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Ultras Sur

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Ultras Sur
Image illustrative de l’article Ultras Sur
Logo des Ultras Sur.

Devise : « Siempre fieles mil batallas mil victorias
(Toujours fidèle, mille batailles, mille victoires) »

Situation
Région Madrid Madrid
Création 1980
Type Groupe de supporters ultras / hooligan
Domaine Football
Territoire Arrondissement de Chamartín
Langue Espagnol
Organisation
Membres ~ 1 000[1],[2] (années 2010)
Pays Drapeau de l'Espagne Espagne
Stade Santiago Bernabéu (IDS depuis 2014)
Club Real Madrid
Idéologie Extrême droite
Suprémacisme blanc
Néonazisme
Rivaux Frente Atlético, Boixos Nois, Ultras Yomus, Bukaneros, Juventudes Verdiblancas, Herri Norte Taldea, Indar Gorri, Peña Mujika, Brigadas Amarillas, Ligallo Fondo Norte, Celtarras, Ultras Roma, Supporters Gol Sur, Komandos Verdes, Grada Joven Almería

Site web ultras-sur.es

Les Ultras Sur constituent un groupe de supporters ultras fondé en 1980, organisé autour du club de football du Real Madrid, club historique jouant en Liga. Connu pour ses positions d’extrême droite et sa mouvance néofasciste, il s’est distingué par son organisation structurée et ses actions controversées dans les tribunes et en dehors des stades[3].

Les Ultras Sur naissent en 1980 au sein de la peña « Las Banderas », où un groupe de jeunes supporters, connus pour leur ferveur plus extrême dans le soutien à l’équipe, fait son apparition. Peu après, ils sont expulsés de la peña et entament leur activité comme groupe indépendant[4].

Altercations avec le Real Madrid

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Au cours de l’histoire du groupe, plusieurs incidents impliquant des joueurs du Real Madrid sont signalés, certains étant attribués par la presse au refus de ces derniers de soutenir financièrement les Ultras Sur en échange de leur appui en tribune. D’autres footballeurs, en revanche, affichent publiquement leur soutien au groupe. L’un des cas les plus connus est celui de Juanito, joueur du club pendant dix saisons et mort dans un accident de la route : il est commémoré à chaque rencontre disputée au stade Santiago Bernabéu, où, à la septième minute, les supporters entonnent le chant « Illa, illa, illa, Juanito maravilla »[5],[6].

Sous la présidence de Florentino Pérez (2000-2006), le groupe réintègre un secteur délimité du Fondo Sur, avec l’obligation pour tous ses membres d’accéder au stade par la porte 28. Par ailleurs, le club cesse de financer les déplacements nationaux et internationaux de ces supporters. Le nombre d’incidents impliquant le groupe diminue alors de manière significative[7].

Le groupe affiche sa proximité avec Ramón Calderón, président du Real Madrid CF entre 2006 et le début de l’année 2009[8].

Au cours de la saison 2013-2014, des tensions internes entraînent un changement de direction au sein des Ultras Sur, provoquant des affrontements entre membres. En réaction, la direction du Real Madrid expulse le groupe du Santiago Bernabéu. Un mois et demi plus tard, l’accès leur est de nouveau autorisé, malgré la persistance des conflits internes. Finalement, durant l’été précédant la saison 2014-2015, le club décide d’interdire l’entrée des Ultras Sur ainsi que l’introduction de tout matériel lié au groupe dans le stade. Depuis lors, les Ultras Sur mènent une opposition ouverte à Florentino Pérez[9].

Tifo élaboré par les Ultras Sur lors de la saison 2006-2007[10].

Idéologie et incidents

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Malgré les difficultés d’accès au groupe, les Ultras Sur font l’objet de plusieurs ouvrages réalisés par des personnes étant parvenues à s’y infiltrer. Un journaliste utilisant le pseudonyme Antonio Salas publie Diario de un skin, où il décrit le comportement du groupe à l’intérieur et à l’extérieur du stade ainsi que ses liens avec le mouvement neonazi[11]. L’agent David Madrid vit des expériences similaires et publie Insider, un policía que se coló en las gradas ultras ainsi que Tribus Urbanas[12]. Parmi les incidents les plus notoires imputés aux Ultras Sur figure celui du 1er avril 1998, lors de la demi-finale aller de la ligue de Champions 1997-1998 contre le Borussia Dortmund. Une centaine de membres du groupe escaladent la grille métallique du fond sud du stade Santiago Bernabéu avant le début du match ; la structure cède, entraînant l’effondrement du but auquel elle est attachée. La rencontre ne commence qu’avec soixante-quinze minutes de retard et le Real Madrid reçoit une lourde sanction[13]. À la suite de cet épisode, le club adopte des mesures plus strictes à l’égard des Ultras Sur, qui sont d’abord déplacés au troisième amphithéâtre puis au bas de la tribune latérale. Le groupe traverse alors une période de crise : sur les près de 2 000 membres qui occupaient auparavant le fond sud, une partie importante finit par se disperser[14].

Depuis 1988, les Ultras Sur entretiennent une alliance étroite avec les Brigadas Blanquiazules du RCD Espanyol[15]. Le groupe maintient également une relation privilégiée avec les Irriducibili de la Lazio, l’un des collectifs ultras les plus influents et redoutés d’Europe[15]. Les Ultras Sur comptent par ailleurs parmi leurs alliés les Bad Gones de l’Olympique lyonnais[16]. Au sein du supporterisme madrilène, ils sont liés au groupe Orgullo Vikingo. Ils entretiennent aussi de bonnes relations avec les ultras de l’Austria Vienne, un autre groupe important du mouvement ultra européen.

Les Ultras Sur entretiennent de nombreuses rivalités avec d’autres groupes ultras. Le plus notable est le Frente Atlético, supporters du Club Atlético de Madrid, en raison de la grande rivalité entre les deux clubs, qui a donné lieu à plusieurs affrontements et incidents[17]. Les Boixos Nois du FC Barcelone constituent un autre rival important[18] : malgré une proximité idéologique d’extrême droite, les Boixos défendent l’indépendance catalane, tandis que les Ultras Sur se réclament d’une idéologie d’extrême droite espagnole. Peu d’incidents directs entre ces deux groupes sont documentés. Les Biris Norte du Sevilla FC sont également considérés comme des rivaux idéologiques, étant un groupe d’extrême gauche[18] ; les affrontements connus se limitent à une altercation à l’aéroport de Barajas. Les Ultras Yomus du Valencia CF sont en rivalité avec les Ultras Sur en raison de la rivalité entre leurs clubs respectifs[19][20]. Enfin, les Bukaneros du Rayo Vallecano représentent un autre groupe ennemi : situés à proximité et porteurs d’une idéologie d’extrême gauche[18], ils ont été impliqués dans plusieurs affrontements avec les Ultras Sur, dont un incident ayant entraîné douze arrestations.

Notes et références

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(es) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en espagnol intitulé « Ultras Sur » (voir la liste des auteurs).
  1. (en) Ashifa Kassam, « Real Madrid moves to send off Ultras Sur fans », sur The Guardian,
  2. (en) Midfielder, « Meet the Ultras Sur: Real Madrid’s Far-Right Hardcore Fans », sur hooliganfc.com,
  3. « La cuenta atrás de Ultras Sur », El Mundo,‎ 2 de diciembre de 2013 (lire en ligne, consulté le )
  4. Web oficial de Ultras Sur, « Historia de Ultras Sur – Los orígenes » [archive du 11 de octubre de 2007] (consulté le )
  5. «Se presentó el libro ‘Juanito, el genio de Fuengirola’» Web oficial del Real Madrid. Consultado el 2 de diciembre de 2013.
  6. Vicente Jiménez - El País, « Los jugadores del Madrid piden al club que frene las amenazas de los Ultras Sur », 28 de abril de 1993
  7. Santiago Segurola - El País, « El plan del Madrid reduce la agitación de Ultras Sur », 13 de octubre de 2003
  8. El Mundo, « Polémica por los elogios a los 'ultras' »,
  9. «Ultras Sur vuelve a su fondo del Bernabéu y logran echar al jefe de la Grada Joven». Vozpopuli. Consultado el 2 de marzo de 2014.
  10. Web oficial de Ultras Sur, « Así se hizo…El tifo del R.M.C.F.– Club Atlético de Madrid 06/07 » [archive du 24 de octubre de 2007] (consulté le )
  11. M. Galaz - El País, « Un año infiltrado en la peña radical 'ultrasur' », 23 de enero de 2003
  12. Ramiro Varea - Público, « Los grupos violentos ponen en alerta a las autoridades » [archive], 26 de mayo de 2008
  13. Tomás Roncero - Diario AS, « Cinco años desde la caída de la portería »,
  14. Web oficial de Ultras Sur, « Historia de Ultras Sur – Hasta hoy » [archive du 11 de octubre de 2007] (consulté le )
  15. a et b (es) « Así es el mapa ultra del fútbol español: una red de alianzas y enemistades por ideologías extremistas »
  16. Lyon Mag, « Lyon Mag », sur Lyon Mag, (consulté le )
  17. (es) David López Frías, « La batalla de los Frentes: Bokerón y Atlético sellan una nueva rivalidad tras la batalla del Mesón Segalerva », sur El Periódico, (consulté le )
  18. a b et c (es) Roberto Alonso Sanz, « Hermanamientos ultras en España, nacionales e internacionales », sur El Generacional, (consulté le )
  19. Madrid 2005, p. 187.
  20. (es) « La geografía de la violencia: Los grupos más radicales del fútbol español », El Mundo,‎ (lire en ligne, consulté le ) :

    « Con unos 500 miembros, se formó en 1983 con simpatía hacia el nacionalismo valenciano e ideales de extrema izquierda pero en 1992 viró hacia la extrema derecha, con una fuerte carga antisemita y anticatalanista »

Articles connexes

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Bibliographie

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  • (es) David Madrid, Insider: un policía infiltrado en las gradas ultras, Madrid, Temas de Hoy, coll. « En primera persona / Confidencial », , 214 p. (ISBN 978-84-8460-425-9), « Historia de la peña Yomus », p. 196-199

Liens externes

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