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Udun

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Udun (御殿?) est le nom donné aux maisons princières du royaume de Ryūkyū généralement descendantes d’un fils d’un roi de Ryūkyū qui n’a pas été appelé à régner. Le terme désigne également les résidences de ces familles, ainsi que les résidences royales et, par extension et souvent avec une graphie différente () , les mausolées royaux[1]:772,[2],[3].

Résidences princières

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À l’origine, udun désigne la résidence des membres de la noblesse ryūkyūane de rang wōji (王子?, lit. « prince ») ou aji (按司?, lit. « seigneur »)[1]:772,[2],[3]. Ces titres sont généralement réservés aux fils des rois (wōji) et à leurs descendants (aji)[2].

Nakagusuku Udun vers 1920

La résidence prend le nom du fief qui a été attribué au prince ou seigneur : la résidence du prince héritier du royaume de Ryūkyū, le prince de Nakagusuku, est « Nakagusuku Udun » (中城御殿?), la résidence du Prince de Motobu est « Motobu Udun », celle du prince de Nakijin est « Nakijin Udun »[2]. Lorsque le fief qui est attribué au chef de la maison change, le nom de la résidence change également : la maison descendant de Shō Ikō Urasoe wōji Chōman (尚維衡 浦添王子朝満?, Shō Ikō, Chōman prince d’Urasoe) a administré successivement les magiris d’Urasoe, Gushichan, Ginowan et Oroku, leur résidence étant connue successivement sous les noms d’« Urasoe Udun », « Gushichan Udun », « Ginowan Udun » et « Oroku Udun »[4],[5].

La plupart des résidences de rang udun sont situées au nord du château de Shuri, essentiellement à Tōnokura (当蔵村?, Okinawaïen : Tūnukura), Ōnaka (大中村?, Okinawaïen : Ufuchun) et Akahira (赤平村?)[2]. Les lois concernant la construction des résidences précisent que les résidences de type udun peuvent être construites sur un terrain mesurant jusqu’à 1 000 tsubos (environ 3 300 mètres carrés), que l’enceinte peut comporter trois portes (une grande porte, une porte moyenne et une petite porte) et que le bâtiment en lui-même peut mesurer jusqu’à 200 tsubos (environ 600 mètres carrés[6].

Autres résidences et bâtiments

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Le rang d’udun peut également être attribué à des résidences et bâtiments sans lien direct avec des personnages de rang wōji ou aji[1]:772,[2] :

  • Sashichi Udun (佐敷御殿?, prononciation moderne : Sashiki Udun) : bâtiment où sont gérées les activités officielles de la reine
  • Ufumi Udun (大美御殿?, prononciation moderne : Ōmi Udun) : résidence secondaire du roi
  • Sachiyama Udun (崎山御殿?, prononciation moderne : Sakiyama Udun) : résidence secondaire du roi, pavillon de thé à l’intérieur d’Uchaya Udun (御茶屋御殿?), le « jardin oriental » (東苑?).
Shikina Udun
  • Shichina Udun (識名御殿?, prononciation moderne : Shikina Udun) : résidence secondaire du roi, également appelé  « jardins de Shikina » (識名園, shikina-en?) ou « jardin méridional » (南苑?)
  • Chifijin Udun (聞得大君御殿?)[a] : résidence de Kikoe-ōgimi
  • Uchima Udun (内間御殿?) : lieu de culte bâti à l’emplacement de l’ancienne résidence de Kanamaru.

Terme honorifique

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Par métonymie, le terme d’udun est utilisé comme prédicat pour les personnes de rang wōji ou aji et leurs épouses[1]:772,[3]. Le terme d’Udun est alors substitué à leur titre personnel après le nom de leur fief : par exemple pour le Prince de Ginowan, la dénomination officielle de « Ginowan Aji-ganashi » est remplacée par « Ginowan Udun », pour la reine, la dénomination officielle de « Sashiki Aji-ganashi » est remplacée par « Sashiki Udun », pour la princesse d’Urasaki, la dénomination officielle de « Urasaki Ōshu » est remplacée par « Urasaki Udun »[2]:318, 369.

Maisons princières

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Par extension, le terme d’udun est utilisé pour qualifier les maisons princières dont le chef de famille porte le titre de wōji ou aji, descendant des fils des rois de Ryūkyū qui n’ont pas été appelés à régner[1]:772,[2] : la maison de Motobu, fondée par le Prince de Motobu, est nommée « Motobu Udun »[4],[5].

La seule maison de rang udun qui ne descend pas directement des rois de Ryūkyū est la maison de Kunigami (ja)[4],[5].

La maison de Makabi (ja) est un cas particulier car la lignée a été fondée par la reine du roi Shō Tei, Makabi Aji-ganashi, qui a adopté un des petits enfants de Shō Tei pour créer sa propre maison[4],[5].

La maison de Takamine (ja) a été fondée par la petite fille du roi Shō Hō, la princesse d’Urasoe (浦添翁主, Urasoe ōshu?), fille du prince héritier Shō Kyō (en) qui est décédé avant d’accéder au trône[4],[5].

Les branches mineures des maisons udun sont généralement des maisons de rang dunchi (殿内?)[2]. La maison d’Haneji (ja), bien que branche mineure de la maison d’Oroku (ja), a conservé le rang d’udun[4]. La maison de Kyan a été rétrogradée au rang de dunchi suite a une interruption de la lignée[7],[4].

À la chute du royaume, il existait trente maisons nobles de rang udun, présentées ci-dessous dans leur ordre chronologique d’apparition[3],[8],[4].

Tombe de la Maison d’Ie, « Ie-udun-baka »
Tombe de la Maison de Ginowan (initialement tombe de la Maison de Gushichan)

Notes et références

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  1. la prononciation moderne, qui serait « Kikoe-ōgimi Udun », n'est jamais utilisée pour ce bâtiment
  2. la plupart de ces maisons existant encore actuellement, la prononciation moderne est la plus couramment utilisée

Références

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(ja) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en japonais intitulé « 御殿 (沖縄) » (voir la liste des auteurs).
  1. a b c d et e (ja) Takara Kurayoshi [高良倉吉] (dir.), Les noms de lieux dans la préfecture d’Okinawa [沖縄県の地名] [Okinawa-ken no chimei], Tōkyō, Heibonsha, coll. « Encyclopédie des noms de lieux historiques du Japon [日本歴史地名大系] [Nihon rekishi chimei daikei] »,‎ , 838 p.
  2. a b c d e f g h et i (ja) Bureau de publication du Grand dictionnaire encyclopédique d’Okinawa [沖縄大百科事典刊行事務局], Grand dictionnaire encyclopédique d’Okinawa Vol.1 A-Ku [沖縄大百科事典 上 ア~ク] [Okinawa dai hyakka jiten jō a kara ku], Okinawa Times,‎ , 1030 p.
  3. a b c et d (ja) Arakaki Kōyū [新垣光勇], Documents sur la langue uchināguchi [ウチナーグチ資料集], Nishihara, Éditions Kyōdo,‎ , 55 p.
  4. a b c d e f g et h (ja) Miyazato Chōkō [宮里朝光] (dir.), Grand dictionnaire des munchus d'Okinawa [沖縄門中大事典] [Okinawa munchū daijiten], Naha, Presses de Naha,‎ , 465 p.
  5. a b c d et e (ja) Higa Chōshin [比嘉朝進], The genealogies of the noble munchus : the noble families representative of Okinawa, from their founding ancestir to their current head [士族門中家譜 沖縄の代表的士族の元祖から現在の当主まで] [Shizoku munchū kafu okinawa no daihyōteki shizoku no ganso kara genzai no tōshu made], Nishihara, Kyūyō Editions,‎ , 222 p.
  6. (ja) Emi Asakawa [淺川英美], Naoki Ikehara [池原直樹], Yurika Shimada [島田由利佳], Takamichi Tamae [玉栄飛道], Masashige Nawata [縄田雅重], Yūka Hatta [八田夕香], Masakazu Higa [比嘉清和], La vie dans un village yādui : Rapport de fouilles du site Ikehara Kamitabaru / Shiakezabaru [屋取集落に生きるー池原上田原・仕明座原遺跡発掘調査報告] [Yādui shūraku ni ikiru – ikehara kamitabaru・shiakezabaru iseki hakkutsu chōsa hōkoku], Okinawa, Comité d'éducation de la ville d'Okinawa, coll. « Rapports d'étude des propriétés culturelles de la ville d'Okinawa [沖縄市文化財調査報告書] [Okinawa-shi bunkazai chōsa hōkokusho] »,‎ , 213 p.
  7. (ja) Enregistrements généalogiques du Clan Shō, branche principale, famille Kyan [向姓家譜 大宗 喜屋武家], Gouvernement Royal de Ryūkyū, 69 p. (lire en ligne)
  8. (ja) « Registre des salaires versés aux vassaux du Domaine de Ryūkyū [琉球藩臣家禄記] », dans Ryūkyū Government [琉球政府], Histoire de la préfecture d'Okinawa vol. 14 Documents 4 [沖縄縣史第14巻 資料編4], Tōkyō, Kokushokankokai,‎ 1989 (1st ed. 1965), p. 101‑121