Tropea
| Tropea | |
Vue de Tropea ; le centre historique est à gauche. | |
Armoiries |
Drapeau |
| Noms | |
|---|---|
| Nom calabrais | Trupèa |
| Administration | |
| Pays | |
| Région | |
| Province | |
| Maire | Commission extraordinaire |
| Code postal | 89861 |
| Code ISTAT | 102044 |
| Code cadastral | L452 |
| Préfixe tél. | 0963 |
| Démographie | |
| Gentilé | Tropeani |
| Population | 5 680 hab. (30-09-2025[1]) |
| Densité | 1 552 hab./km2 |
| Géographie | |
| Coordonnées | 38° 41′ 00″ nord, 15° 54′ 00″ est |
| Altitude | 60 m |
| Superficie | 366 ha = 3,66 km2 |
| Divers | |
| Saint patron | Santa Madonna di Romania |
| Fête patronale | 27 mars |
| Localisation | |
Localisation dans la province de Vibo Valentia. | |
| Liens | |
| Site web | Site officiel |
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Tropea (en calabrais : Trupèa) est une commune italienne de 5 680 habitants[2] située dans la province de Vibo Valentia en Calabre.
Cœur touristique et balnéaire de la Costa degli Dei (« côte des Dieux »), le centre ancien est perché sur un promontoire sur le rebord occidental du mont Poro et domine directement la mer Tyrrhénienne de sa falaise de 60 mètres de hauteur. Il est classé parmi les borghi più belli d'Italia (« plus beaux villages d'Italie »)[3].
Géographie
[modifier | modifier le code]La cité est perchée sur une falaise d'une quarantaine de mètres de haut qui domine le golfe de Sant'Eufemia (mer Tyrrhénienne). La vieille ville jouit d'une belle vue sur les plages de sable fin en contrebas et sur la mer. Par temps clair, l'horizon se dégage jusqu'aux îles Éoliennes avec le cône volcanique caractéristique de Stromboli. Non loin se dresse l'église de pèlerinage Santa Maria dell'Isola, suspendue sur son rocher. Le promontoire rocheux du Capo Vaticano se trouve à une courte distance au sud, sur la commune voisine de Ricadi.

Histoire
[modifier | modifier le code]La légende raconte qu'une première ville est fondée sur le site de Tropea par Hercule rentrant de son périple aux colonnes qui portent son nom (l'actuel Gibraltar). Des sépultures d'origine grecque ont été mises au jour dans les abords immédiats de la ville.
L'histoire de Tropea commence véritablement à l'époque romaine, lorsque Sextus Pompée vainc la flotte d'Octave au large du port marchand de Formicoli (Forum Herculis), mentionné dans les écrits de Pline l'Ancien et de Strabon.
En vertu de sa position caractéristique sur une terrasse naturelle surplombant la mer, le site de Tropea est d'une grande valeur militaire, tant auprès des Romains (en témoignent les proches carrières de granit abondamment exploitées à cette période) que chez les Byzantins, dont subsistent quelques pans de l'ancienne enceinte de remparts, dits « murs de Bélisaire ». Au VIIe siècle, Tropea devient le siège d'un évêché. Vers l'an 1000, elle se développe en une ville prospère jouissant d'une certaine liberté fiscale et administrative.
Des pirates sarrasins arrachent Tropea des mains de Byzance et la conservent jusqu'à sa saisie par les Normands, sous lesquels la cité connaît une prospérité sans précédent qui ne prendra fin que sous les Aragonais. En 1094, un clerc latin succède pour la première fois aux évêques grecs ; cependant, la majorité de la population demeure hellénophone jusqu'au XIVe siècle[4].
Au fil des siècles, les séismes répétés ébranlent la ville, reconstruite à de multiples reprises comme en témoignent les fouilles archéologiques menées au XIXe siècle. Alors qu'elle mène une existence relativement paisible et autonome, quasiment dirigée à la manière d'une cité-État tout au long de l'ère féodale, l'arrivée des Français en 1806 entame une nouvelle période de déclin pour la ville qui ne sera enrayé qu'avec l'essor du tourisme.
Monuments et lieux d'intérêt
[modifier | modifier le code]Architecture religieuse
[modifier | modifier le code]- La cathédrale de Tropea (cocathédrale du diocèse de Mileto-Nicotera-Tropea), construite au XIIe siècle sous domination normande, abrite les reliques de sainte Dominique, née dans la ville, ainsi que les corps du philosophe Pasquale Galluppi et du bienheureux Francesco Mottola ;
- Le sanctuaire Santa Maria dell'Isola, sis au sommet d'un rocher de grès autrefois séparé de la terre ferme (d'où le nom isola, « île »), est fondé au VIe siècle par des moines orientaux qui forment une communauté érémitique dédiée à saint Ménas. Son aspect actuel est dû à la reconstruction ayant suivi le séisme de 1905 ;
- L'église du Gesù ;
- L'église de la Michelizia ;
- L'église du Carmel.
-
Le sanctuaire Santa Maria dell'Isola.
-
L'église du Gesù.
Architecture civile
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Le vieux bourg de Tropea présente un intérêt non négligeable avec ses palais nobiliaires des XVIIIe et XIXe siècles (tel que le palais Giffone, de style néoclassique du XVIIIe siècle), suspendus à la paroi rocheuse dont ils forment le rempart côté maritime[5].
Le complexe de Santa Chiara, restauré depuis peu, abrite une salle de conférence dans l'ancienne église médiévale tandis que le couvent des Clarisses a été aménagé pour accueillir le musée de la mer.
Un certain nombre de terrasses ont été aménagées pour faire office de « balcons » offrant des vues dégagées sur l'horizon marin. Le balcon des Sospiri (« soupirs »), le plus grand, est situé au centre[6].
Économie
[modifier | modifier le code]Agriculture
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Cultivé le long de la bande littorale tyrrhénienne depuis la commune de Nicotera, dans la même province de Vibo Valentia, et celle d'Amantea, en province de Cosenza, l'oignon rouge de Tropea est l'un des produits les plus renommés du terroir calabrais et bénéficie d'une indication géographique protégée[7].
Commerce
[modifier | modifier le code]Partout en ville, de nombreuses échoppes d'artisans participent au négoce des produits alimentaires locaux : outre l'oignon rouge, il s'agit de la 'nduja de Spilinga, du pecorino de la montagne voisine, des vins et de l'huile d'olive extra vierge.
Tourisme
[modifier | modifier le code]L'économie de Tropea, figure de proue de la Costa degli Dei et site emblématique de toute la Calabre, repose essentiellement sur le tourisme estival dont la saison se déploie de juin à septembre. La ville possède la distinction d'être reconnue parmi les borghi più belli d'Italia et ses plages reçoivent depuis 2020 le pavillon bleu accordé par la FEE pour récompenser les stations balnéaires mettant en œuvre des politiques concrètes de durabilité environnementale[8]. Les alentours regorgent de petites criques et de plages de sable blanc.
Dans l'édition en ligne du Sunday Times du 14 janvier 2007, la plage située en contrebas du centre historique de Tropea est comptabilisée parmi les vingt plus belles d'Europe. L'émission Kilimangiaro diffusée sur Rai 3 lui a attribué le titre de Borgo dei Borghi en 2021[9].
L'aéroport de Lamezia Terme (SUF), à 60 kilomètres, la relie à l'international tandis que celui de Reggio de Calabre dessert essentiellement des vols intérieurs.
Administration
[modifier | modifier le code]Communes limitrophes
[modifier | modifier le code]Évolution démographique
[modifier | modifier le code]Habitants recensés

Jumelages
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Zvenigorod (Russie) depuis 2012
Personnalités
[modifier | modifier le code]- Vincenzo Lauro (1532-1592), cardinal et diplomate ;
- Antonio Jerocades (1738-1803), abbé, patriote italien et poète, est mort à Tropea le ;
- Pasquale Galluppi (1770-1846), philosophe, est né à Tropea le 2 avril 1770 ;
- Gerhard Rohlfs (1892-1986), philologue romanistique et professeur d'université allemand, citoyen d'honneur de Tropea ;
- Francesco Mottola (1901-1969), prêtre et fondateur de l'institut séculier des oblats du Sacré-Cœur et des bienheureux de l'Église catholique, né et mort à Tropea ;
- Albert Anastasia (1902-1957), mafieux italo-américain, est né à Tropea le ;
- Raf Vallone (1916-2002) acteur, metteur en scène et footballeur, est né à Tropea le 17 septembre 1916 ;
- Francesco Massara (1965-), archevêque catholique romain, né à Tropea ;
- Dalila Nesci (1986-), journaliste et femme politique, est née à Tropea le .
Références
[modifier | modifier le code]- ↑ (it) Popolazione residente e bilancio demografico sur le site de l'ISTAT.
- ↑ « Bilancio demografico mensile », sur demo.istat.it (consulté le )
- ↑ (it) Giuseppe Silvestri, « Tropea », sur I Borghi più Belli d'Italia, (consulté le )
- ↑ « Un copista e protopapa di Tropea nel secolo XIV di Santo Lucà », sur www.tropeamagazine.it (consulté le )
- ↑ (it) Staff, « Le mura di Tropea: storia ed evoluzione », sur Tropea, (consulté le )
- ↑ (it) Redazione, « Racconta il tuo SUD | Calabria: l'affaccio dei sospiri a Tropea, immagine e testo di Marcello Macrì », sur Fame di Sud, (consulté le )
- ↑ « “La treccia rossa”, la storia della cipolla di Tropea – Tropeaedintorni.it », sur www.tropeaedintorni.it (consulté le )
- ↑ « Programma Bandiera Blu », sur www.bandierablu.org (consulté le )
- ↑ (it) « Tropea è il Borgo dei Borghi 2021, una perla rara », sur SiViaggia, (consulté le )