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Tongue split

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Une jeune femme avec une langue de serpent

La langue de serpent[1], encore appelée tongue-split par anglicisme (littéralement « langue fendue »), est une modification corporelle visant à séparer verticalement la partie antérieure de la langue (septum lingual), afin que celle-ci prenne une apparence de langue bifide, caractéristique de celle des serpents.

Des cas de langue bifide peuvent également apparaître naturellement dans le cadre de certaines maladies rares[2].

La pratique du tongue-splitting ferait partie de traditions anciennes de divers endroits du globe, notamment en Inde. Elle s'est popularisée dans le monde occidental à partir de la fin des années 1990, avec des cas documentés dès 1997[3]. En 2003, l'Illinois devient le premier état des États-Unis à légiférer sur la pratique[4]. Il était alors estimé qu'entre 1 500 et 2 000 personnes avaient réalisé la procédure dans le monde occidental[3]. La pratique reste relativement rare aujourd'hui, et concernerait principalement les femmes[5].

Mode opératoire

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Le tongue-split est généralement réalisé au moyen de scalpel afin de diviser la langue en deux. Les plaies sont ensuite cousues, ou cautérisées, éventuellement avec l'utilisation d'un laser. L'opération est rapide, pouvant être réalisée en quelques minutes ; elle nécessite une adaptation de plusieurs semaines permettant la cicatrisation de la langue[6],[5].

Des méthodes artisanales sont également répandues, impliquant par exemple un fil en nylon et un piercing. Celles-ci sont cependant condamnées par les médecins en raison des risques encourus ; elles sont également généralement plus longues que les procédures opératoires, plus douloureuses, et peuvent conduire à des résultats moins esthétiques[5].

Le tongue-split peut être annulé via une nouvelle opération, plus complexe et douloureuse que l'opération de séparation. Elle ne garantit cependant pas de restaurer la langue dans son état d'origine, et s'accompagne typiquement d'une cicatrice[7].

Les principaux risques liés au tongue-splitting sont des complications infectieuses post-opératoires, ainsi que des saignements et des douleurs. Ces risques peuvent être fortement augmentés si l'opération est réalisée dans de mauvaises conditions. Des risques de dégâts nerveux sont également rapportés[6],[8],[9].

Sur le long terme, des effets sur l'élocution ont pu être observés[10]. Des possibles effets sur l'alimentation ont également été avancés, notamment lors des premiers mois.

Caractéristiques

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Une fois la période de convalescence passée, les deux moitiés de la langue peuvent être contrôlées séparément, chacune possédant un jeu de muscles indépendant. Elles peuvent par exemple être utilisées conjointement pour tenir des objets[5].

Les pratiquants du tongue-splitting avancent souvent un aspect esthétique, pouvant être lié à l'appartenance à une contre-culture, comme pour d'autres modifications corporelles. La pratique fait également partie de certaines traditions yogiques. D'autres avancent des bienfaits dans certaines actes sexuels, via le fait d'embrasser son partenaire ou pour le sexe oral[11],[3],[5].

Références

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  1. « Fiche « langue de serpent » »(Archive.orgWikiwixGoogleQue faire ?) du projet Terminalf (ressources terminologiques en langue française).
  2. Aaron W. James, Kathy Culver, Bryan Hall et Mahin Golabi, « Bifid tongue: A rare feature associated with infants of diabetic mother syndrome », American Journal of Medical Genetics Part A, vol. 143A, no 17,‎ , p. 2035–2039 (ISSN 1552-4833, DOI 10.1002/ajmg.a.31877, lire en ligne, consulté le )
  3. a b et c « Tongue Splitting More Than Budding Controversy on EthicsDaily.com » [archive du ], sur www.ethicsdaily.com (consulté le )
  4. (en) « Illinois General Assembly - Illinois Compiled Statutes » [archive du ], sur www.ilga.gov (consulté le )
  5. a b c d et e « Se faire une langue fourchue : un "truc de cinglées" ? », sur Libération (consulté le )
  6. a et b (en) « This is everything you need to know about tongue splitting », sur The Independent, (consulté le )
  7. (en-US) « Split Tongue: Risks, Recovery, and Dental Perspective », (consulté le )
  8. (en) « Surgeons warn against tongue splitting due to high risks », British Dental Journal, vol. 225, no 4,‎ , p. 283–283 (ISSN 1476-5373, DOI 10.1038/sj.bdj.2018.712, lire en ligne, consulté le )
  9. (en) F. Aga et R. Harris, « Cosmetic tongue split », British Dental Journal, vol. 214, no 6,‎ , p. 275–275 (ISSN 1476-5373, DOI 10.1038/sj.bdj.2013.284, lire en ligne, consulté le )
  10. Alyson Budd, Murray Schellenberg et Bryan Gick, « Effects of cosmetic tongue bifurcation on English fricative production », Clinical Linguistics & Phonetics, vol. 31, no 4,‎ , p. 283–292 (ISSN 0269-9206, PMID 27858466, DOI 10.1080/02699206.2016.1255782, lire en ligne, consulté le )
  11. (en) Jacob M. Appel, « In Defense of Tongue Splitting », The Journal of Clinical Ethics, vol. 16, no 3,‎ , p. 236–238 (ISSN 1046-7890 et 1945-5879, DOI 10.1086/JCE200516310, lire en ligne, consulté le )