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Tsapiky

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Tsapiky
Origines stylistiques cérémonies rituelles
Origines culturelles Fin des années 1970 ; Madagascar
Instruments typiques guitare électrique, basse électrique, accordéon, synthétiseur, chant
Popularité Très élevée au sud de Madagascar dans les années 1970 aux années 2000
Scènes régionales Madagascar
Voir aussi musique malgache

Tsapiky, rythme et style musical caractéristique de la région Sud-ouest de Madagascar *
Pays * Drapeau de Madagascar Madagascar
Liste Liste représentative
Année d’inscription 2025
* Descriptif officiel UNESCO

Le Tsapiky est un genre musical originaire de Madagascar. Il est inscrit à la liste de patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO le 10 Décembre 2025.

Toliara (Tulear)

Origines et évolution

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Le genre naît dans la région de Tuléar, au sud-ouest de l'île, dans les années 1970[1],[2]. Il intègre les guitares électriques dans les années 1980 [3].

Reconnaissance

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Le tsapiky a véritablement commencé à connaître un niveau d'engouement national au milieu des années 1990[4]. En 2000, sort la compilation « Tulear Never Sleeps », sur le label Earthworks, et le genre rencontre une notoriété internationale[5],[6]. Cette compilation, cependant, met en valeur le tsapiky « traditionnel », tel que celui qui était exécuté dans les villages ruraux vingt ans auparavant, plutôt que le style amplifié, synthétisé et remixé, diffusé massivement sur les radios et représenté par des stars nationales comme Tearano, Terakaly, Jarifa et Mamy Gotso. Le tsapiky est inscrit à la liste de patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO lors du 20e session du comité intergouvernementale qui s'est tenu à New Delhi[7].

Caractéristiques musicales

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Le tsapiky a pris naissance à partir de la musique traditionnelle de la région de Tuléar, et a été récemment adapté aux instruments modernes tels que la guitare électrique, la guitare basse et la batterie. Plus rapide que les autres rythmes malgache, cette musique dispose d'un style de jeu de guitare inspirée par les compositions du « Marovany » traditionnel, mais l'influence de la musique des « townships » sud-africains est évidente par les duos de guitares et le chant polyharmonique, souvent interprété par des chanteuses qui répètent des variations sur un court refrain tout au long de la chanson.

Place dans la société malgache

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La musique Tsapiky est pratiquée à toutes sortes d'occasions solennelles dans le Sud, que ce soit les célébrations collectives ou des funérailles[2],[8].

Le tsapiky est lié initialement à des cérémonies rituelles, qui peuvent durer plusieurs heures, voir quelques jours. Il se caractérise par une grande variété de caractéristiques musicales, mêlant rythmes rapides, énergique et saccadés et ambiances plus feutrées.

Un des représentants en France du Tsapiky est Damily, musicien d'origine malgache[9],[3]. L'ethnomusicologue Julien Mallet est un des spécialistes actuels de ce genre musical[9],[10],[11]. Il rapporte notamment :

« Musique de toutes les occasions, de tous les lieux, des bals poussières en brousse, des boites en villes, des stades de foot, du quotidien, musique proche de la transe, toujours virtuose mais surtout musique de cérémonie exténuantes sur trois jours, la culture du tsapiky convoque autant les ancêtres que l'érotisme de tout le corps[12]. »

— Julien Mallet

Bibliographie

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  • Julien Mallet, Le tsapiky, une jeune musique de Madagascar : ancêtres, cassettes et bals-poussière, Paris, Karthala, , 279 p. (ISBN 978-2-8111-0209-8, lire en ligne)
  • Madagascar. Tsapiky, panorama d’une jeune musique de Tuléar, orchestres électriques, accordéons, fanfare, guitares acoustiques… / Enregistrements (2000) et textes de présentation de Julien Mallet, 2004
  • Anderson, Ian (2000), "Ocean Music from Southeast Africa", The Rough Guide to World Music, Vol. 1: Africa, Europe and the Middle East, Rough Guides, pp. 523–532, (ISBN 978-1-84353-551-5), retrieved November 17, 2010
  • Martin, Denis-Constant, « Madagascar. Tsapiky, panorama d’une jeune musique de Tuléar, orches... », Cahiers d’ethnomusicologie. Anciennement Cahiers de musiques traditionnelles, Infolio Editeur / Ateliers d’ethnomusicologie, no 18,‎ , p. 327–329 (ISSN 1662-372X, lire en ligne, consulté le )

Notes et références

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  1. Denis-Constant Martin, « Madagascar. Tsapiky, panorama d’une jeune musique de Tuléar, orchestres électriques, accordéons, fanfare, guitares acoustiques… . Enregistrements (2000) et textes de présentation de Julien Mallet, 2004 », Cahiers d’ethnomusicologie. Anciennement Cahiers de musiques traditionnelles, no 18,‎ , p. 327–329 (ISSN 1662-372X, lire en ligne, consulté le )
  2. a et b (en) Banning Eyre, « Tsapiky: Dance Music Fit For A Funeral », NPR,‎ (lire en ligne, consulté le )
  3. a et b Anne Bocandé et Anne Bocandé, « Le tsapiky malgache fait danser les vivants et les ancêtres », sur Africultures, (consulté le )
  4. Nago Seck, « Musique Malgache », sur Afrisson, (consulté le )
  5. « Various - Tulear Never Sleeps », sur Discogs (consulté le )
  6. Soavina, « La musique de madagascar: Introduction de la Musique de Madagascar », sur La musique de madagascar (consulté le )
  7. (en) « Patrimoine culturel immatériel: le Tsapiky fait son entrée à l'Unesco », sur Orange actu Madagascar, (consulté le )
  8. (en) « Afropop Worldwide | Hip Deep in Madagascar: The Tsapiky Story », sur Afropop Worldwide (consulté le )
  9. a et b Julien Mallet, « HIistoire de vies, histoire d’une vie », Cahiers d’ethnomusicologie. Anciennement Cahiers de musiques traditionnelles, no 15,‎ , p. 113–132 (ISSN 1662-372X, lire en ligne, consulté le )
  10. https://horizon.documentation.ird.fr/exl-doc/pleins_textes/2024-03/010048520.pdf
  11. « Faire danser les morts : le Tsapiky de Madagascar », sur France Musique, (consulté le )
  12. « Faire danser les morts : le Tsapiky de Madagascar », sur France Musique (consulté le )

Articles connexes

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