de s'appeler par pseudonymes ; par exemple, l'Américain Joseph Keiley, avocat de profession, était surnommé « The Lawer ». Une fois son objectif principal – la promotion de la photographie d'art – atteint, l'association fut finalement dissoute fin 1909, probablement en raison de divergences sur les critères de sélection[2].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ (en) Mike Weaver, Alvin Langdon Coburn, Symbolist Photographer, New York, Aperture, 1986, p. 6.
- (en) Margaret F. Harker, The Linked Ring: The Secession in Photography in Britain 1892-1910, Londres, Random House, 1979 — extraits sur Google Livres.
- ↑ (en) Pictorial Photographs: Record of Photographic Salon 1895, Londres, Chiswick Press / Charles Wittingham and Co., 1895.
- ↑ (en) The New York Herald, Paris [édition], 14 avril 1897, p. 1 — sur Gallica.
- ↑ Clive Holland, « La Photographie artistique dans la Grande-Bretagne », in: The Studio [édition française], été 1905, p. 1-6 — sur Gallica.
- ↑ Olivier Lugon, « “Kodakoration” », Études photographiques, no 16, , p. 182-197 (lire en ligne
).
Liens externes
[modifier | modifier le code]
- Ressources relatives aux beaux-arts :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :