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Toutisme

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Toutisme
Mikhaïl Le Dentu, Voiture en mouvement, huile sur toile, 1913-1914.
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Le toutisme (en russe: Vsëčestvo; en écriture cyrillique: Всёчество), ou la toutité, est un mouvement artistique apparu au cours de l'année 1913[1]. Il touche différentes pratiques d'avant-garde en littérature, dans les arts plastiques, et notamment en peinture. L'usage de ce terme provient d'un groupe d'artistes issus de Queue d'Âne (groupe d'artistes) à Saint-Pétersboubrg.

Étymologie

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Le terme «toutisme» (vsëčestvo) a été inventé par le poète et critique d'art Ilia Zdanevitch[2], suite à sa découverte de l’œuvre de l'artiste géorgien Niko Pirosmani. Son élaboration théorique fut ensuite développée par Mikhaïl Le Dentu[1]. Le mot toutisme est employé[3] pour décrire une pratique artistique élaborée en même temps d'après l’œuvre de Michel Larionov et Nathalie Gontcharova[1]. Par toutisme, il faut comprendre dissolution des catégories temporelles structurées par l'histoire de l'art utilisée comme discipline pour juger les œuvres. En ce sens, le terme toutisme s'oppose au futurisme[3], encore largement dépendant d'une conception temporelle de l'art[2].

Le 5 novembre 1913, Ilia Zdanévitch organisa une conférence lors de l'exposition de Nathalie Gontcharova intitulée «Nathalie Gontcharova et la toutité» (Natalija Gončarova i vsëčestvo)[1]. Malgré son rôle dans la fondation du mouvement, Ilia Zdanévitch continua jusqu'en 1914[2] à soutenir le futurisme italien en Russie[2]. Avec Nathalie Gontcharova les peintres Michel Larionov et Mikhail Le Dentu considéraient que toute œuvre du passé et du présent pouvait être reconnue comme digne d'être étudiée par l'artiste contemporain, à partir du moment où elle se trouve hors de toute pratique académique[4]. Ce qui rejoignait les conseils que le peintre ukrainien Evhen Sahajdačnyj avait donné à Le Dentu en 1912[1]. Gontcharova, Larionov et Le Dentu, s'étaient retrouvés au sein de la Queue d'Âne (groupe d'artistes). Ils s'intéressaient aux Loubok, à la pratique artistique artisanale, comme par exemple la fabrication du mobilier populaire, et aux ustensiles en bois de la cuisine ukrainienne[5]. Ce n'est que près de 80 ans après la création du mouvement, que le slaviste américain J. E. Bowlt publia en 1988 un manifeste du toutisme en peinture[3]. Le mouvement artistique fait également l'objet d'une exposition en 2025 à la Fondazione Antonio Dalle Nogare, à Bolzano, avec l'exposition d'archives et d'ouvrages publiés par Ilia Zdanévitch[6].

Références

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  1. a b c d et e Régis Gayraud, « Le temps du toutisme », Modernités russes, vol. 10, no 1,‎ , p. 123–135 (DOI 10.3406/modru.2010.904, lire en ligne, consulté le )
  2. a b c et d Pontus Hulten, Iliazd, Paris, Centre Georges Pompidou, , p. 12
  3. a b et c (ru) Михаил Ле-Дантю, « Живопись всёков. Публикация Дж.Э. Боулта », Минувшее, Париж, no 5,‎ , p. 183-203
  4. Régis Gayraud, « « Toutisme » et Renaissance », Modernités russes, vol. 12, no 1,‎ , p. 213–223 (DOI 10.3406/modru.2011.965, lire en ligne, consulté le )
  5. Jean-Claude Marcadé, L'avant-garde russe 1907-1927, Flammarion,2007 (ISBN 978-2-0812-0786-8)
  6. (it) « La mostra “TOUTITÉ – ILIAZD. Lo studio della forma” alla Fondazione Antonio Dalle Nogare a Bolzano | Artribune », (consulté le )