White trash

White trash, littéralement « déchet blanc/raclure blanche », est un terme d'argot américain du registre du mépris de classe, désignant à l'origine la population blanche pauvre.
Description
[modifier | modifier le code]Le terme semble dater de 1833 et être une expression utilisée à l'origine par des esclaves noirs[2]. Il était alors tout particulièrement utilisé par l'Américain des classes moyennes et supérieures pour désigner des Blancs pauvres, originellement du Sud, vus comme improductifs. Aujourd'hui, ceux qui sont appelés white trash sont régulièrement dépeints par les milieux progressistes urbains comme pauvres, avec un niveau d'éducation bas, de mauvaises manières et un manque général d'intérêt pour les questions de société et la culture[3].
Ils sont souvent stéréotypés comme paresseux voire malhonnêtes, avec des familles nombreuses, souvent monoparentales, une sexualité sans limite, une mauvaise hygiène et des problèmes d'obésité, d'alcoolisme, de drogue ou de tabagisme. Il faut noter que ces stéréotypes sont justement ceux rattachés aux Noirs et aux Amérindiens[2].
Ils sont politiquement classés comme conservateurs par les gens de catégories sociales plus élevées, bien qu'il n'y ait aucune idéologie officielle ni même racisme intrinsèque : en effet des rockeurs comme Elvis Presley ou des rappeurs comme Eminem, Big B ou Everlast n'ont rien en commun avec des membres du gang Nazi Lowriders, bien qu'ils soient tous considérés comme appartenant à la catégorie des white trash. Bill Clinton est souvent considéré comme issu d'un milieu white trash[4].
Le terme est proche de redneck — qui désigne de manière plus spécifique les habitants des campagnes —, mais il est plus moral et insultant, la division de la société entre Blancs éduqués / Noirs / White trash permettant aux élites d'empêcher l'émergence de mouvements sociaux unissant pauvres et ouvriers quelle que soit leur couleur ou origine[5],[6]. Ces stéréotypes et cet usage de mépris de classe rapprochent le white trash du "beauf" français, néanmoins ce dernier terme désigne plutôt des personnes de classe moyenne peu éduquées et conservatrices.
Dans la culture et les représentations
[modifier | modifier le code]Musique
[modifier | modifier le code]| Qui | Quoi | Quand |
|---|---|---|
| Rebel Sonn(groupe) | Redneck Piece of White Trash, chanson | 2005 |
| Skid Row (groupe de musique) | White trash, titre musical | |
| Marilyn Manson | White Trash, chanson sur l'album Smells Like Children | |
| Blood for Blood, groupe | plusieurs chansons | |
| Mötley Crüe | White Trash Circus, chanson | |
| KMFDM | , courte référence dans sa chanson Money : « I am thirty, male, call me white trash. » | |
| Everlast | White Trash Beautiful, album | |
| NOFX | White Trash Two Heebs And A Bean, album | |
| The Offspring | L.A.P.D., morceau de l'album Ignition : « Beat all the white trash, Beat whoever you see... » |
|
| Social Distortion | White Light, White Heat, White Trash, album | |
| Nine Eleven, groupe | Rednecks Geeks, chanson | |
| Eminem | plusieurs de ses chansons, plus récemment dans la pièce W.T.P (« White Trash Party ») | |
| Black Stone Cherry | White Trash Millionaire, morceau | |
| Kyo (groupe) | White Trash, morceau dans l'album L'Équilibre | 2014 |
| Edgar Winter | groupe musical « Edgar Winter's White Trash » | 1970-1972 |
| Lomepal | Palpal, chanson : passage « vécu la vie de White Trash » | |
| Dolly Parton | se décrit comme « a white trash hillbilly at heart »[7] | 2021 |
| Beck | Truckdrivin Neighbors Downstairs (Yellow Sweat), chanson | ? |
Visuel
[modifier | modifier le code]- White Trash : titre du premier livre publié, en 1977, par le photographe Christopher Makos ;
- L'épisode « Le Plus Pauvre de l'école » de la Saison 15 de South Park est basé sur ce terme ;
- L'émission « en » sur TLC dépeint avec mépris une famille de « White Trashes ».
Lieux
[modifier | modifier le code]- White Trash Fast Food : bar rock à Berlin.
Livre
[modifier | modifier le code]- Le livre Les Petits Blancs d'Aymeric Patricot met en écho les white trashes américains et leurs « équivalents en France ».
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Photo de la NARA.
- Sylvie LAURENT, « Le « poor white trash » ou la pauvreté odieuse du blanc américain », sur cairn.info, (consulté le ).
- ↑ « La littérature “white trash”, un grand plongeon dans l’Amérique des laissés-pour-compte », sur Télérama (consulté le )
- ↑ « Bill Clinton: 'I’m Basically Your Standard Redneck' », sur merriam-webster.com, (consulté le ).
- ↑ Céline MOUZON, « Entretien - Poor white trash : l’identité américaine entre race et classe », sur nonfiction.fr, (consulté le ).
- ↑ Fabrice ROUSSELOT, « Les insurgés du Capitole ne sont pas les rednecks que vous croyez », sur theconversation.com, (consulté le ).
- ↑ (en-US) Bre Williams Twitter Twitter Linkedin Linkedin instagram, « Dolly Parton Revealed She’s Proud to Be a ‘White Trash’ Hillbilly », sur Showbiz Cheat Sheet, (consulté le ) : « While Dolly Parton has enjoyed a long-lasting and lucrative career as a singer-songwriter since leaving home at 18, she still considered herself a "white trash" hillbilly at heart. »
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Sylvie Laurent, « Le poor white trash ou la pauvreté odieuse du blanc américain », Revue française d'études américaines, vol. 120, no 2 : « Sud(s), reconstructions », , p. 1re partie (« Dossier »), art. no 6, p. 79-95 (DOI 10.3917/rfea.120.0079, lire en ligne [html], consulté le ).
- Laurent, S., 2011. “Poor white trash”: la pauvreté odieuse du blanc américain, Mondes anglophones Americana. Presses de l’Université Paris-Sorbonne, Paris.
