Variations Goldberg
| Variations Goldberg | |
Page de titre des Variations Goldberg… « composée à l'intention des amateurs pour le plaisir de leur esprit ». | |
| Genre | Musique instrumentale |
|---|---|
| Musique | Jean-Sébastien Bach |
| Effectif | Clavecin |
| Dates de composition | vers 1740 |
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Les Variations Goldberg ou « Aria avec quelques variations pour clavecin à deux claviers », sont une œuvre composée par Jean-Sébastien Bach au plus tard en 1740. Elle porte le numéro 988 dans le catalogue BWV. Cette œuvre constitue la partie IV du Clavier-Übung, publiée à Nuremberg par Balthasar Schmidt. C'est l'accomplissement de la forme « thème avec variations » et l'une des pièces pour clavier parmi les plus connues.
Composée au début des dix dernières années de Bach, elles inaugurent la série des œuvres mono-thématiques et contrapuntiques de musique instrumentale. Elles comprennent un grand nombre de formes, d'harmonies, de rythmes et de raffinements techniques. Fondée sur une technique contrapuntique qui atteint la plus grande virtuosité d'écriture.
En 1974 à Strasbourg, Olivier Alain découvre l'exemplaire imprimé personnel du compositeur, annoté de sa main, attestant de l'importance de ces variations. Parmi les additifs et corrections, Bach a ajouté sur la page de couverture, une série de « quatorze canons sur les huit premières notes fondamentales de l'Aria », dont le principe se retrouve dans ses œuvres tardives, telles L'Offrande musicale et L'Art de la fugue.
Les Variations Goldberg sont écrites, comme le spécifie la page de titre, pour un « clavecin à deux claviers ». L'usage fréquent des croisements de mains rendent son interprétation plus difficile sur un seul clavier.
Histoire du titre
[modifier | modifier le code]Les Variations Goldberg (BWV 988) sont publiées à Nuremberg, durant l'automne 1741, comme quatrième partie du Clavier-Übung, sous le titre Aria avec différentes variations pour clavecin à deux claviers[1]. Selon la tradition, inspirée de la biographie de Bach qu'écrivit Johann Nikolaus Forkel en 1802[2], elles furent commandées au compositeur par le comte Herman von Keyserlingk. Bach était en voyage à Dresde en novembre 1741, et on peut soupçonner qu'il ait présenté à son protecteur, c'est-à-dire précisément le comte Keyserling, une copie des Variations Goldberg qui venaient d'être imprimées. Peut-être le jeune Johann Gottlieb Goldberg, apprenti claveciniste et élève extrêmement doué de Jean-Sébastien Bach et de Wilhelm Friedemann Bach, a-t-il joué ces variations à son maître le comte, pour distraire ses longues nuits d'insomnies, et pour l'accompagner jusque dans les bras de Morphée[3].
Cette légende est néanmoins largement contestée au début du XXIe siècle, du fait de l'absence de dédicace au frontispice de l'édition de 1741, très en coutume à l'époque, et de l'absence, dans l'inventaire des biens de Bach après sa mort, de traces des riches cadeaux prétendument faits à Bach par Keyserling — selon Forkel, une coupe en or remplie de cent louis d’or.
Cependant, Goldberg, qui était un claveciniste accompli et un élève estimé de Bach, les lui a sans doute interprétées[4].
Structure
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| Aria des Variations Goldberg joué sur un clavecin en tempérament inégal (Werckmeister III) | |
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L'Aria est une sarabande[5] lente et ornée, fondée sur le motif de basse très répandu de la gagliarda italiana (« gaillarde italienne »). À partir de lui, Bach crée tout un univers en développement, conviant de nombreux genres ou styles musicaux : canons, inventions, fugues, arias ornées à l'italienne, etc. Le compositeur réserve de nombreuses variations à la virtuosité (nos 1, 5, 8, 11, 14, etc.) d'autres sont des danses (nos 2, 4, 7 ; gigue, passepied, loure), une ouverture à la française (16) et une sorte d'étude pour les trilles (no 28), parmi les plus difficiles[5].
Ces trente variations, à l'instar de la grande Chaconne pour violon seul, reposent sur la basse obstinée[5] et non sur l'air principal[6], selon la technique de la chaconne ou du ground anglais[7], comme le montrent clairement les 14 canons énigmes (non développés), dérivés, non seulement des huit premières notes la ligne de basse (présentés sous forme droite, inverses, rétrogrades et rétrogrades-inverse), mais également du Ruggiero[6],[8].

Le développement s'étend sur trente variations. À mi-chemin, Bach ménage une césure franche avec une variation notée Ouverture, qui prépare aux quatorze dernières. Après ces trente variations dans lesquelles Bach emploie de nombreux moyens pour revenir au même point (chaque variation correspond à une mesure de l'aria), il clôt le cycle en toute simplicité, avec le retour de l’aria. Le nombre de mesures et la tonalité des mouvements concordent : Aria, 30 variations, Aria da Capo.
Outre l'articulation en deux parties, les variations se regroupent en dix ensembles de trois (les numéros 3, 6, 9, 12, etc.), qui sont des variations canoniques à deux voix, superposées à la basse obstinée[5]. Les écarts des voix de l'imitation, commencent de l'unisson (variation 3) et progressent jusqu'à la neuvième (variation 27).
Ces jeux dépassent le seul contrepoint par exemple les nos 12 et 15, où utilise les mouvements contraires[5]. Dans le canon 6 (mesures 11-13), Bach signe de quatre notes B-A-C-H, ainsi qu'aux variations 15 et 21[9]. Partout dans l'œuvre, revient le chiffre bachien « 14 » (somme de B-A-C-H) : nombre de notes de mesures, etc.[10]
Mais la variation 30 n'est pas un canon à la dixième, comme attendu ; Bach écrit une savante plaisanterie en quodlibet humoristique qui combine, sur la basse obstinée, en contrepoint, deux thèmes populaires, et logée dans le contrepoint (mesures 13 à 15), Bach ajoute également une allusion discrète de l'incipit de L'Homme armé, thème bien connu[11]. La première mélodie populaire était très répandue au XVIIe siècle[12] :
« Ich bin so lange nicht bei dir gewest,
rück her, rück her. »« Il y a si longtemps que je ne suis plus auprès de toi,
rapproche-toi, rapproche-toi. »
et :
« Kraut und Rüben haben mich vertrieben
Hätt’ mein’ Mutter Fleisch gekocht, so wär’ ich länger blieben. »« Les choux et les navets m'ont chassé,
Si ma mère avait cuisiné de la viande, je serais resté plus longtemps. »
Malgré la complexité de structure de chaque variation et de l'ensemble de l'œuvre :
« Il existe souvent des liens entre les variations successives, ce qui laisse supposer que des parties de l'œuvre ont été conçues dans un ordre continu ; par exemple, le motif principal de la première variation se retrouve dans les dernières notes de l'aria. »
Liste des variations
[modifier | modifier le code]| Noms des variations selon le manuscrit original. | |
|---|---|
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14 canons
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En 1974, le pianiste Paul Blumenroeder (1912-2000) permet à Olivier Alain d'étudier les annotations autographes de l'auteur figurant sur le volume de sa bibliothèque personnelle, à Strasbourg. D'autres exemplaires de copies du Clavier-übung à Londres, Berlin et Princeton ont déjà révélé des corrections effectuées par Bach lui-même. Mais à Strasbourg, figure en outre, sur la troisième page de couverture, en regard du Qodlibet un trésor supplémentaire : quatorze canons fondés sur les huit premières notes de la basse, sans les solutions. L'exemplaire est authentifié par les spécialistes du Johann-Sebastian-Bach-Institut de Göttingen, dès février 1975. L'œuvre entre dans le catalogue et est publiée dans la Neue Bach-Ausgage. Le volume lui-même, entre à la BnF sous la cote MS 17 669[13].
L'histoire de sa présence à Strasbourg, est reconstituée jusqu'à la fin du XIXe siècle mais on ignore totalement comment il est tombé entre les mains de Franz Stockhausen, directeur du conservatoire et frère du chanteur Julius Stockhausen, ce dernier, membre et fondateur lui-même de la Neue Bachgesellschafft…
Transcriptions
[modifier | modifier le code]En 1938, Józef Koffler orchestre l'œuvre pour petit orchestre (cordes, flûte, hautbois, cor anglais et basson)[14].
Une transcription pour trio à cordes de Dmitri Sitkovetsky est enregistrée plusieurs fois, notamment en 2017 par Sébastien Surel, Paul Radais et Aurélien Sabouret (Bien Records).
Le guitariste et compositeur américain Bryan Johanson (en), l'arrange pour quatre guitares. D'Oz Publications DZ 3620 (ISBN 9782897955373)
En janvier 2025, Thibaut Garcia et Antoine Morinière enregistrent une transcription pour deux guitares, Erato.
Discographie
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Les Variations Goldberg sont très enregistrées, tant au clavecin, au piano, mais aussi à l'orgue, parfois à l'accordéon. Ces dernières décénies elles ont également été adaptées pour trio à cordes, trio de jazz, pour orchestre (par exemple par Józef Koffler), pour flûtes à bec, etc.
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| Variations Goldberg BWV 988 - 02. Variatio 1 a 1 Clav. Interprétées par la pianiste Kimiko Douglass-Ishizaka dans le cadre du projet Open Goldberg Variations | |
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Parmi les interprétations les plus connues au piano, figurent celles de Glenn Gould. Parmi ses quatre disques, les plus diffusées sont de 1955 et surtout de 1981.
La toute première « gravure » sur piano mécanique Welte-Mignon, est immortalisée par Rudolf Serkin en 1928 et publiée en 1992 dans des conditions modernes par le label Archiphon (ARC-105)[15].
En 2012, le projet Open Goldberg Variations[16] permet l'enregistrement des Variations Goldberg jouées par la pianiste Kimiko Ishizaka et la mise à disposition dans le domaine public des enregistrements[17] ainsi que des partitions réalisées avec le logiciel MuseScore[18].
Claviers
[modifier | modifier le code]- Wanda Landowska, clavecin (Paris , EMI/Warner 5 67200 / Naxos 8.110313)(OCLC 1444575599)
- Claudio Arrau, piano (1942, RCA) (OCLC 906158494 et 1023037829)
- Wanda Landowska, clavecin (New York juin 1945, RCA) (OCLC 935542925)
- Glenn Gould, piano (, CBC) (OCLC 933770319)
- Glenn Gould, piano (New York , Sony Classical 52 594)[19] (OCLC 1041616342)
- Rosalyn Tureck, piano (Londres 1957, coll. « Great pianists » EMI-Philips Classics) (OCLC [1])
- André Tchaikowsky, piano (13, 17, 23 décembre 1957, RCA - inédit)
- Glenn Gould, piano (Concert à Salzbourg, 1959, Sony Classical 52685) (OCLC [2])
- Ralph Kirkpatrick, clavecin - 1959, Deutsche Grammophon 439 673-2) (OCLC [3])
- Helmut Walcha, clavecin - /, Hambourg - EMI 4 89166
- Peter Serkin, piano (1963, RCA)
- André Tchaikowsky, piano - Salle Wagram, Paris, 12-13, 15 mai et 15, 30 novembre 1964 - Columbia Records 1036 / Dante Records 022
- Gustav Leonhardt, clavecin - 1965, Teldec
- Christiane Jaccottet, clavecin (1967, Concert Hall-SMS-2531)
- Wilhelm Kempff, piano - , Deutsche Grammophon 439 978-2
- Charles Rosen, piano - , Sony SBK 48173
- Karl Richter, clavecin - 1972, Deutsche Grammophon
- Alan Curtis, clavecin - 1977, EMI CDM 7 63062 2
- Gustav Leonhardt, clavecin - 1978, Deutsche Harmonia Mundi GD77149
- Blandine Verlet, clavecin - 1978, Philips 6768 074
- Christiane Jaccottet, clavecin - 1980, ZYX Classics CLS 4131
- Trevor Pinnock, clavecin - 1980, Archiv 415 130-2
- Christiane Jaccottet, clavecin (1981, Intercord) (OCLC 1183549555)
- Glenn Gould, piano - avril/mai 1981, Sony Classical[20] (OCLC 1349703922 et 995050035)
- Daniel Barenboim, piano - Théâtre Colón, Buenos Aires, 1989, Erato
- András Schiff, piano - 1983, Decca 417 116-2
- Hans Vollenweider, clavecin - 1984, Accord 149075
- Scott Ross, clavecin - 1er avril 1985, Erato
- Yannick Le Gaillard, clavecin - avril 1985, Le Chant du Monde / Harmonia Mundi CLB 0278788
- Kenneth Gilbert, clavecin - avril 1986, Harmonia Mundi HMC 901240
- Maria Tipo, piano - 26-28 juin 1986 Paris, EMI Classics 5 86666
- Ton Koopman, clavecin - 1987, Erato
- Igor Lazko, piano - 1987, PGP
- Chen Pi-hsien, piano - 1988, Naxos 8.550078
- Pierre Réach, piano - 1988, Arcobaleno Classics
- Keith Jarrett, clavecin - janvier 1989, ECM 839 622-2
- Lars Ulrik Mortensen, clavecin Thomas Mandrup Poulsen 1984, d'après Ruckers - 20/22 mars 1989 Kastelkirken - Copenhague, Kontrapunkt 33023 — Distingué d'un Diapason d'or.
- Maggie Cole, clavecin - juin 1990, 2 CD Virgin 5 61555
- Vladimir Feltsman, piano - 26 octobre 1991, Musical Heritage Society 513260T[21]
- Virginia Black, clavecin - 1991, 2 CD Collins 70032-2
- Pierre Hantaï, clavecin - juin 1992, Opus 111 OPS 30-84
- Blandine Verlet, clavecin - septembre 1992, Astrée E 8745
- Eleonore Bühler-Kestler, clavecin (Bayreuth, octobre 1993, Es-Dur/Charade CHA 3012) (OCLC 1183624347)
- Andreï Gavrilov, piano (1993, DG 435 436-2)
- Tatiana Nikolaïeva, pianoforte (1993, Hyperion)
- Bruno Canino, piano (1993 Lugano, Ermitage/Aura)
- Peter Serkin, piano (1-3 juin 1994, BMG Classics 09026 68188 2)
- Christophe Rousset, clavecin - 1995, L'Oiseau-Lyre/Decca 444 866-2
- Sergey Schepkin, piano - 15 janvier 1995, Ongalu Records
- Luc Beauséjour, clavecin - 1997, Analekta FL 2 3132
- Béatrice Martin, clavecin - 1998, Conservatoire de Musique de Paris, Cité de la Musique
- Ivo Janssen, piano - 1998, Void 9801
- Lela Katsarava, piano - février 1998, Conservatoire de Musique de Paris
- Angela Hewitt, piano - 28 août-1er septembre 1999, Hyperion CDA 67305
- Evgeni Koroliov, piano - 1999, Hänsler Edition Bachakademie
- Murray Perahia, piano - juillet 2000, Sony Classical SK/SM 89243
- Jory Vinikour, clavecin - 2001, Delos Records
- Céline Frisch, clavecin - 2001, 2 CD Alpha 14 — avec BWV 1087)
- Ketil Haugsand, clavecin - 2002, Simax PSC1192
- András Schiff, piano - 2003, ECM
- Jill Crossland, piano - 2003, Apex (Warner Classics) 0927 49979 2
- Pierre Hantaï, clavecin - 2003, Mirare MIR 9945
- Jenő Jandó, piano - 2005 Naxos 8.557268
- Rachlin - Imai - Maisky, trio à cordes - février 2006, DG 477 6378 - arrangement par Dmitri Sitkovetsky (1985)
- Chiara Massini, clavecin - 2007, Symphonia
- Zhu Xiao-Mei, piano - 2007, Mirare Mir048
- Simone Dinnerstein, piano - 2007, (enregistré 11-13 mars, 2005), Telarc CD-80692
- Dong-Hyek Lim, piano - 2008, EMI Classics
- Pascal Vigneron-Dimitri Vassilakis-Christine Auger, clavecin, orgue et piano - 2010, Quantum QM7035 — première version comparée sur les trois instruments
- Andreas Staier, clavecin - 2010, DVD Harmonia Mundi
- Nicholas Angelich, piano - 2010, Virgin classics
- Joël Pontet, clavecin - 2010, Saphir productions
- Blandine Rannou, clavecin - 2011, Zig-Zag Territoires
- Daniel-Ben Pienaar, piano - 2011, Avie Records AV2235
- Remi Masunaga, piano - 2011, Idol/Bayard Musique
- Dan Tepfer, piano - 2011, Sunnyside Records - Variations (improvisées) sur les Variations Goldberg[22]
- Kimiko Douglass-Ishizaka, piano (2012, Open Goldberg Variations)
- Konstantin Lifschitz, 2015 - Denon Records 78961 — Lifschitz est alors âgé de seize ans.
- Alexandre Tharaud - 2016, Erato/Warner Music — Echo Award du meilleur DVD de l'année
- Beatrice Rana, piano - 2017 Warner Classics
- Geoffrey Douglas Madge, piano - 29-30 mai 2019, Zephir
- Gabriel Stern, piano - 2019, Lyrinx
- Lang Lang, piano - 2020, DG
- David Fray, piano - 2021, Erato/Warner Classics
- Fazıl Say, piano - 2022, Warner Classics
- Jean Rondeau, clavecin - 2022, Warner Classics
- Víkingur Ólafsson, piano - 2023, DG
- Marcel Mok, piano - 2025, Ars produktion
Arrangements
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Orgue, vents, accordéon
[modifier | modifier le code]- Jean Guillou, orgue Keukler de Notre-Dame des Neiges d'Alpe d'Huez (1988, Dorian DOR-90110) (OCLC 780503502)
- Stefan Hussong, accordéon chromatique (1988, Thorofon CTH 2047) (OCLC 248487575)
- Bernard Lagacé, orgue de l'église Immaculate Conception (Montréal, novembre 1995, Analekta) (OCLC 1140352417)
- Erik Feller, orgue historique Silbermann (9-12 décembre 2004, Arion ARN 68673) (OCLC 315360277) — Transcription d'Erik Feller.
- Seldom Sene, quintette de flûte à bec (20-22 mars 2017, Brilliant Classics) (OCLC 1031466989) — arrangement de María Martínez Ayerza.
Cordes
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- New European Strings Chamber Orchestra, orchestre (octobre 1993, Nonesuch) (OCLC 254489085) — transcription de Dmitri Sitkovetsky
- Jacques Loussier Trio jazz (octobre 1999, Telarc CD83479) (OCLC 658480670)
- Bernard Labadie et Les Violons du Roy (Québec), arrangement pour cordes et basse continue (septembre 1999, Sono luminus / Atma classique) (OCLC 930923480)
- Amati String Trio, trio à cordes : Gil Sharon, violon ; Ron Ephrat, alto ; Alexander Hülshoff, violoncelle (décembre 1999, The Netherlands Columns Classics 99564 / Brilliant Classics) (OCLC 1289619585)
- Goldberg-Trio Bonn : Verena Schoneweg, violon ; Harald Schoneweg, alto ; Christian Brunnert, violoncelle (mars 2004, CAvi-music) (OCLC 1422603488) — Arrangement de Dmitri Sitkovetsky.
- Duo Mélisande : Sébastien Llinares et Nicolas Lestoquoy, duo de guitares (2014, Paraty) (OCLC 1103709980)
- Rinaldo Alessandrini et Concerto Italiano, arrangement pour cordes et basse continue Variations on variations (2017, SACD Naïve) (OCLC 1047802278)
- Quatuor Ardeo ; Mi-Sa Yang, Carole Petitdemange, violons ; Yuko Hara, alto ; Joëlle Martínez, violoncelle (2018, IBS Classical) (OCLC 1076543128) — Arrangement de François Meïmoun (2014).
- Trevor Pinnock, Royal Academy of Music Soloists Ensemble ; membres de la Glenn Gould School (22–23 mai 2019, Linn Records CKD609) (OCLC 1287594865) — version Józef Koffler (1938).
- Thibaut Garcia et Antoine Morinière, guitares (2025, Erato 5021732792563) (OCLC 1549668006)
Dans les arts
[modifier | modifier le code]Littérature
[modifier | modifier le code]- Kreisleriana de E.T.A. Hoffmann, dans le chapitre I, Souffrances musicales du maître de chapelle Johannès Kreisler. On y voit Kreisler jouer les Variations pour clavecin de Jean-Sébastien Bach devant un public qui « croit que ce sont de jolies petites variations ». Hoffmann décrit avec humour les réactions du public éprouvé, de la variation 3 à la variation 30.
- La Nuit de la Saint-Jean[23] (1935) de la Chronique des Pasquier de Georges Duhamel. Cécile Pasquier joue les Variations Goldberg lors d'une fête familiale pour l'inauguration de la maison de son frère Joseph, et l'auteur nous invite successivement à partager les sentiments et émotions de chacun des convives.
- Les Variations Goldberg (1981) de Nancy Huston.
- Le Naufragé (1983) de Thomas Bernhard
- Le Silence des Agneaux (1988) et Hannibal (1999) de Thomas Harris. Hannibal Lecter écoute les variations dans sa cellule, puis les joue au clavecin dans son palais à Florence.
- La Rivière et son secret, des camps de Mao à Jean-Sébastien Bach (2007), autobiographie de la pianiste Zhu Xiao-Mei.
- Liberty Street (2008) de Bertrand Puard, Nouveau Monde Éditions. Dans ce roman, les Variations Goldberg ponctuent la vie de Tristan Thackeray, un jeune financier, surdoué du piano.
- Contrepoint (2010) de Anna Enquist, « retrace l'histoire de sa fille, décédée depuis peu, au travers des Variations Goldberg. »
- Le Lambeau (2018) de Philippe Lançon. L'auteur écoute les Variations Goldberg interprétées par Glenn Gould ou Wilhelm Kempff lors des nombreuses interventions chirurgicales qu'il a dû subir.
Cinéma
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- Dans Le Silence (1963) d'Ingmar Bergman
- Variation nos 18 et 25 dans Abattoir 5 (1972) de George Roy Hill
- Nous irons tous au paradis d'Yves Robert (1977)
- Dans Le Silence des agneaux (1991) de Jonathan Demme
- Dans Trente-deux films brefs sur Glenn Gould (1993) de François Girard
- L'aria dans Le Patient anglais (1996) d'Anthony Minghella
- Dans La Séparation (1999) de Christian Vincent, avec Daniel Auteuil et Isabelle Huppert
- L'aria et la variation n°25 dans Hannibal (2001) de Ridley Scott
- L'aria et plusieurs variations, dans Stupeur et Tremblements (2002) de Alain Corneau
- L'aria et la variation no 1 dans le film d'animation japonais La Traversée du temps (2006)
- Dans le remake du Jour où la Terre s'arrêta (2008) par Scott Derrickson
- Dans La Dernière Fugue (2010) de Léa Pool
- Dans The Killer Inside Me (2010) de Michael Winterbottom, le héros Lou Ford s'entraîne à jouer la 25e variation sur son piano
- L'aria dans Shame (2011) de Steve McQueen
- L'aria dans The Mortal Instruments : La Cité des ténèbres (2013) de Harald Zwart
- Dans Snowpiercer : Le Transperceneige (2013) de Bong Joon-ho
- Dans Tel père, tel fils (2013) de Hirokazu Kore-eda
- Dans Casse-tête chinois (2013) de Cédric Klapisch
- L'aria dans la série Hannibal saison 2 (2014)
- Dans la série Outlander, saison 2, épisode 3 intitulée La Partition de musique (2015)
- L'aria dans Love (2015) de Gaspar Noé
- Dans Captain Fantastic (2016) de Matt Ross, les Variations Goldberg sont citées par les enfants de Ben
- L'aria dans la série The Wilds (2020), saison 1, épisode 2
- Dans Ondine (2020), de Christian Petzold
Danse
[modifier | modifier le code]- Goldberg Variations, chorégraphie de Jerome Robbins (1971)
- Goldberg Variations 1-15 - Goldberg Variations 16-30. Improvisations de Steve Paxton filmées par Walter Verdin.
- bODY_rEMIX[24] les Variations Goldberg, œuvre chorégraphique de Marie Chouinard (2006), variations jouées par Glenn Gould et remixées par Louis Dufort.
- Golderg-Variationen, chorégraphie de Heinz Spoerli (1995), dernière production pour le ballet de la Scala de Milan (2018).
Radio
[modifier | modifier le code]Sur France Culture, l'émission Répliques animée par Alain Finkielkraut a pour générique un extrait de la variation no 1 interprétée par Glenn Gould.
Jeux vidéo
[modifier | modifier le code]- Dans le jeu vidéo Heroes of Might and Magic II: The Succession Wars, on peut entendre le Variatio 1 a 1 clav. en fond musical, dans le château du Magicien (du Chevalier dans la version CD).
- Dans le jeu vidéo Civilization, on peut entendre la Variation 4 qui est le thème des Allemands.
- Dans le jeu vidéo Bioshock Infinite, on peut entendre l'Aria lors du premier affrontement contre l'un des hommes corbeaux.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Wolff 1994.
- ↑ Forkel 1876. Extrait :
« Clavier Übung consistant dans un air et de nombreuses variations pour clavecin à deux claviers, publié par Balthasar Schmidt, à Nuremberg. Cette œuvre se compose de trente variations dans lesquelles se trouvent entremêlés des canons combinés à toutes sortes d'intervalles et de mouvements, depuis l’unisson jusqu’à la neuvième ; la mélodie en est facile et coulante. Il se trouve aussi une fugue régulière à quatre parties et d’autres variations très brillantes pour deux clavecins [sic Variationen für 2 Claviere, sous entendu « clavecin à deux claviers »], enfin un quodlibet, comme il l’appelait, et qui suffirait à lui seul à rendre son auteur immortel. Il n’occupe pourtant point le premier rang de ce recueil.
Ces variations sont un modèle d’après lequel toutes les variations du monde devraient être faites, quoique, pour des raisons faciles à comprendre, la chose n’ait jamais été tentée par personne. Nous en sommes redevables au comte Kayserling, ancien ambassadeur de Russie à la cour de l’Électeur de Saxe. Il résidait souvent à Leipzig et amenait avec lui Goldberg, que nous avons cité ci-dessus comme ayant reçu de Bach des leçons de musique. Le comte, plein d’infirmités, avait de nombreuses nuits d’insomnie. À cette époque, Goldberg vivait dans la maison de l’ambassadeur et couchait dans une chambre attenante à celle de ce dernier, pour être prêt à lui jouer quelque morceau s’il s’éveillait. Le comte dit un jour à Bach qu’il aurait aimé avoir pour Goldberg quelques morceaux de clavecin. Ces morceaux devaient être d’un caractère plutôt calme et plutôt joyeux, afin qu’ils le pussent récréer pendant ses nuits de repos. Bach pensa que ce but serait atteint à souhait à l’aide de variations. Il avait considéré jusqu’alors comme un travail bien ingrat ce genre de composition, dans lequel l’harmonie a périodiquement des tours semblables : mais il était dans cette phase de son existence où il ne pouvait toucher une plume sans produire un chef d’œuvre. Les variations subirent le même sort ; elles sont l’unique modèle de ce genre qu’il nous ait laissé. Toujours, le comte les appelait ses variations. Il ne se lassait jamais de les entendre, et dans la suite, pendant ses longues insomnies, il avait coutume de dire : « Cher Goldberg, jouez-moi donc, je vous en prie, une de mes variations ». Jamais peut-être Bach ne reçut pour aucun de ses ouvrages une aussi belle récompense ; car le comte lui fit cadeau d’un gobelet d’or empli de cent louis d’or. Mais la valeur de cet ouvrage, comme œuvre d’art, ne se pouvait payer, le cadeau eût-il été mille fois plus considérable encore. Il est important d’observer que les planches gravées de ces variations portent des errata importants que l’auteur s’est empressé de corriger sur son exemplaire. »
- ↑ « Les Variations Goldberg de Johann Sebastian Bach », sur musicologie.org (consulté le ).
- ↑ Johann Gottlieb Goldberg, 24 Polonaises pour clavecin (1749) : partitions libres sur l’International Music Score Library Project.
- Candé 2000, p. 68.
- Montalembert et Abromont 2010, p. 1195.
- ↑ Haakenson 2017.
- ↑ Alain 1975.
- ↑ Street 1987, p. 97-98.
- ↑ Schenkman 2003, p. 86 sqq.
- ↑ Street 1987, p. 106.
- ↑ Comme l'était Kehraus (dernière danse), morceau que l'on jouait pour faire comprendre aux danseurs, que la soirée se terminait.
- ↑ (BNF 39780493).
- ↑ Partition sur schott-music.com.
- ↑ Les rouleaux pour les dispositifs Duo-art, Ampico et Welte-Mignon, pouvaient reproduire assez précisément le toucher et la dynamique de l'artiste.
- ↑ Open Goldberg Variations.
- ↑ mise à disposition dans le domaine public des enregistrements.
- ↑ « Goldberg Variations », sur Musescore.com (consulté le ).
- ↑ Un des enregistrements les plus connus des débuts de Glenn Gould. Plus tard, le pianiste finira par en critiquer le style lyrique et l'interprétation « hors tempo », tout en émettant des réserves générales sur son style ou, par exemple, le manque d'unité temporelle .
- ↑ Une des rares œuvres ré-enregistrées par Gould. Interprétation plus classique, plus sobre et plus lente que celle de 1955 — et avec la plupart des reprises. Le minutage est de 38 min 26 s pour l'enregistrement de 1955 et 51 min 14 s pour celui de 1981. Les séances d'enregistrement ont donné lieu à un film réalisé par Bruno Monsaingeon (OCLC 1115681410).
- ↑ Musical Heritage Society.
- ↑ Voir et écouter.
- ↑ « Lire en ligne » (consulté le ).
- ↑ bODY_rEMIX, Marie Chouinard met à nu le ballet classique surimagesdedanse.com…
Bibliographie
[modifier | modifier le code]Ouvrages
[modifier | modifier le code]- (de) Johann Nikolaus Forkel (trad. Felix Grenier, 1876), Sur la vie, l'art et les œuvres de Johann Sebastian Bach, Leipzig, , 286 p. (OCLC 12299063), p. 51-52.
- Alberto Basso (trad. de l'italien par Hélène Pasquier), Jean-Sébastien Bach, vol. I/II, Paris, Fayard, coll. « Bibliothèque des grands musiciens », , 1017 et 1068 p. (ISBN 2213014078, OCLC 937949365).
- Giancarlo Bizzi (trad. de l'italien par Anne-Lise Debellemanière), Miroirs invisibles des sons : La Construction des canons, réponse à une énigme [« Specchi invisibili dei suoni »], Les Belles Lettres, coll. « Mousikè : Annales littéraires de l'Université de Besançon » (no 342), , 168 p. (ISBN 2-251-60342-5, OCLC 601957477, BNF 42854808).
- (en) Christoph Wolff, Bach : Essays on his Life & Music, Harvard University Press, (ISBN 978-0674059269), « The Clavier-Übung Series »
- Gilles Cantagrel, Le moulin et la rivière : Air et variations sur Bach, Paris, Fayard, coll. « Les chemins de la musique », , 664 p. (OCLC 467090761, BNF 36709207)
- Roland de Candé, Les chefs-d'œuvre classiques de la musique, Paris, Seuil, , 802 p. (ISBN 2-02-039863-X, OCLC 46473027, BNF 37105991), p. 67-69.
- (en) Peter Williams, The Goldberg Variations. Cambridge Music Handbooks. Cambridge University Press, 2001.
- Patrick Calais, Bach en concert : essai sur les Variations Goldberg, Paris, L'Harmattan, (ISBN 2140056094, OCLC 1062419364)
Articles et encyclopédies
[modifier | modifier le code]- Olivier Alain, « Un supplément inédit aux Variations Goldberg de J. S. Bach », Revue de musicologie, vol. 61, no 2, , p. 244-294 (DOI 10.2307/928397, JSTOR 928397, lire en ligne)
- (en) Christoph Wolff, « Bach's "Handexemplar" of the Goldberg Variations: A New Source », Journal of the American Musicological Society, University of California Press, vol. 29, no 2, , p. 224-241 (DOI 10.2307/831018, JSTOR 831018)
- Alan Street, « The Rhetorico-Musical Structure of the ‘Goldberg’ Variations: Bach’s ‘Clavier-Übung’ IV and the ‘Institutio Oratoria’ of Quintilian », Music Analysis, vol. 6, nos 1/2, , p. 89–131 (DOI 10.2307/854217, JSTOR 854217)
- (en) Walter Schenkman, « Tatlow’s Bach and Bach’s Signatures in the ‘Goldberg Variations’ », Bach, Riemenschneider Bach Institute, vol. 34, , p. 63–106 (JSTOR 41640515) — Le pianiste américain traite des jeux avec les chiffres 14 et 41, respectivement somme des lettres du nom Bach et JS. Bach, qui figurent dans la longueur des phrases d'incipit ou de fin, thèmes, notes par mesure, nombre de mesures, partout dans l'œuvre, y compris quelques apparitions du fameux motif BACH.
- « Le thème et variations », dans Eugène de Montalembert et Claude Abromont, Guide des genres de la musique occidentale, Fayard / Lemoine, , 1309 p. (ISBN 978-2-213-63450-0, OCLC 964049459), p. 1189-1207.
- (en) Matthew A. Haakenson, « Probing the Properties of the First Eight Notes of Bach’s Goldberg Ground Further », Music Theory Spectrum, vol. 39, no 2, , p. 247-260 (JSTOR 90014023)
Articles connexes
[modifier | modifier le code]- Liste des œuvres de Jean-Sébastien Bach
- Open Goldberg Variations Les Variations Goldberg placées directement dans le domaine public, sous licence CC0 : enregistrements de la pianiste Kimiko Douglass-Ishizaka et la partition, réalisée avec MuseScore.
- Musique de clavecin
Liens externes
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- Ressources relatives à la musique :
- Notice dans un dictionnaire ou une encyclopédie généraliste :
- Petit historique des enregistrements des Variations Goldberg par Morley Davidson sur scena.org
- Tous les enregistrements sur bach-cantatas.com
- Manuscrit des variations (BnF MS-17669) lire en ligne sur Gallica. Découvert en Alsace, en 1974, cet exemplaire de l'impression originale, porte des corrections manuscrites de la main de Bach, notamment les ornements. Dans un appendice manuscrit, il contient les 14 canons (BWV 1087), sur le motif initial des huit premières mesures.