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Tomio Okamura

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Tomio Okamura
Illustration.
Tomio Okamura en mai 2015.
Fonctions
Président de la Chambre des députés
En fonction depuis le
(4 mois et 18 jours)
Élection
Législature 10e
Prédécesseur Markéta Pekarová Adamová
Député tchèque
En fonction depuis le
(12 ans, 4 mois et 25 jours)
Élection 26 octobre 2013
Réélection 21 octobre 2017
9 octobre 2021
4 octobre 2025
Circonscription Bohême-Centrale
Législature 7e, 8e, 9e et 10e
Groupe politique Úsvit (2013-2015)
NI (2015-2017)
SPD (depuis 2017)
Président de Liberté et démocratie directe
En fonction depuis le
(10 ans, 7 mois et 19 jours)
Prédécesseur parti créé
Vice-président de la Chambre des députés

(3 ans, 10 mois et 27 jours)
Président Radek Vondráček
Législature 8e
Président d'Aube – Coalition nationale

(1 an, 10 mois et 4 jours)
Prédécesseur parti crée
Successeur Marek Černoch
Sénateur tchèque

(1 an et 6 jours)
Circonscription Zlín
Prédécesseur Jana Juřenčáková
Successeur Patrik Kunčar
Biographie
Date de naissance (53 ans)
Lieu de naissance Tokyo (Japon)
Nationalité Tchèque
Japonaise
Parti politique SE (2012-2013)
Aube – Coalition nationale (2013-2015)
SPD (depuis 2015)
Fratrie Hayato Okamura, Osamu Okamura
Profession Homme d'affaires
Religion Catholique romain
Site web tomio.cz

Signature de Tomio Okamura

Tomio Okamura (岡村 富夫, Okamura Tomio?), né le à Tokyo, est un homme politique d'extrême droite tchèque d'origine japonaise. Parlementaire, il fonde et préside à partir de 2013 le parti de droite Aube, puis à partir de 2015 le parti d'extrême droite Liberté et démocratie directe (SPD). Il est élu le président de la Chambre des députés.

Tomio Okamura est né d'une mère tchèque et d'un père nippo-coréen[1]. Durant sa carrière professionnelle, il est successivement éboueur et auteur de livres de cuisine et de développement personnel[2].

En 2015, après avoir été exclu de son ancien parti, Aube – Coalition nationale, il fonde et devient le président de Liberté et démocratie directe (SPD). Il est dans le viseur de la justice pour incitation à la haine raciale[2]. En juillet 2025, il est poursuivi, ainsi que son parti, en raison d'affiches générées par intelligence artificielle et considérées comme racistes[3], qui sont entravées par son immunité parlementaire[4].

Après la victoire du parti ANO aux élections législatives tchèques de 2025, le SPD fait partie de la nouvelle coalition de gouvernement, malgré son score relativement faible (7,78 %). Le , Tomio Okamura est élu président de la Chambre des députés, avec 107 voix sur 197, soit une de moins que le nombre total de députés que compte la coalition[4]. C'est la première fois dans l'histoire politique de la Tchéquie qu'un député d'extrême droite accède à cette fonction[2].

L'une de ses premières actions est de faire retirer le drapeau ukrainien flottant sur la façade de la Chambre des députés depuis le début de l'invasion russe. En signe de protestation, plusieurs députés de partis d'opposition accrochent aux fenêtres de leurs bureaux de nouveaux drapeaux ukrainiens[5]. À la suite d'un discours violemment anti-ukrainien, l'opposition demande début janvier 2025 un vote pour le destituer [6].

Positions politiques

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Tomio Okamura est connu pour son opposition à toute immigration de masse notamment à celle venant des pays musulmans. Il avance que l'islam devrait être interdit en République tchèque considérant que celui-ci n'est pas seulement une religion mais une idéologie politique « prêchant la supériorité d'un groupe particulier sur un autre : les hommes sur les femmes, les croyants sur les incroyants »[7].

Dans le cadre de la crise migratoire en Europe, Tomio Okamura s'oppose fortement à tout quota de migrants imposé par l'Union européenne, affirmant à ce sujet : « nous vivons sous la dictature de l'UE ... Même, l'Union soviétique n'avait pas osé nous dicter qui devrait ou ne devrait pas vivre ici. »[1]. Il critique le milliardaire américain George Soros, qu'il accuse d'« exercer une influence pro-migratoire sur la politique tchèque et internationale à travers ses ONG, qui propagent le multiculturalisme et le mondialisme »[8].

Tomio Okamura est plus généralement opposé à l'Union européenne et à l'OTAN et prône un retrait tchèque de l'Union européenne (Czexit)[4]. Après avoir un temps défendu des positions anti-russes, il opère un virage pro-russe au cours de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, s'opposant notamment à l'accueil de réfugiés ukrainiens[9]. Début janvier 2025, dans un discours virulent, il plaide pour le retrait de l'UE qui se réarme et contre toute aide militaire ou économique à l'Ukraine, qu'il qualifie de « voleurs »[6].

Son frère, Hayato Okamura, est lui aussi membre de la Chambre de députés, mais appartient à un groupe opposé politiquement à celui de Tomio Okamura, l'Union chrétienne démocrate – Parti populaire tchécoslovaque (KDU-ČSL). Il prend régulièrement position contre lui, le décrivant notamment comme « instable » et « une grave menace pour notre sécurité » en raison de ses positions pro-russes et anti-OTAN[4].

  • Tomio Okamura - Český sen (« Tomio Okamura - Le rêve tchèque »), 2010
  • Umění vládnout (« Art de la gouvernance »), 2011
  • Umění žít (« L'Art de vivre »), 2012
  • Umění přímé demokracie (« L'Art de la démocratie directe »), 2013
  • Velká japonská kuchařka (« Le Grand Livre de la cuisine japonaise »), 2013

Références

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  1. a et b (en) How a Tokyo-Born Outsider Became the Face of Czech Nationalism, bloomberg.com, .
  2. a b et c « Ancien éboueur, né à Tokyo, Tomio Okamura hisse l’extrême droite à la tête du Parlement tchèque », La Croix, (consulté le )
  3. Aneta Zachová, « Le leader d'extrême droite Tomio Okamura dans le collimateur de la police tchèque pour des affiches appelant à la haine », sur Euractiv, (consulté le )
  4. a b c et d « Tomio Okamura élu président de la Chambre des députés », sur Radio Prague International, (consulté le )
  5. Anna Kubišta, « Tomio Okamura fait retirer le drapeau ukrainien de la façade de la Chambre des députés », sur Radio Prague International, (consulté le )
  6. a et b Ceské novinyn, 2 janvier 2025, repris dans Le Monde, live sur l'Ukraine du 2 janvier
  7. (cs) Okamura: Nevíte, co je to rasismus. Já ty šikmý oči musím nosit celej život, novinky.cz, .
  8. Alimuddin Usmani, « Entretien avec Tomio Okamura sur l'immigration (activer les sous-titres pour le français) », (consulté le ).
  9. (en) « Czech parliament elects pro-Russian populist Okamura as speaker », sur NV (consulté le )

Liens externes

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