Tiémoko Marc Garango
| Ministre des Finances Médiateur du Faso |
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| Naissance | |
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| Nationalité | |
| Activité |
Militaire, diplomate, homme politique |
| Grade militaire |
Général |
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| Distinction |
Grand-croix de l’ordre national du Burkina Faso Commandeur de la Légion d’honneur |
Tiémoko Marc Garango, né le à Gaoua (Haute-Volta) et mort le à Ouagadougou[1],[2], est un général, intendant militaire, diplomate et homme politique burkinabè.
Il fut notamment ministre des Finances et du Commerce de 1966 à 1976 sous la présidence de Sangoulé Lamizana, période durant laquelle il instaura une politique de rigueur budgétaire connue sous le nom de « garangose ».
Biographie
[modifier | modifier le code]Jeunesse et formation
[modifier | modifier le code]Tiémoko Marc Garango naît le à Gaoua[1], chef-lieu de la province du Poni (région du Sud-Ouest).
Il effectue ses études secondaires au lycée privé Sainte-Geneviève à Versailles en France. À partir de 1963, il entreprend des études supérieures et fréquente successivement les facultés de droit et sciences économiques de Dakar, Paris et Aix-en-Provence, ainsi que l’Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence.
Il est titulaire d'une licence en droit public et sciences politiques.
Carrière militaire
[modifier | modifier le code]Sa carrière commence par un engagement volontaire dans l'armée française en 1946. Enfant de troupe, il participe aux guerres coloniales françaises avec deux séjours en Indochine (1951-1953 et 1954-1957) puis un séjour durant la guerre d'Algérie (1959-1961). Il suit également les cours de l'École nationale des sous-officiers d'active de Saint-Maixent en 1958[3].
Il intègre l'armée voltaïque en 1963 au grade de lieutenant. En 1965, il entame une formation de spécialisation en France. Il entre au Centre d’enseignement militaire supérieur de Paris (École supérieure de l’intendance) puis à l’École des commissaires de l'air à Salon-de-Provence. Il est nommé intendant-adjoint de l’armée voltaïque le [3].
Parcours politique et diplomatique
[modifier | modifier le code]À la suite du soulèvement populaire du 3 janvier 1966 qui porte les militaires au pouvoir, Tiémoko Marc Garango est nommé ministre des Finances et du Commerce[4],[5] dans le premier gouvernement formé par le général Sangoulé Lamizana. Il occupe cette fonction pendant dix ans, jusqu'en 1976.
Parallèlement à ses fonctions ministérielles, il exerce d'importantes responsabilités diplomatiques et financières. En 1966, il est nommé ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de Haute-Volta (non résident) auprès de la République de Chine (Taïwan). Il est gouverneur du Fonds monétaire international (FMI) de 1966 à 1976 et devient le premier président de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) de 1968 à 1970. De 1972 à 1975, il préside le comité des ministres des Finances chargé de la réforme des institutions de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA).
Après son départ du gouvernement, il poursuit sa carrière diplomatique. Il est ambassadeur en République fédérale d’Allemagne de 1977 à 1981[1], puis ambassadeur auprès des États-Unis de 1981 à 1983.
Durant la Révolution démocratique et populaire (1983-1987), il connait une période d'internement administratif. Il revient aux affaires publiques en 1990 en tant que vice-président du Conseil économique et social et président de la Commission de concertation État/secteur privé. Enfin, il exerce la fonction de médiateur du Faso de 1994 à 2000[6].
La « Garangose »
[modifier | modifier le code]En tant que ministre des Finances, Tiémoko Marc Garango hérite en 1966 de finances publiques déficitaires. Il met en place une politique d'austérité budgétaire et de rigueur drastique, rapidement surnommée la « garangose » par la population[7].
Cette politique de redressement financier est formalisée dans un rapport présenté en conseil des ministres le 7 février 1966. Elle vise à résorber le déficit par la réduction du train de vie de l'État et l'assainissement de la gestion publique. Bien que difficile, cette politique est créditée d'avoir rétabli les fondamentaux économiques de la Haute-Volta. Le président Thomas Sankara reprendra et amplifiera plus tard certains aspects de cette rigueur budgétaire[5].
Un institut pour la gouvernance et le développement (IGD) porte son nom à Ouagadougou[8].
Distinctions
[modifier | modifier le code]Tiémoko Marc Garango est titulaire de plusieurs décorations nationales et étrangères.
Au niveau national, il est élevé à la dignité de grand-croix de l’ordre national du Burkina Faso.
À l'étranger, il est commandeur de la Légion d’honneur (France), commandeur de l’ordre national de la République de Côte d’Ivoire et grand-cordon de l’ordre national de l’Étoile brillante de la République de Chine. Il a également reçu une décoration du pape Paul VI.
À titre militaire, pour ses services lors des conflits où l'armée française était engagée, il est décoré de la Médaille militaire et de la croix de guerre des TOE[3].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- Jean-Pierre Béjot, « La mort du général Tiémoko Marc Garango, emblématique ministre des finances burkinabè (1/2) », La Dépêche diplomatique, (lire en ligne)
- ↑ Jean-Pierre Béjot, « La mort du général Tiémoko Marc Garango, emblématique ministre des finances burkinabè (2/2) », La Dépêche diplomatique, (lire en ligne)
- Jean-Pierre Béjot, « La mort du général Tiémoko Marc Garango, emblématique ministre des finances burkinabè », La Dépêche diplomatique,
- ↑ Décret no 3/PRES du 8 janvier 1966, Journal officiel de Haute-Volta.
- Pascal Zagré, Les Politiques économiques du Burkina Faso : une tradition d'ajustement structurel, Paris, Karthala, , 244 p., p. 68
- ↑ Décret no 94-494/PRES du 29 décembre 1994.
- ↑ René Otayek, F. Michel Sawadogo et Jean-Pierre Guingané, Le Burkina entre révolution et démocratie, 1983-1993, Paris, Karthala, , 387 p.
- ↑ Bachirou Nana, « Burkina Faso : Institut pour la gouvernance et le développement », Sidwaya, (lire en ligne)