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Toponym'Elles

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Panneau de signalisation de la piste Claire-Morissette, photographié en août 2012[1].

Toponym'Elles est une banque de noms féminins créée par la Ville de Montréal pour mettre en valeur la contribution historique des femmes. Elle vise plus exactement à servir de source pour renforcer la présence des femmes dans la toponymie de Montréal, en attribuant leurs noms à des lieux publics comme des parcs et des rues.

La question de la faible représentation féminine dans la toponymie montréalaise est soulevée en 2014 par les conseillères de l'opposition Érika Duschesne et Valérie Plante, qui somment publiquement l'administration en place d'agir pour changer la situation[2]. En 2015, la conseillère Manon Gauthier se saisi du dossier et propose la création d'une banque de noms féminins[3].

La Ville de Montréal fait alors appel au linguiste sherbrookois Gabriel Martin, pour qu'il constitue une liste de 375 toponymes féminins potentiels[4], le nombre de 375e faisant allusion à l'anniversaire de la fondation de Montréal célébré la même année. La base de noms est mise en ligne le 2 mars 2016, quelques jours avant la Journée internationale des femmes[5].

Au moment du lancement, seulement 6 % des lieux de la ville portaient le nom d’une femme[6]. Montréal est la première ville du Québec à créer une base de données de ce type[7]. Une initiative similaire a été proposée à Sherbrooke en 2018, sans suite immédiate[8]. Toutefois, en 2025, la Ville de Sherbrooke mandate le linguiste à la base de Toponym'Elles afin qu'il émette des recommandations pour la mise en valeur des femmes dans la toponymie municipale et qu'il constitue une première banque de 25 toponymes féminins potentiels[9].

La liste initiale comprenaît des Québécoises célèbres ou moins connues, des collectifs de femmes, des titres d’œuvres culturelles majeures créées par des femmes et des noms liés aux cultures autochtones. Elle inclut également des figures canadiennes et internationales[10]. En plus de ces noms, environ 85 noms de femmes vivantes ont été consignés dans une liste séparée, restée confidentielle en raison du tabou entourant la planification d'hommages posthumes[3].

La base a ensuite été ouverte aux propositions du public et, en 2019, elle comprenait 453 noms[11].

Lieux nommés

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Parmi les premiers lieux nommés d'après les données de cette banque figurent le square Thérèse Cadorette[12], les parcs Ethel-Stark, Jovette-Marchessault et Julie-Hamelin, les rues Grace-Hopper et Jacqueline-Sicotte, la place des Montréalaises et la place Alice-Guy.

Le parc Palomino-Brind'Amour, dont le nom honore Mercedes Palomino et Yvette Brind'Amour est tiré de Toponym'Elles et a été choisi comme coup de cœur par la Commission de toponymie en 2018[13].

Le nom de Mary Two-Axe Earley, future station de métro annoncé en septembre 2025, est aussi tiré de la liste initiale de Toponym'Elles[14].

Références

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  1. Ville de Montréal, « Toponym’Elles : Montréal au féminin », sur montreal.ca (consulté le )
  2. Martin et Beaudoin 2019, p. 16.
  3. a et b Martin et Beaudoin 2019, p. 17.
  4. « Toponymie : Montréal veut honorer davantage de femmes », sur Le Devoir, (consulté le )
  5. Martin et Beaudoin 2019, p. 8.
  6. (en) « Montreal wants to name more streets, parks after women », sur CBC News (consulté le )
  7. Martin et Beaudoin 2019, p. 19.
  8. Martin et Beaudoin 2019, p. 29.
  9. Alexandra Duchaine, « 25 femmes à mettre dans la toponymie de Sherbrooke », sur Radio-Canada, (consulté le )
  10. Martin et Beaudoin 2019, p. 17–18.
  11. « Les femmes moins considérées que les hommes dans la toponymie des villes », sur Radio-Canada (consulté le )
  12. Johanna Pellus, « Un premier nom issu de Toponym'Elles », sur Journal Métro, (consulté le )
  13. Martin et Beaudoin 2019, p. 21.
  14. « Mary Two-Axe Earley », sur montreal.ca (consulté le )

Bibliographie

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  • Gabriel Martin et Sarah Beaudoin, Femmes et toponymie : de l'occultation à la parité, Sherbrooke, Éditions du Fleurdelysé,

Liens externes

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