William Mackinnon
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Nationalité | Britannique |
| Activité principale |
Homme d'affaires |
William Mackinnon, né en 1823, mort en 1893, est un armateur et homme d'affaires britannique qui développe d'importants intérêts commerciaux en Inde et en Afrique de l'Est. Il fonde la British-India Steam Navigation Company et la Compagnie britannique impériale d'Afrique de l'Est.
Biographie
[modifier | modifier le code]Jeunesse
[modifier | modifier le code]Il naît en Écosse, à Campbeltown, et après avoir débuté dans le commerce d'épicerie, il va Glasgow et travaille pour un marchand qui a des intérêts commerciaux en Asie[1].
Carrière
[modifier | modifier le code]Il se rend en Inde en 1847 et rejoint un vieil ami d'école, Robert Mackenzie, qui fait du cabotage autour du golfe du Bengale. Ensemble, ils fondent la société Mackinnon Mackenzie & Co.[1]. En 1856, il fonde la compagnie maritime Calcutta and Burma Steam Navigation Company, qui devient la British India Steam Navigation Company en 1862[1]. Cette dernière devient une importante entreprise commerciale sur les côtes de l'Océan Indien, étendant ses activités à la Birmanie, au golfe Persique et à la côte est de l'Afrique, d'Aden à Zanzibar[réf. souhaitée].
En 1865, il fonde Gray, Dawes and Company, une société de négoce pour son neveu Archibald Gray et Edwyn Sandys Dawes (en). La société, fondée en tant qu'agence de transport maritime et d'assurance dans la City de Londres, obtient l'agrément de banque d'affaires en 1915, devient la Gray Dawes Bank en 1973, puis Gray Dawes Group Ltd[2].
En 1888, Mackinnon fonde la Compagnie impériale britannique d'Afrique de l'Est et en devient le président. En 1891, il fonde la Mission écossaise d'Afrique de l'Est de l'Église libre d'Écosse[1].
Rôle en Afrique de l'Est
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Entreprenant mais jugé comme parfois peu réaliste, il commence par envisager l'importation d'éléphants d'Asie domestiqués, espérant que les éléphants d'Afrique s'en inspirent naturellement pour assurer les mêmes services que dans le continent voisin. Un essai a même lieu mais rien n'ayant été prévu pour un débarquement adapté, la panique des animaux provoque un naufrage[3].
Mackinnon joue toutefois un rôle majeur dans les relations entre le sultan de Zanzibar et la Grande-Bretagne. Le sultan Barghach revendique une partie de la côte Est de l'Afrique jusqu'aux Grands Lacs, mais Mackinnon lui fait valoir que cette région n'est pas protégée, notamment des ambitions du khédive d'Égypte. Mackinnon prend la tête en 1876 d'un consortium d'entreprises qui propose l'année suivante au sultan de prendre possession en son nom de ces territoires, moyennant un partage des bénéfices[3]. Le sultan accepte mais le gouvernement britannique, craignant d'être entraîné dans des aventures militaires coûteuses, y met son veto. Cette position évolue par la suite du fait des ambitions allemandes dans la région qui se font jour au milieu des années 1880, notamment lors de la conférence de Berlin, puis avec l'arrivée d'une escadre allemande à Zanzibar le 7 août 1885 qui aboutit à un protectorat allemand sur ce qui deviendra l'Afrique orientale allemande. La Grande-Bretagne engage alors des négociations avec le sultan et l'Allemagne qui donne lieu en 1890 à la signature du traité Heligoland-Zanzibar. Celui-ci établit un protectorat britannique sur Zanzibar et laisse les mains libres aux Britanniques sur les territoires au nord de l'Afrique orientale allemande. Mackinnon, qui a créé la British East African Association (BEAA) en 1887, et a déjà obtenu en cette même année, une concession sur le continent avec des droits fiscaux et législatifs au nom du sultan, voit naturellement renforcé son pouvoir. Il a d'ailleurs obtenu la reconnaissance de ces droits de la part du gouvernement britannique dès 1888 avec la transformation de la BEAA en Compagnie impériale britannique d'Afrique de l'Est[3].
Soutenue par le gouvernement du Royaume-Uni pour asseoir son influence dans la région, la Compagnie impériale britannique d'Afrique de l'Est s'engage à éliminer la traite des esclaves, à interdire les monopoles commerciaux et à garantir l'égalité de traitement pour toutes les nations[1]. La compagnie est ensuite reprise par le gouvernement britannique et devient le Protectorat d'Afrique de l'Est. En 1889, Mackinnon est anobli et nommé premier baronnet de Strathaird et Loup[1]. Il promeut l'expédition de secours à Emin Pacha d'Henry Morton Stanley, enrôlant d'abord Stanley, puis en écrivant à des ministres du gouvernement, et en mobilisant des amis pour former un comité chargé de superviser l'expédition et de financer plus de la moitié des coûts[1].
Mort
[modifier | modifier le code]Il meurt à Londres en 1893 et est enterré à Clachan en Écosse[1].
Héritage
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Lui et son neveu, Duncan MacNeil, laisse des legs qui servent à créer le Mackinnon MacNeil Trust, dont le mandat est de « fournir une éducation décente aux jeunes Highlanders méritants »[réf. souhaitée].
Les administrateurs créent l'école technique de Kintyre. À la suite d'un incendie, rebaptisée Keil School, est transférée à Dumbarton, où elle fonctionne jusqu'en 2000. Après la fermeture de l'école et la vente du terrain, le Mackinnon MacNeil Trust octroie des bourses aux étudiants des Highlands et des îles de l'Ouest de l'Écosse qui poursuivent leurs études universitaires. Le trust est présidé par un membre de la famille Mackinnon[réf. souhaitée].
En 1900, une statue dédiée à William Mackinnon est érigée à Mombasa. Elle est ensuite transférée à l'école Dunbarton en 1964, puis à nouveau déplacée et réinstallée à Campbeltown en 2004[4].
Références
[modifier | modifier le code]- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Sir William Mackinnon, 1st Baronet » (voir la liste des auteurs).
- (en) Carlyle, E. I.; Galbraith, John S., "Mackinnon, Sir William, baronet (1823–1893)" dans l'Oxford Dictionary of National Biography, Oxford, Oxford University Press
- ↑ (en) Orbell, John; Turton, Alison, British banking: a guide to historical records, Routledge (ISBN 9781351954686, lire en ligne), p. 236-237
- Henri Wesseling, Le Partage de l’Afrique, Folio, , 840 p. (ISBN 978-2-07-042116-9), p. 266-307
- ↑ « Statue de William Mackinnon, Campbeltown », sur castinstone.exeter.ac.uk (consulté le )