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Trompette de la mort

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Craterellus cornucopioides

Craterellus cornucopioides
Description de cette image, également commentée ci-après
Trompettes de la mort.
Classification
Règne Fungi
Division Basidiomycota
Classe Agaricomycetes
Ordre Cantharellales
Famille Cantharellaceae
Genre Craterellus

Espèce

Craterellus cornucopioides
(L.) Pers., 1825
Collection de sporophores de C. cornucopioides dans le Var.

Craterellus cornucopioides, la Trompette des morts[1] ou Chanterelle corne d'abondance, est une espèce de champignons (Fungi) basidiomycète de la famille des Cantharellaceae. Comestible, réputée et recherchée, elle est caractérisée par ses tons sombres, sa forme de trompette ou de corne et son hyménophore lisse.

Nomenclature

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Le nom scientifique complet (avec auteur) de ce taxon est Craterellus cornucopioides (L.) Pers.[2]. 1825[3]

Craterellus cornucopioides a pour synonymes[2] :

  • Agaricus cinereus Batsch
  • Cantharellus cornucopiae Wallr.
  • Cantharellus cornucopioides (L.) Fr.
  • Cantharellus cornucopioides L.
  • Cantharellus konradii (Bourdot & Maire) Romagnesi
  • Craterella cornucopioides (L.) Pers.
  • Craterella nigrescens Pers.
  • Craterellus cornucopioides subsp. roseus R.Heim
  • Craterellus cornucopioides var. cornucopioides
  • Craterellus cornucopioides var. crispus Sacc.
  • Craterellus cornucopioides var. flavicans Sacc.
  • Craterellus cornucopioides var. mediosporus Corner
  • Craterellus cornucopioides var. parvisporus Heinem.
  • Craterellus cornucopioides var. rosea R.Heim
  • Craterellus fallax A.H.Sm.
  • Craterellus konradii Bourdot & Maire
  • Craterellus ochrosporus Burt
  • Dendrosarcus cornucopioides (Pers.) Kuntze, 1898
  • Helvella cornucopioides (L.) Bull., 1791
  • Helvella cornucopioides (L.) Scop.

Phylogénie

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Craterellus cornucopioides est parfois considérée comme un complexe d'espèces et certaines espèces ont été créées sur des bases morphologiques et synonymisées sur des bases génétiques. C'est notamment le cas de la Nord-Américaine Craterellus fallax, qui lui est morphologiquement très proche, mais qui s'en distingue essentiellement par sa sporée jaune-orangé, alors que celle de C. cornucopioides est blanche. En Europe, on trouve la Trompette jaune, Craterellus konradii, une espèce morphologiquement semblable mais jaune et parfois bicolore. Une étude génétique de 2000[4] avait conclu leur synonymie sur la base d'un gène commun. Cependant, une autre étude de 2010[5] portant uniquement sur C. fallax a comparé un deuxième gène et a conclu à sa spécificité[6]. Il pourrait en être de même pour C. konradii.

Étymologie

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L'épithète spécifique cornucopioides signifie "en forme de corne d'abondance", en réfèrence à la silhouette de cette espèce.

Noms vulgaires et vernaculaires

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Les noms vernaculaires les plus usuels sont Trompette des morts[7] ou Trompette de la mort[8] pour sa couleur noire, et son abondance aux environs de la Toussaint (une légende les associe aux morts qui sortent de terre pour emboucher ces trompettes et exécuter un concert audible que par eux seuls). En réfèrence à sa forme, la connait également sous les noms de Corne d'abondance, Chanterelle corne d'abondance ou Chanterelle en forme de corne d'abondance[9]

Description du sporophore

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Le sporophore dépasse rarement 10 cm. Il est très peu charnu et entièrement creux, en forme de trompette (cantharelloïde), évasé en entonnoir avec une marge largement festonnée et irrégulière. La cuticule est recouverte d'écailles (squameuse), gris noir à brun sombre ou fauve en fonction du degré hygrométrique.

Sa face externe qui porte l'hyménium onduleux est plus ou moins lisse, de couleur gris clair, gris bleuté à gris sombre.

Le pied est creux, de la même couleur que le chapeau et s'amincissant à la base.

Sa chair possède une odeur agréable : un mélange humide, fongique et fruité rappelant la mirabelle[10].

Variétés et formes

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Variété flavicans, colorée de jaune.

La variété flavicans a présente des teintes jaunâtres, tandis que la sous-espèce roseus présente des teintes rosées sur le dessus du cornet et une teinte plus claire du pied[11]. On distingue encore var. mediosporus, var. crispus, var. parvisporus et var. multiplex.

Habitat et distribution

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Cette espèce, très répandue, pousse par groupes essentiellement dans les forêts de feuillus (hêtres, chênes, châtaigniers, noisetiers) ou parfois sous les forêts de conifères. Elle apprécie les sols lourds et très humides (argileux, par exemple). Ces chanterelles poussent en troupes, presque en tapis au sein de la litière des feuilles mortes, dans les lieux sombres[12]. Elles apparaissent en automne (d'août à novembre)[13], et peuvent être très abondantes après de fortes pluies. Ce champignon est parfois difficile à distinguer du sol en raison de sa couleur sombre, de sa forme irrégulière et de sa petite taille, mais aussi parce qu'il est souvent recouvert de feuilles mortes.

On le trouve en Europe, en Amérique du Nord, au Japon et en Corée. En Europe, la trompette de la mort est généralement commune, mais elle semble être rare dans certains pays comme les Pays-Bas[14].

Consommation

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Contrairement à ce que son nom pourrait laisser supposer, la trompette de la mort est un excellent comestible dont la chair dégage un parfum caractéristique rappelant l'odeur de la truffe[15].

C'est un champignon léger : son apport calorique ne dépasse pas les 15 kcal/100 g, il comporte beaucoup de fibres (3 g/100 g), des protéines (2 g/100 g), des glucides (0,5 g/100 g), des lipides (0,5 g/100 g). Il contient également de nombreux minéraux (potassium, phosphore, fer) et de nombreuses vitamines (B, D, E, K).

Il est conseillé de conserver les trompettes de la mort maximum 24 heures après la récolte, sinon elles deviennent fragiles. Pour les nettoyer, il suffit de les brosser doucement ou de les passer rapidement sous l’eau, puis de les essuyer. Elles se sèchent particulièrement bien et peuvent être réduites en poudre sans inconvénient[16]. Pour sécher les spécimens de grande taille, on peut les enfiler sur un fil et les suspendre. On peut les garder un an après les avoir séchées, puis il faut les enfermer dans un récipient hermétique et les placer à l’abri de la lumière. Pour les réhydrater, il suffit de les plonger quelques minutes dans de l'eau tiède[17].

Confusions possibles

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  • La Chanterelle sinueuse (Craterellus undulatus), comestible réputé.
    La Chanterelle sinueuse (Craterellus undulatus), qui peut être très ressemblante de par ses teintes noires mais qui est moins en forme de corne, avec une silhouette rappelant plus les autres chanterelles, son hyménophore descends moins sur le pied et est mieux différencié du chapeau et elle n'est jamais aussi densément creuse que la Trompette, de plus la marge de son chapeau est souvent assez crispée. Elle peut être résumée comme une C. lutescens avec des tons noirs. Comestible réputé.
  • La Chanterelle cendrée (Craterellus cinereus), comestible réputé.
    La Chanterelle cendrée (Craterellus cinereus), qui peut aussi être très ressemblante de par ses teintes noires, mais qui, comme la précèdente C. undulatus, n'est pas en forme de corne et est beaucoup moins amplement creuse, cependant, contrairement à la précèdente C. undulatus, celle-ci possède des plis en formes de lames grises bien nettes sur son hyménophore. Elle peut être résumée comme une C. undulatus avec des lames ou une C. tubaeformis avec des tons noirs. Comestible réputé
  • La Fausse chanterelle des charbonnières (Faerbaria carbonaria), qui ressemble beaucoup à la précèdente C. cinereus mais dont le pied et l'hyménophore sont blanchâtres et dont les lames sont très fourchues, elle ne pousse cependant que sur les lieux brûlés et les charbonnières. Sans intérêt alimentaire.
  • L'Helvelle lacuneuse (Helvella lacunosa), qui peut parfois pousser entre les Trompettes et dont les teintes noires peuvent prêter à confusion par manque d'attention. Mais sa morphologie est très différente, avec un chapeau selliforme et un pied lacuneux côtelé. Comestible bien cuite, toxique crue ou mal cuite.
  • La Russule noircissante (Russula nigricans), notamment les cadavres de très vieux spécimens qui restent longtemps sur place et deviennent entièrement noirs, qui peut éventuellement faire penser à une Trompette par manque d'attention. Cependant, le chapeau convexe avec grandes lames et pied cylindrique ne laisse aucun doute. Sans intérêt alimentaire.

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Références biologiques

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Notes et références

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  1. Les dictionnaires usuels indiquent « trompette-de-la-mort » ou « trompette-des-morts ».
  2. a et b GBIF Secretariat. GBIF Backbone Taxonomy. Checklist dataset https://doi.org/10.15468/39omei accessed via GBIF.org, consulté le 26 janvier 2026.
  3. in: Mycologia europaea (Erlanga) 2: p.5, 1825.
  4. (en) Mattias Dahlman, Eric Danell et Joseph W. Spatafora, « Molecular systematics of Craterellus: cladistic analysis of nuclear LSU rDNA sequence data », Mycological Research, vol. 104, no 4,‎ , p. 388–394 (DOI 10.1017/S0953756299001380)
  5. (en) Patrick Brandon Matheny, Emily A. Austin, Joshua M. Birkebak et Aaron D. Wolfenbarger, « Craterellus fallax, a Black Trumpet mushroom from eastern North America with a broad host range », Mycorrhiza, vol. 20, no 8,‎ , p. 569–575 (ISSN 1432-1890, DOI 10.1007/s00572-010-0326-2)
  6. (en) Kuo, M., « Craterellus fallax (MushroomExpert.Com) », sur www.mushroomexpert.com, (consulté le )
  7. « Trompette des morts, craterelle, craterellus cornucopioides », sur mycorance.free.fr (consulté le ).
  8. « Craterellus cornucopioides, Trompette des morts, Corne d'abondance. », sur pagesperso-orange.fr (consulté le ).
  9. http://www.rogersmushrooms.com/gallery/DisplayBlock~bid~5714.asp « Copie archivée » (version du sur Internet Archive).
  10. « trompette des morts, craterelle, craterellus cornucopioides », sur mycorance.free.fr (consulté le ).
  11. http://content60.eol.org/content/2009/07/24/05/74360_orig.jpg.
  12. (en) C. H. Dickinson, John Alexander Lucas, The Encyclopedia of Mushrooms, Putnam, , p. 147
  13. Courtecuisse et Duhem 2011.
  14. Bon 1988.
  15. Jean Loiseau, Chercheur de champignons, Vigot Frères, , p. 183.
  16. (en) Régis Courtecuisse, Collins Guide to the Mushrooms of Britain and Europe, HarperCollins, London, 1999 (ISBN 0-00-220012-0).
  17. « TROMPETTE DE LA MORT : tout sur la trompette de la mort, recettes, saison de la trompette de la mort », sur cuisine.journaldesfemmes.com (consulté le ).